Jour 27 : Trudeau agite la menace Ford, Scheer embêté avec l’Opus Dei

Journée de campagne particulièrement calme, alors que les chefs des six principaux partis se préparaient au premier débat national officiel de langue anglaise. Seuls Trudeau et Scheer ont fait des apparitions publiques

Photo : La Presse canadienne

La plupart des chefs se sont abstenus de toute apparition publique en cette 27e journée de campagne, afin de se préparer pour un débat en anglais qui mettra aux prises les dirigeants de six partis, en soirée. Les chefs des deux partis en avance dans les sondages, le conservateur Andrew Scheer et le libéral Justin Trudeau étaient les seuls à avoir une activité au menu, lundi matin à Ottawa.

M. Scheer a annoncé un engagement de son parti à rendre gratuite l’admission dans les musées nationaux du pays, tandis que Justin Trudeau avait une rencontre avec des enseignants ontariens, un jour après que le ministre de l’Éducation de la province, Stephen Lecce, et le syndicat représentant les enseignants eurent annoncé une entente, évitant de justesse une grève lundi matin.

Jagmeet Singh, du NPD, Elizabeth May, du Parti vert, Yves-François Blanchet, du Bloc québécois et Maxime Bernier, du Parti populaire, ont consacré leur journée à se préparer pour le débat, qui aura lieu au Musée canadien de l’Histoire, à Gatineau.

Trudeau brandit les coupes de Doug Ford en éducation…

Justin Trudeau a tenté, lundi matin, de mettre en lumière la tension actuelle entre les travailleurs de l’éducation en Ontario et le gouvernement du premier ministre Doug Ford, pour ranimer l’amalgame avec Andrew Scheer.

Le premier ministre sortant a commencé la journée en rencontrant des enseignants dans un Repaire jeunesse du Canada, à Ottawa. Cet événement de campagne était prévu avant la conclusion, dimanche soir, d’une entente de principe de dernière minute entre le gouvernement de l’Ontario et le syndicat des employés de soutien des écoles publiques.

« Malheureusement, depuis un an, on a vu l’impact des coupures de Doug Ford et des conservateurs sur notre société, sur notre système d’éducation, a soutenu M. Trudeau lundi. Et c’est un rappel de ce qui nous attend si on choisit un gouvernement conservateur dans deux semaines. »

Le chef libéral a souligné que son gouvernement avait augmenté les allocations fédérales pour enfants, réduit la pauvreté infantile et investi dans les communautés. « Mais nous devons avoir des partenaires au niveau provincial prêts à investir eux aussi dans les enfants – et ce dont ces enfants n’ont certainement pas besoin, c’est un partenaire au niveau fédéral qui coupe lui aussi. »

…et veut serrer la vis des provinces qui se font tirer l’oreille

L’attitude combative de Justin Trudeau à l’égard de certains premiers ministres provinciaux n’est peut-être pas qu’une rhétorique de campagne: le programme des libéraux promet de traduire ce rapport de force en posture gouvernementale sur le fédéralisme canadien.

La plate-forme libérale adopte ainsi la ligne dure face à une lenteur présumée des provinces à éliminer les obstacles au commerce intérieur et à identifier les projets d’infrastructure prioritaires qui seraient admissibles au financement d’Ottawa. Les libéraux préviennent que s’ils sont réélus, ils prendront le taureau par les cornes, si nécessaire, face aux provinces qui se font tirer l’oreille.

Au sujet des infrastructures, la plate-forme affirme que « certaines provinces se livrent à des jeux politiques en retardant l’approbation des projets, ce qui met en péril de bons emplois et notre qualité de vie ».

Dans un deuxième mandat, un gouvernement libéral exigerait que toutes les provinces et tous les territoires définissent et approuvent leurs priorités d’infrastructure à long terme dans un délai de deux ans. « Les fonds non affectés à des projets précis d’ici la fin de 2021 seront réinvestis directement dans les communautés par le biais d’un supplément au Fonds de la taxe sur l’essence fédéral », lit-on dans la plate-forme libérale. Autrement dit, Ottawa passerait au-dessus de la tête des provinces pour investir directement dans les municipalités, des « créatures provinciales ».

Scheer se défend d’avoir organisé une rencontre avec l’Opus Dei..

À quelques heures du débat en anglais, le chef conservateur Andrew Scheer a dû se défendre d’avoir organisé une rencontre avec un groupe de la droite religieuse il y a près de 10 ans.

Lorsqu’il était président suppléant de la Chambre des communes en 2010, M. Scheer a organisé une rencontre avec le vicaire de l’Opus Dei au Canada, Frederick Dolan, avec d’autres parlementaires. Des conservateurs et des libéraux étaient présents pour cette rencontre sous le thème « La joie au travail ».

L’Opus Dei est une institution controversée de l’Église catholique romaine. Les membres appliquent notamment des pratiques de mortification comme la flagellation ou encore le port d’une ceinture de cilice – en crin ou en métal – plusieurs heures par jour.

Questionné à ce sujet lundi matin, M. Scheer a répondu qu’il avait organisé « beaucoup de réunions » avec des leaders de différentes fois religieuses. Il n’a cependant pas voulu expliquer en quoi une rencontre avec le vicaire de l’Opus Dei est comparable à une rencontre avec un rabbin ou un imam, par exemple. M. Scheer assure qu’il n’est pas et qu’il n’a jamais été membre de l’Opus Dei.

À noter que la candidate de l’équipe d’Andrew Scheer dans Kanata-Carleton, Justina McCaffrey, est membre de l’Opus Dei. Le journal Ottawa Citizen faisait état de ses convictions religieuses dans un article datant du 3 octobre 2009, qui racontait le difficile divorce de cette femme d’affaires de la région d’Ottawa qui s’est fait connaître pour ses créations de robes de mariées.

… et promet la gratuité pour les musées

Le chef conservateur a par ailleurs pris l’engagement, d’éliminer les frais d’admission pour les neuf musées nationaux, dont la majorité se situent dans la région d’Ottawa. Selon M. Scheer, l’entrée libre pour tous les musées permettra aux familles d’économiser 21 millions de dollars par année.

Il a aussi annoncé que le Centre du patrimoine de la GRC à Regina, en Saskatchewan, deviendrait le dixième musée national du Canada s’il est élu premier ministre. Ce nouveau musée serait lui aussi gratuit pour les visiteurs.

Le Bloc prend du galon au Québec

Par ailleurs, un sondage de la firme Recherche Mainstreet réalisé la semaine dernière pour Groupe Capitales Médias permet de croire que le Bloc québécois continue de gagner des plumes au Québec.

La consultation réalisée au Québec du 2 au 6 octobre indique en effet que si le Parti libéral obtient 35% des appuis dans la province, le Bloc récolte de son côté un bon 27% des intentions de vote. Du côté de l’électorat francophone, le Bloc se hisse au premier rang, avec 33% des appuis.

Le Parti conservateur du Canada, le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert obtiennent respectivement 17%, 11% et 7% des faveurs dans la province.

Quant au Parti populaire de Maxime Bernier, il demeure à 3% des intentions de vote.

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