Justin Trudeau et un résultat référendaire clair : quelle est vraiment sa position?

La Presse rapportait ce matin que lors de son passage à l’Université McGill, hier, Justin Trudeau a abordé la question d’un éventuel référendum sur la souveraineté et ce que serait, pour lui, un résultat clair en faveur du Oui. Il faudrait qu’«au moins» les deux tiers des Québécois appuient cette option. Ou ce pourrait être autre chose.

Voyez par vous-même ce qu’il a dit devant les étudiants : «Si on est pour changer la Constitution canadienne et l’état de notre pays de façon aussi profonde, on devrait au moins exiger le même seuil que celui qui est nécessaire pour changer la constitution du parti néo-démocrate, qui est des deux tiers».

À sa sortie, il s’est fait questionné sur le sujet et a précisé, écrit Louise Leduc, «qu’il est en fait d’accord avec la Cour suprême, qui exige une majorité claire. Pour le reste, ‘le niveau d’acceptation est une décision politique qui doit être prise en temps et lieu’. M. Trudeau a ajouté qu’il ne sait pas encore quel serait le taux acceptable. ‘Mais ce serait bien plus que 50 plus 1’, pour tenir compte du taux de participation, qui pourrait influencer la réelle volonté populaire.»

À la fin du point de presse, il est pourtant revenu à la charge avec son exemple du NPD et de cette règle des deux tiers.

Aujourd’hui, à Châteauguay, quelques journalistes sont revenus à la charge. Sa réponse:

«La Cour suprême a dit très clairement que le seuil sera fixé dans le contexte d’un prochain référendum. Hier j’ai parlé d’un aspect farfelu du NPD d’exiger deux tiers pour changer leur constitution, mais pas pour changer l’état du Canada. Je l’ai utilisé comme exemple. Pour moi, un seuil acceptable sera fixé lors de la venue d’un référendum éventuel.»

Mais avant ou après le dit référendum? lui a-t-on demandé.

«C’est une bonne question. C’est sûr que ce ne serait qu’après qu’on pourrait regarder, avec le taux de participation et les problèmes qu’on a eu en 1995 où il y a eu des votes qui n’ont pas été comptés. C’est sûr que ça va influencer la décision finale. Mais je sais qu’à un niveau politique, même si ce n’est pas explicite au niveau légal, d’entrer dans un référendum, il faudrait qu’on ait une idée très claire de ce que serait un seuil acceptable, même si la décision finale, comme la Cour suprême l’a dit, serait fixée par la suite pour entamer les négociations.»

Le moins que l’on puisse dire est que ce n’est pas très clair. Sauf sur un point. Justin Trudeau veut mettre la barre très haute. Mais il doit se décider, ou le seuil des deux tiers est un minimum nécessaire à ses yeux ou il ne l’est pas. Ce ne peut être les deux. Et il se méprend sur le renvoi de la Cour suprême, celle-ci ne parle nulle part de fixer un seuil après coup et s’en tient à un jugement qualitatif à poser par les autorités politiques dans le contexte particulier du référendum envisagé.

Fixer le seuil à l’avance – bien que rien ne dicte sur le plan légal d’ignorer la règle de la majorité simple – serait la moindre des choses, tout comme d’énoncer les critères qualitatifs qui permettraient de l’ignorer.

M. Trudeau peut bien critiquer le NPD et son projet de loi sur les règles référendaires, ce dernier a au moins le mérite d’être clair et précis à ce sujet. Comme je l’expliquais dans une chronique récente publiée dans le Devoir (malheureusement verrouillée), le projet de loi du NPD expose en détail le cadre pour juger de la question et du résultat pouvant mener à la tenue de négociations. Voici un extrait de cette chronique :

«Leur projet C-470 prévoit que, dans les 30 jours suivant le dépôt officiel du texte de la question référendaire, le gouvernement du Canada ‘détermine si, à son avis, [elle] énonce clairement la modification constitutionnelle envisagée’. S’il y a entente entre les deux gouvernements ou si la question respecte deux modèles suggérés, il ne peut y avoir chipotage. Elle sera réputée claire. (Les deux questions suggérées se lisent comme suit : ‘Le Québec devrait-il devenir un pays souverain ?’ et ‘Le Québec devrait-il se séparer du Canada et devenir un pays souverain ?’.)

