La bête noire des fermiers

Sa mission : syndiquer les travailleurs mexicains et guatémaltèques qui passent l’été dans les fermes du Québec.

Patricia Pérez, Montréalaise d’origine mexicaine, a fondé en 2004 le Centre d’appui aux travailleurs agricoles migrants. Son équipe parcourt en caravane les villages de la Montérégie et offre des formations en espagnol sur les normes québécoises du travail.

Près de 4 500 travailleurs agricoles étrangers sont venus au Québec cet été. Qui sont-ils ?
— Ce sont de petits fermiers qui viennent gagner de l’argent pour payer l’éducation de leurs enfants et améliorer le sort de leur famille. Ils sont payés 8,25 $ l’heure, soit le salaire d’une journée dans leur pays. L’employeur finance leur billet d’avion et les travailleurs le remboursent sur leur paye.

Leurs conditions sont-elles différentes de celles des travailleurs québécois ?
— En théorie, non. Ils cotisent à l’assurance-emploi et à la Régie des rentes du Québec. Mais en pratique, ils travaillent 80 heures par semaine et on ne leur paie pas d’heures supplémentaires. S’ils cessent de travailler en raison d’un accident de travail, ils ne sont pas payés. L’employeur a l’obligation de les loger sur place. Toutefois, dans de nombreuses fermes, le nombre de lits est insuffisant, alors certains dorment par terre. Souvent, il n’y a qu’une seule douche pour 20 personnes.

Les fermiers affirment que la syndicalisation nuirait à la compétitivité de l’agriculture québécoise.
— Tout ce que nous voulons, c’est que les normes du travail soient respectées. En 2005, une trentaine de Guatémaltèques travaillant pour les Serres Saint-Laurent [qui produit les tomates Savoura] ont obtenu la reconnaissance syndicale. On leur paie maintenant les heures supplémentaires. L’entreprise, elle, continue de faire des profits.

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