La CAQ, l’immigration et le «retournage dans son pays»

Avec son virage identitaire, la CAQ est la dernière à entrer dans l’arène où s’affrontent les défenseurs de la «québécitude». Que s’est-il passé ? Le blogueur Mathieu Charlebois a sa petite idée là-dessus…

APolitiquevec son virage identitaire, la CAQ est la dernière à entrer dans l’arène où s’affrontent les défenseurs de la «québécitude» — une arène où il y a presque plus de belligérants que d’immigrants ou d’intégristes qui posent problème.

Ça fait donc une voix de plus dans la «cacaphonie» au sujet de la laïcité, l’immigration et les fameuses  «valeurs québécoises». Des valeurs si différentes du reste du monde qu’il faut leur donner un nom distinct. On les reconnaît à leur accent, que les Français n’arrivent pas à imiter.

Pour les immigrants, la CAQ propose «la création d’un certificat d’accompagnement transitoire d’une durée de trois ans. Au bout de cette période, les immigrants devraient être évalués sur leur niveau de connaissance du français, leur connaissance de l’histoire et des valeurs de la société québécoise et la démarche qu’ils ont entreprise vers l’employabilité».

Et qu’en est-il de celui qui échouerait à ce test ? François Legault propose de le retourner dans son pays.

Ne pensez pas que je compare Legault avec eux, mais je remarque que l’expression « les retourner dans leur pays » est généralement utilisée par des commentateurs sur Facebook, dans un commentaire à la ponctuation déficiente et à la majuscule aléatoire. Des commentateurs dont il serait sans doute amusant d’évaluer le «niveau de connaissance du français» et la «connaissance de l’histoire», juste pour le plaisir.

Parce que des misogynes (*) qui ne maîtrisent pas le français, j’en croise régulièrement en ligne, et ils s’appellent souvent Tremblay ou Simard.

(*) L’égalité homme-femme : valeur aussi québécoise que la chicane «pâté à la viande ou tourtière du Lac-St-Jean».

Mais je m’égare.

Brian Myles, mon voisin de blogue, rappelle que la CAQ a consacré 161 mots au thème de la laïcité dans sa plateforme électorale. C’est à peu près sept tweets, ce qui en fait une position moins étoffée que celle de Denis Coderre sur le dernier match du Canadien.

La CAQ est d’ailleurs le parti qui a fait campagne avec cette idée :

Non, je n’ai pas photoshoppé cette image.  Même que la «charte des contribuables» était le projet de loi numéro 1 de la CAQ en cas de victoire. Ils sont formidables.
Non, je n’ai pas «photoshoppé» cette image. Même que la «charte des contribuables» était le projet de loi numéro 1 de la CAQ en cas de victoire. Ils sont formidables.

Que s’est-il passé ?

Certains diront que ce virage est une façon de détourner l’attention. Il serait bête, en effet, que ceux qui quittent le PLQ parce qu’ils sont fâchés contre son programme économique se rendent compte que la CAQ trouve surtout que ce programme ne va pas assez loin.

Pour ma part, j’ai ma théorie. Lors d’une récente réunion de la CAQ, un conseiller a sans doute demandé : «Bon, qu’est-ce qui fait jaser à TVA, ces temps-ci ?»

Les stratèges avaient le choix entre les vedettes homosexuelles dans les parcs ou les dangers de l’immigration. Et c’est ainsi que la CAQ a décidé de prendre un virage identitaire.

* * *

À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue maintenant sur la politique avec un regard humoristique. On peut aussi, lire ses anticritiques culinaires sur le blogue Vas-tu finir ton assiette ? et le suivre sur Twitter :@OursMathieu.

 

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15 commentaires
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Je crois qu’ici, la CAQ s’est plantée solide.

Imaginez un immigrant qui ne maîtrise pas bien le Français mais qui a acheté une maison pour y élever sa famille et en plus qu’il ait créé sa propre entreprise (c’est le cas de beaucoup d’entre-eux) qui devient très florissante et lucrative avec plein d’emplois et les taxes et les impôts qui vont avec…

Le dépouillerons-nous de ses biens et maison et jetterons-nous ses travailleurs à la rue comme l’ont fait, de sinistre mémoire, les Nazis avec le Juifs juste parce qu’il ne maîtrise pas bien le Français?

De toute façon, le Français est condamné à disparaître au profit de l’Anglais à plus ou moins longue échéance. Suffit de voyager un peu dans le monde pour s’en rendre compte.

Ta solution François ?

