Jean Charest peut-il gagner la course à la chefferie du Parti conservateur ?

Que ce soit sur le plan du bilinguisme ou de l’expérience, la candidature de Jean Charest pourrait changer complètement la dynamique de la course à la direction du PCC qui n’est pas encore commencée.

Photo : La Presse canadienne

Mercredi soir, au party de Noël des conservateurs de la région de Montréal qui se déroulait au buffet chinois Fu Lam de Boucherville, l’attention des quelque 175 membres, organisateurs, députés et anciens candidats présents était très convoitée. Trois aspirants à la succession d’Andrew Scheer avaient fait la route pour serrer des mains et tâter leurs appuis.

Les députés Gérard Deltell et Pierre Poilièvre étaient présents, tout comme l’ancien ministre Peter MacKay. Les trois se promenaient de table en table pour souhaiter la bonne année et demander aux militants ce qu’ils pensaient de la course à venir.

L’ancien premier ministre du Québec Jean Charest n’y était pas. Mais c’est tout comme. Tout le monde parlait de la possibilité qu’il se lance dans la course en 2020, puisqu’il a confirmé être en réflexion. « On est sous le choc », m’a raconté un conservateur de longue date qui était à la soirée et qui a requis l’anonymat pour pouvoir parler librement, comme les autres sources de ce texte.

« Je ne pourrais pas te dire si les gens sont contents, favorables ou mécontents, concernant le fait qu’il pense revenir. C’est juste un gros effet de surprise », m’a confié un autre conservateur présent au Buffet Fu Lam.

La possible candidature de Jean Charest est polarisante, autant dans l’opinion publique qu’au sein du parti. Si les vieux bleus qui gravitent dans la formation depuis longtemps semblent favorables à son retour, les conservateurs actifs au sein du parti depuis une vingtaine d’années, soit depuis que l’Alliance canadienne a fusionné avec le Parti progressiste-conservateur en 2003, sont beaucoup moins enchantés par cette possibilité. Pour eux, il est avant tout un libéral.

En résumé, les conservateurs de Harper sont sceptiques, alors que les conservateurs de Mulroney sont contents. Clairement, il y a une fracture.

Les députés actuels du Parti conservateur au Québec ne sont pas à l’origine des courriels, textos et coups de fil que Jean Charest dit avoir reçus pour l’inciter à réfléchir à se présenter.

L’atterrissage de l’ancien chef du PLQ dans la course à la direction conservatrice serait un « game changer » m’a dit un organisateur. « Il a un immense réseau à travers le pays, il est bilingue, vient de l’Est et il est le meilleur orateur et débatteur de sa génération. » Il est également doté d’un excellent instinct politique.

Chez bien des membres, même dans les Prairies, l’idée que le prochain chef devrait venir de l’est du pays fait tranquillement son chemin — Harper et Scheer représentaient l’Alberta et la Saskatchewan. La victoire serait peut-être plus à porter de main en Ontario, au Québec et dans les Maritimes avec un chef de l’Est, se disent-ils.

Le plus mécontent hier soir à Boucherville était d’ailleurs Peter MacKay, puisque l’ancien chef progressiste-conservateur ne cache pas ses intentions. Or, il appartient au même réseau idéologique que Jean Charest. Il a les mêmes racines politiques. Y aurait-il de la place pour les deux anciens chefs progressistes-conservateurs dans une campagne à la direction d’à peine quelques mois?

Peter MacKay a toutefois été un ministre important sous Stephen Harper et n’a jamais quitté le parti, contrairement à Jean Charest.

La candidature de Jean Charest, 61 ans, ne lui assurerait pas automatiquement la victoire. Le Parti conservateur actuel n’est plus le même qu’à son époque. Si l’on regarde l’origine de ses membres, le centre de gravité s’est déplacé nettement vers l’Ouest. Idéologiquement, c’est un parti campé davantage à droite.

« Jean Charest ne peut pas gagner avec les membres actuels, tranche un organisateur de longue date. S’il veut l’emporter, il doit faire un take over du parti. Il doit vendre énormément de nouvelles cartes. » Un constat partagé par un député à qui j’ai parlé.

