La bataille de l’image : Tim Hortons, l’incontournable symbole canadien

Visites dans des Tim Hortons, présence à des épluchettes de blé d’Inde… Les derniers jours ont été occupés pour les chefs de partis. Voici quelques photos qui ont retenu notre attention.

PolitiqueUne campagne électorale est à la fois une bataille de contenus et d’images. Voici quelques photos qui ont retenu notre attention dans les derniers jours. Certaines sont belles… tandis que d’autres sont drôles ou révélatrices.

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Du café et des beignes. La chaîne Tim Hortons a beau avoir été avalée par le géant américain Burger King, elle demeure un symbole canadien incontournable pour les chefs fédéraux en campagne électorale.

Stephen Harper le 31 août dans un Tim Hortons en Ontario. Photo : Adrian Wyld/La Presse Canadienne
Stephen Harper, le 31 août dernier, dans un Tim Hortons situé en Ontario. – Photo : Adrian Wyld/La Presse Canadienne

Le lundi 31 août, Stephen Harper a fait un arrêt pour servir quelques boissons chaudes à des «clients» triés sur le volet dans un Tim Hortons de Gananoque, en Ontario. En septembre 2009, Stephen Harper avait préféré se rendre à trois heures de route plus au sud, à Oakville, au siège social de Tim Hortons, afin d’y vanter sa politique économique… plutôt que se rendre à l’assemblée générale de l’ONU, où étaient attendus les chefs d’État du monde.

Justin Trudeau dans un Tim Hortons de Gatineau. Photo : Paul Chiasson/La Presse Canadienne
Justin Trudeau dans un Tim Hortons de Gatineau. – Photo : Paul Chiasson/La Presse Canadienne

Le chef libéral n’allait pas se laisser distancer aussi facilement. Le lendemain, soit le 1er septembre, Justin Trudeau a répliqué et s’est rendu dans un Tim Hortons de Gatineau pour y servir des clients.

Et le chef néo-démocrate ? Questionné par les journalistes, l’attaché de presse de Thomas Mulcair a soutenu que la caravane orange s’arrête régulièrement dans les Tim Hortons du pays pour se ravitailler. «Mais on ne fait pas de séances de photos chaque fois», a expliqué George Smith.

Au même moment, le chef du NPD se trouvait à l’autre bout du pays, en Colombie-Britannique, occupé à déguster un autre type de boisson, puisqu’il faisait un arrêt dans la très vinicole (et délicieuse) vallée de l’Okanagan.

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, à Summerhill Winery, à Kelowna, en Colombie-Britannique, le 1er septembre. Photo : Jonathan Hayward/La Presse Canadienne
Le chef du NPD, Thomas Mulcair, à Summerhill Winery, à Kelowna (Colombie-Britannique), le 1er septembre dernier. – Photo : Jonathan Hayward/La Presse Canadienne

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Autre incontournable en campagne électorale : les bébés.

Selon la publication américaine Mother Jones, le premier document qui met en scène un politicien embrassant un bébé remonte à 1833, lorsque le président Andrew Jackson a pris un nouveau-né dans ses bras à l’occasion d’une séance photo.

Mais nous ne sommes plus en 1833, alors Stephen Harper a acheté une publicité sur Instagram. Il est le premier politicien fédéral à acheter une pub sur ce populaire site de partage de photos. On le voit en compagnie de sa femme, Laureen (à gauche sur la photo ci-dessous), tenant les enfants d’un couple de sympathisants conservateurs.

Publicité de Stephen Harper sur Instagram.
Publicité de Stephen Harper sur Instagram.

C’est un enfant un peu moins jeune que Thomas Mulcair a salué d’un high five bien senti lors d’un arrêt dans un café de Stratford, en Ontario, le 26 août.

Thomas Mulcair en Ontario, le 26 août dernier. Photo: Frank Gunn/Canadian Press
Thomas Mulcair en Ontario, le 26 août dernier. – Photo : Frank Gunn/La Presse Canadienne

Intéresser des enfants plus vieux à une annonce politique n’est toutefois pas évident, particulièrement lorsqu’on leur demande de poser pour le chef conservateur à l’extérieur, en Colombie-Britannique. Les jeunes scouts semblent davantage vouloir retourner à leurs activités dans les bois.

Stephen Harper avec des scouts à Campbell River, en Colombie-Britannique, le 21 août. Photo: Sean Kilpatrick/Canadian Press
Stephen Harper en compagnie de scouts à Campbell River, en Colombie-Britannique, le 21 août. – Photo : Sean Kilpatrick/La Presse Canadienne

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Le chef libéral, Justin Trudeau, semblait se demander ce qu’il faisait au milieu de la foule lors d’un festival de la communauté tamoule, organisé à Toronto, le 29 août dernier.

