Justin Trudeau et le Québec: devinez qui vient dîner…

Photo : Mario Beauregard / La Presse Canadienne
Photo : Mario Beauregard / La Presse Canadienne

Maintenant qu’il est chef du Parti libéral du Canada, que fera Justin Trudeau du Québec? Vaste question.

Même si le pouvoir politique et économique au pays glisse irrémédiablement vers l’ouest, sur le plan électoral, ni le PLC, ni le NPD ne peuvent se permettre de se passer du Québec.

Le NPD devant son statut d’opposition officielle aux votes des Québécois, son chef Thomas Mulcair ne peut néanmoins rien prendre pour acquis. Même s’il compte 57 sièges au Québec, que fera-t-il pour convaincre ses électeurs qu’ils ont fait le bon choix en 2011? À suivre.

Côté Bloc, avec ses 5 députés et un chef peu visible, sa santé demeure hautement fragile. Elle le serait d’autant plus si le PQ, déjà minoritaire, venait à perdre le pouvoir avant l’élection fédérale de 2015.

Pour les libéraux, Justin Trudeau est un choix risqué au Québec. Il peut espérer y séduire une bonne partie du vote fédéraliste francophone inconditionnel et même gruger dans le peu de platebandes restant à Stephen Harper. Mais encore?…

Engagez-vous, qu’il disait…

Or, pour le moment, le nouveau chef libéral n’offre rien d’autre aux francophones dits «nationalistes mous» que l’écho perçant de la voix de son père.

Dimanche soir, à son discours de victoire, Justin Trudeau a certes fait les beaux yeux «aux Québécois et aux Québécoises», mais sans rien de clair, ni de concret.

Pis encore, son appel aux Québécois à «laisser à d’autres les veilles chicanes» pour, dit-il, redevenir «des bâtisseurs du Canada», rappelle un peu trop la promesse faite jadis par son père d’installer à Ottawa ce qu’on appellerait le French Power.

Venez à Ottawa avec moi ou votez libéral, leur disait Pierre Trudeau, et vos intérêts, votre langue et vos droits seront mieux protégés au pouvoir. Engagez-vous, qu’il disait…

Le problème pour son fils Justin est que l’histoire du régime trudeauiste en a fait la démonstration contraire.

La tour d’ivoire

Malgré l’omniprésence à Ottawa de ce French Power, incluant une députation libérale québécoise massive, Trudeau père aura malgré tout mis toutes ses énergies à combattre le nationalisme québécois. Et ce, sous toutes ses forces. Sa victoire ultime, il la récoltera d’ailleurs avec son rapatriement et sa Charte des droits adoptée en 1982 sans le consentement du Québec.

Si Justin Trudeau s’enferme à double tour dans la tour d’ivoire de son père sur la question du Québec, il risque d’y tourner en rond bien piteusement et pour longtemps.

En fait, il y est condamné à terme. Depuis l’avènement du règne de son père, le Parti libéral du Canada demeure foncièrement allergique à toute forme de nationalisme au Québec se faisant le moindrement revendicateur.

Ce n’est pas un hasard si Martin Cauchonseul candidat à la chefferie libérale à avoir osé parler de la nécessité de parler de la question du Québec, s’en est vu puni d’un maigre 2,7% d’appuis.

Jusqu’à preuve du contraire, sur la question nationale du Québec et les rapports Québec-Canada, Justin Trudeau épouse encore et toujours l’essentiel de la vision de son père.

En 2006, dans cette entrevue donnée en anglais, il se montrait déjà aussi fermé et méprisant sur le sujet que son père. Des propos qu’il reprendra d’ailleurs ici et là au cours des années suivantes.

À moins qu’il n’ait discrètement évolué depuis, il serait étonnant de le voir aujourd’hui ouvert à l’idée d’offrir au Québec un élargissement quelconque de ses pouvoirs au sein du Canada. Et encore moins, une reconnaissance constitutionnalisée de son caractère national. Ce serait l’équivalent pour un curé de renier la doctrine de l’immaculée conception…

Toujours pressé de réduire la question des rapports Québec-Canada à de vulgaires «veilles chicanes», il est clair que sur le fond des choses, le Justin Trudeau de 2013 a peu cheminé.

***

Devinez qui vient dîner…

À preuve, ce mercredi, de surcroît à la veille de sa première visite au Québec comme chef du PLC, Justin Trudeau récidivait.