Si, par contre, Ottawa ne juge pas la question suffisamment claire, il devra en aviser le gouvernement du Québec et en saisir la Cour d’appel du Québec, qui devra se prononcer dans les 60 jours.

Le gouvernement sera tenu de négocier si trois conditions sont remplies : une question claire, un processus référendaire entaché d’ ‘aucune irrégularité déterminante’ (exercice du droit de vote, dépouillement du scrutin, transmission des résultats, respect des limites des dépenses) et une ‘majorité des voix validement exprimées […] en faveur de la modification proposée’. En d’autres mots, 50 % plus 1 suffira.»

Réduire ce projet de loi à la règle du 50 % plus un est donc réducteur. M. Trudeau aurait intérêt à offrir des arguments plus étoffés s’il veut aborder cette question très sérieuse et contrecarrer ses adversaires. Il devrait entre autres nous dire quelles seraient les balises qu’il poserait à l’avance pour juger de la clarté de la question et du résultat.

Mettre la barre aussi haute qu’il semble le souhaiter va à l’encontre des règles démocratiques élémentaires. En démocratie, la règle de la majorité doit primer. L’ampleur de cette majorité a des implications politiques pour les différents acteurs. Elle peut influer leur capacité ou non de mener à bien leur projet. Mais le seuil ne peut être fixé de façon arbitraire, en cours de route. La clarté, c’est aussi cela.

Et jamais n’a-t-on exigé un appui des deux tiers dans un référendum ou plébiscite au Canada, de celui sur la conscription à celui sur l’entrée de Terre-Neuve dans la confédération en passant par ceux sur la souveraineté du Québec et l’Accord constitutionnel de Charlottetown (dans ce dernier cas, par contre, il fallait que chaque province obtienne 50 % plus 1 des voix).

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M. Trudeau est trop généreux. 66 % en faveur.

Personnellement, je dis 75 % de tous les électeurs inscrits sur la liste électoral. Ça c’est du sérieux.

J’habite une copropriété, et pour changer le statut de la copropriété on exige que 90 % des copropriétaires se soit prononcé en faveur. Ne venez pas me dire que le sort d’une copropriété est plus important que la naissance ou la destruction partielle d’un pays.

Pour ce qui est de Terre-neuve, Londres voulait s’en débarrasser, un puits sans fonds qu’il fallait constamment alimenter. On a donc mis la barre basse, et en plus, on a triché pour finalement arriver au résultat désiré par Londres. De plus, après les quelques recomptages, on s’est empressé de détruire les bulletins de votes. Pas de cadavre pas de crime, c’est bien connu.

Je crains comme la peste la guerre civile qui s’ensuivrait si le score n’était pas respectable par nos ennemis. 75 % me paraît raisonnable.

Je connais nos ennemis. J’ai travaillé avec eu pendant plus de 30 ans. Ils ne nous aiment pas, et c’est un euphémisme. Je m’en méfie.

Intéressante discussion – donc le vote de 50,58% en faveur du Canada de 1995 ne suffisait pas selon JT? Pourquoi le démocrate Trudeau pense que 50%+1 est bon pour garder le Québec dans la fédération canadienne mais pas pour l’en sortir? Est-ce que si ce Trudeau est élu chef du PLC et qu’il devient PM, on va avoir le même genre de déficit démocratique que nous subissons maintenant avec le gouvernement Harper? Pas rassurant du tout… On devrait aller voir ailleurs pour remplacer les néo-conservateurs de Harper.

Pourquoi nous rebattez-vous les oreilles avec du réchauffé? Les Québécois ont voté deux fois en faveur du Canada, ils ne voteront jamais pour l’indépendance, that ship sailed 20 years ago, end of story, move on!

