Jean Charest et le monstre du lac Meech

C’est la malédiction des premiers ministres libéraux. Devoir gérer des dossiers «péquistes»: la langue, la constitution, l’identité.  Voici que Jean Charest est plongé, bien malgré lui, dans deux dossiers maudits: les écoles privées anglophones et l’interdiction du niqab dans les services publics. Deux dossiers où pointe le dard empoisonné de la «clause nonobstant».

La clause qui a tué Meech (Image Aislin/Musée McCord)
La clause qui a tué Meech (Image Aislin/Musée McCord)

C’est la clause de la constitution canadienne qui permet aux parlementaires de «suspendre» l’application de la Charte canadienne des droits. Le Canada anglais la déteste. Les péquistes en raffolent. Les libéraux la craignent comme la peste.

Ils ont vécu un douloureux précédent. En décembre 1988, le premier ministre Robert Bourassa espérait l’adoption prochaine de l’accord du lac Meech, par lequel le Québec serait reconnu comme «société distincte» et réintégrerait la constitution canadienne. Mais la Cour suprême choisissait ce moment pour invalider les clauses de la loi 101 interdisant l’utilisation de l’anglais dans l’affichage commercial. Bourassa voulait autoriser le bilinguisme dans les magasins, mais ne prescrire que le français en vitrine. Pour y arriver, il devait invoquer la clause empoisonnée. Son ministre d’alors, Gil Rémillard, a raconté la scène:

Alors [son conseiller et ami]Jean-Claude Rivest dit:

– C’est ça Robert, si tu veux faire cette «maudite» loi, il faut que tu dises que tu mets la Charte de côté. Et je vais te dire, moi, Robert, ce que ça veut dire…

Jean-Claude se lève et se dirige alors vers le tableau accroché au mur. Il prend une craie et dessine une pierre tombale. Il y trace une grande croix et écrit en grosses lettres «MEECH».

Il avait raison. Le Canada anglais n’a pas accepté que les parlementaires québécois agissent en élus d’une société distincte en invoquant la clause maudite. Deux provinces,  fidèles à l’opinion anglophone, majoritairement opposée à la reconnaissance du Québec, ont donc refusé d’entériner l’accord du lac Meech.

Vingt-deux ans plus tard, un autre premier ministre libéral est confronté au dilemme.

Faut-il encore légiférer pour protéger la loi 101 ?

La Cour suprême a invalidé la loi 104 qui colmatait la brèche par laquelle des Québécois n’ayant pas droit d’inscrire leurs enfants à l’école publique anglaise pouvaient «s’acheter» ce droit en s’inscrivant un an ou deux dans une école primaire privée anglophone. Dans un avis remis la semaine dernière, le Conseil supérieur de la langue française propose au gouvernement d’étendre la loi 101 aux écoles privées non-subventionnées. C’est une voie possible. Mais il est certain que la loi serait contestée et il est possible que la Cour suprême trouve cette solution exagérée et l’invalide. D’où la suggestion du PQ de blinder cette décision en adoptant la clause nonobstant.

Le gouvernement Charest a trois choix:

1) la voie basse, qui est de ne pas légiférer mais de traiter les étudiants au cas par cas, comme le suggère la Cour suprême. Son Conseil supérieur veut l’en dissuader et ce choix ne serait pas autre chose que l’introduction d’ «accommodements linguistiques». L’opinion l’accueillerait mal. Le premier «accommodement linguistique» refusé serait contesté devant les tribunaux. Mais les libéraux gagneraient du temps.

2) la voie moyenne, celle du Conseil supérieur: étendre la loi 101 aux écoles privées anglophones. La contestation de cette loi sera immédiate, mais le temps passera avant que la chose n’atteigne la Cour suprême.

Dans ces deux premiers cas, le calcul politique en est un de calendrier. Si la Cour suprême invalide les balises utilisées pour les «accommodements linguistiques» ou la législation qui étendrait la loi 101, le choix du moment appartient à la Cour. Et puisqu’il reste deux ans, peut-être trois, avant la fin du mandat libéral, il est possible que la Cour ait la mauvaise idée de gifler l’Assemblée nationale dans une période pré-électorale. Donc de souffler dans les voiles du Parti québécois. La pierre tombale, là, serait celle de la réélection du PLQ. Ce n’est cependant pas une certitude, seulement un risque. C’est pourquoi je crois que le gouvernement Charest prendra probablement la première de ces deux voies.