L’occasion? Son premier caucus en tant que chef tombait – par un de ses hasards dont la vie politique a le secret – précisément le 17 avril 2013. Soir le jour même du 31e anniversaire du rapatriement de la constitution et de l’adoption de la Charte canadienne des droits sous le règne de son père, Pierre Trudeau. Le tout,  sans l’assentiment du Québec.

Sur le site web du Globe and Mail, on peut d’ailleurs visionner quelques moments marquants de ce premier caucus baptisé pour l’occasion par Justin Trudeau «Charter Day» – le jour de la charte. Sur le site web du PLC, on peut même visionner ici  son discours au grand complet.  Je vous laisse juger de ses propos…

Or, pour bien des Québécois dont l’âge dépasse la quarantaine, d’entendre Justin Trudeau reprendre le même discours que son père sur 1982 risque de ressembler pas mal plus au jour de la marmotte qu’au «jour de la charte»…

Et en effet, en ce 17 avril 2013, ce fut bel et bien le jour de la marmotte.

Aux prises avec les allégations troublantes de l’historien Frédéric Bastien sur des manigances de palais qui se seraient étendues jusqu’au sommet de la Cour suprême en 1981 et une motion votée tout juste la veille à l’unanimité par l’Assemblée nationale demandant au gouvernement Harper d’ouvrir toutes ses archives sur les événements de 81, Justin Trudeau répétait bel et bien le même discours et les mêmes arguments que son père pour justifier l’isolement du Québec.

C’est la faute aux séparatistes…

Et donc, à l’instar de Pierre Trudeau, son fils blâme encore René Lévesque pour cet isolement parce qu’il était «souverainiste». Rien ne le fera changer d’idée là-dessus. Sûrement pas le fait que le premier ministre Lévesque ait négocié jusqu’à la dernière minute lors des négociations constitutionnelles légendaires de novembre 1981.Ce qui, d’ailleurs, avait royalement hérissé de nombreux souverainistes qui n’y voyaient qu’un immense piège politique.

Rien ne fera changer d’idée Justin Trudeau sur 82.

Pas même le fait qu’avec son Renvoi de septembre 1981, la Cour suprême rendait une décision qui permettrait à Trudeau père, s’il réussissait à bien manoeuvrer avec les autres provinces, d’arracher ultimement son rapatriement sans le Québec.

Ni le fait que son père savait pertinemment que l’Assemblée nationale, tous partis confondus, n’aurai jamais avalisé cette charte des droits telle que Pierre Trudeau la voulait, c’est-à-dire taillée sur mesure pour réduire certains pouvoirs du Québec, incluant en matière linguistique.

Et encore moins le fait que depuis 1982, tous les partis siégeant à l’Assemblée nationale ont également rejeté le rapatriement de son père tel qu’opéré sans le Québec. Ou encore, que son père aura grandement contribué à torpiller l’Accord du Lac Meech qui, en 1987, cherchait d’un point de vue fédéraliste à réparer les pots cassés par son même rapatriement.

Comme disent si bien les Anglais: «don’t let the facts get in the way of a good story»…

Poussant l’enveloppe encore plus loin, Justin Trudeau en profitait pour décrocher une droite partisane au NPD, son principal adversaire au Québec, en l’accusant presque de crime de lèse-charte:

«Le NPD a toujours été particulièrement tiède dans son approche quant à la Charte des droits et libertés en raison de la façon malheureuse dont Québec a choisi de ne pas signer la Constitution parce qu’il avait un premier ministre provincial qui était souverainiste au début des années 1980.»

Une belle manière de gagner des votes au Canada anglais, avouons-le.

Et, en passant, le premier ministre «provincial» dont parle Justin Trudeau était René Lévesque…

***

Dans ces circonstances, on donnerait vraiment cher pour entendre les échanges qu’aura Justin Trudeau ce jeudi avec le nouveau chef du PLQ, Philippe Couillard, dont la plateforme pour la chefferie comprenait son désir de renégocier la constitution de 82.

Ou encore, avec le chef caquiste François Legault qui, après avoir banalisé les allégations d’ingérence politique du juge en chef de la Cour suprême en 81, changeait d’idée cette semaine avoir s’être fait admonesté publiquement par son grand ami Lucien Bouchard.

Le charme de Justin Trudeau l’aidera sûrement à éviter l’incident diplomatique, mais jamais autant que ne le ferait une vision moins bornée sur la question du Québec que celle de son père.

Or, comment même imaginer le voir un jour renier ce qui, après tout, constitue la substantifique moelle de la doctrine politique de son père?

