Jérôme Lussier et la trahison de la démocratie

Pourquoi certains ne jurent-ils que par les chartes de droits ? Parce qu’elles donnent beaucoup de pouvoirs aux avocats, aux juges et aux autres bien-pensants qui visent toujours à dompter la collectivité.

Photo: Darryl Dyck/La Presse Canadienne
Photo: Darryl Dyck/La Presse Canadienne

PolitiqueLe 23 septembre dernier, la Cour supérieure a condamné un journaliste à verser 7 000 dollars à un couple dont la femme portait le niqab dans un marché aux puces de Québec. Mon texte sur cette affaire a suscité de nombreux commentaires, notamment la critique acerbe de mon collègue blogueur Jérôme Lussier.

Pour ce dernier, ma critique revient notamment à dire qu’une femme voilée ou portant le niqab n’a plus aucun droit à la vie privée, contrairement aux autres qui ne le portent pas — une façon de sous-entendre que je stigmatise les minorités.

Ce qui est réellement en cause ici est le fait de véhiculer un message publiquement. Si je déambule dans la rue le visage maquillé aux couleurs du drapeau du Québec ou du Canada, ce geste est porteur d’un message patriotique destiné à autrui.

En toute cohérence, comment pourrais-je plaider mon droit à la vie privée pour qu’une photo de moi ne soit pas publiée ? Ce qui vaut pour les couleurs de la nation vaut certainement aussi pour un niqab.

Venons-en maintenant aux propos les plus surprenants de mon détracteur. Pour Jérôme Lussier, critiquer les chartes revient à prôner un retour au «mob rule», à une conception médiévale de la société où la majorité peut, au gré de son humeur, tyranniser les minorités.

Selon mon collègue, les chartes empêchent «les sociétés de répéter les graves erreurs du passé : totalitarisme, lynchages, génocides, politiques discriminatoires visant une race ou une religion minoritaire».

Nous voici dans le grand récit chartiste, une mystification visant à nous faire croire que nos droits n’étaient pas protégés avant l’avènement des chartes, contrairement à maintenant.

Ce discours ne résiste absolument pas à l’épreuve des faits.

Prenons le totalitarisme allemand et le génocide des juifs. Monsieur Lussier semble ignorer que la république de Weimar, le régime démocratique ayant précédé le nazisme, incluait dans sa constitution une charte des droits. Cela n’a aucunement empêché Hitler de se livrer aux crimes odieux que l’on sait.

Poursuivons avec l’exemple des États-Unis, un pays qui s’est doté d’une charte des droits en 1791. Ce régime a tout de même permis à la Cour suprême de confirmer la légalité de l’esclavage en 1857, une pratique qui a été abolie six ans plus tard par Abraham Lincoln — un politicien représentant cette majorité qui serait supposément toujours prompte à violer les droits des minorités.

Mais les chartes empêcheraient les lynchages, suivant Lussier. Justement, après la fin de la guerre civile américaine, cette pratique visant les Noirs est restée répandue dans le Sud malgré le Bill of Rights. Il faudra attendre un siècle pour que les élus de la majorité prennent une série de mesures afin de mettre fin aux multiples violations des droits de la minorité.

Pour prendre un autre exemple américain : de 1993 à 2011, les homosexuels dans l’armée ne devaient pas dévoiler leur orientation sexuelle. Ceux qui l’avouaient ne pouvaient servir sous les drapeaux.

Encore une fois, la charte n’y a rien changé. C’est en 2011 qu’un politicien élu par la majorité, le président Barack Obama, a mis fin à cette situation.

Au Canada, notre charte n’a aucunement protégé les droits de Maher Arar. Ce citoyen canadien d’origine syrienne a vu son pays d’adoption partager, avec les États-Unis, des renseignements confidentiels. Cela a permis aux Américains de l’arrêter lorsqu’il séjournait chez eux, et de le déporter en Syrie pour qu’il y soit torturé. Mais quand l’affaire a provoqué une tempête au parlement et de l’indignation au sein de l’opinion publique, le gouvernement a soudainement réussi à le ramener au pays, s’est excusé et lui a versé dix millions de dollars.