Si vous voulez le coincer, demandez-lui donc quelle est sa position sur l’adoption d’une loi pour protéger le parc de la Gatineau …

M. Trudeau peut bien penser ce qu’il veut. sur le résultat d’un prochain référendum pour séparer le Québec du Canada, ça n’y changera rien. Un référendum n’est qu’une consultation pour commencer une négociation de changements constitutionnels qui peuvent aller plus ou moins loin, selon le taux de participation et le pourcentage de OUI obtenu.

Faudrait, pour commencer avoir plus que 50 % de séparatistes au Québec, ce qui est loin du compte. Il n’y en a que 12,5 %, les autres 27,5 % sont des souverainistes qui veulent rester dans le Canada avec un Québec souverain plus les 60 % de solides fédéralistes québécois…canadiens.

@Pierre – Donc pour vous le résultat de 1995 est clair : jamais les Québécois ne devraient se pencher de nouveau sur le retrait du Québec de la fédération canadienne ? Car si c’est clair à quelque 50,00002 % (50 % plus un vote) ce doit être clair comme de l’eau de roche à 50,58 %, non ?

Quoi que ce soit, je ne me souviens pas qu’on ait posé une question au Québécois, à savoir, voulez-vous que le Québec un état de la fédération canadienne.

Je suis parfaitement d’accord avec M. Trudeau qui se pose la question : pourquoi faut-il le deux-tiers des délégués (pas des membres) pour amender un document aussi peu démocratique que la constitution du NPD, mais qu’on pourrait en revanche amender les droits de millions de citoyens avec un vote de quelque 50,00002%

Selon moi le seuil doit être établi au-delà du taux habituel de rejet des bulletins de vote. Il y a toujours un taux de rejet de bulletins de vote aux élections, et aux référendum. On devrait excéder ce taux moyen afin d’éviter les contestations judiciaires et afin d’obtenir rapidement une reconnaissance internationale. Aucun pays ne reconaitrait un vote dont la marge ne dépasse pas celle du taux de rejet que l’on observe généralement aux élections.

Le problème selon moi n’est pas le pourcentage. Le problème, c’est que le PQ ne pourra jamais gagner un référendum avec une question claire. Au mieux, il obtiendrait 50.0001% avec une question alambiquée. Une telle situation serait problématique, c’est certain.

Mais bon, je préfère voter pour un parti qui a d’autres priorités que ça.

une question pertinente: le Québec se sentira-t-il réellement un pays avec 51% de OUI lors d’un éventuel référendum? alors que 49% ne se reconnaissent pas dans ce choix?
à mon humble avis, c’est plutôt le gouvernement provincial qui devrait hausser le taux à au moins 58% pour avoir réellement une crédibilité référendaire.
si un OUI l’emporte à 51%, je suis certain que nous frolerons une guerre civile, au du moins, des troubles qui plongeront la province dans un tourbillon d’incertitudes chronique. c’est sérieusement à méditer par les séparatistes purs et durs parce qu’ils auront la moitie de la population sur leur dos avec les troubles qui s’ensuivront.

Une autre «idiotie» d’un francophone qui veut être plus anglo que le ROC, comme tout les dirigeants du PLQ!
Qui en passant sont passés à la moulinette avec Gomery et qui pour reprendre le pouvoir «payant-payant» deviennent plus à droite que le PCC…

Si 50%+1 du ROC votent pour le rejet du Québec par le Canada ce sera sans doute plus que suffisant, amis pas le contraire…. Le PLQ m’amuse…

Très drôle tout de même que des Québécois se sentent si concernés au sujet de ce que pense Trudeau ou Mulcair sur ce pourcentage.

Suite à un référendum de 50 plus n’importe, devant un gouvernement voulant négocier la sécession du Québec de la fédération canadienne, le premier geste posé par Ottawa serait de s’assurer que ce n’est pas un député du Québec qui est en charge des négociations ! On l’a vu en 1993, et c’est tout à fait dans les coutumes du parlementarisme : le parlement retirerait sa confiance au député/premier ministre, sans retirer sa confiance au gouvernement.

