Kathleen Wynne, première ministre de l’Ontario: un choix doublement historique

Depuis samedi, Kathleen Wynne est chef du Parti libéral de l’Ontario et première ministre désignée de cette province. Elle est la première femme à occuper ce poste (ce qui fait que la moitié des provinces, dont les plus populeuses, sont maintenant dirigées par des femmes). Mais son élection représente un autre jalon important. Pour la première fois de l’histoire canadienne, une personne ouvertement gaie devient première ministre. Bravo!

On entend déjà des gens reprocher à la presse de faire état de l’orientation sexuelle de Mme Wynne alors que ce fut une question soulevée en sourdine par bien des libéraux préoccupés par la prochaine élection. La nouvelle première ministre elle-même a abordé la question de front lors de son dernier discours avant le vote, samedi matin.

«Parlant de la prochaine élection, mettons une chose au clair. L’Ontario est-elle prête pour un premier ministre gai? Vous avez entendu la question, mais ce qu’elle signifie vraiment est: est-ce qu’une femme homosexuelle peut gagner?» a déclaré Mme Wynne.

Elle a poursuivi en notant qu’on se posait la même question lorsqu’elle s’est présentée pour la première fois comme députée et qu’il n’y a pas si longtemps, à peu près tous les candidats à cette dernière course à la direction du PLO auraient été jugés inadéquats. À cause de leur religion, de leur origine ethnique, de leur sexe et ainsi de suite.

«Mais, a-t-elle martelé, cette province a changé. Notre parti a changé. Je ne crois que les gens de l’Ontario jugent leurs leaders sur la base de leur race, de leur couleur ou de leur orientation sexuelle. […] Ils nous jugent à notre mérite, en fonction de nos capacités, de notre expertise, de nos idées. Parce que c’est ainsi que nous méritons tous d’être jugés, que nous voulons tous que nos enfants, petits-enfants, nièces et neveux soient jugés. Par conséquent, lorsque viendra le temps de nous lancer en élections, je le ferai sur la base de nos mérites, de nos succès, en présentant notre bilan aux électeurs de l’Ontario.»

Sans souligner sans arrêt l’orientation sexuelle de Kathleen Wynne, ce serait une erreur de ne pas souligner cette avancée historique. Bien des femmes ont trouvé inspiration dans les succès d’autres femmes. Imaginez le modèle fantastique que Mme Wynne offre aux jeunes gais qui s’acceptent difficilement ou qui hésitent, par peur de l’intimidation, de s’afficher publiquement. Son élection est une grande victoire contre les préjugés, un progrès pouvant servir à faire tomber une bonne partie de ceux qui restent. Célébrons-là.

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On verra lors de la prochaine élection, qui ne saurait tarder. Les délégués qui ont choisit Madame Wynne ont vu en elle un ‘vraie’ libérale, c’est certain.

Une candidate comme Joyce Murray, qui a vraiment le profil traditionel des chefs du PLC, aurait de meilleures chances auprès de délégués. (A date, Joyce serait mon choix.) Se peut-il que plus on ouvre le concours, aux membres et, au PLC, aux sympathisants inscrits, plus on pensera à l’électoralisme du candidat ? Les délégués sont aussi ceux qui débattent dans les comtés et en congrès des politiques du parti, et en conséquence ceux qui sont plus concernés d’avoir un chef qui présente les politiques du parti avec enthousiasme au grand public.

Bravo a mes voisins ontariens d’avoir fait fi de l’orientation sexuelle de cette Dame, pour se concentrer sur sa personne. Il est plus que temps d’entrer pleinement dans le 21ieme siècle. Bravo!

Kathleen Wynne, aura t’elle plus de chance que M.Boisclair ?
Il va falloir attendre les prochaine élection Ontarienne. Si elle perd on criera a la bigoterie des Ontariens, si elle gagne on la félicitera de ses avancés politique et du programme électoral que les Ontariens auront accepté. Je parie qu’elle subira le même sort que M.Boisclair. Ne vous réjouissez pas trop vite Madame Cornellier !

« un choix doublement historique »

En route vers une dégelée qui sera probablement historique aussi!

On peut croire que la question est définitivement réglée. Souhaitons le. Nous verrons lors de la prochaine campagne électorale.

Le parallèle avec M. Boisclair est boiteux. M. Boisclair avait plusieurs casseroles derrière lui. L’homosexualité n’en était qu’une et je ne crois pas qu’elle ait été le facteur déterminant.

Les adversaires politiques de Mme Wynne s’acharneront peut-être sur ce clou, mais ce serait faire fausse route et finirait par jouer en sa faveur.

Le parti Libéral est au pouvoir depuis un certain temps et ce facteur sera d’avantage déterminant. L’économie va mal et on blâmera le gouvernement en place. C’est la tradition qui veut ça.

Tout n’est pas joué. Tout dépendra de l’habileté du parti Libéral à naviguer dans les eaux troubles de l’économie dévastée.

Je suis très heureuse pour elle et pour tous les canadiens, nous dénotons ainsi notre ouverture d’esprit. Je crois que cela est une avancée vers une liberté de pensée, sans préjugé. Bravo à nous toutes et tous.

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