3) la voix haute, c’est-à-dire l’extension de la loi 101 aux écoles privées anglophones, et l’adoption de la clause nonobstant pour soustraire cette décision aux humeurs de la Cour suprême. (Ajout pour préciser: il s’agirait ici de déroger à l’article 7, sur la liberté, et non à l’article 23, sur les droits linguistiques.  Pierre Trudeau avait pris garde de soustraire l’article 23 au pouvoir de la clause nonobtant.)

Il n’y a aucune chance que Jean Charest emprunte cette troisième voie, je vous dirai pourquoi dans quelques paragraphes.

Interdire le niqab ? Pas si facile

Au lendemain de l’affaire de l’étudiante en niqab au Cégep Saint-Laurent, le Premier ministre et la vice-première ministre ont été étonnamment clairs:

Toute personne doit avoir le visage découvert pour «transiger avec l’État» ou «recevoir des services d’institutions publiques» a déclaré Nathalie Normandeau, ajoutant qu’il «faut aller plus loin dans les circonstances».

«Nous aurons l’occasion comme gouvernement de faire d’autres gestes au cours des prochaines semaines relativement à tout cet enjeu lié au niqab, au port du voile. Ces gestes vont permettre de clarifier certaines situations», a-t-elle affirmé, refusant d’en dire davantage.

On doit veiller tard ces jours-ci au ministère québécois de la Justice, car tous les constitutionnalistes sont formels: une interdiction générale du niqab dans les services publics québécois, soutenue massivement par l’opinion québécoise, serait subito presto jugée inconstitutionnelle par les tribunaux, car contraire à la Charte canadienne des droits. Qu’on se le dise: le Québec n’a même pas le droit d’invoquer une règle générale d’interdiction du niqab, en permettant des exceptions. Pour se conformer à la jurisprudence actuelle, il doit affirmer que le niqab est, règle générale, accepté, sauf lorsque son utilisation est, au cas par cas, déraisonnable.

Alors que faire ? La clause nonobstant est toujours prête à mordre. Et elle a mordu un interlocuteur très particulier: Gérard Bouchard. Voici ce qu’il affirmait lors d’une allocution prononcée à McGill la semaine dernière, selon les notes prises par ma collègue blogueuse Josée Legault:

Si nous devions en arriver au point où la Cour suprême, de par ses jugements, de manière répétée et presque systématiquement, violait et mettait en danger les valeurs les plus fondamentales du Québec telles que l’égalité entre les sexes, la langue française, la séparation de l’État et de l’Église; si jamais nous devions en arriver là, je crois que le Québec aurait pleinement droit de se prévaloir de la clause dérogatoire de la Constitution canadienne.

Évidemment, Gérard Bouchard a tout son temps, et voudrait attendre un refus «répété et presque systématique». Pour le gouvernement Charest, un seul refus serait un refus de trop, surtout s’il survient en période pré-électorale.

Mais ici, l’affaire se corse, car la Cour pourrait décider d’invalider la décision québécoise d’interdiction du niqab en invoquant un article de la Charte qui n’est pas couvert par la clause nonobstant, l’article 27. Il vaut la peine d’être lu:

Toute interprétation de la présente charte doit concorder avec l’objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens.

Ce serait, pour le gouvernement Charest, une catastrophe politique.

(Ajout suite à des commentaires d’internautes — deux constitutionnalistes, je suis choyé !: Il est vrai que l’article 27 est interprétatif.  La Cour pourrait-elle s’appuyer dessus pour neutraliser la clause nonobstant ? Il n’y a pas de précédent. Elle devrait créer ainsi du droit nouveau. Mais elle a déjà été très créative auparavant, sur la loi 101, l’inexistant veto du Québec, sur la sécession, et tutti quanti. Il y a un risque, il est vrai inquantifiable.)

La nouvelle pierre tombale

Je l’ai dit plus haut, je prévois que le gouvernement Charest utilisera pour les écoles passerelles l’option basse: les accommodements linguistiques individuels.  Il les appliquera le plus largement possible, afin d’éviter une contestation judiciaire et priera Sainte Kateri Tekakwitha pour que rien ne se passe.

Sa décision de sortir en lion sur le niqab le rend nettement plus vulnérable. J’estime cependant que Jean Charest refusera, là aussi, d’utiliser la clause nonobstant. Pourquoi ?

Je crois que M. Charest se voit toujours un avenir national et rêve toujours au 24 Sussex. La route qui le mène d’ici à là est semée d’embuches. Mais elle passe par l’Ontario, où il doit faire la démonstration qu’il est l’homme qui peut «livrer» les votes ontariens et québécois à une future majorité conservatrice post-Harper. Il ne peut cependant se présenter chez ses amis ontariens comme l’homme qui a suspendu la Charte canadienne des droits. Ce serait, pour lui, dessiner une pierre tombale sur son projet politique.

