Jour 14 : la crise climatique s’invite dans la campagne

Zéro émission de GES d’ici 2050, taxe sur le carbone, corridor énergétique propre… Au lendemain du Sommet des Nations Unies et à quelques jours d’un vendredi de grève pour le climat, les chefs en campagne électorale avaient beaucoup à dire sur la question.

Photo : L'actualité

Le chef libéral Justin Trudeau faisait campagne sur la côte ouest ce mardi, alors que son parti n’a pas attendu sa première apparition médiatique pour annoncer une nouvelle promesse, donnant le ton à la journée.

S’il est réélu, Justin Trudeau promet de s’assurer que le Canada atteigne une cible de zéro émission nette de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050. Pareille cible signifie que le Canada pourrait continuer à polluer, mais compenserait toute émission de GES par d’autres mesures pour en atténuer les effets. Le communiqué du parti ne cite aucun exemple — à part la plantation d’arbres — de mesures qui compenseraient les émissions de GES.

« Il est un champion en improvisation. Il propose les plans avec aucun détail, écrits sur un napkin, sur le coin de la table », a pour sa part critiqué Andrew Scheer, lors de son arrêt dans le sud de l’Ontario. Le chef conservateur continue de promettre d’annuler la taxe sur le carbone imposée par le gouvernement Trudeau aux provinces qui n’ont pas de plan de diminution des GES.

Un gouvernement conservateur s’en tiendrait aux cibles de Paris en matière de réduction de GES, malgré les appels récents et répétés au Sommet des Nations Unies sur le climat d’en faire beaucoup plus. La cible qu’Andrew Scheer promet de respecter serait donc celle d’une réduction de 30 % des émissions de GES en 2030, comparativement à celles de 2005.

Singh passe aussi au vert

Le thème chez le chef néo-démocrate, de passage à Winnipeg, était également résolument vert. Jagmeet Singh a promis un corridor énergétique est-ouest, comme le corridor espéré par M. Scheer, mais cette fois-ci d’énergie propre. M. Singh a également promis des investissements pour que tout le transport en commun au Canada soit électrique avant 2030. Un chantier qui créera de nombreux emplois, selon lui.

Il souhaite par ailleurs créer une Banque canadienne du climat afin d’accélérer l’adoption des énergies propres à travers le pays. Il promet d’inclure les peuples autochtones comme « partenaires à part entière et égaux » dans la prise de décisions pour lutter contre la crise climatique.

En matière d’évaluation environnementale, le chef néo-démocrate est prêt à donner des pouvoirs accrus au Québec, mais pas aux autres provinces. Lors de son point de presse, M. Singh a soutenu qu’il n’est pas vrai que toutes les provinces auraient un droit de veto sur les grands projets d’infrastructures qui traversent leur territoire, comme des oléoducs, contrairement à ce qui a été rapporté par CBC.

Le Parti vert dit non à Énergie Saguenay

La leader du Parti vert, lors d’un arrêt au Nouveau-Brunswick, a elle aussi parlé d’environnement. Elizabeth May a notamment promis une stratégie nationale de transport, avec un objectif de zéro carbone pour le transport public d’ici 2040. Le Parti vert propose aussi de réimaginer Postes Canada, en utilisant son infrastructure pour servir les communautés de différentes manières et réduire les émissions de GES.

Le Parti vert s’oppose par ailleurs fermement au projet d’exportation de gaz naturel Énergie Saguenay de GNL Québec, a déclaré mardi matin Daniel Green, le chef adjoint du parti et candidat dans la circonscription d’Outremont. Il a soutenu que ce projet est une importante menace pour l’environnement, la biodiversité, le climat et les bélugas du fleuve Saint-Laurent.

Le Bloc pousse pour le français

Le Bloc québécois est revenu à la charge avec sa volonté de faire de la connaissance du français une condition pour obtenir la citoyenneté canadienne à partir du Québec. Une mesure qui toucherait les candidats à l’immigration, et non les réfugiés.

« C’est pas quelque chose de vilain, c’est pas quelque chose d’outrancier, c’est surtout pas quelque chose de raciste, c’est quelque chose de responsable », a argué Yves-François Blanchet au cours d’un point de presse à Montréal.