La CAQ vogue-t-elle vers une majorité ?

Notre nouveau collaborateur Philippe J. Fournier, de Qc125, analyse la progression des sondages des dernières semaines dans sa projection électorale. Est-ce « trop haut, trop tôt » pour la CAQ ? 

Genevieve Guilbault, Francois Legault
Photo: La Presse canadienne/Jacques Boissinot

La Coalition Avenir Québec a-t-elle réellement le vent dans les voiles ? Deux sondages ont été publiés depuis la dernière projection Qc125 du 25 septembre 2017. À la mi-octobre, un sondage Ipsos-La Presse accordait au Parti libéral du Québec une avance de quatre points sur la CAQ, soit 32 % contre 28 %. Le Parti québécois se maintenait près de son niveau moyen depuis le printemps, à 24 %. Québec solidaire n’obtenait que 12 % des intentions de vote.

Une semaine plus tard, Le Devoir publiait un sondage de la maison Léger qui donnait à la CAQ une avance de cinq points sur le PLQ. Selon Léger, le PQ chuterait à 20 % et QS demeurerait stable, à 12 %.

À l’intérieur d’une marge d’erreur raisonnable et réaliste (ces sondages n’étaient pas probabilistes), ces deux coups de sonde dressent plus ou moins le même portrait pour le PQ, QS et même les libéraux. La grande surprise du dernier sondage Léger est le bond de 6 % de la formation de François Legault.

Compte tenu de l’élection partielle dans Louis-Hébert, avec son taux de participation élevé (en comparaison avec la moyenne des partielles), il est raisonnable de croire que bien des électeurs francophones traditionnellement libéraux pourraient être en train de bouder le parti de Philippe Couillard.

Plus de données seront nécessaires pour le confirmer, tout comme plusieurs sondages furent requis pour détecter une hausse (puis une baisse) des appuis envers Québec solidaire peu après l’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois. Rappelons que Mainstreet a été la première boîte à placer le PQ au troisième rang au mois de mai. Il a fallu plusieurs autres coups de sonde pour le confirmer.

Entrons donc ces deux sondages et leurs données de sous-échantillons dans le modèle Qc125. Cette projection est divisée en trois sections :

  1. La projection du vote populaire
  2. La projection des totaux de sièges
  3. La projection du vainqueur

Chaque sondage est pondéré selon sa date et la taille de son échantillon. Pour ce qui est des projections pour chaque circonscription, les données de sondages s’ajoutent aux tendances régionales et démographiques des élections de l’ère postréférendaire (1998, 2003, 2007, 2008, 2012, 2014).

À 11 mois du prochain scrutin provincial au Québec, voici la projection électorale Qc125 de novembre 2017.

1. La projection du vote populaire

Le Parti libéral du Québec retient de justesse le premier rang dans la projection du vote populaire, avec 30,8 %, un léger recul de 0,2 % par rapport à septembre. Lors de la dernière projection, les libéraux parvenaient à remporter le plus grand nombre de simulations avec seulement 31 % du vote moyen, car l’électorat était hautement divisé. Nous verrons plus bas que ce n’est plus autant le cas.

La Coalition Avenir Québec grimpe abruptement de 2,4 %, pour se camper à 29,6 % — sa plus grande part du vote dans une projection depuis la création de Qc125. Des mois de sondages consécutifs où la CAQ devance le PQ — et le dernier sondage Léger qui place la CAQ première — propulsent le parti de François Legault tout juste derrière le PLQ et creusent l’écart avec le PQ. Ces quelques points supplémentaires auront un effet important sur la projection des sièges.

Le Parti québécois, après une hausse modeste de ses appuis lors de la projection de septembre, recule de nouveau, avec une moyenne de 22,6 % des intentions de vote. Le dernier coup de sonde de Léger était particulièrement dévastateur pour la formation souverainiste : troisième dans la grande région de Montréal, troisième — et de loin — dans la Capitale nationale et troisième dans le reste du Québec (mais à égalité statistique avec le PLQ au deuxième rang).

De son côté, Québec solidaire retombe graduellement sur terre après des sondages qui lui ont été particulièrement favorables de mars à août. Tout de même, avec 13,7 % des intentions de vote — si ce chiffre devait se concrétiser dans l’urne l’an prochain —, ce serait un énorme bond en avant pour la formation de gauche. L’effet de la fusion avec Option nationale — si effet il y a — n’a pas encore été mesuré.