Jenni Byrne, l’ancienne organisatrice en chef de Stephen Harper, qui est maintenant proche de Doug Ford en Ontario — elle était sa conseillère principale jusqu’en septembre dernier — n’est pas très enthousiaste par rapport à la possible candidature de Jean Charest. Dans une série de tweets, elle lui reproche d’être un libéral, puisqu’il est favorable à un registre des armes à feu, à une tarification du carbone et qu’il aide Justin Trudeau dans sa quête d’obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU en 2020.

Des positions que Jean Charest ne pourrait pas renier, en effet. Sans compter le nuage noir de l’UPAC qui continue de planer au-dessus de sa tête et du Parti libéral du Québec concernant les années où il en était le chef. « Charest ne pourrait jamais attaquer Trudeau sur son éthique, jamais », m’a d’ailleurs lancé un conservateur. 

La course à la direction du Parti conservateur n’est pas encore officiellement lancée, mais elle le sera sous peu, puisque les députés font pression sur la direction du parti pour que le chef soit élu par les membres au plus tard en juin prochain.

Une telle course favoriserait les gros noms, soit les politiciens avec une bonne notoriété et un grand réseau de contacts. Les candidatures secondaires ou celles qui auraient besoin de vendre des dizaines de milliers de cartes de membres en quelques mois pour espérer l’emporter partiraient avec une longueur de retard.

C’est dans ce contexte que s’articule la réflexion de Jean Charest, Gérard Deltell et Michael Fortier.

Gérard Deltell, député de Saint-Laurent, reçoit beaucoup d’appels depuis quelques jours. Et pas seulement du Québec. Gérard Deltell a développé un vaste réseau de contacts depuis quatre ans, notamment dans l’Ouest, en utilisant son rôle de co-porte-parole en matière de finances pour aller prononcer des discours ailleurs au pays.

Il avait appuyé Erin O’Toole en 2017, mais ce ne sera pas le cas cette fois-ci, puisqu’il juge son français déficient.

Gérard Deltell est populaire au sein du caucus et ses penchants pro-pétrole, pro-pipeline et pro-ressources naturelles le rendent aimable aux yeux de la base du parti.

Pourtant, s’il se lance, mes sources affirment qu’il souhaite bonifier les positions du parti en matière d’environnement et de lutte aux changements climatiques. Le mot « virage » serait trop fort, me dit-on, mais faire « avancer » le parti vers une plate-forme plus musclée serait dans ses plans s’il fait le saut.

Évidemment, Gérard Deltell n’étant pas un conservateur moral, les enjeux de l’avortement et des mariages gais, notamment, seraient enterrés.

Au-delà de cette évidence, que veut offrir Gérard Deltell aux Canadiens ? Car le prochain leader conservateur ne sera pas que chef de l’opposition officielle, mais un premier ministre en attente. Quelle sera sa vision pour le pays ? C’est ce à quoi il réfléchit présentement, dit-on. Une fois cela fait, il sondera ses appuis et ses chances de l’emporter, puisque Gérard Deltell n’ira pas en figurant. On me dit que la décision de Jean Charest ne pèsera pas dans la balance de son choix.

C’est différent pour Michael Fortier, un progressiste-conservateur comme Jean Charest, qui aurait plus à perdre d’un retour de l’ancien premier ministre.

Le téléphone de ce banquier, ancien ministre et ex-sénateur sous Stephen Harper, sonne plus qu’à l’accoutumée depuis quelques jours. Celui qui est également commentateur politique doit reconnecter avec le parti, car il n’a pas fréquenté les cercles conservateurs depuis son départ en 2008, il y a une décennie.

Le père de six enfants fait de l’argent dans le secteur privé — il est vice-président du conseil de RBC Marchés des Capitaux — et il n’a pas de temps à perdre. S’il plonge, c’est pour gagner. Il a déjà fait un tour de piste en 1998, lorsqu’il a terminé dernier dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur avec 4 % des voix, et il ne refera pas une simple parade.

Michael Fortier n’a pas la langue dans sa poche. Il souhaite « brasser la cage » de son parti s’il se lance dans la course. La droite religieuse, très peu pour lui. C’est un progressiste social et un conservateur fiscal. L’environnement ? À fond la caisse. Michael Fortier est un partisan du prix sur les émissions de carbone, que ce soit une taxe ou un marché d’échange de crédits.

