Jour 35 : la confiance a changé de camp

Nation québécoise, troisième lien, progressisme… À six jours du scrutin, les chefs des partis fédéraux ont mis de côté leurs promesses de campagne et tentent désormais de convaincre les indécis.

Andrew Scheer et Yves-François Blanchet lors du débat du 10 octobre, à Gatineau (Photo : La Presse canadienne)

À six jours du vote, conservateurs et bloquistes affichaient, mardi, une bonne dose de confiance. De passage dans la région de Québec, Andrew Scheer et Yves-François Blanchet ont ainsi tous deux bombé le torse, n’hésitant pas à attaquer le camp adverse.

Pendant ce temps, libéraux et néo-démocrates, respectivement à Fredericton et Toronto, continuaient à se disputer le vote progressiste.

À Québec, Andrew Scheer se montre confiant

De passage à Québec mardi, le chef conservateur a dit qu’il travaillait pour former un gouvernement majoritaire et a prédit qu’il l’obtiendrait. Pour ce faire, il a déclaré avoir «besoin de la nation québécoise».

Andrew Scheer a continué de diaboliser le scénario d’une coalition libérale-néo-démocrate qui, selon lui, conduirait à des augmentations de taxes et de déficits. Et lorsque les journalistes lui ont fait remarquer qu’aucun des autres partis n’est prêt à travailler avec un gouvernement minoritaire conservateur, M. Scheer a répondu qu’il obtiendra une majorité.

«Mon rôle, (ma) responsabilité est de gagner un gouvernement majoritaire le 21 octobre et je vais le faire», a claironné M. Scheer. Selon les sondages, son parti se trouve en troisième place au Québec. Et comme les bloquistes semblent, toujours selon les sondages, avoir le vent dans les voiles, le chef conservateur leur a réservé presque toutes ses attaques.

«M. (François) Legault n’a pas besoin de M. Blanchet à Ottawa, a-t-il insisté. C’est clair que le lendemain après les élections, le Bloc va travailler avec le Parti québécois pour lutter contre M. Legault parce que (sa) priorité, c’est un nouveau référendum.»

Troisième lien, déclaration de revenus unique et gérée par Québec, tout ça et bien plus encore, les conservateurs peuvent l’offrir à Québec, a-t-il dit.

«Si les Québécois et Québécoises veulent avoir un gouvernement avec des députés autour de la table de décisions, c’est le Parti conservateur qui peut représenter les Québécois et Québécoises et leurs intérêts», a martelé M. Scheer.

Le Bloc pense faire des gains dans la grande région de Québec

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet faisait campagne mardi au chantier maritime Davie, à Lévis, sur la Rive-Sud de Québec, où il a dit espérer déloger les conservateurs.

Plusieurs victoires sont «possibles», selon M. Blanchet, qui est en ascension dans les sondages d’opinion. Il déplore que des médias affirment que le Bloc fait de la «figuration» à Québec, sans «réel projet».

La région de Québec compte actuellement cinq députés du Parti conservateur et deux du Parti libéral, dont le ministre de la Famille, Jean-Yves Duclos. De l’autre côté du fleuve, la région de Chaudière-Appalaches est entièrement représentée par des députés conservateurs, à part Maxime Bernier, qui est aujourd’hui chef du Parti populaire du Canada.

Ce portrait pourrait changer le 21 octobre, prédit M. Blanchet, qui accuse les conservateurs de n’avoir su répondre aux attentes de la population québécoise.

«Est-ce que les conservateurs vous ont si bien servis que ça? Est-ce que vous avez eu votre part? Est-ce que vous avez eu des réalisations réelles?» a-t-il lancé en point de presse.

«Il y a un contraste marqué entre ce qu’on nous laissait imaginer pour la région de Québec pour le Bloc… dans les médias de la région, le Bloc venait faire de la figuration ici, a rappelé le chef bloquiste. J’ai toujours été un petit peu plus ambitieux que ça (…) oui, il y a des possibilités pour la région de Québec.»

Par ailleurs, Yves-François Blanchet a de nouveau refusé de se mouiller sur la construction d’un troisième lien routier Québec-Lévis et sur le projet de GNL Québec, qui prévoit la construction d’un gazoduc et d’une usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay.

Les libéraux promettent une action progressiste concrète

Le chef libéral, à Fredericton, a promis une action progressiste concrète s’il est réélu.

«Je m’assoirais avec le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, pour lui expliquer qu’il doit fournir une couverture pour les services d’avortement (…) en dehors des hôpitaux», a dit M. Trudeau.

«Un gouvernement libéral défendra toujours les droits des femmes, y compris contre des politiciens conservateurs qui veulent limiter les droits des femmes, quelque chose qu’Andrew Scheer ne ferait certainement pas», a-t-il lancé.

Le gouvernement conservateur provincial refuse de payer les avortements faits hors hôpital. La dernière clinique de la province a annoncé sa fermeture. Il ne restera donc que deux hôpitaux à Moncton et un autre à Bathurst pour les femmes qui veulent un avortement.

Le chef libéral s’est par ailleurs fait demander s’il avait un message à lancer aux électeurs de l’Atlantique séduits par le message environnementaliste du Parti vert, qui espère bien faire une percée dans plusieurs circonscriptions de ces provinces après avoir connu du succès dernièrement à l’échelle provinciale.

Il a rappelé que son parti a mis en place ce qu’il considère comme le plan «le plus ambitieux»» qu’il y ait eu au Canada pour lutter contre les changements climatiques.

Singh raille les belles paroles des libéraux

Jagmeet Singh faisait campagne à Toronto, mardi. Il a fait un arrêt dans le comté d’un de ses prédécesseurs: Jack Layton.

«Les libéraux sont des progressistes qui donnent des belles paroles. Nous sommes des progressistes qui donnent des actions concrètes», a-t-il offert comme description de la différence entre un vote pour lui et un vote pour Justin Trudeau.

La leader du Parti vert n’a pas non plus le droit, selon M. Singh, à l’étiquette progressiste parce qu’elle a refusé de faire comme lui et d’écarter toute possibilité de travailler avec un gouvernement minoritaire conservateur.

Quatre candidats verts ont tenu des propos islamophobes

Quatre candidats québécois du Parti vert ont tenu des propos «islamophobes» sur leurs médias sociaux. C’est le parti lui-même qui en a fait l’annonce dans un communiqué publié mardi après-midi. Le parti fait savoir que les messages ont été supprimés et que les candidats se sont excusés.

Les verts s’engagent de plus à obtenir des excuses publiques des quatre candidats ainsi qu’un engagement de leur part à lutter contre le racisme sous toutes ses formes. Les candidats fautifs devront également travailler avec le Conseil national des musulmans canadiens.

Le parti a toutefois refusé de divulguer le nom de ces candidats.

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