Finalement, le Parti conservateur du Québec se maintient avec 2,2 % des intentions de vote, soit un léger recul de 0,3 %. La performance décevante du PCQ dans Louis-Hébert n’est pas passée inaperçue, surtout que la région de Québec (mais pas particulièrement la circonscription de Louis-Hébert) est toujours l’épicentre de ce parti de droite, selon Léger (ni Mainstreet ni Ipsos n’incluent le PCQ dans leurs sondages).

Regardons maintenant les projections du vote populaire avec les intervalles de confiance de 95 % (19 fois sur 20). Ces chiffres ont été compilés à l’aide de 50 000 simulations d’élections générales.

L’un des aspects frappants de ce graphique, c’est que les intervalles de confiance du PQ ne croisent plus celles de ses grands rivaux.

En traçant les distributions de probabilités (ci-dessous), nous pouvons constater que les « cloches » quasi gaussiennes du PLQ et de la CAQ se croisent considérablement, mais elles sont toutes deux détachées de celle du PQ.



D’ailleurs, au cours de cette projection, le PLQ remporte le vote populaire lors de 64,4 % des simulations, et la CAQ, de 35,6 %. Le PQ ne remporte le vote populaire dans aucune simulation.

Comment ces projections du vote populaire moyen se traduisent-elles en nombre de circonscriptions ? Considérez la section suivante.

2. La projection des totaux de sièges

Pour la première fois depuis la création de Qc125, le PLQ n’est pas en tête de la projection de sièges. En effet, la Coalition Avenir Québec remporte en moyenne le total le plus élevé des possibilités de circonscriptions, avec 48,9, une hausse considérable de 9,3 sièges par rapport à la projection Qc125 de septembre.

Le Parti libéral du Québec n’est pas loin derrière, cependant, avec une moyenne de 46,1 circonscriptions par simulation, une baisse modeste de 2,5 sièges par rapport à septembre. Les pertes libérales se situent principalement dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches. Nous verrons un peu plus bas que le PLQ détient toujours le plancher le plus élevé des partis de l’Assemblée nationale.

La hausse de la CAQ se traduit en une diminution importante de la moyenne de sièges pour le Parti québécois. En effet, le PQ ne remporte qu’une moyenne de 25,2 circonscriptions par simulation, soit une baisse considérable de 6,6 sièges. Ces pertes de sièges se matérialisent presque exclusivement dans le 450, soit dans Laurentides-Lanaudière et en Montérégie.

Finalement, Québec solidaire est stable, tout juste sous la barre des cinq sièges, avec une moyenne de 4,8 circonscriptions par simulation. Les quatre circonscriptions solides sont les trois que QS détient déjà, soit Mercier, Gouin et Sainte-Marie–Saint-Jacques, en ajoutant le bastion péquiste d’Hochelaga-Maisonneuve. Les autres circonscriptions qui devraient être dans la mire de QS sont Rosemont et Laurier-Dorion, mais QS n’est pas la formation favorite pour remporter ces circonscriptions dans cette projection.

Voici les projections de sièges avec les intervalles de confiance de 95 % :

Bien que la CAQ possède la moyenne de sièges la plus élevée, nous pouvons aussi remarquer que l’incertitude de sa projection est plus importante que celle du PLQ (les intervalles de confiance de la CAQ s’étirent plus bas et plus haut que celles du PLQ). Même si les probabilités sont faibles, la CAQ est la seule formation dont l’intervalle de confiance supérieur dépasse le seuil des 63 sièges.

Pourquoi les intervalles caquistes sont-ils plus larges ? Parce qu’il y a de nombreuses circonscriptions pivots, particulièrement dans le 450 et en Mauricie, où quelques votes manquants ou quelques votes supplémentaires pourraient complètement faire chavirer la projection. Prêtez attention aux intervalles de confiance du PQ : la limite inférieure atteint 11,2 sièges. Cette éventualité cauchemardesque pour les péquistes pourrait survenir si la CAQ balaie ces régions.

Voici les distributions de probabilités des projections de sièges :

L’importante incertitude de la projection caquiste est bien illustrée ici avec une cloche gaussienne plus basse et plus large que celles du PLQ et du PQ.

Pour ce qui est de QS, la possibilité la plus probable est un total de quatre sièges (30,9 %), mais une récolte de cinq sièges est presque aussi plausible (29,6 %).

