La CAQ impériale

Une bonne adhésion des Québécois à son parti conjuguée avec une opposition morcelée comme jamais permet à François Legault de rêver à une des grandes majorités de l’histoire aux élections d’octobre.

montage : L’actualité

À moins de six mois de l’élection générale, la Coalition Avenir Québec (CAQ) confirme sa domination dans les intentions de vote des Québécois, et semble même l’accentuer depuis le mois de mars, selon le plus récent coup de sonde de Léger, dont ont rendu compte les médias de Québecor le 21 avril dernier (consultez la liste complète des sondages ici).

Auprès des électeurs décidés, la CAQ récolte l’appui de 44% des personnes interrogées, une avance colossale de 27 points devant son plus proche rival, le Parti libéral du Québec (PLQ), avec 17% d’appui d’intentions. Québec solidaire (QS) est à égalité statistique avec le PLQ au deuxième rang à 15%. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) se maintient à 13%. Puis le Parti québécois ferme la marche à 9%.

Un électeur francophone sur deux souligne vouloir voter pour la CAQ. C’est 35 points de pourcentage de plus que pour Québec solidaire, et ses 16 % d’appuis dans ce segment crucial de l’électorat. Le Parti conservateur du Québec (12%), le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon et le Parti libéral de Dominique Anglade (chacun 11%) se battent pour la troisième place.

Les découpages régionaux de ce sondage nous indiquent que la CAQ demeure la formation dominante à la fois dans le grand Montréal (41%, 19 points devant le PLQ) et la région de la Capitale-Nationale (51%, 28 points devant le parti d’Éric Duhaime). Ailleurs au Québec, les électeurs affichent leur préférence pour la CAQ dans une proportion de 46%, soit 31 points devant Québec solidaire. Les appuis à la CAQ sont distribués de sorte à favoriser une importante récolte de sièges.

Ce qui est encore plus encourageant pour le parti de François Legault est sa domination auprès des électeurs plus âgés. Chez les 55 ans et plus, la tranche démographique qui vote le plus habituellement, la CAQ obtient 57 % des intentions de vote, soit 37 points de plus que le PLQ, deuxième au classement.

Une assemblée nationale peinte en bleu CAQ

Si de tels chiffres devaient se maintenir jusqu’à l’automne et se concrétiser dans les urnes, les partis d’opposition se contenteraient que des miettes en ce qui concerne les sièges après l’élection.

La mise à jour de la projection Qc125 donne la CAQ favorite dans 99 des 125 circonscriptions du Québec. Le parti du gouvernement sortant pourrait balayer des régions entières comme la Mauricie, le Centre-du-Québec, l’Abitibi-Témiscamingue, et le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dans les régions de la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches, la CAQ pourrait n’échapper que Taschereau au centre de Québec aux mains des troupes de Gabriel Nadeau-Dubois et peut-être un ou deux sièges au parti d’Éric Duhaime (des sondages locaux seront nécessaires pour préciser le portrait).

En 2018, la CAQ avait pris le pouvoir en dominant Québec et le «450», mais avait remporté seulement deux sièges dans l’île de Montréal. Or, cette situation pourrait changer en 2022, car la CAQ y est actuellement projetée en avance ou est compétitive dans pas moins de six circonscriptions.

Très loin derrière, le Parti libéral ne récolterait que 17 sièges en moyenne, tous à Montréal et Laval, en plus de la circonscription de Pontiac dans l’extrême ouest de l’Outaouais. Les déboires libéraux s’étendent maintenant au-delà de ses appuis faméliques auprès des francophones. En effet, Léger mesure que le PLQ ne récolterait qu’à peine la moitié du vote non francophone, un creux historique. Si le vote non francophone traditionnellement libéral boude la formation de Dominique Anglade, nous pourrions voir des surprises à Montréal le soir du 3 octobre. C’est à suivre.



Pour Québec solidaire, si la formation de gauche parvient de justesse à se maintenir à son niveau de 2018, la domination de la CAQ pourrait potentiellement renverser des circonscriptions remportées en 2018, telles que Rouyn-Noranda-Témiscamingue et Jean-Lesage (à Québec). Il faudra aussi surveiller de près celle de Sherbrooke, où une lutte QS-CAQ s’annonce serrée. À Montréal, QS devrait être en mesure de conserver ses gains, mais sans plus.

