Keystone XL à l’arrêt : l’action se transporte au Canada

Le projet d’oléoduc Keystone XL ne pourra aller de l’avant sous sa forme actuelle, a décidé Washington. TransCanada pourra toujours revenir à la charge avec un nouveau tracé et espérer une décision favorable, mais pour l’instant, son projet d’acheminer du pétrole des sables bitumineux vers les raffineries du Texas se retrouve sur la glace. Déçu, le premier ministre a fait savoir au président Obama, qui a eu la courtoisie de l’avertir, que «le Canada continuera à s’efforcer de diversifier ses exportations énergétiques», a indiqué son bureau. Le ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver, lui a fait écho. «La décision prise aujourd’hui par l’administration Obama souligne l’importance de diversifier et d’étendre nos marchés, y compris vers le marché asiatique en pleine expansion, pour aider à assurer la sécurité financière des Canadiens et de leurs familles pendant les décennies à venir», a-t-il dit aux journalistes.

Il n’y a pas de doute, la décision américaine ramène les projecteurs sur le projet Northern Gateway, de la compagnie Enbridge, qui doit acheminer le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers le port de Kitimat, sur la côte de la Colombie-Britannique. Le gouvernement Harper veut qu’il se réalise et ne le cache pas. Il est allé jusqu’à critiquer la lourdeur de l’évaluation environnementale que pilote actuellement l’Office national de l’énergie et a tenté de discréditer les milliers de témoins en attaquant de plein front certains groupes écologistes qui s’opposent au projet.

Le gouvernement a toujours dit qu’il respecterait le processus, mais dans une entrevue accordée à la CBC avant l’annonce de la décision de Washington, le premier ministre Harper a tenu des propos qui ont suscité une certaine perplexité cette semaine. À Peter Mainsbridge qui lui demandait si son gouvernement allait accepter une décision négative du panel, il a répondu :

Évidemment, nous examinerons toujours la recommandation. Nous prenons les recommandations des examens environnementaux très au sérieux. Et ce gouvernement a changé ou même arrêté des projets lorsque les examens n’étaient pas favorables, ou encore indiqué que des changements devaient être apportés. Nous examinerons donc de près les conclusions.

Selon certains experts interrogés par Postmedia News, le premier ministre fait erreur s’il croit qu’une décision négative n’est qu’une recommandation au cabinet. Ce dernier peut renverser une décision positive du panel, mais si au contraire le panel rejète le projet, c’est la fin du processus. C’est sans appel. À moins de changer la loi ou d’en présenter une nouvelle. Comme aucune décision n’est attendue avant 2013, cela laisse amplement le temps au gouvernement d’envisager pareil scénario. Il reste à savoir maintenant si telles sont ses intentions. À suivre.

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