Jour 36 : les chefs abattent leurs dernières cartes

Des attaques à gauche, des attaques à droite et quelques propositions… Pas de doute, le dernier droit de la campagne électorale est bel et bien amorcé. Et même Barack Obama s’en mêle. 

À cinq jours du vote, le néo-démocrate Jagmeet Singh et le bloquiste Yves-François Blanchet étaient sur la même longueur d’onde, mercredi, invitant leurs électeurs à faire la sourde oreille aux appels des conservateurs et des libéraux.

Justin Trudeau faisait lui campagne à Montréal pour convaincre les Québécois qu’ils n’ont pas besoin d’envoyer des bloquistes à Ottawa.

Enfin, Andrew Scheer a commencé la journée dans un Tim Hortons de Saint-Jérôme avant de la finir à Essex, dans le sud de l’Ontario. Il a notamment parlé d’éthique, avant de tenter de refermer le débat sur l’avortement.

Trudeau attaque le Bloc et les conservateurs

À quelques jours du scrutin de lundi, le chef libéral Justin Trudeau a martelé à maintes reprises son message aux Québécois contre le Bloc québécois, leur disant que s’ils voulaient changer les choses, ils devaient voter « pour un gouvernement progressiste et non une opposition progressiste ».

Au cours d’une conférence de presse mercredi au beau milieu du Jardin botanique à Montréal, entouré de candidats du Québec, le chef libéral s’en est aussi pris une nouvelle fois aux conservateurs d’Andrew Scheer, leur reprochant de mener « une campagne sale » et vicieuse comme on n’en avait jamais vu auparavant.

Il a même mis en garde les électeurs canadiens, en affirmant que, le 22 octobre, ils risquent « de se réveiller avec un gouvernement conservateur, qui ne fera rien contre les changements climatiques », en plus de « faire reculer » le Canada comme lors des années d’austérité de Steven Harper (l’ancien premier ministre conservateur).

Alors que les récents sondages démontrent que le Bloc québécois a gagné en faveur populaire au point d’être devenu une réelle menace pour les libéraux au Québec dans bien des comtés, M. Trudeau l’a attaqué à maintes reprises, affirmant que comme parti d’opposition, il n’avait rien pu faire contre les compressions passées de Stephen Harper.

« Les Québécois veulent être dans l’action, pas dans l’opposition. On n’a pas besoin de Québécois à Ottawa pour lutter contre un gouvernement qui est d’accord avec les Québécois, qui représente ces valeurs québécoises », a lancé M. Trudeau, citant les changements climatiques et les droits linguistiques parmi ces « valeurs ».

Après le Bloc québécois, son autre cible a été celle des conservateurs d’Andrew Scheer, qu’il a constamment associés au laissez-faire face aux changements climatiques et aux coupes passées de Stephen Harper. Il a résumé le choix qui se posait aux électeurs, lundi prochain, comme celui de « la peur, la division et l’austérité » – représenté par le Parti conservateur – ou celui d’un gouvernement libéral qui veut agir contre les changements climatiques, continuer de combattre la pauvreté, défendre les droits des femmes et les droits linguistiques, entre autres.

Scheer critique le NPD et reparle d’avortement

De passage à Essex, dans le sud de l’Ontario, le chef conservateur a accusé le Nouveau Parti démocratique (NPD) d’avoir renié ses principes éthiques afin de pouvoir jouer un rôle dans un futur gouvernement libéral.

« Le NPD a combattu aux côtés du Parti conservateur contre la corruption de Justin Trudeau dans le scandale SNC-Lavalin. Mais maintenant, on sait ce qui les anime vraiment », a déclaré M. Scheer en anglais.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh avait ouvert la porte à l’idée d’une coalition avec les libéraux, avant de la refermer. Qu’importe, M. Scheer a continué de taper sur ce clou. À son avis, les 100 premiers jours d’un gouvernement libéral réélu seraient passés à négocier une coalition avec le NPD.

Le chef conservateur a annoncé par ailleurs qu’un gouvernement Scheer imposerait des amendes allant jusqu’à 20 000 $ pour les infractions à la Loi sur les conflits d’intérêts. Il compte également augmenter les pouvoirs de surveillance du commissaire à l’éthique et du commissaire au lobbying.

Par cette annonce, il visait le chef libéral Justin Trudeau, qui a été blâmé à deux reprises par le commissaire à l’éthique au cours de son mandat. La première fois, pour ses vacances sur l’île privée de l’Aga Khan et la deuxième, pour son ingérence dans l’affaire SNC-Lavalin.