Jusqu’à maintenant, tout au moins, il n’aura donné à personne la plus petite raison de croire que même chef de parti et premier ministre en attente, Justin Trudeau serait capable de voir et comprendre la question nationale au Québec autrement que ne le faisait son père.

Comme son père, il  refuse de voir le Québec comme une nation moderne qui, vu dans une perspective fédéraliste d’unité nationale, nécessiterait par définition un statut et des pouvoirs conséquents au sein d’un pays que Justin Trudeau jure pourtant dur comme fer d’aimer et de comprendre jusqu’au tréfonds de son âme…

***

En complément:

Si la nature du rapport politique qu’entretient Justin Trudeau et qu’entretenait Pierre Trudeau avec la question du Québec vous intéresse, permettez-moi de vous suggérer bien humblement la série de trois billets d’analyse que je publiais sur le sujet en décembre dernier.

Vous en trouverez la première partie ici; la seconde ici et enfin, la troisième, ici.

 

 

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

23 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Du seul fait de porter Justin Trudeau chef du Parti, le PLC vient d’ouvrir largement le dossier constitutionnel au Québec. On constate très clairement que depuis les quelques heures qu’il est officiellement à la tête du PLC, Justin Trudeau a déjà durci le ton face au différent constitutionnel entre le Québec et Ottawa. Ses dernières déclarations évoquées par Mme Legault dans son billet l’indique clairement. Imaginez s’il devait un jour être le Premier ministre du Canada … !

«On paie mal un maître en ne restant toujours que l’élève.»
Ainsi parlait Zarathoustra
[Nietzsche]

Encore une belle analyse qui met en lumière le cul-de-sac dans lequel JT s’est fourré. Vous dîtes, entre autres choses percutantes: « sur la question nationale du Québec et les rapports Québec-Canada, Justin Trudeau épouse encore et toujours l’essentiel de la vision de son père. » Comment peut-il en être autrement? Contrairement à son père qui jouissait quand même d’une solide formation juridique doublée d’une spécialisaion en droit constitutionnel, ce qui lui a permis de fomenter son projet diabolique, ce n’est pas avec une année d’études en littérature anglaise et une soi-disant formation en art dramatique (n’a-t-il pas enseigné deux ans dans cette discipline?) que Justin Trudeau peut faire face à la musique en matière de droit constitutionnel. Le pauvre gars est une marionnette au service d’une machine à gagner des élections. Ça va être drôle de le voir patauger là-dedans.

les veilles chicanes… c’est drôle mais le gouvernement canadien s’est excusé pas une mais deux fois pour les pensionnats autochtones allant jusqu’à envoyer pour 2 milliards de chèques à des gens dont aucune preuve d’abus personnel n’avait été prouvé. Et on a le culot de nous dire qu’on parle de vieilles chicanes lorsqu’on réfère à un coup d’État! A l’imposition d’une charte des droits qui vient réduire nos droits collectifs et nous imposer la dictature de la Cour suprême?

Combien de temps durera le mépris de notre peuple?

Vous savez, jack2, dans les familles dysfonctionnelles lorsqu’un membre a été traité de façon injuste ou encore lorsqu’il y a lieu des épisodes très indignes, comme l’inceste par exemple, la première réaction de certains membres est de réfugier dans le déni. «Non ! C’est impossible ! Nos bons parents n’auraient jamais osés faire ça.» Mais quand les preuves commencent à s’accumuler, alors là c’est le membre de la famille victime qui devient le responsable des malheurs de toute la famille. «Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal» comme disait La Fontaine dans les « Animaux malades de la peste », devient rapidement le bouc émissaire de tous leurs maux.

Il en est strictement ainsi du Canada. Tant les propos de Justin Trudeau que de l’ensemble des autres personnages du ROC le prouvent noir sur blanc. Quant aux fédéralistes Québécois beaucoup, dans leur état parasitaire, n’ont ni le courage ni la volonté de se tenir debout. Ils rampent.

«Si tu te fais ver de terre, ne te surprend pas si l’on t’écrase d’un pied»
[Emmanuel Kant]

Bien difficile d’espérer autre chose, de la part de Justin, que des balivernes et autres accibits vident de sens. Ce qu’il souhaite c’est que le québécois moyen a oublié et qu’il tombe sous le charme. En ce sens, je souligne l’intervention de M.Bouchard et qui nous ramène un peu à cette époque, pas si lointaine, où le discours sur la question nationale avait un popularité évidente. Assez troublant cette virvolte de M.Legault qui savait pertinemment qu’un jour ou l’autre, il aurait droit à cette humiliation.