Des positions difficiles à faire accepter dans certains milieux conservateurs. Pour bien des membres en Alberta et en Saskatchewan, on déteste autant la tarification du carbone que les déficits, ce qui n’est pas peu dire. Même dans l’establishment du parti qui a passé une grande partie de sa vie dans l’indicatif régional 613 d’Ottawa, la pilule pourrait être difficile à avaler. C’est également vrai pour Jean Charest sur ce front, lui qui a imposé une tarification du carbone au Québec lorsqu’il était premier ministre.

D’après mes informations, Michael Fortier ne va pas tergiverser longtemps. Il annoncera ses intentions à la mi-janvier. La décision de Jean Charest pèsera lourd dans son cas.

Puis, au Québec, il faut ajouter l’homme de l’extérieur, l’outsider, Bryan Brulotte.

Cet homme d’affaires de 55 ans a déjà confirmé ses intentions dans les derniers jours. Il est à la tête de l’entreprise de placement de personnel et d’experts-conseils Max Sys. Une entreprise de 1600 employés qui possède 15 bureaux à travers le pays et dont le chiffre d’affaires frôle les 100 millions de dollars, selon Bryan Brulotte. Le siège social de MaxSys est à Ottawa.

Bryan Brulotte n’est pas techniquement québécois, puisqu’il est né à Kingston en Ontario, alors que son père, un militaire né à Trois-Rivières, était affecté à cette base. Sa mère est originaire de Coaticook, en Estrie. Bryan Brulotte a passé sa jeunesse à se déplacer d’une base militaire à l’autre, mais il a longtemps été au Québec. Il est parfaitement bilingue. En français, il a un léger accent anglais.

Il fréquente le Parti conservateur depuis longtemps, ayant été été chef de cabinet adjoint du ministre des Travaux publics Paul Dick dans l’éphémère gouvernement de Kim Campbell en 1993.

Il est acquis que le député Alain Rayes ne plongera pas dans la course.

Peu importe à qui l’on parle au sein du parti au Québec, le nom d’Alain Rayes surgit. Non pas comme candidat potentiel — son anglais et son réseau hors Québec sont trop faibles — mais plutôt comme le joueur incontournable dans la province. « Il est un super organisateur. Il connait tout le monde. Il sera le king maker du Québec », m’a dit une source bien placée au PCC.

L’homme fort du Québec pour les conservateurs a imposé trois conditions à son appui éventuel : bilinguisme, compréhension du Québec et de sa réalité, la fin des tergiversations sur les enjeux moraux comme l’avortement et le mariage homosexuel.

Tous les conservateurs à qui j’ai parlé souhaitent un chef bilingue. Ça semble la première condition, même pour la vaste majorité des anglophones au parti, sachant que le Québec est incontournable pour revenir au pouvoir.

Or, qu’est-ce que le bilinguisme politique ? À quel point un candidat doit-il être fonctionnel en français pour être considéré comme un aspirant sérieux ?

Est-ce que Rona Ambrose, l’ancienne ministre sous Stephen Harper et chef par intérim du parti entre 2015 et 2017, est bilingue ? Ça dépend à qui l’on parle. Bien des conservateurs la voient dans leur soupe, mais au Québec, les sceptiques sont nombreux.

Des députés m’ont affirmé qu’à l’époque où elle assumait l’intérim du parti, elle apprenait ses phrases par cœur et ne parlait qu’en anglais aux francophones du caucus. Pourrait-elle faire un débat des chefs en français ou tirer son épingle du jeu à Tout le monde en parle ? « Non », tranche un élu.

A-t-elle suivi des cours de français depuis deux ans, comme les rumeurs le laissent entendre ? Il faudra attendre sa première entrevue en français, si entrevue il y a, pour juger. Elle n’a pas encore pris la décision de plonger dans la course.

Peter MacKay est-il bilingue ou seulement fonctionnel ? Lorsqu’il était ministre de la Défense, son équipe écrivait en phonétique la portion de ses discours en français afin de l’aider à prononcer correctement les mots.