Si M. Mulcair ou Trudeau était premier ministre, au lendemain d’un tel déclenchement la première chose qui arriverait c’est qu’il ne serait plus premier ministre. Les députés Québécois seraient exclus de l’exécutif par le nouveau premier ministre qui choisirait son cabinet.

Qu’importe ce que pensent Mulcair ou Trudeau, ce sera ce que pensent la majorité des députés aux communes, et Redford, Ghiz, Wall, Selinger, etc. qui comptera.

Oups – je voulais dire qu’on l’a vu en 1995, alors que Manning s’est entretenu avec des ministres du Cabinet de Chrétien afin de formuler un vote pour retirer la confiance de la chambre au député de Saint-Maurice.

Le Québec deviendra indépendant le jour ou une majorité votera pour l’indépendance. pas le jour ou Trudeau ou n’importe quel autre politicailleur décidera si la majorité est faible, pas assez forte , la question bonne ou pas bonne. Quand un petit groupe a voulu implanter ses idées par la force le fédéral a imposé les mesures de guerre. Les droits des citoyens n’ont pas été mis de coté aux deux tiers a 75% ils ont été annulés point a la ligne. la démocratie a pris le champs. Les Québécois indépendantistes ont toujours respecté la démocratie quand ils ont perdus le référendum et ils s’attendent a ce que le reste du Canada la respecte quand viendra leur victoire si jamais elle vient. De toute façon ce sera aux générations du futur de décider, quoi que l’on pense et on en dise présentement . Présentement le Québec est reconnu comme nation a l’intérieur d’un Canada uni, dans le futur le Québec pourrait être reconnu comme nation a l’intérieur d’un canada désunis . Le gens qui veulent emporter avec eux dans leur tombe l’union Canadienne comme elle est présentement vivent dans l’illusion.

En 1980, le PQ réclamait la permission de négocier une nouvelle constitution et 60 % des Québécois ont eu peur… 🙂

Alors, pour ce qui est de claquer la porte…

« Très drôle tout de même que des Québécois se sentent si concernés au sujet de ce que pense Trudeau ou Mulcair sur ce pourcentage. »

Effectivement, mais c’est pas surprenant vu l’idéologie de la blogueuse. Josée Legault voit pretty boy dans sa soupe aussi… Tout ce beau monde va voter Bloc ou Bloc light (NPD).

Si c’est 50 % plus 1, les fédéralistes vont LE chercher et LE trouver pour LE faire changer d’idée « le virer de séparatiste à fédéraliste » puis, le faire avouer à la télé, ce qui devrait faire gagner le fédéralisme canadien.

Les séparatistes québécois risquent de mourir frustrés…minimum. Est-ce que ce serait alors, pauvre Canada ou pauvre Québec à l’intérieur ou pas du Canada avec pétrole ou pas ?

Eric, Je n’arrive pas à comprendre qu’on peut être aveuglé par l’idéologie au point de ne pas réaliser que seul le premier ministre du Québec peut répondre à cette question du pourcentage.

C’est le premier ministre du Québec qui serait responsable de la tenue d’un référendum, et responsable d’engager des discussions suite à un résultat de 50 % plus un vote (les probabilités d’un tel résultat sont quasiment nulles…)

Mais supposons un résultat de 50 % plus 1 vote, et que le premier ministre québécois ne veut pas entamer une discussion avec Ottawa, est-ce que Mulcair nous indique qu’il forcerait le Québec à négocier son indépendance malgré les désirs de l’Assemblée nationale ? ! ?!!!

Revenons sur la planète terre sur laquelle aucun journaliste québécois ne semble habiter. Il y a une chose claire comme de l’eau de roche : ce ne sera ni Mulcair ni Trudeau qui négociera au nom d’Ottawa. Leur opinion sur le sujet n’a donc aucune importance. Si les journalistes du Québec sont trop perdus pour le comprendre, il est dommage que les politiciens québécois de partis fédéraux ne le comprennent pas non plus.