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Photo : Darren Calabrese/Canadian Press

Il a toutefois retrouvé le sourire quelques minutes plus tard en s’installant devant les plaques de cuisson pour préparer un kotthu roti, un plat sri-lankais.

Photo: Darren Calabrese
Photo : Darren Calabrese/La Presse Canadienne

Stephen Harper n’était qu’à quelques kilomètres de Trudeau, à Scarborough, en banlieue de Toronto, où il visitait le temple sikh Gursikh Sabha en compagnie de son ministre sortant de la Défense, Jason Kenney.

Stephen Harper et Jason Kenney dans un temple sikh de Scarborough, le 26 août. Photo: Sean Kilpatrick/Presse canadienne
Stephen Harper et Jason Kenney dans un temple sikh de Scarborough, le 26 août. – Photo : Sean Kilpatrick/La Presse canadienne

Jason Kenney a beau changer de ministère depuis 2006, il conserve toujours le titre de ministre responsable du multiculturalisme. Il est l’architecte de la percée conservatrice dans les banlieues multiethniques de Toronto en 2011, ce qui a aidé Stephen Harper à remporter sa majorité aux Communes.

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Au Québec, pendant ce temps, l’heure était plutôt aux épluchettes de blé d’Inde. Thomas Mulcair a rassemblé des centaines de militants dans la circonscription de Saint-Jérôme (le comté de Pierre Karl Péladeau à l’Assemblée nationale) pour une célébration de l’été.

Thomas Mulcair à Saint-Jérôme le 22 août. Photo: Graham Hughes/Presse canadienne
Thomas Mulcair à Saint-Jérôme, le 22 août. – Photo : Graham Hughes/Presse canadienne

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, était aussi dans le maïs lors d’un passage dans un marché public à Laval.

Gilles Duceppe à Laval le 13 août. Photo: Ryan Remiorz
Gilles Duceppe à Laval, le 13 août. – Photo : Ryan Remiorz/La Presse Canadienne

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Enfin, une dernière photo. Les sondages ne sont pas très favorables aux conservateurs au Québec, mais le lieutenant de Stephen Harper, Denis Lebel, garde le moral lors des rassemblements du parti, comme on le voit ci-dessous.

Denis Lebel lors d'un rassemblement à Montréal le 25 août. Photo: Sean Kilpatrick/Canadian Press
Denis Lebel lors d’un rassemblement à Montréal, le 25 août. – Photo : Sean Kilpatrick/Canadian Press
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« En septembre 2009, Stephen Harper avait préféré se rendre à trois heures de route plus au sud, à Oakville, au siège social de Tim Hortons, afin d’y vanter sa politique économique… plutôt que se rendre à l’assemblée générale de l’ONU, où étaient attendus les chefs d’État du monde. » Ah oui, ce fameux événement, Harper dans Tim Horton plutôt qu’à l’ONU! Ce que beaucoup, beaucoup, beaucoup de journalistes oublient de dire c’est que cette visite coincidait avec l’annonce par la maison-mère de Tim Horton de redevenir une entreprise canadienne. À l’époque, Tim appartenait à un groupe américain dont le siège social et les lettres patentes étaient aux États-Unis. En redevenant société canadienne, Tim Horton allait payer ses impôts au Canada. Et pourquoi cette entreprise faisait-elle ce mouvement? Parce qu’elle jugeait que les conditions fiscales étaient plus avantageuses au Canada qu’aux États-Unis. Bref, il s’agissait d’un symbole très fort! Les mêmes raisons qui ont poussé Burger King a acheté Tim Horton pour devenir une société… canadienne. On reproche à nos politiences d’être superficiels, de s’intéresser à l’image et non aux faits, est-ce que la critique vaut pour les journalistes?

Oui, pas mal typique du nombrilisme conservateur… C’est plus important de souligner une politique domestique que de se préoccuper des problèmes de la planète… On peut aller bombarder des gens à l’étranger mais c’est bien plus important de célébrer nos maîtres, les industriels et les multinationales! Il est bien connu que les conservateurs se fichent éperdument de l’ONU et de l’OEA, les empêcheurs de tourner en rond pour les politiciens – surtout quand on regarde les rapports des Nations Unies sur les droits humains au Canada et le sort inacceptable des peuples autochtones. Faudrait pas que le PM Harper soit confronté à ces réalités au niveau international, il préfère se terrer avec ses amis.

