Jour 3 : les chefs visent le portefeuille des Canadiens

Taxes sur les hauts revenus, coup de pouce aux entreprises et crédit d’impôt pour le transport en commun… Cette troisième journée de campagne a notamment été l’occasion pour les chefs de livrer leur premières promesses censées améliorer l’économie et la vie des Canadiens.

Photo : La Presse canadienne

Jagmeet Singh veut taxer les riches et les grandes entreprises

Depuis le début de la campagne, la stratégie du chef du NPD semble claire : attirer les électeurs préoccupés par leur portefeuille. Vendredi, son message n’a donc pas dérogé à la règle : il est temps que les entreprises et les mieux nantis commencent à payer leur juste part au moment où les Canadiens moyens peinent à joindre les deux bouts, a-t-il déclaré.

Quelques heures après avoir promis de plafonner le prix des services de téléphonie cellulaire et d’Internet, M. Singh a ainsi promis devant une salle comble de Toronto qu’un gouvernement néo-démocrate augmenterait les impôts des sociétés et de ceux gagnant plus de 210 000 $ par an.

Ces mesures s’ajoutent à la proposition d’un nouvel impôt sur la richesse des multimillionnaires ayant une fortune de plus de 20 millions $, que le NPD a annoncé plus tôt cette semaine. Les revenus seraient alloués à des services tels que l’assurance-médicaments universelle et le logement abordable.

Plus tôt, le chef du NPD avait ciblé les entreprises de télécommunications canadiennes, promettant d’imposer un plafond sur les prix des services de téléphonie cellulaire et d’internet. M. Singh a déclaré qu’un gouvernement néo-démocrate ordonnerait également la création d’un forfait de base obligatoire avec des données illimitées et abordables, et faciliterait, pour les fournisseurs de services tiers, l’utilisation des réseaux de Rogers, Bell et Telus.

Coup de pouce libéral aux PME

Un gouvernement libéral réélu promet de faciliter le démarrage de petites et moyennes entreprises, et espère du même coup convaincre plus de femmes et d’autochtones de se lancer en affaires. De passage dans la province, le chef libéral Justin Trudeau en a fait l’annonce depuis un concessionnaire de véhicules électriques usagés à Trois-Rivières, aux côtés de sa candidate locale Valérie Renaud-Martin.

Les libéraux promettent ainsi d’octroyer des bourses pouvant aller jusqu’à 50 000 $ à quelque 2000 nouvelles personnes pour aider à démarrer une entreprise. Le parti promet aussi d’éliminer les frais prélevés sur le montant de la TPS/TVH lors des transactions effectuées par carte de crédit, ce qui permettra aux entreprises d’économiser près de 500 millions$ par année selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

Il a aussi annoncé qu’il donnerait 250$ à chaque nouvelle entreprise qui cherche à élargir ses services en ligne, en plus de réduire de 75 pour cent le coût de la constitution d’une entreprise en société de régime fédéral.

Selon M. Trudeau, ces nouvelles mesures annoncées vendredi permettront à tout nouvel entrepreneur d’économiser 1448$.

Andrew Scheer ressort le crédit d’impôt pour le transport en commun

Le chef conservateur Andrew Scheer qui a passé la journée à Mississauga, en Ontario, a accusé le chef libéral Justin Trudeau d’avoir rendu la vie plus coûteuse lorsqu’il a annulé le crédit d’impôt il y a deux ans. Il a donc promis de rétablir le crédit d’impôt pour le transport en commun créé par l’ancien gouvernement Stephen Harper, il y a plus de dix ans.

Les conservateurs associent cette promesse à une initiative environnementale, mais le présentent surtout comme un moyen d’aider les Canadiens à économiser de l’argent. Ce crédit d’impôt de 15 % s’appliquerait aux laissez-passer mensuels, de même qu’aux laissez-passer hebdomadaires et aux cartes électroniques s’ils sont utilisés pendant une période prolongée, pour les trains de banlieue et les autobus interurbains, les autobus urbains, les tramways et les métros et traversiers locaux.

La mesure coûtait environ 200 millions $ par année au moment de son annulation. Le bureau du directeur parlementaire du budget a dit s’attendre à ce que la nouvelle version coûte 229 millions $ par an au début, pour atteindre 306 millions $ d’ici 2028-2029.

Le bloc rappelle la «souveraineté environnementale» du Québec

C’est devant un champ de soya que le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a critiqué le pouvoir du fédéral d’implanter certains types d’infrastructures interprovinciales sans égard aux lois et règlements du Québec.

Le champ en question est celui-là même où les citoyens se sont vigoureusement opposés avec succès à la construction d’un aéroport privé à Saint-Roch-de-l’Achigan, dans Lanaudière. C’est le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, qui a finalement décidé à la fin du mois d’août de ne pas donner son aval au projet à la suite de la mobilisation de la population locale et de ses élus.

Le Bloc québécois avait déposé durant le dernier mandat le projet de loi C-392 visant à obliger le gouvernement canadien à respecter ce qu’il appelle «la souveraineté environnementale» du Québec, projet de loi qui est mort au feuilleton devant l’opposition des libéraux et des conservateurs. Malgré tout, le chef bloquiste demande aux autres chefs de parti de s’engager à respecter ladite souveraineté environnementale du Québec.

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