Jour 6 : les choses sérieuses ont commencé

Baisses d’impôt, urgence climatique, places en garderie… Le temps des premières grandes promesses électorales est arrivé. Le point sur ce sixième jour de campagne.

Photo : La Presse canadienne

Scheer promet 9 milliards de cadeaux fiscaux

Ces deux derniers jours, le chef conservateur Andrew Scheer a ressorti la stratégie qui lui tient le plus à coeur : séduire les électeurs en faisant appel à leur portefeuille. Baisse d’impôt général (6,2 milliards de dollars), réduction de la TPS sur la facture de chauffage (1,6 milliard), crédit d’impôt pour le congé de maternité (1 milliard) ou encore, crédit d’impôt pour le transport en commun (225 millions), toutes ces mesures représenteraient, une fois en vigueur, un cadeau fiscal de près de 9 milliards de dollars par année.

Cet allègement fiscal commencerait à être mis en place en 2021 pour entrer complètement en vigueur deux ans plus tard.
Andrew Scheer, qui promet un retour à l’équilibre budgétaire en cinq ans, n’a pas expliqué comment il financerait ce manque à gagner dans les coffres du gouvernement, soit en augmentant les revenus ou en coupant dans les dépenses.

Par ailleurs, le leader conservateur a annoncé sa volonté de ratifier le nouvel accord de libre-échange nord-américain s’il devient premier ministre, même si, selon lui, le Canada a été mené en bateau par le président américain Donald Trump. « L’accord, c’est essentiel pour notre économie pour la confiance et la stabilité. On va ratifier l’accord comme il existe, mais on va travailler enjeu par enjeu, dossier par dossier, pour améliorer les échecs de M. Trudeau, a-t-il soutenu. Il est très évident qu’au cours des dernières heures [des négociations], M. Trump a fait monter les enchères et a obtenu concession sur concession. [M. Trudeau] a simplement capitulé ».

Le chef conservateur n’a pas précisé les améliorations qu’il essaierait d’apporter à l’accord commercial.

Pour les libéraux, des places à la garderie… et une nouvelle chanson

Justin Trudeau a lui choisi Waterloo en Ontario pour promettre de transférer plus d’argent aux provinces afin d’améliorer l’offre des places en garderie avant et après les heures d’école. L’Ontario, une province dans laquelle le gouvernement conservateur de Doug Ford a déjà averti qu’il diminuerait les services de garderies. Cette promesse libérale évaluée à 535 millions de dollars par année s’ajouterait ainsi aux 7,5 milliards sur 11 ans prévus dans le budget de 2017 et attachés par un accord fédéral-provincial dont le Québec — qui a son propre système de CPE — est exclu.

Le chef libéral n’a d’ailleurs pas dit de quelle manière il s’y prendrait pour contourner la résistance du gouvernement provincial. Mais il a pu se servir de l’occasion pour mettre conservateurs provinciaux et fédéraux dans un même panier. « Ce serait un vrai problème pour plusieurs familles partout au pays, particulièrement ici en Ontario aujourd’hui, d’avoir un gouvernement fédéral qui a la même ligne de pensée que celle que le premier ministre conservateur en Ontario met de l’avant », a laissé tomber le premier ministre libéral sortant.

Par ailleurs, moins de 24 heures après avoir défendu sa chanson de campagne en français, l’équipe libérale a fait volte-face et a décidé de cesser de l’utiliser. « Nous réalisons (…) que le français n’est pas parfait. C’est pourquoi nous n’utiliserons plus cette version et allons la réenregistrer »», a confirmé Pierre-Olivier Herbert, un porte-parole du PLC, lundi.

Le parti a fait appel au groupe canadien The Strumbellas pour utiliser sa chanson « One Hand Up » pendant la campagne électorale. C’est aussi le groupe qui a traduit et chanté lui-même la chanson en français. Dimanche, de nombreux internautes ont souligné sur les réseaux sociaux que la chanson — dont le titre en français est « Une Main haute » en français — était mal traduite ou incompréhensible.