Voyons voir le sort que le Québec réserve au PLC renouvelé ou plutôt redécoré. Cela nous révèlera notre degré de maturité, notre capacité à apprendre de nos erreurs et d’espérer autre chose que la petitesse fédéraliste.

Je suis entièrement d’accord avec J. Trudeau lorsqu’il dit que ce fut le choix du gouvernement Lévesque de ne pas consentir au rapatriement de la constitution. C’était geste purement politique, comme l’était d’ailleurs le consentement des 9 autres premiers ministres. Lévesque n’était pas un eunuque ou un peureux. C’était un homme avec des convictions fortes, comme Trudeau d’ailleurs. Lévesque dans ses discours, et j’étais présente lors de la formation du MSA et du PQ, établit bien que le but ultime de son engagement politique est de Bâtir un pays . Quand Lévesque déclarait que son gouvernement refusait et refuserait toujours une place au sein du Canada, je l’ai cru. Je n’ai aucun doute que le Parti Québécois a pour objectif de faire du Québec un pays. Et encore aujourd’hui, demandez-le à n’importe lequel des ministres du gouvernement : quelles seraient les conditions qui vous permettraient de signer la Constitution canadienne, et ils vous répondront, aucune, je suis indépendantiste, et je les croirais.

On ne peut ignorer la différence entre la réalité et les jeux politiques.

Quant à l’historien Bastien, il choisit bien les bouts d’histoire qu’il publie dans son livre, et encore mieux ceux qu’il préfère ignorer. On voit vite qu’il préfère la politique à l’histoire.

Je l’ai dit, redit et le répète, élire un Québécois comme chef de parti fédéraliste est une très mauvaise tactique. Tous les Québécois chefs de parti fédéraliste, sauf Brian Mulroney, se sont crus obligés de taper sur le Québec de crainte d’être accusés de favoritisme. Leste B Pearson et John G Diefenbaker ont fait plus pour les Canadiens-français\Québécois que Louis St-Laurent par exemple.

Un majordome est toujours plus sévère avec les autres serviteurs que ne l’est le maître. Nos Québécois de service sont des majordomes dans la grande maison canadienne. Un Canadien-anglais est chez lui.

Pour ce qui est du discours de Mme Valery, ci-haut, je serais bien curieux de savoir à quelle époque René Lesvesque a prononcé ces paroles. Je ne les nie pas. Était-ce à l’époque du référendum? J’en doute. Au moment des négociations? Peu probable, illogique. Ce serait donc avant 1980. Plutôt vers ou avant 1976, selon toute logique. Que dirait-on de vers 1968, à l’époque de la fondation du Parti Québécois?

Il est permis d’évoluer.

L’unanimité de l’Assemblée Nationale enlève tout poids aux attaques contre René Lévesque et le Parti Québécois. Un peu de psychologie 101.

Cher Madame, il est bien difficile à un moment donné de séparer Histoire et Politique. Les deux ne sont-elles pas intimement liées. Évidemment que M. Levesque ne pouvait consentir au rapatriement de la constitution sans que certaines conditions ne soient respectées. C’est tout aussi évident que Trudeau père, tout comme sont fils encore aujourd’hui, ne voulait rien savoir de ces conditions. Et ça donné ce que cela a donné. Ne sommes-nous pas toujours dans l’Histoire ?

«Un voilier est plus en sécurité au port mais il n’a pas été construit pour y rester.»
[Dicton populaire]

en 2032 lors du 50 ième anniversaire du rapatriement de 1982 il ne restera plus que Mme Josée Legault pour se déchirer la chemise. Ce n’est visiblement pas le meilleur moyen de mousser les appuis envers la souveraineté que de radoter sur un sujet aussi stérile. Est-ce faute d’arguments intéressants et d’actualité qu’on nous ramène continuellement sur ses deux sujets de prédilection: la nuit des longs couteaux et le référendum volé.

Éventuellement il va falloir rajeunir le discours.

« Rné Lévesque n’a pas voulu signer la constitution de mon papa…sniff, sniff… Mon papa est plus fort que ton papa. OK là !!! …Pis si tu m’crois pas, demande à ma maman, elle va t’le dire…OK là!!! …Mon pays est plus fort que ton pays…OK là!!! » Justin le dauphin.
Le même niveau de langage que le ti-tamis de PET, qui n’avait de cesse de répéter que « Le Canadéa est le plusse meilleur pays du monde »
Bâzouel!!! On n’est pas sorti du bois.