Il ne le dira jamais, mais cela pèse dans son calcul du risque.  Donc sur la capacité du Québec d’affirmer son identité. D’assumer, donc, son caractère distinct.

Les commentaires sont fermés.

L’avis du Conseil supérieur de la langue française d’étendre la loi 101 aux écoles non subventionnées revient à «brimer» la sacro-sainte liberté de commerce, indépendamment du dossier de la langue. Même sans la clause nonobstant, cette mesure aura le même effet sur la réputation du Québec (et de Jean Charest) dans le reste du Canada, que si la clause dérogatoire y était rattachée. Je ne serais pas étonné que les calculs de Jean Charest l’amènent à aller dans le sens de la Cour suprême et d’évaluer le «parcours véritable» au cas par cas. De toute façon, il sait qu’il n’aura à gérer ni les conséquences de cette décision ni la prochaine élection provinciale.

Quant au niqab, on le voit, un cas unique peut devenir une bombe médiatique. Le risque existe tout au long de l’année et donc durant une éventuelle campagne électorale. Mieux vaut mettre le couvercle dès maintenant. Suggestion : exiger le visage découvert dans les rapports avec l’autorité, le gouvernement, dans les transactions civiles (vote, mariage, identification), le commerce et le travail. Sinon, on crée des incohérences, selon qu’un même service est offert directement par le gouvernement ou par un sous-traitant privé.

Quand la « carrière politique » du grand saboteur a préséance sur le mieux-être collectif ou la paix sociale! Heureusement que mononc’Paul sera toujours là pour lui tenir la main et la guider…

Quand on vit en pensant toujours à sa réelection ou à son poste de futur PM canadien, on marche sur ses principes et on ne défend pas les intérêts
du Québec. Nos politiciens sont des profiteurs qui pensent à eux d’abord. Quand aurons-nous des hommes et des femmes moins opportunistes?

Un libéral par définition est un opportuniste et un conservateur un happeriste…

Monsieur Lisée

Très beau résumé de la situation. Mais moi, j’en ai marre d’être toujours à la merci de calculs politiques par des politiciens comme John James Charest soit pour la réélection éventuelle du PLQ ou son ambition de devenir le premier ministre du Canada. Ses intérêts sont personnels et non collectifs. En plus,il y a toujours « THE SUPREME COURT OF CANADA », cette tour de Pise qui penche toujours du côté anglophone; les jeux sont pipés d’avance. La seule solution pour le Québec, c’est l’indépendance! Nous n’avons plus de temps à perdre dans ce bordel fédéraliste où nous serons toujours perdants; il faut cesser d’être des « loosers ». Nous devons nous prendre en main et nous responsabiliser comme peuple. 200 pays nous attendent sur la scène internationale pour nous connaître et échanger avec nous. Dans ma tête, le Canada, c’est un pays étranger.

André Gignac le 9/3/10

Le québec n’a aucun avenir en tant que société distincte originale et spécifique à l’intérieur du Canada monoculturel.

L’heure du choix approche. Ou bien il décide de s’affirmer ou bien il se noie dans le Canada.

Ma prédiction : dans cent ans les rigodons ne seront plus qu’un souvenir lointain, et la descendance des Québécois sera en train d’apprendre à parler Chinois…

Votre analyse est encore une fois interessante et malheureusement très plausible.
Un point que vous ne couvrez cependant pas dans les motivation de notre « grenouille » de premier ministre,c’est sa volonté de ne pas froisser sa base électorale.
On sait tous que si les francophones ne divisaient pas sans cesse leurs voix ,il ne serait plus au pouvoir depuis 2007.
C’est pourquoi on ne le verra jamais prendre fermement la défense du français, quitte à voir sa nation perdre peu à peu de son influence et se faire assimiler lentement.
Un bien petit politicien, le pire premier ministre de l’histoire récente du Québec pour défendre notre identité et notre culture.

Depuis Avril 2003,Charest a évité les écueils en se servant de tout ce qui est possible dans le système parlementaire Britannique .Car lorsque on ne veut pas se brûler on ne touche à rien…

À moins que dans le cas du niqab oû autres symboles religieux la pression devienne intenable et qu’il fasse un faux pas.
Je suis entièrment d,accord avec vous mr.Lisée,Charest a des ambitions ,lui se comsidère beaucoup plus important que le Québec et nous le sommes beaucoup moins que les amis ($$$)

Ce qui pourait arriver dans les prochains mois est que tout arrive en même temps :le niqab et autres signes religieux,la loie 101,la corruption,la santé etc…en fait tout ce qui a rendu ce gouvernement si pourri!Alors là Charest pourrait être dans le trouble.