A-t-on demandé à Harper s’il s’engagerait à négocier sur la base de 50 % plus un vote ?

Ces questions des journalistes envers, et entre Mulcair, Garneau, Trudeau ressemblent plus à une inquisition religieuse qu’à une discussion politique entre adultes.

Pour une rare fois, nous sommes d’accord.

Ah le 50% + 1, s’était le bon temps de passage des cours de mon secondaire, j’ai évité un cours de rattrapage d’été grâce au 50% + 1, sauvé de justesse, comme l’entrée de Terre-Neuve dans la confédération 50% + 1 ou l’accord constitutionnel de Charlottown 50% + 1. Mais les chose change avec le temps, depuis quelque année, le passage des cours au secondaire, il faut 60% +1, a bon, il faut 60% + 1 pour valider le sérieux, la maîtrise, les connaissances, la volonté de réussir. Alors que vos le 50% +1 dans le contexte aujourd’hui, c’est encore valide pour la maîtrise d’une entreprise, en possédant 50% + 1 des parts de l’entreprise, ok ce n’est pas tout à fait collectif, un petit groupe au tour d’une table de haut dirigeant qui contrôle l’entreprise, voulons-nous que seul un petit groupe contrôle de la province ou plutôt une majorité sérieuse, maître de ses actes, en toute connaissance et avec de solide volonté de réussir, bizarre ça ressemble à la philosophie du secondaire et au pourcentage de passage 60% + 1, dans la réalité d’aujourd’hui, il serait probablement plus juste d’envisager le 60% +1?

Et se n’est pas tout, pour les cours professionnel des métiers, il faut 80% +1 pour obtenir un diplôme d’un métier. Faudrait-il quelque chose entre le 80% et le 60%, possiblement, un 70% ou le 2 tiers – 1 tiers = 66% qui serait aussi valable, mais le 50% + 1 n’est plus dans le contexte d’aujourd’hui.

Que fera J.Trudeau si le ROC vote à 66% la sortie du Québec du Canada.
Selon la haine des canadians envers le Québec que nous constatons dans les médias, il devient de plus en plus plausible qu’un référendum canadian vote OUI à 66% pour « crisser » le Québec dehors…

Avec la mauvaise foi bien évidente du Canada, peu importent la question et le résultat obtenu, jamais l’indépendance du Québec pourra se réaliser. Seule une déclaration unilatérale d’indépendance, supportée par ses citoyens, pourrait faire du Québec un pays indépendant. Et l’ONU ne pourra que reconnaître le Québec comme pays démocratique car le Canada a fait depuis longtemps la preuve de sa mauvaise foi et de son action non-démocratique envers le Québec.

Par ajouter à mon point 14, J-F Lisée dissèque aussi la déclaration de Trudeau aujourd’hui. (Sous le titre « Monsieur 66% »)

Il faut être pratique un peu. La Cour suprême a déclaré une majorité claire. Pourquoi le 50% + 1 ne fonctionne pas dans le cas d’un référendum? Imaginons ce scénario catastrophe. Le oui l’emporte à 50% + 1, le Québec va se retrouver dans une belle guérilla juridique pour valider ou invalider des bulletins de vote, une guérilla qui se rendre à la Cour suprême, un tribunal qui ne sera pas reconnu par une partie de la population. Très beau gâchis en perspective. Il n’y a vraiment que les imbéciles qui s’accrochent à cette règle du 50%+1 et ils ne doivent pas aimer beaucoup le Québec pour souhaiter le plonger dans un tel gouffre.

Trudeau se pête une bubulle et essaie d’emmener les gens avec lui… 50%+1…

Avec toutes les « manigances » connues qui vont à contre courant dans le développement du Québec tant dans l’éducation, l’encouragement au développement familliale, et le maintien(voir une hausse) d’une population « pure laine »…

C’est normal que demander plus de 60% est critique si on ne veut pas que ça se produise!