@ Martin Beaulieu,

À toutes fins pratiques, c’est l’américaine Wendy’s qui avait pris le contrôle de Tim Hortons en 1995. Wendy’s qui pour la première fois de son histoire se trouvait devoir fermer des restaurants ; s’est trouvée être racheté en 2008 par Triarc qui exploite une chaîne de restauration concurrente : Arby’s. Depuis la nouvelle entité s’appelle : The Wendy’s Company.

Suite à ce rachat, Triarc a procédé — comme cela se produit souvent — à une restructuration de ses actifs, choisissant de se départir de certaines entités, dont Tim Hortons. Tim Hortons étant restée une entité canadienne indépendante incorporée au « holding » de Wendy’s.

J’aimerais vous faire remarquer que Tim Hortons est (comme c’est le cas de plusieurs chaînes de restauration) essentiellement tenue par des franchisés (plus de 80% sauf erreur de ma part), par conséquent ces franchisés canadiens payent tous leurs impôts et leurs taxes au Canada peu importe que le siège social soit aux États-Unis ou au Canada. D’autre part la partie canadienne détenue par Wendy’s aura certainement continué de payer ses impôts au Canada. Seuls les redevances et autres royautés payées à la « Maison mère » sont imposables dans ce cas aux États-Unis.

Il est possible de considérer que si Triarc a décidé de revendre ses parts de Tim Hortons, c’est parce que les profits tirés de l’entité canadienne n’étaient pas stratégiques selon leurs standards.

Quant à la « Maison mère » de Burger King, son siège social est encore à l’heure où nous nous parlons toujours basé en Floride. Mes avis que Burger King ne paye pas tous ses impôts dans le seul Canada, mais a plutôt décidé de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier…. Mondialisation oblige !

Les grandes compagnies aujourd’hui ne sont plus des entités simples, ce sont des organigrammes parfois complexes qui se déclinent sous diverses formes d’entités juridiquement distinctes qui savent profiter aussi des législations applicables à la diversité des nations dans lesquelles et avec lesquelles elles opèrent.

— J’ai une petite question pour vous, bien que le siège social soit encore à Montréal (peut-être pour un temps limité) : le « Cirque du Soleil » est-il une entreprise québécoise, canadienne, américaine, chinoise ou désormais un peu des quatre à la fois ?

Allons-y dans l’ordre. @ Pierre, voici une petite liste non exhaustives des membres de la commissions de l’homme de l’ONU : Algeria, China, Cuba, Kazakhstan, Pakistan, Qatar, Russian Federation, Saudi Arabia, Sierra Leone, United Arab Emirates, Venezuela, VietNan. Tous des pays exemplaires pour ce quii est des droits de l’homme. C’est ça qui cloche avec l’ONU des pays douteux qui se trouvent des forums pour planter d’autres pays qui ont des pratiques nettement supérieures. On parle de la commission des droits de l’homme!!!

@ M. Drouginsky, excellente question, je dirais que j’aime mieux une entreprise chinoise qui décide de payer ses impôts au Canada qu’une entreprise québécoise qui décide de payer ses impôts au Bahamas.

En effet, une entreprise qui paye ses impôts a bien meilleur goût 🙂
Selon KPMG, le taux d’imposition sur le revenu est aux Bahamas de 0% et les prélèvements sociaux de 1%, mais le nec plus ultra ce sont le Quatar et les ïles Caïmans. Facile à calculer : 0% pour tout….

Suggestion pour nos politiciens en campagne du regardez-moi, pourquoi ne pas se faire photographier avec des sans abris, avec un couple et enfants qui font leur épicerie, et qui sont obligé d`enlever plusieurs articles de leur panier de nourriture à la caisse, parce qu`il n`a pas d`argent pour payer, le panier d`épicerie est devenu trop cher, dans un payer si riche, ils pourraient allé servir les gens dans les banques alimentaires, il y a autant de client que dans les Tim Hortons. visiter des gens qui sont sur le bien-être social, parceque il n`ont plus de chômage, plus d`emplois. Se pavaner devant les caméras, pour sauver leur IMAGE, se crier des noms à qui mieux mieux, comme des petits enfants, faire des promesse qu`ils ne tiendront pas, etc…mais pas grand choses de sérieux et de concrêt, mais on se fait dire, voter pour du changement, le meilleur des changement quant à moi, se serait qu`il n`y ait plus de partis politique, mais des gens sérieux et honnêtes, et indépendant d`une clique…pour gérer les milliards de nos taxes.