Quand les intérêts supérieurs d’une « nation » se voient soumis aux ambitions politiques d’un leader, il y a péril en la demeure.

Le danger qui est décrit par les femmes musulmanes militantes (écrivaine et chanteuse dans leurs sorties récentes) qui disent l’horreur qui s’emparent d’elles en voyant les symboles religieux envahir l’espace public canadien est à considérer.

Le danger de voir reculer encore davantage la place du français face à une immigration tournée de plus en plus vers l’anglais, la langue du travail et de la prospérité, selon eux.

Votre analyse de la situation est limpide et fondée Monsieur Lisée et nous annonce des lendemains incertains.

Actuellement les journalistes et éditorialistes sont nombreux à banaliser le port du nikab sous prétexte qu’il s’agit d’une poignée de cas.

Mais si ces cas isolés faisaient l’objet d’un test de la part de groupes islamistes radicaux en vue de gagner du terrain, il y aurait alors un véritable danger à l’égard du maintien de la paix sociale.

Julius Grey même, lui qui n’est pas reconnu comme un anti-droits de la personne, reconnaît que le nikab ne favorise pas l’intégration. Et que le fondement des accommodements tient précisément à cette notion de facilitation de l’intégration.

Quel beau pétrin que ce pays bancal et cette Constitution illégitime!

Paysage kafkaien.

Quand donc les Québécois seront-ils maîtres chez eux et maîtres de leurs lois?

Seule la cohésion des francophones parviendra à nous sortir de ce tunnel étouffant.

Pour paraphraser René Lévesque, si je vous ai bien compris, vous êtes en train de nous dire que les intérêts de monsieur Charest priment sur les intérêts du peuple québécois.

Quel problème insurmontable!

Mais la simplicité prédomine toujours dans ce genre de situation compliquée. Je dis « compliqué » et non pas « complexe », car la complexité sous-entend un certain ordre, ce qui n’est pas le cas ici.

Je propose à Monsieur Charest d’agir selon ses convictions, un point, c’est tout.

Si Jean Charest croit en la constitution canadienne, qu’il l’applique!

Pourquoi agirait-il contre ses convictions? Pour être réélu? Et pourquoi voulor être élu, si c’est pour agir contre ses convictions?

Seriez-vous en train, Monsieur Lisée (je vous félicite pour votre nom, en passant, c’est comme si un fédéraliste sappelait « érable », c’est jouissif!) – Seriez vous en train de suggérer que Monsieur Charest n’agirait pas selon ses convictions et s’adonnerait à un calcul froid et immoral visant seulement sa réélection?

Hmmm…! Si tel était le cas, cela entacherait l’ensemble de la classe politique!

Ho! Joubliais, the game is the game. Je ne suis qu’un citoyen de la rue, un humble travailleur.
Je ne comprend pas toutes ces subtilités du grand monde politique. Je ne suis pas un initié.

Laissons Monsieur Charest, ce grand homme d’état, s’occuper du problème.

Mais permettez moi d’avoir la nausée, mais pas celle de Sartre, non, celle du pti peuple.

Et tout cela parce que les fédéralistes pour respecter la nation Québecoise doivent détruire le système fédéraliste pour lequel ils votent en mentant aux Québecois ..
Deux gouvernements irréconciliables
Deux langues irréconciliables
Deux chartes irréconciliables
Deux cultures irréconciliables
deux systèmes économiques irréconciliables
Deux système juridiques irréconciliables
Deux genres de démocratie irréconciliables
Deux visions du monde irréconciliables
ETC…
Voilà sur quoi doivent nous mentir les fédéralistes à la PLQ -ADQ pour se faire élire et nous faire perdre notre territoire, notre temps et notre majorité en détruisant la nation Québecoise systématiquement par opportunisme à la Meech Moins .
Le père du Bloc en appuyant les doctrines ultra canadians de Charest, oublie-t-il cela ?

Il suffirait plus simplement encore de mettre la véritable étiquette sur le gouvernement actuel : parti conservateur au lieu de parti libéral. On saura mieux à qui on a affaires et mieux évaluer la médiocrité de ce parti de niveau provincial.
Et que la bataille Harper Charest se montre au grand jour.