La rumeur veut qu’il pratique son français depuis qu’il a quitté la politique, notamment en parlant dans cette langue avec sa conjointe, Nazanin Afshin-Jam, avec qui il est marié depuis 2012 et qui parle français. Militante pour le droit des femmes, ancienne Miss Monde Canada 2003, elle est née en Iran, mais a fui Téhéran avec sa famille à la suite de la Révolution islamique en 1979 et s’est établie à North Vancouver, en Colombie-Britannique.

Que ce soit sur le plan du bilinguisme ou de l’expérience, la candidature de Jean Charest changerait complètement la dynamique de cette course qui n’est pas encore commencée.

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6 commentaires
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Si le parti Rhinocéros avait des chances de l’emporter au fédéral, Charest n’aurait aucune gêne à se présenter comme Rhino. Tout pour le pouvoir, peu importe les convictions. En bout de ligne, la présence de Charest au parti conservateur va faire deux choses. Elle va démontrer sans équivoque le tempérament caméléon du personnage, et, divisera plus que jamais un parti quand même assez solide mais qui a manqué d’affirmation sur l’homosexualité et l’avortement.
Quoi qu’il en soit, pour moi, Trudeau ou Charest, c’est ¨bonnet blanc- blanc bonnet¨…

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Très drôle ! Le parti conservateur qui se targue d’être « propre » et qui dénonce la corruption des libéraux… avec un chef au passé pour le moins trouble, sans parler de son aspect vire-capot. En fin de compte, Maxime Bernier va peut-être récolter les évangélistes et l’extrême droite… En tout cas, ça va faire des bons Bye Bye !

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C’est vraiment déplorable de votre part de ne pas mentionner toutes les casseroles que traîne Jean Charest. Je suis déçu de constater que vous êtes beaucoup plus clément, ou amnésique, quand il s’agit d’un libéral.

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Cheval de Troie à trois à Ottawa pour possible tour du chapeau ?

« J’ai fait 28 ans de vie publique, ça a été merveilleux, mais je n’ai pas l’intention de revenir en politique », déclarait Jean Charest, il y a deux mois seulement… Or aujourd’hui se retrouve-t-il dans l’actualité plus que jamais justement parce qu’ambitionnant de revenir.

Les astres s’avèrent d’ores et déjà si bien alignés qu’advenant qu’il entre effectivement en des courses, l’une au leadership du PCC puis l’autre au poste de premier ministre du Canada, et qu’il les gagne toutes deux…; eh bien, il aurait réussi là quelque chose de si improbable qu’il n’y aura probablement eu que Trump qui fût parvenu ainsi en 2016 à déjouer tous pronostics et acteurs, incluant ceux de son propre parti même…

N’y aurait-il donc que risques négatifs à ce qu’un Jean Charest reprenne du service en politique?
Qui sait si un ‘troisième Jean Charest’ ne ferait pas aussi bien que le ‘second Robert Bourassa’?
Secondement, est-ce que le PCC, tel qu’il est actuellement, s’avère pire ou mieux, en fait de polarisation, qu’il pourrait être avec un Charest – initiateur du Conseil de la fédération?… (N’entrevoit-on pas Charest, le cas échéant, comme un « premier ministre des provinces »?).
Tertio, qui, de Harper, Trudeau, Legault ou Charest, (a) ‘fait’ le mieux à l’international?…
Enfin, se souvient-on des « trois colombes »? Advenant que Charest parvienne à devenir chef du PCC, puis advenant que Trudeau ou lui se retrouve PM, à la tête d’un gouvernement minoritaire…; ne pourrait-on alors r’avoir ainsi un inédit « French Power », et ‘parfait!’ cette fois, à Ottawa (Blanchet, Charest, Trudeau); en ce qu’une conjonction de forces de gouvernance et d’oppositions peut faire mieux et fait souvent mieux que le gouvernement d’un seul parti?