Accélérons le processus, qu’on en finisse !!! Solution : Louisianisation… Accepter et devenir officiellement un peuple de seconde zone sans racine et toujours marginalisé qu’on négligent même en période de désastre naturel…. Combien de générations cela prendra-t-il pour qu’ils deviennent de véritables américains ???? 10 ( 200 ans ) 20 ou jamais…

Citations: » il y a des Québécois qui détestent le Québec ou plus exactement, qui détestent y appartenir et qui aimeraient bien s’en libérer. Certains se voudraient Américains, et trouvent normalement dans les discours les plus droitiers une manière d’exprimer le mépris de leur propre peuple. Ils croient spontanément à la supériorité du monde anglo-saxon et se désolent d’habiter à la frontière de l’empire sans y participer pleinement. Ils rêvent alors que le Québec s’y dissolve, et voient normalement dans notre anglicisation (ils disent plus ou moins consciemment bilinguisation pour sauver les apparences) et notre américanisation une forme de salut. »
Par Claude Perras le 28 avril 2014 à 15 h 10 min

Ouf… le dernier paragraphe discrédite le reste du commentaire et en dit long sur son auteur! Le Français avec un « F » majuscule est un habitant de la France… Ceci dit, s’il est vrai que l’anglais (la langue) devient la langue commune au niveau internationale il n’en reste pas moins que les pays sont très jaloux de leurs langues respectives et que même au Canada on voit une heureuse résurgence de plusieurs langues autochtones que les prophètes de malheur avaient vouées à l’extinction. Suggestion à l’auteur: allez vivre votre rêve de vivre en anglais dans une des régions unilingues anglophones du pays – vous avez le choix car ça ne manque pas et vous vous sentirez bien mieux, tout en n’ayant pas à subir le français au jour le jour et si vous avez un manque, il y aura toujours Ici Radio-Canada…

Vous avez raison quand vous dites que le français est appelé à disparaitre: les francophones du Québec ne font plus assez d’enfants. De plus, en faisant une certaine promotion ou normalisation de l’homosexualité, on ne fait qu’augmenter cette tendance, puisque les gays n’ont pas beaucoup d’enfants.

On tente de compenser avec l’immigration, et les immigrants apprennent l’anglais en premier, et font plus d’enfants.

PKP n’a fait que mentionner un fait: la culture québécoise dite «de souche» va disparaitre, un comté après l’autre (avec la migration des immigrants et de leurs enfants de Montréal, ville d’arrivée, vers les banlieues).

Alors, si vous voulez continuer de parler français, la meilleure solution est encore de procréer.

« Vous avez raison quand vous dites que le français est appelé à disparaitre: les francophones du Québec ne font plus assez d’enfants. »

Le taux de natalité chez les Québécois est de souche est en hausse depuis plus d’une décennie. Les écoles qui ont été fermées ou reconverties doivent revenir à leur première vocation. D’autres écoles doivent être agrandies.

Mr Guy V., vous avez partiellement raison. Sur Wikipédia, on retrouve ceci: «L’indice de fécondité a augmenté depuis les années 2003 à 2008, où il est passé de 1,50 à 1,73. Par contre, de 2008 à 2013, celui-ci a diminué de 1,73 à 1,65.» http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_du_Qu%C3%A9bec

Remarquons cependant que le taux de fécondité, pour qu’une population soit stable, est de 2.2 enfants par femme, et on est bien en-dessous de ce taux. Dans l’histoire du Québec, ce sont vraiment les années 2003-2005 qui montre un creux à 1.5 enfant par femme.

Marqueurs identitaires de la québécitude: ascendance du Poitou ou de la Normandie, circa 1660, parler ancien truffé de mots autochtones, accent mâtiné d’anglo-irlandais, de la menthe sur son roast-beef, un coup de patin appris de anglo-montréalais, architecture mansardée de la Nouvelle-Angleterre, agriculture anglaise, filmographie hollywoodienne, sous-titres français, valeurs démocratiques du Parlement britannique, édifices publics de style néo-classique anglais, danse d’inspiration irlandaise ou écossaise (gigue).
L’identité est multiple, faite d’emprunts successifs, apprenons des musulmans, qui cuisinent bien, parlent un bon français (chose rare), croient fortement à l’éducation, et trouvent un emploi quand on consent à lire leur curriculum vitae.

Vous avez oublié le morceau de fromage sur la pointe de tarte aux pommes (découvert pour la première fois au Collège militaire en 1968).

La qualité du français des Maghrébins est nettement surestimée. Ceux qui parlent français couramment sont généralement passés par la France. Beaucoup de conjointes ne parlent même pas français (pensez à celle morte étranglée dans l’ascenseur du métro: elle s’en allait à ses cours de français!)

Avec la belle proposition de la CAQ, je vois dans un avenir pas si lointain… Beaucoup de dépanneurs à vendre sur l’ile de Montréal. 😉

Une chose est sûre. Quelque chose doit être fait. Les immigrants arrivent ici. J’en connais qui sont sur le BS avec leurs 3, 4 ou 5 enfants. Ils reçoivent une subvention pour leur logement parce qu’il n’ont pas les moyens de vivre convenablement sans cette subvention. 10 ans après leur arrivée, la situation est toujours la même et c’est le CONtribuable qui paye pour tout ça. Sans compter que les parents baragouinent un français approximatif. Les enfants sont mieux intégrés, mais ils sont de plus en plus attirés par l’anglais que le français. Surtout depuis que l’internet a envahi nos demeures et que l’anglais y est la langue dominante. Doit-on pour autant les retourner dans leur pays ? Je ne sais pas si c’est la solution idéale, mais il y a des limites à ce qu’ils viennent ici, qu’ils vivent à notre crochet et qu’ils ne fassent que peu d’effort à s’Intégrer. Aux grands maux, les grands remèdes.