Dans environ le quart des simulations, QS remporte six sièges ou plus. La circonscription hors de Montréal où QS possède des probabilités de gain non négligeables est Marie-Victorin, mais le PQ est toujours fortement favori pour remporter cette circonscription.

3. La projection du vainqueur

Avec ces projections de vote populaire et de totaux de sièges, quels sont les résultats des 50 000 simulations ? Voici :



Ne réglez pas votre appareil : la Coalition Avenir Québec remporte un peu plus de la moitié des simulations avec 55,8 %, dont 6,3 % des simulations avec un gouvernement majoritaire. Avec les chiffres actuels, la CAQ est donc actuellement favorite pour remporter l’élection. Est-ce « trop haut, trop tôt » pour la CAQ ? C’est à voir.

Cette avance n’est toutefois pas confortable, car le Parti libéral du Québec remporte tout de même un très respectable rapport de 40,9 % des simulations, dont 0,1 % avec plus de 62 sièges.

Loin derrière se trouve le Parti québécois, avec des probabilités de victoire de 0,6 % — ce que l’on pourrait considérer comme une donnée aberrante.

Finalement, 2,7 % des simulations ont donné des égalités au sommet du nombre de sièges. Presque la totalité de ces simulations sont des égalités PLQ-CAQ. Rappelons que dans notre système parlementaire, dans le cas d’une égalité avec le parti sortant et un parti d’opposition, le parti sortant possède la première chance de gagner la confiance de l’Assemblée nationale, soit avec une minorité de députés ou avec une coalition temporaire.

En conclusion

Les cartes des 125 circonscriptions ainsi que leurs projections seront publiées dans les prochains jours. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement libéral actuel stagne depuis des mois dans les intentions de vote, et ce n’était qu’une question de temps avant qu’un parti d’opposition consolide suffisamment d’appuis pour le menacer.

En 2016, ce parti était le PQ. En 2017, la CAQ semble avoir pris les devants. Toutefois, avons-nous besoin de rappeler que l’élection aura lieu en octobre 2018 ?

Il est important d’insister sur un fait : les chiffres présentés ici ne sont pas une prédiction du résultat de l’élection l’an prochain, mais bien un portrait du « maintenant ».

J’analyserai les tonnes de données de cette projection au cours des prochaines semaines.

* *

J’aimerais terminer en soulignant que je suis enchanté de me joindre à l’équipe de L’actualité. J’aimerais la remercier pour la confiance qu’elle a montrée à mon égard et aussi remercier du fond du cœur les nombreux lecteurs et lectrices de Qc125 qui ont rendu cette collaboration possible.

Philippe J. Fournier est professeur de physique et d’astronomie au cégep de Saint-Laurent, à Montréal. En 2016, alors qu’il tentait de programmer une simulation de l’effondrement gravitationnel d’un nuage moléculaire, il a décidé de se perfectionner dans les projections électorales et de lancer son blogue, Qc125.

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27 commentaires
Les commentaires sont fermés.

La stratégie de Lisée de tasser la souveraineté du décor est un véritable désastre pour le PQ.
Non seulement les souverainistes désertent, qui à gauche à QS, qui à droite à la CAQ mais, les fédéralistes de droite, n’ayant pu à voter pour le PLQ, désertent aussi le PLQ et vont à la CAQ.
Résultat: la CAQ, qui a toujours souffert des élections référendaires, fait maintenant le plein de vote. Tout ça à cause de Lisée qui a tué la raison d’être de voter PQ.

Pas d’accord du tout au sujet de la stratégie de Lisée. D’ailleurs, ce n’est pas une stratégie mais un geste de lucidité et de réalisme, Lisée sachant fort bien que le PQ n’avait aucune chance d’être élu sur la promesse d’un référendum en 2018. C’est pourquoi il a reporté le référendum dans un deuxième mandat.

Le problème est tout autre. Les électeurs ne voulant plus du PLQ, ils se tournent vers la CAQ parce que non indépendantiste. J’entends souvent cette phrase: »C’est bien beau le PQ, mais il ne parle que d’indépendance et c’est pas ça qu’on veut entendre ». En effet, Lisée parle d’indépendance plus que tout autre chef des dernières années, alors que 65% des Québécois ne veulent pas en entendre parler.