J.Trudeau est dans la lignée du père encore que pour un individu qui se réclame du libéralisme idéologique voire d’une portion de comportement libertaire qui consiste à valoriser la pensée critique, le droit d’inventaire des politiques des politiciens et des gouvernements tout en faisant des libertés le centre de l’existence; nous pouvons déceler les carences du fils de P.Trudeau qui contrairement aux jeunes hippies babyboomers qui ont contestés leurs parents nous ne trouvons chez J.Trudeau que la célébration inconditionnelle des abus du père contre le Québec. Quant au Québec et son comportement électoral à l’élection fédérale en 2015, nous ne trouvons pas chez les Québécois l’affirmation collective que nous trouvons chez les Albertains. Les Québécois sont majoritairement confus politiquement, leur dernier engouement électoral marqué plutôt irrationnel Jack Lawton. J.Legault pourrait accuser certains commentateurs d’être pessimistes, d’accord quoique du côté nationaliste, souverainiste, il faudrait trouver de quoi espérer?

Au minimum, une entente entre le Bloc en difficulté, le PQ minoritaire au pouvoir et Option Nationale en lente montée devrait se faire contre le PLQ, le PLC, le NPD, la CAQ et le PC. Quant à QS, un terrain d’entente pour la prochaine élection sur au moins Gouin et Mercier devrait être fait au minimum.

Ce jeune blanc-bec vient de nous montrer de quel bois il se chauffe. » Le gouvernement fédéral n’est pas au service des provinces. » 🙁 Tiens donc. Et l’esprit de 1867? On comprend mieux pourquoi 50 % des décisions de la Court Suprême ont été renversées par le Conseil privée de Londres.

Au lieu de s’identifier avec 100 % des Québécois en soutenant la décision unanime de l’Assemblée Nationale, Justin Trudeau crache au visage des Québécois comme le faisait son père. Tel père tel fils. He! Le fédéral n’a pas à répondre de ses actes aux provinces. Tiens toi!

Je dis : le fédéral est une créature des provinces. Les provinces existaient avant 1867, pas Ottawa. Mais ça, on préfère l’ignorer, l’oublier. C’est tellement embêtant. Il tient bien de son père, hélas.

Oui Madame. Bien sûr René Lévesque avait le goût d’un pays. Et nous les séparatistes d’aujourd’hui nous avons encore plus le goût d’un pays, surtout après 20 ans d’exercice de la Charte des Droits et Libertés qui a bien servi l’objectif de Trudeau : faire du Québec une province comme les autres. Pour être plus juste vis-à-vis l’histoire, vous devriez citer intégralement la déclaration de René Lévesque qui a parlé de la Constitution conçue par Trudeau comme : «celle des autres, pour un pays qui est plus que jamais le pays des autres, dans lequel on n’aurait plus d’autre place, de plus en plus réduite, de plus en plus dépendante, que la place d’une colonie plus ligotée que jamais. Cette place, nous la refusons et la refuserons toujours.» Trudeau savait fort bien que le Québec ne signerait jamais la nouvelle constitution qui avait comme but principal de diminuer les pouvoirs du Québec. En bon juriste constitutionnel qu’il était, il s’est donc arrangé pour imposer, par le biais de la Cour Suprême, une nouvelle constitution sans l’accord du Québec pour ensuite et du même souffle, et encore par le biais de la Cour Suprême, empêcher toute modification ultérieure sans le consentement unanime de toutes les provinces. Relisez à ce sujet les billets de Madame Legault. En outre, comme le rappelle le Ministre Lisée dans son billet d’aujourd’hui, le très peu souverainiste Claude Ryan avait indiqué qu’il ne signerait jamais une telle constitution.
Oui nous voulons notre pays, mais nous sommes ‘’encarcanés ‘’ dans un autre pays qui nous empêche d’exercer nos droits (comme dans le domaine linguistique) par le biais de la même Cour Suprême qui a beau jeu d’interpréter la Chatre des Droits et Libertés à la guise du dominateur anglais. La seule voie de sortie, et cela plus que jamais, c’est la séparation.