Si bien, bref, qu’une éventuelle résurgence ou « résurrection » charestienne, un retour comme en cheval de Troie…, constituerait éminemment moins un risque ou ‘danger’, qu’une possibilité, réelle et positive, de ‘mieux’, de meilleurS. Du fait: 1) qu’une réforme-régénération du PCC s’avère plus que souhaitable, impérative, et que Charest est probablement le mieux habilité pour l’effectuer; 2) qu’advenant son accession au plus haut niveau (PM), le pays serait mieux représenté à l’international; 3) et qu’un renforcement de présence franco-québécoise, en trio au sommet du pouvoir, ne pourrait ne pas avoir d’effets bénéfiques pour le Québec français ainsi que pour le français même au Canada et au Québec. Accomplissant ainsi un tour du chapeau.

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LA Question qu’il faut se poser avant toute autre…

LE Sujet de l’heure étant l’éventuelle probable candidature de Jean Charest à la chefferie du PCC, LA Question qu’il faut se poser est la suivante : qu’est-ce qui « menace » le plus, un retour possible au pouvoir de quelqu’un ayant toléré, voire encouragé implicitement ou explicitement, ou encore n’ayant « pas vu » des procédés duplessistes de financement politique; ou une réimplantation, en pire encore, d’esprit politique teinté de religiosité prévalente ultra-conservatrice à la Duplessis ?

L’actuel PCC, c’est ça ! : Une marche inexorable continue de dégringolade en forme de régression toujours croissante, par refus exalté de prise en compte, d’abord, des données objectives de la science, assortie symétriquement ensuite d’une nette préférence pour des… croyances. Comme il y a des siècles, quoi.

Si bien que le « risque » qu’un Jean Charest aille — (contribuer à faire se) — [re]‘produire’ au PCC ou au Canada ‘at large’ des pratiques de financement politique telles celles ayant eu cours au PLQ, s’avère sans commune mesure avec l’ultra-probabilité, sinon certitude, que le PCC, sans lui…, poursuive sa descente aux enfers du rétrograde à l’infini à maints autres égards.

De telle sorte que, loin qu’il constitue un danger, Charest représente peut-être en ce moment le meilleur espoir ou garant de remise en… ‘droit chemin’. Quoi!?…

N’a-t-on pas décrété l’an dernier la laïcité valeur sans pareille pour les Québécois.es? Puis n’est-il pas exact qu’une majorité de Québécois.es disent vouloir demeurer au sein du Canada? Alors, quid de si on laissait LE (seul) parti ‘alternatif’ (au PLC) continuer de dégringoler constamment vers une religiosité politique croissant sans cesse au lieu de s’atténuer ?

Si, donc, on ne veut pas sortir du Canada, et s’il s’avère non seulement possible mais probable qu’à court ou moyen terme le PCC reprendra le pouvoir; comment mieux se prémunir contre l’idéologie sienne actuellement, majoritaire chez ses membres, d’ignorance de la science, pour ne pas dire de promotion de l’ignorance tout court…; comment mieux se prémunir à l’encontre de cela, donc, qu’en [re]mettant en selle, en tête…, quelqu’un dont on sait, avec certitude, que lui non seulement n’oeuvrerait pas en ce sens, mais, inversement, ferait tout en son pouvoir pour rediriger, progressivement, vers du plus raisonnable et sensé?

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Alea jacta est. Cette fois-ci, il n’aura guère été aspiré vers ni poussé de, comme il l’avait été il y a vingt-deux ans.

Son rêve – à l’eau. Celui de devenir PM du Canada. Car c’est bien ce à quoi il aura, lui, aspiré le plus au cours de sa vie. Lorsqu’il s’était candidement déclaré « Canadian first and foremost », ce n’était pas un lapsus. C’était la véréalité. Sienne.

Ah, c’en est bel et bien fini maintenant. Il ne fera certes pas une Gertrude de lui-même en se tournant vers le PLC…

Et qu’il ne soit jamais PM du Canada n’est pas la ‘fin du monde’ non plus pour les Canadien.ne.s ni pour les Québécois.es.

Là où c’eût pu faire une différence, et toute une, ç’aurait été au PCC. Car il est là LE ‘Problème’… Voilà là, en effet, un parti en dégringolade interminable croissante continue vers du rétrograde. Tout l’envers, donc, bref, de ce que se voulait l’ancêtre déserté, progressiste, de ce parti. Si bien qu’à la fin, on risque d’en payer le prix l’un de ces quatre.

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