Comme on peut le voir, le respect des droits fondamentaux n’est pas du tout assuré dans les pays qui se sont dotés d’une charte ; en tout cas, certainement pas plus qu’il l’est dans un pays comme l’Australie, qui n’a pas de législation équivalente.

Pourquoi, alors, certains — comme Jérôme Lussier — ne jurent que par cet outil juridique ?

Parce qu’il donne beaucoup de pouvoirs aux avocats comme lui, aux juges et aux autres bien-pensants qui visent à dompter la collectivité pour la rendre toujours plus tolérante, égalitaire, inclusive et politiquement correcte. C’est ce qu’a si bien décrit l’essayiste américain Christopher Lasch dans La révolte des élites et la trahison de la démocratie.

Pour ceux qui épousent cette idéologie, le problème vient de la majorité, qui n’a pas envie de participer à cette entreprise de réingénierie sociale.

C’est ici que la charte intervient. Elle permet de se tourner vers les tribunaux pour obtenir ce que l’on n’obtiendrait jamais démocratiquement dans l’arène politique. Les demandes de groupes considérés comme étant politiquement corrects par l’intelligentsia, notamment les immigrants, sont présentées comme relevant des droits fondamentaux, immanents et inaliénables. Ce que la majorité refuse politiquement, on lui impose en recourant à la charte et aux tribunaux.

Pour oser défendre ce point de vue, Jérôme Lussier traite les gens comme moi d’exaltés. «Je me retiendrai d’écrire ici tout ce que je pense de ce texte», dit-il, sous-entendant que ma pensée est tellement infecte qu’elle mérite un chapelet d’insultes impubliables.

En cela, mon collègue incarne totalement la réaction des bien-pensants, tel que décrite par Christopher Lasch. Quand ils sont contredits, «ils affichent la haine venimeuse qui se dissimule sous le visage souriant de leur bienveillance… L’opposition les amène à oublier la vertu libérale qu’ils affirment préconiser. Ils deviennent irascibles, outrecuidants et intolérants».

* * *

À propos de Frédéric Bastien

Frédéric Bastien est professeur d’histoire au Collège Dawson et l’auteur de La Bataille de Londres : Dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel. Il détient un doctorat en histoire et politique internationale de l’Institut des hautes études internationales de Genève.

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Le problème avec le texte initial est, notamment, qu’il n’y a aucun lien entre le jugement Hammedi c. Cristea et la Charte canadienne des droits et libertés. En effet, le recours de Mme Hammedi est fondé sur les articles 4 et 5 de la Charte des droits et libertés de la personne et les articles 35 et 36 du Code civil du Québec. Autrement dit, avec l’article 36 du CCQ qui prévoit qu’on ne peut pas utiliser l’image d’une personne sans son consentement (à moins que l’intérêt public le commande), les chartes n’ont pratiquemment rien à voir avec cette décision.

Je ne crois pas que Jérôme Lussier avait uniquement en tête la charte québécoise lorsqu’il a écrit son texte. Je ne peux pas vérifier le jugement de la Cour suprême qu’il a cité en ce moment, mais je parie que la Cour suprême a également fait référence à la Charte canadienne.

Je parlais du texte initial de M. Bastien dans lequel il utilisait le jugement Hammedi c. Cristea pour terminer avec qqes paragraphes pour nous a quel point la Charte canadienne est nocive.

« Je ne peux pas vérifier le jugement de la Cour suprême qu’il a cité en ce moment, mais je parie que la Cour suprême a également fait référence à la Charte canadienne. »

Pourquoi l’aurait-elle fait? La Charte canadienne ne protège que les citoyens dans leurs relations avec le gouvernement.

Voilà pourquoi il n’y a aucun lien entre la CC et cette affaire (ni entre la CC et Aubry c. Éditions Vice-Versa d’ailleurs). Cristea est un citoyen privé qui a pris en photo une autre citoyenne privée. Pas de gouvernement ou d’acteur pour le compte de celui-ci, pas de CC.

« les chartes n’ont pratiquemment rien à voir avec cette décision. »

La CC n’a rien à voir, vrai.

