Jour 15 : les changements climatiques encore au menu

Assurance nationale contre les inondations, crédit d’impôt pour les dépenses de rénovation, traque des spéculateurs fonciers… de Vancouver à Jonquière, les promesses du jour ont principalement tourné autour de deux thèmes majeurs : le logement et d’environnement.

Photo : La Presse canadienne

À deux jours d’une grève pour le climat qui mobilisera des milliers de manifestants, les leaders fédéraux ont encore tapé sur le clou des changements climatiques.

Libéraux et conservateurs se sont notamment engagés dans une surenchère concernant la rénovation des maisons dans un but écologique. De leur côté, les verts ont mis sur table tous leurs chiffres, les néo-démocrates promettaient de s’attaquer au coût des logements et les bloquistes pointaient la querelle avec la Chine qui nuit aux producteurs de porc et de soya québécois.

Trudeau continue avec les promesses vertes

De passage en Colombie-Britannique, Justin Trudeau s’est engagé, s’il est réélu, à mettre sur pied une assurance nationale contre les inondations et à modifier les règles de l’assurance-emploi afin de donner rapidement des prestations aux travailleurs victimes d’une catastrophe naturelle.

« On va être là pour aider les gens parce qu’on reconnaît que les changements climatiques sont une réalité et affectent et affecteront de plus en plus les familles. Les conservateurs ne comprennent pas ça. Et c’est ça le choix que les Canadiens doivent faire dans cette élection. Est-ce qu’on continue d’agir contre les changements climatiques ou on fait comme les conservateurs veulent, on ne fait absolument rien? », a-t-il lancé.

Le chef du Parti libéral a également promis un prêt sans intérêt pouvant aller jusqu’à 40 000 $ pour des rénovations rendant une maison plus écoénergétique, ainsi qu’une subvention pour les maisons neuves certifiées zéro émission pouvant aller jusqu’à 5 000 $.

Justin Trudeau s’est aussi engagé à instaurer de plus de 50 mesures de lutte contre les changements climatiques et de protection de notre environnement, de l’interdiction des plastiques à usage unique à l’imposition d’un prix sur la pollution.

Scheer veut rassurer les fonctionnaires fédéraux

À des milliers de kilomètres de là, à Jonquière, Andrew Scheer aussi voulait faciliter ce genre de rénovations. Il a promis un crédit d’impôt de 20 % pour des dépenses de rénovation domiciliaire qui réduisent les factures de chauffage et de climatisation. Il calcule que cette mesure conduirait à la réduction de 9 mégatonnes d’émissions canadiennes de gaz à effet de serre (GES).

Le Parti conservateur continue de promettre d’abolir la taxe sur le carbone imposée par le gouvernement Trudeau aux provinces qui n’ont pas de plan pour réduire leurs émissions de GES. Cette taxe ne s’applique pas au Québec.

« Le Canada n’est pas le problème », a martelé le chef conservateur, arguant qu’il n’était pas nécessaire pour les Canadiens de réduire de manière dramatique leurs émissions de GES, que le problème est ailleurs.

Par ailleurs, le chef conservateur a tenté une fois de plus de rassurer les 4 000 fonctionnaires fédéraux qui craignent pour leurs emplois si le prochain gouvernement fédéral confie à Québec le traitement d’une déclaration de revenus unique. Andrew Scheer s’est engagé à se plier à cette demande du gouvernement Legault.

« La priorité c’est de simplifier la vie pour les Québécois et Québécoises […] En arrière de ça, on va assurer que les emplois sont protégés. On va cibler les paradis fiscaux. On va avoir besoin de l’expertise des fonctionnaires pour le faire », a-t-il notamment déclaré.

Elizabeth May chiffre ses promesses

Le Parti vert a présenté à Halifax une version chiffrée de sa plateforme électorale. Elizabeth May s’est félicitée d’être la première des leaders des partis principaux à se prêter à pareil exercice, ses chiffres ayant été vérifiés par le directeur parlementaire du budget.

Mme May croit pouvoir trouver tout l’argent nécessaire pour réaliser sa plateforme en réduisant les échappatoires fiscales et en mettant fin aux subventions aux entreprises pétrolières et gazières et aux grandes sociétés. Elle calcule que la fin des échappatoires fiscales rapporterait 5 milliards de dollars dans les coffres de l’État. L’annulation des subventions aux entreprises d’énergies fossiles équivaudrait à une économie de 3 milliards de dollars. Les verts auraient aussi l’intention de taxer les géants du web et estiment que cela rapporterait à l’an cinq de leur plan 1 milliard de dollars.

Le NPD ne se bat pas pour la 3e position

À Vancouver, Jagmeet Singh a rejeté les comparaisons entre son parti, le Nouveau Parti démocratique (NPD), et le Parti vert du Canada, qui se chauffent dans les sondages. Sans lésiner sur les attaques à l’endroit de ses adversaires, le chef néo-démocrate a dit qu’il ne se bat pas pour la troisième position, mais bien pour former le gouvernement du Canada.

Le chef du NPD a annoncé des mesures, inspirées du plan provincial de la Colombie-Britannique, pour freiner la spéculation foncière au pays. Il a ainsi l’intention de créer une unité spéciale au sein de la Gendarmerie royale du Canada qui serait dédiée à la lutte contre le blanchiment d’argent et un registre national qui permettra de mieux traquer les spéculateurs fonciers.
Il compte aussi imposer une taxe additionnelle de 15 % pour les investisseurs étrangers qui achètent des propriétés et font monter les prix de l’immobilier sans y résider.

Le Bloc québécois veut régler le différend avec la Chine

De passage au siège social de l’Union des producteurs agricoles, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a dit croire que les agriculteurs québécois et canadiens « paient les frais d’une stupidité du gouvernement fédéral » dans la guerre commerciale avec la Chine. Selon lui, le Canada aurait dû se « mêler de ses affaires » dans le dossier de l’arrestation de la directrice des finances de Huawei, Meng Wanzhou, et ne pas se plier à la demande des États-Unis de procéder à son arrestation en vue d’une extradition.

Parallèlement, il a réitéré sa demande d’un programme de soutien aux producteurs de porc mis à mal par ce conflit, ajoutant par la suite les producteurs de soya, dont les représentants sont venus lui rappeler qu’ils étaient aussi affectés par la guerre commerciale.

De plus, il a rappelé aux producteurs que le Bloc entendait déposer un projet de loi pour interdire toute future brèche dans la gestion de l’offre. Yves-François Blanchet a aussi détaillé des propositions visant à favoriser la relève agricole, à soutenir les « rénovations vertes », incluant une subvention pouvant atteindre 15 000 $ pour l’implantation de la géothermie dans le secteur agricole.

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