Les verts publient leur plateforme

Le Parti vert du Canada a publié sa plateforme ce lundi, affirmant que chaque mesure qui s’y trouvait — de l’économie à la santé, en passant par les affaires étrangères, l’immigration et les transports — a été pensée en fonction de la crise climatique.

La plateforme verte met aussi fortement l’accent sur la réconciliation avec les peuples autochtones, y compris un engagement à mettre en oeuvre les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation et de l’Enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Les verts ont déclaré qu’ils adopteraient une loi exigeant une réduction de 60 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030, soit un résultat supérieur à l’objectif actuel de 30 pour cent. Le parti avance qu’il interdirait également la fracturation hydraulique et n’approuverait aucun nouveau pipeline, forage de charbon, de pétrole ou de gaz.

Enfin, l’assurance-médicaments universelle, l’élimination des frais de scolarité et la réduction du prix fixé par le gouvernement fédéral pour le cannabis légal font également partie des engagements inclus dans la plateforme.

Le NPD et la loi 21

Au sixième jour de la campagne électorale, Jagmeet Singh passait une seconde journée au Québec pour y vendre sa plateforme spécifique à la province. Le chef néo-démocrate a notamment dit que de porter barbe et turban au Québec sont sa manière de défendre les droits de ceux qui s’estiment victimes de la loi québécoise sur la laïcité.

En entrevue à la radio de Radio-Canada, le chef du NPD est revenu sur le volet québécois de la plateforme électorale néo-démocrate.

Il y promet notamment de soumettre à la loi 101 les entreprises sous juridiction fédérale et de ne jamais imposer un projet majeur, comme un oléoduc, sans l’accord du gouvernement québécois. Il s’engage également à hausser les transferts en matière d’immigration pour faciliter l’apprentissage du français et l’intégration des nouveaux arrivants.

Par ailleurs, la querelle entre les néo-démocrates fédéraux et les verts a pris une nouvelle tournure, lundi matin, dans la circonscription de Longueuil_Saint-Hubert, où Jagmeet Singh a annoncé que l’écologiste Éric Ferland sera le candidat du parti.

M. Ferland est non seulement un ancien chef du Parti vert du Québec, mais le député sortant de cette circonscription de la banlieue sud de Montréal est l’ancien député néo-démocrate Pierre Nantel, qui a fait défection pour se joindre aux verts.

Le Bloc veut la fin des subventions aux énergies fossiles

Il est grand temps qu’Ottawa cesse cette pratique, a martelé lundi le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet alors qu’il était de passage à la centrale hydroélectrique de Mont-Laurier, bâtie en 1911. Il était accompagné de Marie-Hélène Gaudreau, candidate du parti dans la circonscription de Laurentides-Labelle.

M. Blanchet a souligné que même si le chef libéral Justin Trudeau se dit le défenseur de l’environnement, il a malgré tout accordé dans son dernier mandat — selon les calculs du Bloc — près de 19 milliards de dollars en nouveaux investissements dans les énergies fossiles.

Le parti en arrive à ce chiffre en additionnant les sommes versées pour l’achat du pipeline Trans Mountain (4,7 milliards dollars), celles pour son agrandissement, (9,7 milliards), l’argent allongé pour favoriser l’investissement dans les secteurs pétrolier et gazier (2,7 milliards) et les lignes de crédit offertes aux producteurs pétroliers (1,7 milliard).

Le chef du Bloc québécois a proposé de son côté un geste pour l’environnement en proposant un incitatif fédéral pour les transporteurs qui achètent des autobus scolaires électriques.

Maxime Bernier au débat des chefs

Initialement exclu des débats des chefs prévus les 7 et 10 octobre, Maxime Bernier pourra finalement participer aux deux joutes oratoires. Le commissaire aux débats David Johnston a annoncé lundi avoir transmis au chef du Parti populaire du Canada (PPC) une invitation à se joindre à cinq autres chefs lors des deux débats de la Commission des débats des chefs, les 7 et 10 octobre.

Celui-ci a noté qu’après évaluation, il a la conviction que plus d’un candidat soutenu par le parti a une véritable possibilité d’être élu. M. Bernier a accepté l’invitation, se disant «très heureux» de cette décision.

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