Jour 23  : Trudeau et Scheer prolongent le débat

Avortement, climat, laïcité, avions de campagne… Au lendemain du premier débat de cette campagne fédérale, les chefs ont continué à attaquer leurs adversaires par points de presse interposés. 

Jeudi, Justin Trudeau a voulu reprendre la conversation où elle était restée la veille, attaquant Andrew Scheer sur les questions d’avortement et de changements climatiques.

Mercredi soir, au cours du débat diffusé par le réseau TVA, le chef conservateur était la cible d’un tir groupé de ses adversaires sur ces deux questions.

Après avoir passé deux heures de débat à refuser de dire tout haut sa position personnelle sur le droit à l’avortement, et avoir maintenu ce refus durant le point de presse qui a suivi le débat télévisé au réseau TVA mercredi, Andrew Scheer, jeudi matin, s’est ravisé.

Scheer annonce tout haut « je suis personnellement pro vie »

« Je suis personnellement pro-vie », a-t-il dit lorsqu’il est apparu à un événement de campagne dans le sud du Nouveau-Brunswick.

« Mais (la) chose important(e) pour tous les Canadiens, tous les Québécois et Québécoises, c’est le fait que j’ai fait un engagement que comme premier ministre, je ne vais pas ouvrir ce débat et je vais voter contre n’importe quelle mesure qui essaie de réouvrir ce débat. », a-t-il rappelé, en français.

Alors qu’il décriait, encore une fois, le prix sur le carbone imposé aux provinces qui n’ont pas de plan de réduction des gaz à effet de serre (GES), le chef conservateur a dû expliquer pourquoi sa campagne est la seule – avec celle de Maxime Bernier – à ne pas compenser ses émissions de GES en achetant des crédits carbone. « Nous avons pris la décision d’avoir seulement un seul avion et notre avion utilise moins d’essence que l’avion principal de Justin Trudeau. C’est à lui d’expliquer pourquoi il pense que l’achat de crédits pour le carbone excuse le fait qu’il utilise bien plus d’énergie que notre campagne », a lancé M. Scheer.

Trudeau attaque encore Scheer sur l’avortement et le climat

Au lendemain du débat des chefs en français, le chef libéral, Justin Trudeau, a retapé sur les mêmes clous, jeudi, lors d’un arrêt de campagne dans un café de Montréal, pour encourager ses militants et candidats de la région, puis dans son point de presse du jour.

« Le débat qu’on est en train d’avoir, dans cette campagne, c’est parce qu’on a un chef qui refuse de répondre à une question simple: est-ce qu’il croit que les femmes ont le droit de choisir, oui ou non? Cette idée de s’en remettre à la loi, comme il fait, quand un gouvernement a le pouvoir de changer les lois, est tout simplement irresponsable. Les gens doivent savoir pour qui on va se battre », a lancé le chef libéral.

Le chef libéral a également attaqué de nouveau le chef conservateur sur la question des changements climatiques. « Andrew Scheer ne croit pas qu’il faut lutter contre les changements climatiques; il ne croit pas qu’on doit avoir un plan. Il veut ramener la pollution, qu’elle soit gratuite », a-t-il lancé, en faisant allusion au fait que les libéraux compensaient leur utilisation de deux avions de campagne par l’achat de crédits carbone.

Sur la question de la laïcité de l’État, il a encore laissé la porte ouverte à une participation du gouvernement fédéral à la contestation de la loi québécoise, mais pas pour le moment.

Blanchet accusé de racisme

Une déclaration qu’Yves-François Blanchet a faite lors du débat en français de TVA, mercredi soir, est perçue dans certains cercles du Canada anglais comme un appel au racisme.

À la fin du débat, en guise de conclusion, le chef bloquiste a déclaré: « Le 21 octobre, la décision va vous appartenir. Vous pouvez opter pour des femmes et des hommes qui vous ressemblent, qui portent vos valeurs, qui partagent vos préoccupations et qui travaillent et qui travailleront pour vos intérêts. Et seulement pour les intérêts des Québécoises et des Québécois. »

Au Bloc québécois, on dit que M. Blanchet faisait référence aux valeurs québécoises et non pas à leur identité ethnique.

Sur les réseaux sociaux, des journalistes et commentateurs anglophones ont débattu de la traduction exacte de « qui vous ressemblent ». Certains ont cru comprendre qu’il parlait de l’apparence physique des Québécois, en majorité blancs. D’autres y ont vu un appel à la similarité des idées entre Québécois.

Singh reparle de son turban

Au lendemain du débat sur le réseau TVA, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a été invité à revenir sur un incident survenu lors de son passage à Montréal.

Mercredi, un homme l’avait approché pour lui conseiller, en anglais, de retirer son turban afin de faciliter son élection.

Jeudi, en point de presse à Toronto, Jagmeet Singh disait ne pas être offusqué, d’avoir même pris l’habitude de ce genre de commentaires.

« J’ai fait face à des choses comme (…) ce qui s’est passé hier à Montréal toute ma vie. Alors pour moi, c’est quelque chose qui est rendu un peu normal », a-t-il relaté.

Puis, comme lorsqu’il a commenté l’épisode du blackface de Justin Trudeau, il a cherché à élargir la réflexion, plutôt que de la limiter à sa personne.

Il a ensuite exprimé le souhait de « bâtir une société où tout le monde peut être qui ils et elles sont ».

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