Au Parti québécois, la défaite dans l’élection partielle de Marie-Victorin — et ce malgré un candidat local de bonne notoriété en Pierre Nantel — est un autre signe que le parti continue sa lente descente aux enfers. Bien que le PQ continue de battre ses rivaux en matière de financement populaire (340 000 $ récoltés depuis le début de 2022 selon le DGEQ), ses appuis électoraux continuent de fondre. En comptant ce dernier sondage Léger, il s’agit du quatrième sondage consécutif — de quatre firmes différentes — à placer le PQ sous la barre des 10 % au niveau national. Le départ de Véronique Hivon est un coup dur pour le PQ, car les chiffres de 2018 nous indiquent qu’elle était la raison principale pour laquelle le PQ a remporté la circonscription de Joliette. Hors de Joliette, l’entièreté des comtés de la région de Lanaudière s’était rangée derrière la CAQ, une tendance qui ne s’est pas estompée encore.

Finalement, même si le PCQ d’Éric Duhaime est la seule formation ayant récolté plus de fonds populaires que le PQ (avec 402 000 $ depuis le début de 2022), l’élan de ce parti semble avoir atteint un premier plateau. Néanmoins, les appuis concentrés du PCQ dans la grande région de Québec font en sorte que la formation dirigée par l’ancien animateur radio de Québec pourrait être compétitive dans une poignée de circonscriptions à surveiller. Voici ci-dessous les circonscriptions les plus favorables au PCQ (en ordre de probabilité de victoire en date du 23 avril 2022) :



Si les appuis au PCQ demeurent tout de même modestes, la vitesse à laquelle ce parti est parvenu à s’imposer dans le paysage politique en cette année électorale rend les projections de la Capitale-Nationale encore plus incertaines. Nous devrons certainement garder à l’œil ces chiffres au cours des prochains mois, d’autant plus que le vote du PCQ semble reposer sur une base solide : selon Léger, 71 % des électeurs actuels du PCQ affirment que leur choix est définitif, la plus haute proportion parmi les partis en lice.

Reste qu’aucun parti de l’histoire moderne du Québec n’a dominé dans les intentions de vote de cette manière pour ensuite s’incliner quelques mois plus tard lors du jour du vote. Ce constat ne devrait pas être perçu comme un couronnement prématuré de François Legault, mais bien un rappel des tendances électorales du dernier demi-siècle. Si la CAQ devait d’une façon ou d’une autre l’échapper d’ici octobre, ce serait un effondrement historique.

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Pour consulter les chiffres de cette projection québécoise, visitez la page de Qc125. Pour la liste complète des 125 circonscriptions, consultez cette page ou visitez les liens régionaux suivants:

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Je suis une personne âgée , je ne voterai pas pour la CAQ ni pour le parti conservateur .
Je vais voter parti Québécois c’est le seul parti qui nous a valorisés depuis qu’il existe .Je parle d’edu,de culture , de santé, de nos talents de toutes catégories .J’aime les journalistes mais ne donnent aucun encouragement au PQ, ils ne parlent que de la CAQ et du PC .alors que la santé, l’éducation ,les garderies , la langue ont reculé d’au moins 40 ans . Je n’ai pas parlé de la loi 21 ni des personnes âgées .
A bon entendeur toutes mes salutations!

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Je vais voter P.Q. Notre pays peut vivre, nous évoluons.
Écoutez parler Véronique Hivon, faire confiance en nos capacités.
Plus de fédéral pour s’opposer à tout ce que nous voulons faire.
Les échanges entre les pays vont continuer, nous serons plus proactifs dans plusieurs secteurs.
A. Perreault

la QAC il est vrai était bien présente pendant la pandémie, mais les QUÉBECOIS si nous voulons garder une démocratie en santé orienter les votes v ers un autre partie il y en a trois mais faut en choisir un sinon avec la tendance de la QAC a tout contrôler et imposer des choix trop nationalistes est peut-être bon pour les 55 ans et plus mais nos jeunes ou iront-ils sans ouverture vers d’autres cultures avoir la connaissance de deux langues est très essentiel si on veut sortir du QUEBEC pour le faire connaître ailleurs c’est dommage mais avec FRANÇOIS LEGAULT on revient à notre vieille mentalité de peuple inférieur j’aime le français mais il y a d’autres cultures aussi voir notre premier ministre ne pas avoir assez de respect et ne pas présenter des débats en anglais nous montre bien son peu d’ouverture face aux autres QUÉBECOIS qui sont anglophones mais parlent aussi un français très acceptable .

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