Bonjour,

Entre vous et moi, mais qui donc du côté Canadien s’effraie du nationalisme québécois ? Et pour tout dire, jusqu’au 11 d’Octobre 1995, le Canada était « mort de rire » dans ses rapports avec les nationalistes du Québec. Et ceux ci depuis 1995 n’ont surtout pas gagné en crédibilité et comme dit la vieille maxime : un chien qui jappe ne peut mordre. Et bien évidemment que nos nationalistes à nous Autres ont cessé de japper depuis belle lurette, car tout en n’ayant jamais eu « d’arguments valables » pour se séparer du Canada, c’est bien beau « japper après la Lune », cela n’amènera pas la foutue Cause Nationale sur un plateau d’argent.

Tout à fait clair que pour nous les Canadiens qu’il n’y a même pas l’ombre de la queue d’une « VOLONTÉ POPULAIRE » au Québec de retourner dans ces vieilles ornières. Excepté bien sûr pour quelques nationalistes québécois qui ne veulent jamais SAWOUÈRE mais CRAIRE. Le total déni de ces pauvres bougres qui s’évernouillent sur les blogues en s’attaquant constamment aux propos des autres intervenants tout en ayant aucun argument valable sur le fond. Et ma foi, est ce qu’il y a au Québec en ce moment présent 1,000 citoyens comme les nationalistes sur ce blogue qui s’énervent avec le Rapatriement de la Constitution Canadienne de Londres en 1982 ?

Tout en terminant, tout comme énoncé dans mon introduction, tous les Canadiens sans exception ne furent effrayés par les circonvolutions nationalistes, leurs entourloupettes, leurs sparages et leur « PÉTAGE DE BROUE » séculaire. Jusqu’au 11 d’Octobre 1995 où face à trois sondages dévastateurs pour le OUI des nationalistes québécois, Monsieur Jacques Parizeau en bon prince constata sa totale impuissance devant les sondages en ce début d’Octobre 1995 PLUS BAS que les résultats référendaires de 1980. Et comme vous savez tous, en laissant le leadership au DALAÎ D’ALMA, soit Monsieur Lucien 49 .4 % d’EFFET Bouchard à lui tout seul, comme disent bien des vieux péquistes nostalgiques de ce bon vieux preacher du Lac Saint Jean : « il a fait PÉTER le score du OUI de 15 à 20 % en une seule NUITTE ». Et ce Prophète arpentait de long en large le Québec afin de satisfaire toute la gang des nationalistes qui voulaient seulement « inque toucher le boutte du coat à Lucien ». Tout en devenant LUMINEUX, ceux ci en bons nationalistes se voyaient transfigurés en se roulant par TERRE.

En conclusion, tout en faisant « SIENNE » cet aphorisme du brillant Bertholt Brecht qui affirme haut et fort de se « méfier d’un peuple qui a besoin d’un Héros, nos amis les Canadiens ainsi que tous nos « penseurs » réalisèrent que le nationalisme québécois pouvait « tomber dans les mains » d’un Sauveur Suprême et virer totalement le Ti PEUPLE à l’envers et boutte pour boutte comme disent nos nationalistes en province dans la langue de CHENOU. Voilà pourquoi que le Québec est sous haute surveillance maintenant non pas pour une volonté populaire et évidente de se séparer mais bel et bien que nos nationalistes qui restent puissent « tomber dans les bras » de n’importe quel maître chanteur et disons le autrement, un GOUROU national. Voilà pourquoi la LOI sur la Clarté de Monsieur Stéphane Dion visait en partie à protéger les nationalistes québécois « contre eux mêmes. Les temps ont changé depuis le 11 d’Octobre 1995 avec l’arrivée fortuite de Monsieur Lucien 49 .4 % d’Effet Bouchard, le DALAÏ D’ALMA qui faisait la Traversée du Lac Saint Jean en marchant sur les eaux sous les applaudissements frénétiques des nationalistes québécois. Et tout ÇA, Monsieur Justin Trudeau le sait fort bien et se « gouvernera en conséquence »…….. Au plaisir, John Bull.

À Madame Violetta Valery

Voir mon commentaire laissé ici hier 18 avril. Je commentais ainsi votre commentaire du 18 avril sur « Le Principe de Justin »

Bonjour,

Tout comme vient de me dire un vieux péquiste du Premier Lit, celui de Ti Poil, lâches donc la tabar……. de Constitution pis parle moué donc d’autres choses, hos….. de radoteux ! En hommage pour vous tous, à tous les péquistes disparus en ayant passé l’arme à gauche et pour ceux qui restent bouche bée faute d’arguments, voici les paroles de PAUVRE RUTEBEUF, cette belle composition du camarade Vitamine en 1955, soit le grand Léo Ferré qui pourfendit le nationalisme toute sa vie durant en tant qu’anarchiste, vieil anar qu’il était et qui FRÈRE encore………

http://www.paroles.net/leo-ferre/paroles-pauvre-rutebeuf

Que sont mes amis devenus, ( soit les péquistes )
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’Amour est morte ( pour la Cause est morte )
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta………….