Ce matin on apprenait que 55% des immigrants qui vont dans l’Estrie sont en fait des…. réfugiés! L’immigration au Québec c’est un désastre. Heureusement, l’opposition commence à s’en occuper. Maladroitement,mais enfin ils s’y intéressent

http://www.lapresse.ca/la-tribune/estrie-et-regions/201503/22/01-4854468-retention-des-immigrants-lestrie-parmi-les-pires-regions.php

Environ 55 % des immigrants qui s’installent en Estrie sont des réfugiés, c’est-à-dire qu’ils sont choisis pour des raisons humanitaires et non pour leur domaine de compétence. Ces personnes sont donc envoyées dans les Cantons-de-l’Est, sans regard du marché du travail.

(0)

La residence permanente, la citoyennete sont des privileges non des droits …

Les etats sont libres de metre des conditions d’entree mais d’acces a la residence permanente et a la citoyennete.

(1)

(a)

Ensuite ca semble pas evident pour plusieurs internaute et le blogueur mais il y a deja beaucoup de gens qui viennent temporairement au Quebec et au Canada , 6 mois, 1, 2,3,4 ans … pour etude, contrat temporaire … etc …

Et ces gens repartent sans mal ….

Ces gens louent des loyers , achetent des affaires et pourtant a la fin ils revendent leur connerie , prennent un billet pis chao good bye …

(b)

Beaucoup de quebecois vont eux meme a l’etranger pour les etudes ou le travail … sans garantit d’avoir la residence permanente, citoyennete … ou meme simplement un contrat après …

Et ensuite ils s’arrange pour obtenir le droit de resider ailleurs ou reviennent au Quebec.

Et doivent s’organiser pour vendre leur cochonerie, gerer la famille s’ils font des flots, pis acheter des billet d’avion …

Personne pleure sur leur sort … c’est souvent des profesionnel qui ont bien profiter de leur sejour et qui vont entreprendre de nouveaux defies ici ou la.

(c)

Mais .. j’en viens a me demander si ces propos de ces gens qui se dissent ouvert … sont pas fonder sur de l’ignorance ….

On dirait que dans leur tete tout le monde qui viennent au Canada, au Quebec y reste ….

C’est franchement inexact …

(d)

C’est le choix de tous et chacun qui est resident temporaire de faire des « flots » … acheter des affaires ….

Quand j’ai eu un emploi temporaire pour 2 ans ici ou la … c’est pas vrai que j’achetais une maison, un condo …. tient une auto …. il y a des projet famille qui sont mis de cote.

Pis oui quand mon contrat est fini je retourne dans mon pays simplement et je fais d’autre demarches pour ici ou la.

Oui le monde a la fin de leur visa retourne dans leur pays et c’est pas la fin du monde.

—–

(2)

Selon Francois1 …

« Imaginez un immigrant qui ne maîtrise pas bien le Français mais qui a acheté une maison pour y élever sa famille et en plus qu’il ait créé sa propre entreprise (c’est le cas de beaucoup d’entre-eux) qui devient très florissante et lucrative avec plein d’emplois et les taxes et les impôts qui vont avec… »

(a)

Quand on est resident temporaire on doit preparer autant le depart que l’arrive …

Il me semble que meme un liberal comme Francois1 devrait savoir que c’est pas le probleme de l’etat si les residents temporaires font des folies comme acheter une maison alors qu’ils ont pas la citoyennete ….

C’est pas parce que les regles bancaires du Canada permettent des niaiseries que les residents temporaires doivent les commettre mais ultimement ils sont responsable de leur turpitude.

Et puis au fond s’ils ont l’argent pour acheter une maison … ils doivent avoir de l’argent pour une certaine tolerance aux risques … et le fait de devoir quitter est un risque….

(b)

Mais c’est evident que s’il n’obtient pas la citoyennete ….

Le resident temporaire doit preparer son depart, ca peut vouloir dire vendre, etc … garder une maison comme investissement etc …

Mais ultimement acheter billet d’avion, regarder ses options ou vivre …. nouvelles demande ici ou la ou retourner dans le pays ou il a la citoyennete ou residence permanente …

(c)

C’est etonnant qu’un liberal comme Francois1 ne reconnaisse pas que c’est au resident temporaire a faire les efforts pour apprendre le francais et que c’est a lui d’assumer les consequences de son manque d’effort …. s’il n’est pas capable de metre les efforts son probleme …

Et que c’est a lui de preparer son arrive mais aussi son depart.