Quand on parle de droit à l’image, c’est assez difficile de deviner quelle est la législation sous laquelle le recours a été intenté (CcQ ou CQ), parce que le test est le même pour 49 que 1457. Il n’y a pas de régime parallèle d’indemnisation.

Par contre, les plaignants ont demandé des dommages punitifs sous l’article 49 alinéa 2 de la Charte, impossible sous le CcQ pour une violation de l’article 35/36, ce qui leur a été refusé, mais les dommages moraux leur ont été accordés sous 49 alinéa 1, et non 1457, comme noté au paragraphe 31, et non sous 1457 CcQ.

C’est donc là qu’est intervenue la Charte québécoise. La différence est académique seulement dans ce cas, car c’est le même régime d’indemnisation pour un droit protégé à la fois au CcQ et à la CQ.

Revenons au texte principal…

Je trouve dommage que M. Bastien confond le port du voile intégral avec un message destiné à autrui. Tout habillement est un message destiné à autrui. Le voile intégral dénote la modestie, un habit, le professionnalisme, une casquette des Canadiens, qu’on aime les Habs. Selon votre raisonnement, aucun de nous ne devrait avoir le droit à la vie privée revendiqué dans ce cas.

La critique des Chartes comme objet de pouvoir qui détourne un pouvoir législatif vers l’arène judiciaire, en d’autre mots, qui fait une feinte à la démocratie, m’a toujours semblée rigolote parce qu’à mon avis, ce n’est pas une critique, c’est un bénéfice. La tyrannie de la majorité existe. La démocratie est un système qui a ses défauts, elle n’est pas parfaite, elle n’est pas le « be all end all » de la civilisation. Je préfère de loin un mécanisme constitutionnel qui permet d’invalider des lois violant les droits fondamentaux de toute personne ou de tout groupe, même lorsque mis en action par des juges non-élus, à un espèce de « far-west » législatif où les droits sont protégés par des lois ou la common law seulement, outils que le gouvernement peut démolir ou non avec comme seule conséquence une censure politique incertaine.

Sans Chartes, pas de Morgentaler, pas de Oakes ni de Vriend. Peut-être que les effets de ces jugements auraient fini par être adoptés en loi par volonté populaire, mais peut-être que non. Ç’aurait probablement été beaucoup plus long. Mais il ne faut jamais oublier que ce que la majorité juge comme bon ne l’est pas toujours. En Alberta, on avait écarté la communauté LGBT des mesures anti-discrimination de cette province. Choix populaire? Sans doute. Bon choix? Bien sûr que non. Les Chartes ont au moins le bénéfice de remédier à des injustices présentes lorsque la majorité n’y voit pas d’injustice – elles protègent plus rapidement que ne peut le faire un changement dans l’opinion publique qui pourrait ne jamais se produire, surtout lorsqu’il s’agit de groupes envers lesquels la population a déjà un parti pris, comme ceux accusés de crimes.

Si l’on n’aime pas les Chartes, on peut toujours les changer. Elles ne sont pas figées dans le temps et l’espace, surtout la Charte quebécoise qui n’est que quasi-constitutionnelle. C’est difficile, soit, mais les formules d’amendement ont au moins le benéfice de traduire l’opinion majoritaire assez concrètement.

Je suppose qu’il n’est question ici que de point de vue. Mais tout le monde a droit à son opinion. Les Chartes protègent tout le monde également, après tout.

Non, les Chartes ne réussissent pas toujours à protéger nos droits fondamentaux – mais le Code criminel n’empêche pas toujours les crimes. Est-il inutile pour autant? Non, parce qu’au moins, tous deux permettent aux victimes d’obtenir réparation, et tous deux dissuadent. Ça ne fonctionne pas toujours – après tout, les juges n’auraient jamais à intervenir si le gouvernement respectait toujours les Chartes. Mais au moins ont-ils le pouvoir d’intervenir. C’est une limite acceptable à la démocratie au nom du pouvoir de surveillance de la branche judiciaire, à mon avis.

Ces majorités et minorités dont vous nous causez, elles sont délimitées sur quelle base au juste ? En quoi consistent-elles ? Croyez-vous vraiment que chaque citoyen d’une patrie quelconque est membre d’une seule « community » à la fois ? Croyez-vous vraiment qu’il existerait quelque paroi étanche entre majorités et minorités ?