Et voilà un hommage senti à la langue française d’un Canadien qui habite le Québec tout en ne se VANTANT POINT d’être le défenseur de cette langue belle dans notre province de Québec……. Avec plaisir, John Bull.

Justin Trudeau fait ch… les péquistes? Moi ça me va à merveille. Je suis partant.

Bien sûr qu’il n’est pas parfait. Après tout qui l’est? Pauline Marois?!?!?! Le gouvernement péquiste actuel n’en finit plus de trahir ses promesses, son programme et son aile gauche (auriez-vous voté pour Pauline si vous aviez su qu’elle nommerait PKP grand chef d’hydro-Québec???). Alors, comme donneurs de leçons, les péquistes sont drôlement mal placés!

Néanmoins, il est un politicien jeune, dynamique charismatique et qui semble apprendre rapidement. Il a encore deux ans devant lui et il deviendra à coup sur un élément majeur au Canada. De plus, il a eu le courage, LUI, de se présenter dans une circonscription loin d’être gagnée d’avance et ce, contrairement aux avis de ses chefs de l’époque tout comme l’a fait un autre grand Québécois, Thomas Mulcair. On eût admiré une force et une détermination similaires de la part d’un Jean-François Lisée, mais…bon…c’est Lisée…

La constitution fait saliver une poignée d’irréductibles séparatistes vieux croûtons accrochés aux années ’60 mais dans la VRAIE vie, personne au Québec ne vibrera devant un tel dossier.

Le chat séparatiste est bel et bien mort et enterré.

Next…

« De plus, il a eu le courage, LUI, de se présenter dans une circonscription loin d’être gagnée d’avance … ». Vous auriez dû lire le billet d’Alec Castonguay ( Le mythe de Justin Trudeau dans Papineau) avant d’écrire une telle affirmation.

M’en fout d’Alex Castonguay.

Justin Trudeau a eu l’audace et le courage de se présenter dans une circonscription LOIN d’être gagnée d’avance, dans une province qui honnissait le Parti Libéral du Canada (voir les commandites!!!) et CONTRE l’avis de ses chefs de l’époque. Et il l’a conservé dans DEUX élections! DEUX!!! Je me souviens très bien qu’à l’époque, le Parti québécois et le Bloc québécois avaient dépensé beaucoup d’énergie pour battre Trudeau. Beaucoup plus qu’ils ne l’auraient fait contre un candidat « normal ». Z’ont perdu leur temps, leur argent et leur gloriole.

Combien de candidats « veudettes » séparatistes ont eu cette témérité et ce cran? AUCUN! Z’ont tous présenté leur candidature dans des comtés sûrs et gagnés d’avance, genre Jay-F. Lisée dans l’ancien comté de Mme. Beaudoin, laissant les comtés peu sûrs aux candidats de troisième ordre. Ah…si Lisée s’était présenté dans Ville Mont-Royal ou Ville Saint-Laurent, comme Mulcair l’a fait dans Outermont et Trudeau l’a fait dans Papineau, là on aurait pu le prendre très au sérieux mais aller se camoufler dans Rosemont…

Ça en dit très long sur la détermination, la fermeté et la ténacité de l’individu en question ainsi que sur celle de ses congénères dégonflés de l’autre parti politique qui ont préféré se blottir dans un édredon douillet.

Vous pouvez vous foutre de tout le monde, mais les faits sont les faits :

« Entre 1953 et 2011, il y a eu 22 élections dans la circonscription fédérale de Papineau (qui a parfois porté des noms un peu différent en fonction du découpage des frontières). Le Parti libéral du Canada en a remporté… 21.

Le PLC a régné sur cette circonscription multi-ethnique sans arrêt entre 1953 et 2006. Entre 1967 et 1996, c’est André Ouellet qui en avait fait son fief. Ensuite, Pierre Pettigrew y a été élu entre 1996 et 2006.

Papineau est restée rouge pendant la forte domination des conservateurs de Mulroney au Québec (1984 et 1988), puis a résisté aux vagues bloquistes de 1993 et 2004.