C’est souvent dans ce genre de cul de sac que le système fédéral canadien nous conduit. La meilleur porte de sortie du Gouvernement du Québec n’est pas la clause nonobstant mais la souveraineté, soit le pouvoir de décider par lui-même ce qu’il juge fondamental pour notre peuple plutôt que de faire face à chaque fois au mur de la constitution canayenne.

Autre pièce à conviction à inscrire au volumineux dossier que vous avez compilé. Six mois après avoir sorti l’enseignement religieux catholique des écoles, le ministre de la Famille, M. Tomassi trouve rien d’anormal au fait que certaines garderies soient transformées en services de garde islamiques ou judaïques.

Ce gouvernement pousse le multiculturalisme vers des nouveaux sommets d’absurdité. C’est pas parce qu’on rit (jaune) que c’est drôle!

« Toute interprétation de la présente charte doit concorder avec l’objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens. »

Prouvez-moi maintenant que le niqab fait partie de la « culture » arabo-musulmane !!!!!!!!!

Non mais…..écoutez, venez pas me dire que cacher sa femme par jalousie, ça relève de la culture !!! Si l’article 27 se veut répondre à l’idéal de liberté et d’ouverture promu par ce pays, eh bien que fait ce même article de tout acte, ou toute pratique qui va à l’encontre de ce même idéal ???? C’est comme si cet article se contredisait, pour moi, il revient à dire: » Par respect de la liberté d’autrui, laissons chaque citoyen exprimer ouvertement la culture de son pays d’origine »…..Oui, mais si certaines pratiques sont présentées faussement comme faisant partie de la culture d’origine ? Et en revanche, même si ces pratiques faisaient effectivement partie de la culture d’origine, si celles-ci vont à l’encontre de l’esprit d’ouverture qui est à la base même de ce bel article 27, que fais-ton ?????????

Il y a des limites à vouloir être plus catholique que le Pape….quand en plus on vide les églises et mets les crucifix au fond des tirroirs….

Petite précision concernant une des suggestions de M. Lisée : la fameuse « clause nonobstant » ne peut pas être appliquée aux droits linguistiques constitutionnels ni aux droits scolaires. C’est dans son texte même.

Quant à son emploi dans le secteur religieux, cela a déjà été fait par le gouvernement québécois en matière scolaire, et cela n’a pas généré tellement de vagues…Il est vrai que cela se passait avant les vagues médiatiques récentes.

Enfin la solution du cas par cas n’est pas aussi catastrophique qu’on le dit. Les contestations de refus d’admission passent au Tribunal administratif du Québec et ce dernier a tous les outils pour distinguer les tricheurs qui profitent du système et les revendicateurs légitimes.

Pourquoi ne pas légiférer en interdisant toutes personnes masqués dans les lieux publics. Ce pour des raisons de sécurité publique. En fait il existe de nombreuses lois municipales qui interdisent les personnes masqués. Elles ne sont évidemment pas appliquées.

Cette loi pourrait difficilement être rejeté par la cour suprême en ces temps ou la sécurité publique est si importante.

Cher collegue,
Bonjour depuis Amsterdam (cf. absence d’accents, mes excuses).
Quelle erreur de base (du genre, etudiant en droit de 1iere annee) : l’art. 27 de la Charte canadienne n’est pas une disposition normative, mais bien une clause interpretative. Le scenario que vous evoque — aussi noir souhaitez-vous le peindre — ne tient donc pas la route. En effet, l’on ne peut pas plaider une clause interpretative (art. 27) en relation avec une disposition normative (ici, l’art. 2) si cette derniere a ete visee pas la clause derogatoire. C’est comme plaider la pertinence interpretative du preambule d’une loi avant l’entre en vigueur de celle-ci. Assez elementaire… pensez-pas?

Je peux confirmer vos dire Monsieur Lisée. J’ai parlé longuement l’été dernier avec Monsieur Serge Ménard et quelle nouvelle avait il à me dire notre John Charest national a des ambitions for The Prime Minister ! Well fallait y penser ! Toujours un plaisir de vous lire Monsieur Lisée ! La première fois que je vous ai découvert c’est en lisant « Le tricheur ». Combien le Québec aurait besoin de gens comme vous, pour réveiller notre p’tit peuple qui de toute évidence dort sur la « swich » !

Non mais ne nous faisons pas d’illusions,JOHN JAMES CHAREST va faire ce que lui seul sait être bon pour ses petits ZAMIS FÉDÉS alors rien ne changera et quand il sera rendu a OTTAWA il continuera sa job de démolition du Québec BRAVO JOHN JAMES.