L’arrêt Aubry fait référence non seulement à la charte québécoise mais aussi à la jurisprudence de la charte canadienne, notamment le concept de vie privée lors de fouille, article 8. C’est un bel exemple où la jurisprudence fondée sur la charte canadienne a une influence sur la charte québécoise.

«La critique des Chartes comme objet de pouvoir qui détourne un pouvoir législatif vers l’arène judiciaire, en d’autre mots, qui fait une feinte à la démocratie, m’a toujours semblée (sic) rigolote parce qu’à mon avis, ce n’est pas une critique, c’est un bénéfice.»

Évidemment que c’est un bénéfice pour les juristes. Bravo Sherlock.

Il y a aucun doute que Jérôme Lussier était dans un monde romancé lorsqu’il a écrit que les chartes empêchent « les sociétés de répéter les graves erreurs du passé: totalitarisme, lynchages, génocides, politiques discriminatoires visant une race ou une religion minoritaire ». Cela ou bien son analyse a été simplifié en omettent de souligner que ceci se produit lorsque les 3 pouvoirs travaillent de concert pour les faire respecter.

M. Bastien a bien souligné cette faille quand même importante dans l’argumentaire de M. Lussier. Peut-être que ce dernier considère toutefois qu’il est un acteur de ce 4è pouvoir informel que sont les médias et il perçoit alors urgence en la demeure lorsque les médias ne servent pas unilatéralement à faire respecter les chartes. Une sorte de menace embryonnaire.

La trahison de la démocratie? Vous et vos acolytes excités de l’identitaire êtes passés maître de la projection.

Philippe « Keb » Blanchard démasque tous les raccourcis intellectuels que vous empruntez sans aucun scrupule pour vendre une doctrine qui relève du fanatisme.

Votre « Bataille de Londres » est un exemple d’un autre essai truffé de raccourcis.

Vous faites partie du groupe de stratèges derrière Marois, PKP, dont les méthodes peu orthodoxes ont fait prendre la poudre d’escampette aux dernières élections.

Malgré un PLQ égratigné, les citoyens ont su reconnaître combien les péquistes se comportaient en tricheurs.. La fin justifie les moyens. Ils ont préféré voté PLQ… Ça en dit long sur ce qu’ils pensent du PQ..

Vous prônez la désobéissance civile envers un système dont votre clan n’en reconnaît pas la légitimité depuis 1982.

La démocratie canadienne a ses défauts mais jamais nous la troquerions contre une oligarchie qui ne vise qu’à saboter les institutions monarchiques canadiennes pour imposer un régime républicain envers et contre la majorité des Québecois.

Quand dans une société démocratique certains en arrivent à trouver acceptable qu’unpuissant Magnat de presse lorgne le pouvoir exécutif de l’État, il est plus que temps que la majorité sorte de son silence.

Alors M. Bastien, ça suffit! On en a ras-le-bol des comportements immatures et arrogants de votre strate de soi-disant intellectuels.. .

Le « clan » dont vous parlez est l’Assemblée nationale du Québec. Assemblée qui n,a jamais reconnu le Coup d’État de 1982

80% des Québécois sont contre la monarchie

Enfin, PKP n’a rien à voir avec cette histoire. Comme d’habitude vous êtes hors-jeu.

Il est pourtant décevant de votre part très grande dame Beaulieu, mais habituel de constater comment vous savez vous offenser de tout et de rien de ceux qui sont dans le clan que vous n’appuyez pas tout en louangeant ceux qui profitent de votre aveuglement.
Ainsi en est-il du magnat qui lorgne le pouvoir, alors que vos protégés depuis des décennies à la tête de la province et du pays ainsi qu’ailleurs sur la planète sont nettement à la solde et des pantins d’un autre magnat de la presse et du journal du même nom, aussi homme d’affaires encore plus puissant soit la famille Desmarais.
Les fédéralistes peuvent tout se permettre.
Les séparatistes qui pourraient même de très loin les copier sont à vos yeux des moins que rien, des pestiférés.
Depuis que je vous li, j’ai constaté que votre balance souffrait d’un grand déséquilibre dont l’un des plateaux étaient toujours plein et L’autre, toujours le même, vide.
Cela en dit long sur votre philosophie fort tordue madame!