M. Scheer avait commencé la journée dans un Tim Hortons de Saint-Jérôme. Il était accompagné de sa candidate conservatrice dans Rivière-du-Nord, Sylvie Fréchette. L’ex-médaillée olympique a voulu mettre le couvercle sur ce débat qui avait marqué le lancement de sa campagne.

Mme Fréchette a dit qu’il y a des divergences d’opinions à ce sujet dans tous les partis. Elle a ajouté qu’au Parti conservateur, « on laisse tout le monde s’exprimer, mais on ne laissera pas tout le monde faire reculer le parti ».

M. Scheer a lui répété à de nombreuses reprises qu’il allait voter contre toute initiative parlementaire qui tenterait d’ouvrir le débat sur le droit à l’avortement, même s’il est personnellement « pro-vie ».

Jagmeet Singh contre les libéraux et les bloquistes

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a profité de son dernier passage de la campagne électorale au Québec pour décocher de nouvelles flèches en direction du Bloc québécois et du Parti libéral.

M. Singh se trouvait au parc Jack-Layton de Hudson, en banlieue de Montréal, et était notamment accompagné de la veuve de l’ancien chef du parti, Olivia Chow. Il a de nouveau accusé le chef libéral Justin Trudeau « de promettre une chose et d’en faire une autre ». Il a ensuite demandé aux électeurs de ne pas laisser M. Trudeau les inciter à « voter par peur ».

Au sujet du Bloc québécois, M. Singh a affirmé que quelques candidats de la formation avaient « des idées politiques troublantes ».
Il a aussi estimé que le Québec s’identifiait à plusieurs idées défendues par le Nouveau Parti démocratique, notamment la liberté de choix des femmes, la défense de l’environnement et le droit de mourir dans la dignité.

Trois nouvelles propositions pour le Bloc

Le chef du Bloc québécois ne croit pas que les électeurs au Québec sont sensibles aux appels de ses adversaires. Les conservateurs prétendent qu’un vote pour le Bloc conduirait à l’élection d’un gouvernement libéral; les libéraux avancent que ce même vote mènerait plutôt à l’élection d’un gouvernement conservateur.

De passage à Candiac, mercredi avant-midi, Yves-François Blanchet a estimé que ces arguments cherchent à éveiller la peur des citoyens.

Le Bloc québécois entend par ailleurs poursuivre la présentation de sa plateforme. Il a donc mis de l’avant trois propositions au sujet du financement des partis politiques, de la déclaration de revenus unique et du fiasco du système de paye Phénix du gouvernement fédéral.

Les bloquistes croient ainsi que l’abaissement du plafond fixé pour les dons aux partis politiques permettrait de réduire le cynisme de la population. Il propose de réduire le montant maximum permis de 1600 $ à 500 $. Ce qui permettrait d’éviter la pratique mise de l’avant par les libéraux d’organiser des soirées mondaines à 1500 $ le billet pour avoir accès à des ministres ou même au premier ministre Justin Trudeau.

Pour ce qui est de la déclaration de revenus unique, le candidat dans La Prairie, Alain Therrien, a rappelé les résultats de la recherche qu’il a effectuée pour le compte de l’Institut de recherche sur l’autodétermination des peuples et les indépendances nationales (IRAI).

Enfin, Yves-François Blanchet a qualifié l’affaire du système de paye Phénix de « honteuse ». Les ratés du système informatique qui cumule les erreurs dans les salaires ou qui prive carrément de revenu de nombreux fonctionnaires se poursuivent. Le chef du Bloc exhorte le gouvernement à agir en employeur responsable et de payer ses employés. Il exige qu’une compensation soit versée aux milliers de travailleurs qui ont subi les erreurs de Phénix.

Obama vote Justin Trudeau

L’ex-président des États-Unis Barack Obama a publiquement exprimé son appui à Justin Trudeau, en invitant les Canadiens à lui accorder un nouveau mandat.

Sur son compte Twitter, Barack Obama a déclaré avoir été fier de travailler à ses côtés en tant que président américain. Il décrit le chef libéral comme un « dirigeant travaillant et efficace qui s’attaque à d’importants enjeux comme les changements climatiques ».

M. Obama ne s’est toutefois pas arrêté aux éloges: il a lancé un appel aux Canadiens à réélire le premier ministre sortant.

« Le monde a besoin de son leadership progressiste en ce moment et j’espère que nos voisins du nord vont le soutenir pour un nouveau mandat », a-t-il écrit.

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