John James Charest s’avère être celui qui a mis tout le Québec dans la plus étouffante « merde » de son histoire.

Et si l’avenir prouve que Monsieur Lisée a raison, nous n’avons pas fini de le voir enfoncer le Québec… à moins que… la prochaine élection en soit vers l’indépendance.

Ahhhh le fameux Lac Meech dada des séparatistes depuis 15 ans… Ils oublient commodément de préciser qu’ils étaient eux-mêmes, en symbiose avec la majorité des autres Canadiens, CONTRE l’entente du lac en question mais ils préfèrent aujourd’hui garder un profil bas sur ce fait, ce qui leur permet de jouer les martyres d’occasion.

Monsieur Bourassa, traître au Québec selon Monsieur Lisée, menait ce dossier avec Brian Mulroney et le traître en question a perdu son pari. Cela le réhabilite-t-il? Seul Monsieur Lisée a la réponse à cette question…

Pour ce qui est des solutions mur-à-mur si chères aux gauchistes centralisateurs style Lisée, je crois plutôt au cas-par-cas et au proverbial gros bon sens des Québécois (pourquoi l’auteur de ce blogue ne leur fait-il pas confiance?) et surtout je crois qu’il nous faille garder les politiciens le plus loin possible de ce genre de chose. Ils ont déjà bouzillé suffisamment de dossiers comme ça (santé, éducation, routes, finances, etc.) sans qu’ils mettent leurs grosses pattes dans celui-ci.

Bien que je sois d’accord avec l’esprit général des conclusions de Monsieur Lisée, j’aimerais citer Monsieur Bourassa lors du dépôt du rapport Charest : «Le Canada anglais ne comprend pas le Québec, ne comprend pas sa langue, sa culture et son droit.» Les implications de ce constat viendront plus tart…

Charest a fait plusieurs tournées du Canada, plus que personne, il sait combien il existe de dichotomies entre le Québec et le ROC.

Si le Québec en prenait conscience, il y aurait forcément une remise en question des pouvoirs, de la responsabilité des gouvernements provinciaux et fédéraux, de la fiscalité et du droit, nonobstant l’écoeurement constitutionnel. D’où l’insistance du Premier Ministre de répéter ad nauseam, qu’il veut éviter la «chicane» et sa tendance à fustiger ceux qui la créent.

Ainsi, la remarque de Rivest et la thèse selon laquelle cette façon «distincte» d’agir qui a refroidi le soutien à Meech ne tient pas. Cette thèse suppose que l’on aurait voulu «passer l’accord en douce» alors que les subtilités avaient été très pénibles à négocier, et que tous en étaient informés. Dire que ce n’est qu’une fois l’accord scellé que nous aurions enfin pu montrer notre vrai visage me semble exagéré, le travail de Charest dans la rédaction de son rapport visait précisément à atténuer la portée d’un texte que chaque province avait le loisir d’examiner.

Enfin, ce commentaire vise simplement à souligner que le refus de Meech n’est pas attribuable à des causes «endogènes» au Québec et à une quelconque maladresse politique des acteurs d’ici, mais bien à des facteurs exogènes, profondément enracinées dans le ROC, qui refusent au Québec l’honneur et l’enthousiasme. Jean Charest au pouvoir devait être la preuve de la capacité du système fédéral à satisfaire le Québec, il semble que l’on dépende toujours d’un «si de bonnes personnes sont aux bonnes places», on ne gouverne pas une nation en se plaçant de telle façon à la merci de la contingence. Le but des acteurs politiques est précisément de veiller aux structures et au modalités par lesquelles un peuple peut correctement s’administrer.

Il semble que ces conditions ne sont pas présentes au Québec et il y urgence d’agir pour donner au Québec les pouvoirs nécessaires pour affronter les défis qui sont les siens.

En dernière analyse, l’opposition du ROC, traditionnellement prompt à afficher une résistance dont l’origine est historique et politique, se transforme en en opposition dont la racine est de plus en plus multiculturelle et juridique. Ce faisant, la dichotomie entre le Québec et le ROC me semble de plus en plus saillante et la conciliation, de moins en moins possible. En effet, il n’existe plus de fédéralistes, qui à l’instar de Ryan, Bourassa ou Mulroney, étaient partisans d’une réforme ou de changements de la constitution ou d’accommodements au fédéralisme. Ce faisant l’option au Québec, c’est le statu quo ou l’indépendance (le travail de Dion et le renvoi de la question référendaire devant la Cour Suprême ont fait en sorte qu’il n’est plus possible d’offrir une souveraineté à l’intérieur de la fédération, mais le statu quo fait de plus en plus la preuve qu’il génère de telles pressions négatives, que le Québec semble paralysé dans l’immobilisme; prisonnier qu’il est de sa schizophrénie politique. Il a un urgent besoin de réforme, mais il n’est pas possible de les faire à l’intérieur de la fédération. Ne pas faire de réforme, c’est la mort lente. Il ne reste donc comme option que l’indépendance.