Ben oui. Méchantes chartes.

Elles font juste protéger les libertés naturelles des uns contre la potentielle bêtise de la majorité.

Non parce que mettons qu’on décide à majorité de passer une loi qui fait en sorte qu’on peut arrêter tous les «Frédéric Bastien», vous allez être bien content de l’avoir votre Charte.

« Elles [les Chartes] font juste protéger les libertés naturelles des uns contre la potentielle bêtise de la majorité. »

Présenté et résumé ainsi, cela signifierait qu’elles protègent les minorités (« les uns »), et non l’ensemble des citoyens.

Je crois pour ma part que cette histoire de minorités (présumées opprimées) contre la majorité (présumée oppresseur) est un sacré virus de haine sociale (quoique payant, je l’admets, du point de vue quand même un peu étroit de la lutte sacrée contre les séparatistes) ; mais qui, en outre, tend à substituer l’égalité entre des groupes à l’égalité entre des citoyens. Or, on peut très bien être canadien-français et italien, canadien-français et haïtien, certes non par les immondes chimères naturelles-biologiques genre « mixed racial heritage » si prisées par nos antiracistes en peau de lapin qui croient dur comme fer au délire de la race, mais tout simplement par les influences culturelles dans lesquelles on a grandi et où on a été éduqué. Mais la culture ou les cultures dans lesquelles on s’enracine à mesure que l’on devient ceci ou cela sont un fait de la vie sociale, de la société civile: et non de la sphère politique: elles ne regardent pas l’État, qui lui au contraire doit toujours voir des citoyens. Là où sociologiquement sans doute il y a un immigrant, du point de vue la sphère politique il y a un citoyen. C’est justement parce qu’il n’est PAS identitaire que le concept de citoyenneté nous permet de nous garantir mutuellement des droits égaux.

Le plus étrange dans cette histoire qui semble sans fond, c’est que les mêmes qui reprochent – avec juste raison – aux nationalistes québécois leur idéologie identitaire sont tout aussi identitaires et tendent à tout expliquer en termes de prétendue « ethnie » ; et malgré l’appellation « multiculturalisme » si souvent répétée, prennent la diversité humaine non pour culturelle mais au contraire pour naturelle (héréditaire, biologique), ce pourquoi les majorités et les minorités sont si souvent appelées non pas culturelles mais « ethniques ».

«Elle permet de se tourner vers les tribunaux pour obtenir ce que l’on n’obtiendrait jamais démocratiquement dans l’arène politique.»

Rappelez-vous le mariage gay. Paul Martin refusait de tenir un référendum sur le sujet (comme on le fait ailleurs, dont la Californie) sous prétexte qu’on ne pouvait soumettre les droits de la minorité (ici les gays, soit 4 à 10% de la population, mais en réalité une fraction de ce nombre puisque très peu se sont mariés, quelques centaines seulement par année au Québec, une farce quoi) aux dictacts de la majorité.

Martin n’a donc pas tenu de référendum (même si la population était extrèmement divisée) et l ‘a passé en soutenant faussement que c’était un droit inaliénable! Bref, il était dans le champ du début à la fin. Un sans-couille.

Vos articles contiennent toujours des erreurs juridiques importantes. Par exemple, une personne drapée dans un drapeau du Québec en marchant dans la rue dispose exactement du même droit à l’image que n’importe qui d’autre. C’est la même règle qui s’applique.

Pour le reste, vos commentaires concernant les juges et les avocats relèvent de la conspiration et de la fabulation. Vous véhiculez vos préjugés en tant que faits.

Parmi les monarchies constitutionnelles ayant un monarque aux fonctions « symboliques » se retrouvent « les pays en tête des 167 pays de la Planète » pour la qualité de vie et les libertés civiles.. tels… La Norvège, la Suède. L’Australie, la Nouvelle Zélande, Royaume-Uni, Danemark…. et le Canada se classe au 8ème rang .. la France au 22ème rang, les USA au 96ème rang

Comme d’habitude, les souverainistes ne se font aucun scrupule à ajuster les chiffres en fonction de leur fantasme.. 80% des Québécois seraient contre le régime actuel et seraient d’accord pour adopter un régime républicain??? Vous nous l’apprenez!