À vue de nez, c’est à peut près tout ce qui reste 50% de « vrai » québécois qui connaissent l’histoire du Québec et qui l’ont assez à coeur pour vouloir la souveraineté…

Dans un référendum où chaque vote doit avoir la même valeur, le seul résultat valide est 50%+1. Lorsqu’un groupe (somme d’individus) prend une décision, il doit suivre la majorité votante, point à la ligne.

Pour les émotifs, les électeurs ayant votés non à un référendum sur l’indépendance du Québec pourraient être tout simplement considérés comme des « ressortissants canadiens » vivant au Québec avec droit d’acquérir automatiquement la citoyenneté québécoise, s’ils en font la demande au gouvernement du Québec.

Bonjour chez-vous!

p.s.: Pour s’assurer que le Québec demeure dans le Canada, on pourrait aussi fixer le seuil à 101%, en hommage à la loi 101, étant donné que, de toute façon, cette loi fondamentale ne sera jamais respectée, tant et aussi longtemps que le Québec sera une « province » du Canada.

Il va falloir exclure Terre-Neuve du Canada puisqu’elle est rentrée avec un modeste 52%. Après un deuxième référendum. Et après avoir triché!

Pauvre Canada

Faudrait qu’un parrti séparatiste pose la question à l’envers, comme suit :

Est-ce que vous voulez que le Québec reste dans le Canada ? OUI ou NON

S’il y a moins de 60%, selon le même principe de majorité solide, qui disent OUI, il sépare le Québec du Canada….next.

Un autre problème de réglé

Manon Cornellier cite le NPD:

« majorité des voix validement exprimées »

C’est cette validité qui serait contestée avec un résultat 50 + 1 – Imaginez-vous que l’on apprenne en plein milieu des négociations entre le Canada et le Québec que dans un poll dans une circonscription largement favorable au 53 % des bulletins soient rejetés. En fait, pas difficile à imaginer, puisque celà c’est produit. Avec quelque 50,000 votes entre le OUI et le NON en 1995, c’est une chose. Mais quand un vote tranche ce serait autre chose.

Puisque M. Trudeau n’a pas annoncé que sous son leadership il changerait la loi il revient à M. Mulcair qui veut changer la loi ce que veut dire ‘voix validement exprimées’. Il me semble que s’il y a quelqu’un qui peut s’imaginer un poll ou 53% des bulletins sont rejetés c’est bien lui.

@Jack 2 – à Terre-Neuve : 149,000 personnes ont voté (85% de l’électorat) et il y eut 7,000 votes de différence entre les deux choix offerts (gouvernement responsable ou fédération avec le Canada).

52,3 % des votes à TN, c’est pas 50 +1 vote il me semble que c’est 50 % plus 7,000 votes.

Le premier référendum terre-neuvien offrait trois choix – aucun n’obtint une majorité. Le deuxième référendum a offert les deux choix qui avaient obtenu le plus de votes lors du premier référendum (et la confédération avec le Canada était arrivé au 2e rang lors du premier scrutin).

Imaginez, 65 ans plus tard on trouve encore des gens qui questionnent la légitimité de TN dans la fédération avec 50 % plus 7,000 votes, qu’est-ce que ce serait avec 50 % plus 1 vote à un troisième référendum quand il y eut des tricheries dans les deux premiers ! Des tricheries il y en a partout où il y a des êtres humains – à Terre-Neuve, comme au Québec. Il y a entre 1 et 2 % de bulletins rejetés à chaque élection et à chaque référendum au Québec, pas tous pour des raisons valables.

Puisque vous le mentionnez, le 2,3% de TN offre une excellente solution, c’est au-delà de la moyenne de bulletins rejetés que l’on retrouve à chaque scrutin au Québec, et c’est un précédent accepté par le Canada.

Que voulez vous comme disait Jean Chretien ,avec de l argent on peut tout faire, j espere que Justin depensera toute sa fortune et laisser le quebec prendre son elant. Ce sera aussi une perte pour le Canada avoir un Trudeau encore.

Mini-Trudeau, tel que cité par Mme Cornellier :

«Le niveau d’acceptation est une décision politique qui doit être prise en temps et lieu.»