Comme le disait l’historien Maurice Séguin : «Vivre c’est agir.» Nous devons accepter que se faire remplacer par Ottawa ou par la contingence, c’est mourir à petit feu, c’est-à-dire perdre des occasion d’apprendre et se développer.

Voilà ou nous amène ce parcours, lié à une connaissance du passé, à la redécouverte d’un slogan magique pour l’indépendance :

L’Indépendance? Parce que vivre c’est agir!

Charles Gill

@François1

Si je me ne trompe pas (on me corrige si c’est le cas), le PQ avait appuyé Meech à l’assemblée nationale non?

@Vincent – Les 18 députés du Parti Québécois ont voté contre la ratification de l’Accord du Lac Meech lors du vote tenu le 23 juin 1987 à l’Assemblée nationale (95 Libéraux ont voté pour Meech). Quelques semaines avant ce vote, le Congrès national du Parti Québécois s’était prononcé contre Meech et tous les regroupements indépendantistes et nationales, la SSJBM, etc., étaient contre Meech. Lévesque avait qualifié Meech de dangereux, le chef péquiste Johnson d’abjectement lâche.

Je ne saurais blâmer personne qui s’y méprend car les péquistes là-dessus sont très hypocrites.

En 1984 il y a eut entente d entraide entre Levesques et Mulroney….Celle-ci vat servir a en échange de quelques concessions pour le Québec Mulroney vat faire entrer le Québec dans la Constitution….La crise éclate alors au PQ a cause de cette entente baptisé le Beau Risque….Les Purs et Durs prennent la porte du PQ…René Leveques démissionne….Il est remplacé par Pierre Marc Johnson (le juge de la commision du Viaduc de la Concorde..) et le PQ est battu auix élections…Bourassa Premier ministre du Québec continus les discussions avec Mulroney….C est l Accord du Lac Meech qui sera battus comme on sait….La ca devient du théatre comique!…Y a des Liberaux qui se prennent pour des Souverainistes en croyant avoir la bénédiction de leur chef!…..Se font tous pogner…Mais ils entrent un par un dans le rang la queue entre les deux pattes!..La suite c est ca le Sujet des deux grosses briques que M.Lisée a écrit qui s intitulent; Le Tricheur, et Le Naufrageur..(Robert Bourassa.) Rappelez vous cette phrase (De Robert Bourasssa); et le moment cocasse ou Parizeau tellement heureux qu il donne du« Mon Premier Ministre« a Robert Bourassa….: « Quoique qu on dise et quoi qu on fasse, le Québec est, aujourdhui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d assumer son destin et son développement.« C est ca quié ca! Et voila!

Je suis d’accord avec les nombreux intervenants précédents ayant donné leur avis jusqu’à maintenant: Jean Charest gardera un profil bas avec le dossier du niqab et celui de la loi 101, car son objectif à moyen terme, c’est de devenir le premier ministre du Canada. «Laissons traîner les choses et ne réglons rien dans l’immédiat», voilà son choix. Il ne se promène pas pour rien à l’extérieur du Québec; il préfère laisser ses ministres dans la «merde» et aller parader ailleurs.

@ Vincent:

« Si je me ne trompe pas (on me corrige si c’est le cas), le PQ avait appuyé Meech à l’assemblée nationale non? »

Voir la réponse de Loraine King sur le sujet qui est parfaitement conforme à la vérité mais les séparatistes d’aujourd’hui gardent un profil très…très bas à ce sujet et pour cause. Ça leur permet de jouer les persécutés de salon de temps à autre. Monsieur Lisée en est un parfait exemple…

Je me souviens très clairement qu’à l’époque des négociations du Lac Meech, Jacques Parizeau s’égosillait et s’empourprait devant tous les micros que l’on plaçait devant lui pour dénoncer cet accord. Je trouve croustillant de voir ces mêmes séparatistes aujourd’hui feindre d’en avoir été les victimes. En fait et contrairement aux désirs des péquistes de l’époque qui étaient en porte-à-faux avec le peuple québécois, la vaste majorité des Québécois avaient accepté l’Accord.