Ce n’est pas parce que Stephen Harper fantasme sur les vestiges de la monarchie et en ressort les symboles que ceux-ci ne seront pas rangés au placard avec un nouveau gouvernement..

Un peu comme ce fut le cas avec le gouvernement Marois.. Le PQ a perdu ses élections et leurs programmes identitaires liberticides n’ont pas fait long feu.. Le PLQ s’occupe des vraies affaires..

Et oui PKP a rapport.. car c’est celui qui est désigné par Frédéric Bastien du clan Bédard comme porteur du flambeau idéologique anti-canadien et par ricochet pourfendeur en chef des institutions canadiennes..

Bah, sans doute serais à long terme pour une république fédérale du Canada, mais si ça vous amuse de croire aux aristocrates et de lire Paris Match, beh perchè no.

La seule chose vraiment importante, vraiment cruciale, c’est que les théories du sang restent strictement individuelles. Je veux dire par là que le principe de légitimité monarchique – monarchie absolue, puis constitutionnelle – concerne le « sang royal » de UNE SEULE famille, donc d’un INDIVIDU, point à la ligne. En revanche, si jamais il s’étend, comme cela s’est produit hélas dans l’Angleterre du 19ème siècle via la notion d' »heritage », qui aboutit à faire du peuple anglais « l’aristocratie des nations » et à se croire anglais non par la culture mais par le « sang », par la naissance, comme si les peuples étaient héréditaires, on se retrouve alors avec un grave problème de racisme sur les bras. À l’ère impérialiste, les soi-disant « races assujetties », le polygénisme (« East is east and west is west and never the twain shall meet ») ou encore par exemple cette revue de relations internationales qui en 1880 titrait carrément « A biological view of our foreign policy »…

Comme l’observe Hannah Arendt dans Les Origines du totalitarisme (T2, chapitre 2, « Race thinking before racism »): «Ainsi le concept d’’heritage’ se trouva-t-il pratiquement admis tel quel et étendu à la totalité de la “souche” anglaise. Cette assimilation des valeurs de la noblesse finit par rendre la pensée raciale anglaise comme obsédée par les théories de l’heritage et leur équivalent moderne, l’eugénisme.»

« … une personne drapée dans un drapeau du Québec en marchant dans la rue dispose exactement du même droit à l’image que n’importe qui d’autre. » Le droit à l’image soufre d’une exception, l’intérêt public. Il se pourrait que cet individu soit un sujet d’intérêt public : « Il est possible que l’intérêt public justifie la diffusion de l’image d’une personne qui se trouve dans une foule ou de façon purement accessoire sur la scène d’un événement d’importance. » (juge Lamer, arrêt Aubry). Récemment la Cour Suprême a statué que prendre des images de personnes qui franchissaient une ligne de piquetage ne constituait pas une entrave à la vie privée, tant que ces images ne révélaient pas une « information biographique intime. ».

Justin va être contant, futuriste comme son père PET !

Selon Justin Trudeau, La Charte protégerait les extraterrestres

7 juin 2008

http://tvanouvelles.ca/infos/faitsdivers/archives/2008/06/20080607-112645.html

Si des extraterrestres venaient sur Terre et choisissaient le Canada comme société d’accueil, ils seraient protégés par la Charte canadienne des droits et libertés.

«Justin va être content, futuriste comme son père PET !»

Bon, v’là aut’chose. Après le totalitarisme évoqué par M. Lussier, voici que le futurisme rapplique ! Marinetti, ses chères machines à pitons et « facciamo l’Italiano tipo unico! » (titre de la revue ‘Roma futurista’, printemps 1912). Oh mais un instant, vous parlez du futurisme de la variante URSS ou Italie fasciste ?

O.K., c’était une blague. On a les blagues qu’on peut.

Bonjour,la charte des droits et libertees doit avoir un amendement pour le droit et devoir envers les citoyens,Pour amendement ,il doit avoir un jugement de la court supreme du Canada et ou un vote des provinces et des trois-territoires.

Bonne reflexion.