La bloquiste Vivian Barbot l’a emporté en 2006, mais par seulement 990 voix. Elle est restée en poste un mandat de gouvernement minoritaire, avant de se faire battre par Justin Trudeau deux plus tard.

Disons qu’en terme de château-fort bloquiste, on a déjà vu plus résistant…
( Le mythe de Justin Trudeau dans Papineau )

Chaque élection a un contexte différent. Par exemple, jusqu’aux années ’90, le Bloc n’existait même pas…

Vous tentez de dénigrer un Québécois pure-laine seulement parce qu’il porte le nom de Trudeau. S’il s’appelait Justin Marois ou Justin Duceppe, vous vous tairiez.

D’ailleurs, l’acharnement démoniaque, presque pervers, démontré par les séparatistes contre Justin Trudeau est très révélateur de la terreur qu’il leur inspire et fait la joie des fédéralistes.

Trudeau, l’opiniâtre qui a terrassé le Bloc deux fois dans Papineau, au moment où ses adversaires séparatistes ont tout tenté pour le battre, débute maintenant dans la vraie vie publique et fera très certainement des erreurs mais si l’on regarde les politiciens « d’expérience » au pouvoir qui sévissent à Québec et qui n’en finissent plus de se ridiculiser tellement leur manque de leadership est flagrant, on ne peut que voir dans ce jeune et dynamique politicien un signe de la relève politique à ces vieux croûtons qui s’entêtent dans leur combat d’arrière-garde.

Trudeau dérange les séparatistes? Cool!!!

Un peu d’histoire

Justin Trudeau, fils de PET, ne pensait pas si bien dire. Les chicanes constitutionnelles sont des vieilles chicanes. Mais ce dont il ne semble pas être au courant, c’est que ça date de bien avant son paternel. Cela remonte en fait à l’Acte constitutionnel de 1791, une loi adoptée par le Parlement Britannique dont le principal objectif était de satisfaire les demandes des sujets loyalistes ayant quitté les États-Unis suite à la guerre d’Indépendance américaine de1775-1783. Cette loi fut le fruit d’un compromis visant à maintenir la loyauté des Canadiens français tout en accommodant les immigrants loyalistes. Elle eut pour effet de diviser le territoire de la Province de Québec en deux parties : le Haut et le Bas Canada, et de diviser par le fait même les deux peuples qui occupaient ces deux territoires. Le Haut-Canada se vit attribuer des institutions coloniales entièrement britanniques, alors que le système faisant cohabiter le droit civil français et le droit criminel anglais dans le Bas-Canada fut maintenu.
En fait il faut remonter un plus avant dans l’histoire et savoir que l’Acte de Québec, promulgué par le gouvernement britannique en 1774, avait pour but d’éviter que le mouvement d’agitation en cours dans les Treize colonies (futures USA) ne se répandît chez les descendants des Français de la Nouvelle-France occupée. L’Acte de Québec vint suppléer la proclamation Royale de 1763 dont un des buts avoué était d’assimiler les « Canadiens », comme on nous appelait à l’époque.
Justin doit-il s’étonner que par la suite, les « Canadiens » ont formé vers 1800 le Parti Canadien qui a fondé en1806 son journal Le Canadien dont la devise était »Notre religion, notre langue, nos lois » ? C’est de là que ça vient mon Justin, et comme l’a suggéré dans le Devoir de vendredi dernier l’anthropologue Claude Bariteau dans son article intitulé » Le Québec de la Cour Suprême : une entité insignifiante » , « … en 1836,le peuple du Bas-Canada se vit refuser par la Grande-Bretagne le pouvoir de voter ses lois et de contrôler le pouvoir exécutif. … le Québec s’est retrouvé dans un rapport de subordination, ce qu’a avalisé la Cour et ce que seul le peuple québécois peut changer en se dotant d’une entité signifiante indépendante du Canada ».
En d’autres termes mon cher Justin, pour mettre fin aux vieilles chicanes, de deux choses l’une : oubedon on se laisse assimiler, selon le vœu du roi George III dans la Proclamation Royale de 1763, oubedon on se sépare. Voyez-vous ça ? Sinon, la chicane va durer, durer, durer.

Conseil à Justin

JustinTrudeau a déclaré, avec toute sa candeur, qu’il n’a pas lu le livre de Frédéric Bastien: « La Bataille de Londres ». Mais lisez mon vieux, lisez. L’arène politique c’est comme l’arène tout court: pour parer les coups de l’adversaire il faut l’étudier un peu. Au moins un tout petit peu