@François 1 @Loraine King

En tant qu’indépendantiste, je puis vous assurer que me remémorer l’échec de l’accord du Lac Meech ne me donne pas l’occasion de faire de moi-même une victime d’un Canada anglais qui aurait refusé d’entériner cinq modifications à la constitution canadienne. Lorsque les indépendantistes reviennent sur cet événement, c’est pour faire la démonstration que le Canada n’est pas réformable dans le sens des intérêts des peuples fondateurs.

Et s’il est impossible de modifier la constitution canadienne, qu’allez-vous faire mes chers fédéralistes, vous qui avez cru en ce défunt accord ? Allez-vous tenter de réformer le Canada à nouveau ? Allez-vous négocier à la baisse vos conditions jadis dites minimales ? Allez-vous accepter le statu quo ? Ou allez-vous appuyer l’indépendance du Québec comme seule solution au problème envisagé ? Tel est le dilemme. Ainsi, les ving ans de la mort Meech n’est que le simple rappel de ce dilemme politique auquel les Québécois sont toujours confrontés.

Législaqtion anti niqab « impossible » se gausset-on ? C`est à voir…

Il existe une solution législative au port du NIQAB, qui sans le viser et même parce qu`elle ne le vise pas , l`englobe ipso facto.

QUOIQUE JE DOUTE QU`ELLE SOIT RECONNUE DE COMPÉTENCE « PROVICIALE »… ON LA METTRA DANS LE CHAMPS DU DROIT CRIMINEL, DONC FÉDÉRAL…COMME TOUT CE QUI COMPTE !

En tout état de cause, ÇA SE LIRAIT EN GROS COMME SUIT ( j`improvise…):

« Il est interdit de se livrer à quelque activité que ce soit dans l`espace publique autrement qu`a visage complètement découvert et reconnaissable.

Par exception à ce qui précède , une personne peut masquer une partie ou la totalité de son visage si et seulement dans la mesure et pour la durée où ceci est raisonnablement requis par des exigences de sécurité de l`activité en cours , ou pour des motifs raisonnables de santé ou d`hygiène , ou encore lors d`activités récréatives le requérant spécifiquement et pour la durée de celles ci, mais en aucun cas pour un motif d`ordre culturel ou « religieu. ».Le port de lunettes répondant à une définition courrante de tel objet ne constitue pas un masque au sens de la présente loi.

Les dispositions qui précèdent, dictées par des impératifs de sécurité publique, sont d`ORDRE PUBLIC, et les exceptions qui les visent doivent être interprétées restrictivement.

Toute personne est fondée à contraindre, mpar exigence verbale explicite ou par le refus qualifié d`un avantage auquel la personne contrvenante aurait autrement droit,une autre personne qui contrevient aux exigences de la présente loi à se démasquer sur le champs ,et à faire appel à l`intervention d`un agent de la paix si un recours à la force s`avère nécessaire devant un refus d`obtempérer.

Toute personne dont la contavention à la présente loi est constatée par un agent de la paix est passible d`une amende de 4500é0 por une première offence et de $1000.00 pour chaque offence csubséquente

Toute contravention à la présente loi dans uneinstitution publique constitue un acte criminel. »

EN PROCÉDANT AINSI SOUS UN ANGLE GÉNÉRAL, ON RÈGLERAIT auss D`AUTRES PROBLÈMES de sécurité publique QUI N`ONT RIEN À VOIR AVEC LE NIQAB.

ADMIN : veuillez ne pas abuser des majuscules. Merci.

@ Pier-Luc Lampron:

Pour ma part, je ne fais rien face à cette décision des Canadiens.

J’ai beau chercher, rien, absolument rien n’a changé dans ma vie de tous les jours depuis le refus de Meech et la province de Québec bénéficie toujours de l’extrême générosité que les autres provinces canadiennes démontrent envers elle.

Euh, Pierre-Luc Lampron – je n’ai donné que des faits. Je n’ai aucune opinion sur la séparation du Québec de la fédération canadienne. Je ne suis pas Québécoise – je ne suis ni fédéraliste ni séparatiste, votre mesure pour juger du caractère de vos concitoyens.

Je constate que le Canada ne cesse de changer – parfois pour le mieux, d’autres fois pour le pire, sans que l’on ait besoin de changer la Constitution.

En passant, je n’ai jamais ‘cru’ à Meech – j’ai des opinions, mais pas de croyances politiques.

« L’extrême générosité des autres provinces canadiennes »????
Quelqu’un peut-il allumer les chandelles pour que j’y vois plus clair?
Merci à l’avance.