Ecris avec un pointeur lazer alors pas d’accent.

Avec des réactions du type de M. Philippe «Keb» Blanchard, M. Bastien peut vaquer tranquille ! Il faut être odieux et passablement culotté d’aller faire des leçons douteuses de sociologie sur la vie privée et, pire, d’histoire (ici, M. Blanchard n’y est pas du tout !) à l’encontre d’une argumentation impeccable et d’exemples qui le sont d’autant… Aller dire que la Charte états-unienne n’était pas pour les noirs au XIXe siècle, quel bel argument en faveur d’elles, démontrant leur suprématie logique sur les bêtes lois de la majorité (ici, l’abolition de l’esclavage par la coalition montée par Lincoln) ! Quant à la République de Weimar, outre que j’imagine que M. Bastien s’est épargné des digressions sur la montée du conservatisme voire du nazisme en pleine République social-démocrate incluant la saga machiavélique de l’accession d’Hitler à la chancellerie, l’argument de M. Bastien pour dissuader de la toute puissance des Chartes est inexpugnable ! Car ce n’est pas une Charte, c’est la 2e Guerre Mondiale qui est venue à bout du nazisme ! Dès lors, les Chartes ont elles un rôle et qui peut être amélioré ? Ce n’est pas inconcevable. Toujours est-il que l’idée principale de M. Bastien, ce me semble, est d’en finir avec la mystification sacrale du côté parfaitement véhiculaire voire avec l’impossible auto-contradiction de l’absolutisme moral des Chartes, qui plus est envers des groupes qu’elle ignore sciemment.

«Car ce n’est pas une Charte, c’est la 2e Guerre Mondiale qui est venue à bout du nazisme.»

Et voilà, en effet. Une Deuxième Guerre mondiale qui s’est d’ailleurs déclenchée fort tard. Dans les années 20 déjà, bien avant l’avènement du nazismus (fascisme biologique) mais après celui du fascismo (fascisme non biologique), des exilés antifascistes comme don Luigi Sturzo (prêtre, démocrate-chrétien), Gaetano Salvemini (historien, gauche anticommuniste) et Carlo Sforza (diplomate et ex-ministre des Affaires étrangères, droite libérale) tentèrent en vain de mettre en garde leurs hôtes Britanniques contre « ce péril qui menace non seulement l’Italie mais le monde » (Sforza).

Peine perdue. Ils se firent qualifier de « natiionalists » (eux qui étaient des antinationalistes articulés et pugnaces !), des Latins « too emotional » qui exagéraient l’importance de leur pays, comme si la question était de savoir quel pays et non quelle idéologie ! C’est que lesdits Britanniques avaient avalé avec une ahurissante crédulité, fruit de leur ignorance bornée de l’Italie et du peuple italien, la tarte à la crème numéro 1 de la propagande fasciste, selon laquelle le glorieux Duce-qui-ne-dort-jamais aurait soi-disant stoppé une prétendue révolution communiste, alors qu’il n’y avait aucune révolution en cours en Italie, seulement les mêmes troubles sociaux qui sévissaient au lendemain de la Première Guerre mondiale chez tous les ex-belligérants, vainqueurs comme vaincus.

C’est ce que Sforza appelle « cette courte mais désastreuse période où, au peuple italien, l’Angleterre préféra un dictateur italien ». Encore dans les années 30, lors de l’invasion fasciste de l’Éthiopie, la SDN – plus ou moins pilotée par l’Angleterre et la France – refusa malgré les appels désespérés du Negus de décréter de véritables sanctions contre l’Italie fasciste, leur préférant un simulacre de sanctions d’où les produits pétroliers étaient exclus.

Salvemini. Sforza, Sturzo faisaient partie de ces gens pour qui la Seconde Guerre mondiale, qui fut guerre contre les fascismes, avait commencé en octobre 1922, lorsque le Roi, trahissant l’esprit (mais pas la lettre) du Statuto piémontais (Constitution italienne) avait appelé Mussolini à former le gouvernement. Sur papier, si on considère uniquement la lettre et pas l’esprit de la Loi constitutionnelle, la venue au pouvoir du fascisme italien fut faite dans les formes légales…