La candeur et ses dangers

La «Jolymanie» ne durera pas longtemps si la candidate continue de faire preuve d’aussi terribles manques de jugement.

Mise à jour: Mélanie Joly s’est rendue à l’évidence, dimanche après-midi, en retirant son appui à sa candidate dans le district de DeLorimier, Bibiane Bovet. Mme Joly a plaidé «l’erreur de bonne foi» en expulsant de sa formation l’ex-escorte transsexuelle. Elle reste fière de son choix d’avoir présenté une candidate différente. Par contre, les démêlés de Mme Bovet avec l’Autorité des marchés financiers (AMF) ont incité Mme Joly à prendre ses distances. 

La semaine de rêve de Mélanie Joly s’est conclue sur un cauchemar. Par sa plus grande faute. L’«affaire» Bibiane Bovet est l’illustration des dangers de la candeur en politique.

C’est bien beau, le renouveau politique et la fraîcheur du regard. La «Jolymanie» ne durera pas longtemps si la candidate continue de faire preuve d’aussi terribles manques de jugement.

Il y a un vieil adage en politique voulant que l’on mesure l’envergure d’un chef à sa capacité de bien s’entourer. Il n’y a pas de malaise à présenter sur le Plateau une candidate transsexuelle. Le fait que Mme Bovet a vécu des fruits de la prostitution est un peu plus inquiétant. Cette industrie est souvent infiltrée par le crime organisé. La dame avait-elle un souteneur? Payait-elle ses impôts sur ses activités sexuelles rémunérées? L’appartement où elle recevait ses clients pourrait-il être considéré comme une maison de débauche?

La prostitution n’est pas illégale en soi au Canada. La sollicitation, le proxénétisme et la tenue de maisons de débauche sont illégaux. Statut ambigu, j’en conviens. La ligne de démarcation entre l’acceptable et l’inacceptable est d’autant plus fine que la Cour suprême est sur le point de rendre un arrêt à ce sujet.

Les élucubrations de la candidate Bovet sûr la création d’une nouvelle monnaie sont encore plus préoccupantes. Quand un citoyen se permet d’écrire directement au président des États-Unis pour lui proposer ses services afin de régler les problèmes économiques mondiaux… comment dire? Ce n’est jamais signe d’une grande faculté de jugement.

Comme si ce n’était pas suffisant, l’Autorité des marchés financiers (AMF) scrute une lettre de Mme Bovet dans laquelle elle sollicite des investisseurs pour la création de sa nouvelle devise monétaire, au nom d’une entreprise (DGT Mutual) qui n’a aucune existence légale au Québec.

Mélanie Joly a bien mal choisi sa candidate au poste de conseiller dans le district de DeLorimier. Le pire, c’est qu’elle s’entête à la défendre. Interrogée sur les élucubrations de Mme Bovet au sujet de la création d’une nouvelle monnaie, Mme Joly n’a formulé qu’un bref commentaire: «Elle a droit à ses propres opinions. Mme Bovet va faire toute la campagne et s’assurer de bien représenter la population.»

Mélanie Joly ne sait pas distinguer l’actif du passif dans son équipe. Les électeurs sont en droit de se demander à qui elle accorderait les postes clefs dans son administration si elle était élue le 3 novembre.

Les Montréalais oublieront vite Bibiane Bovet. Ses chances d’être élues dans DeLorimier sont si minces qu’elle retournera à l’anonymat d’ici quelques semaines. Mélanie Joly devra traîner l’affaire comme un boulet jusqu’à l’échéance électorale. L’affaire jette une lumière très dure sur son inexpérience et son manque de leadership.

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Ummmmm « Il y a un vieil adage en politique voulant que l’on mesure l’envergure d’un chef à sa capacité de bien s’entourer ». Alors cela revient a dire qu’il n’y a aucun chefs d’envergure si on se fie aux scandales qui éclaboussent la politique Québécoise et Canadienne. En ce qui me concerne elle a mon appui aux prochaines élections. Elle ne peut faire pire que la bande de politiciens usés qui se présentent pour le poste de maire de Montréal et qui ne proposent rien de neuf.

M. Myles vous montrez bien là votre peu de professionnalisme et votre parti pris CONTRE Mélanie Joly. En sous-titre et dans le texte vous reprenez une méthode honteuse de médisance subtile.

« La «Jolymanie» ne durera pas longtemps si la candidate continue de faire preuve d’aussi terribleS manqueS de jugement. » Le fait d’utiliser un S à TERRIBLES et MANQUES implique de nombreuses erreurs! Mais tout votre article ne porte que sur UN FAIT. Le désavouement d’une candidate douteuse.

Si vous avez des TAS de manquementS à signaler n’hésitez pas.

C’est votre profession et ses pratiques « douteuses » que vous éclaboussé de votre manque de rigeur.
Bernard Denis

À constater l’échec lamentable de notre système bancaire international, il est heureux de constater que des personnes comme Mme Bovet nous proposent une alternative (DGT Mutual). Et elle ne passe pas à côté en s’adressant directement au chef de la super puissance vacillante de nos chers voisins amaricains. Ce qui manque pour Montréal ce sont des idée de renouveau, une renaissance comme au temps de Drapeau. Et je mise fort chez les jeunes pour amener ce changement.