En temps et lieu, tu parles. C’est la position traditionnelle du PLC depuis la polarisation, polarisation à laquelle les exaltés des deux camps ont procédé en toute impunité après le référendum de 1995, tout en martelant exactement le même mensonge de part et d’autre : «Il n’y a pas polarisation.»

Le seuil « acceptable » sera donc plus haut ou plus bas selon les intentions de vote dont les séparatistes seront crédités dans les sondages. Si les séparatistes – je ne vois pas comment, mais admettons – sont crédités de 51 pour cent des intentions de vote, alors le seuil sera fixé à 58 ou 60 pour cent. Si les sondages leur donnent 60 pour cent (!!), alors le seuil « acceptable » sera de 75 pour cent. Si les intentions de vote avoisinent le bon vieux 40 pour cent, alors les petits soldats fédéralistes (mon camp, quelle pitié) feront semblant d’être généreux et diront qu’au fond, 51 pour cent leur va, après tout.

J’ai beau être, à ma façon un peu particulière inspirée du glorieux Parti d’Action, tout à fait pour l’unité de notre fédération (et pas « nation » comme on dit souvent par erreur) et tout à fait contre la séparation de notre patrie (et pas « nation » comme on dit souvent par erreur), je me rends bien compte qu’il s’agit d’un attrape-nigaud, d’un leurre tactique et stratégique. Les autres aspects de la loi, telle la formulation claire de la question référendaire, oui bien sûr. Mais il reste foncièrement inadéquat d’appeler « sur la clarté » une loi qui abolit le seuil traditionnel de 51 pour cent SANS LE REMPLACER IMMÉDIATEMENT PAR UN AUTRE SEUIL.

50 pour cent + 1, c’est clair. 55 pour cent, c’est clair. 60 pour cent, c’est clair. 66 pour cent, c’est clair. 52.5 pour cent, c’est clair. Même 99 pour cent, c’est clair ! Toutes ces mesures ont ÉGALEMENT le mérite de la clarté, car il s’agit toujours de seuils précis, identifiés. La ligne passe quelque part. Mais remplacer 51 pour cent PAR LE VIDE SIDÉRAL, c’est le contraire de la clarté: bouteille au noir, galimatias et compagnie. Je pense que l’idée d’abolir le seuil traditionnel de 51 pour cent pour NE PAS le remplacer immédiatement par un autre doit être une idée de Stéphane Dion, ou tel autre stratège PLC de même farine : donc quelque chose qui doit être compris comme une stratégie destinée à semer chez l’électeur la peur du processus lui-même, en phase avec la stratégie grand-serbe du partitionnisme (ou séparatisme fédéraliste).

Depuis la polarisation qui s’est produite après le référendum de 1995, seul un imbécile peut faire confiance à l’un ou l’autre des deux camps en présence. Les exaltés, les militants apoplectiques, totalement aveuglés par la partisanerie et le débagoulage patriotard, ont eu la haute main de part et d’autre. Danger, si un autre processus référendaire devait s’enclencher.

Dans un de ses rares moments de lucidité – décidément, je suis de bonne humeur aujourd’hui – dans un de ses rares moments de lucidité, dis-je, mon ennemi séparatiste Bernard Landry avait suggéré l’arbitrage d’une puissance étrangère. Bien sûr, dans sa tête à lui c’était pour éviter les manips et tricheries des seuls fédéralisses ; tandis que dans la mienne, c’est pour éviter les manips et tricheries des fédéralisses ET des séparatisses, dans lesquels je n’ai plus la moindre confiance depuis la polarisation.

Encore faut-il que ladite puissance étrangère n’ait ni l’anglais, ni le français comme lingua franca sur son territoire, afin d’éviter les biais culturels. Alors le Danemark, l’Italie, la Bulgarie ou les trois, ou telle entité émanant de l’ONU, enfin quelque chose comme ça, pour surveiller et encadrer le processus et éviter dérapages, dérives et autres bruits de bottes.