@Drouin
Mais le 35%, lui, veut entendre parler de souveraineté. Pas d’Anticosti. Pas de transport vert. Pas de corruption. DE SOUVERAINETÉ.
La clientèle naturelle du PQ c’est ce 35% de souverainistes. Sans la souveraineté, le PQ n’a plus de raison d’être. Mais ça, Lisée, ce grand génie de la politique, ne l’avait pas compris. A 20%, il l’a dans face.

Lisée fait preuve d’une grande lucidité, mais certains électeurs sont trop pressés et préféreraient un référendum rapide. Mais ce serait un référendum perdant et possiblement le tout dernier. Depuis le référendum de 1995, les fédéralistes ont occupé tout le terrain et démonisé l’idée de souveraineté. Celle-ci a besoin d’être expliquée. La plupart des moins de 40 ans ne connaissent même pas tous les avantages indéniables liés à cette option. Bref, la position de Lisée consistant à gagner du temps afin de convaincre les plus jeunes n’est pas folle du tout. Encore faille-t’il qu’on fasse la promotion de la souveraineté. Ce qui tarde un peu à mon avis.

@ pccormier:

Heu…ça fait plus de 50 ans que le PQ « explique » les bienfaits du séparatisme et les Québécois n’auraient toujours pas compris???

Soit les péquistes sont de très piètres pédagogues ou soit que les Québécois en ont tout simplement marre de cette utopie farfelue.

Tiens…ça me rappelle plein d’autres sondages (dont un en particulier qui favorisait clairement la CAQ de l’époque!) qui se sont révélés complètement faux une fois les bulletins de votes comptabilisés. De plus, rappelez-vous les dernières lections provinciales où le PQ était assuré de devenir majoritaire…

Surtout qu’il reste encore un (1) an avant les élections et qu’il se passera beaucoup de choses d’ici là. La CAQ se fera questionner plus sérieusement sur son programme et ses contradictions et de plus, son amateurisme deviendra d’une évidence limpide.

Critiquer est une chose, gouverner en est une autre. Gilles Duceppe a fait toute sa carrière là-dessus.

Entre l’amateurisme de la CAQ et les ripoux actuellement au pouvoir, le choix sensé est limpide.

Pourquoi se gargariser avec des données de sondage réalisé à 11 mois des prochaines élections? C’est analyser pour analyser simplement tout en étant rémunéré pour ce faire!

« Entre l’amateurisme de la CAQ et les ripoux actuellement au pouvoir, le choix sensé est limpide. »
Il y a d’autres choix plus intelligents que ces deux-là. Vouloir Legault au pouvoir relève de la pure folie !!! Il y a 3 ans, j’ai répété ad nauseam à qui voulait l’entendre qu’élire Couillard était une erreur. Et j’avais raison. Il en va de même pour Legault.

@ Laurent 31 octobre 2017, 9 h 09 min:

Les ripoux au pouvoir? Z’avez des preuves de ce que vous avancez?

Qui parmi la députation actuellement en place au pouvoir a été reconnu coupable de malversations? Hein? Des accusations, n’importe quel quidam peut en lancer, mais les preuves sont drôlement plus difficiles à avancer.

Allez voir le rapport Moisan juste pour le fun et vous verrez que les Péquistes ont trempé dans la vile magouille jusqu’au bout. De plus, à ce jour, ce sont les seuls à n’avoir pas encore remis tout l’argent sale au Directeur des Élections (less Libéraux et la CAQ – oui…oui…la CAQ – l’ont fait) ce qui fait en sorte qu’ils ont participé aux dernières élections complémentaires en payant avec cet argent sale.

À ce que je sache, seul QS est sensé être propre, mais…

La CAQ propose des mesures d’austérité. Il me semble qu’on en a déjà assez eu. C’est la classe moyenne des banlieues qui soutient la CAQ alors que cette tranche de l’électorat a énormément à perdre sous un Gouvernement caquiste. Si les électeurs se donnaient la peine de se renseigner, la CAQ serait loin derrière dans les sondages. C’est fou comme on vote n’importe comment !

Austérité??? Où ça???

Les dépenses étatiques n’ont jamais cessé d’augmenter sous les Libéraux. Jamais!!!

Enlevez vos œillères politiques. Elles faussent votre évaluation du dossier.

François 1 Votre jupon libéral dépasse a chacune de vos interventions. Personne n’est dupe ici. Ceci dit, le PLQ a fait preuve d’austérité. Parfois, en réduisant certaines dépenses. Parfois en limitant la croissance des dépenses. Une simple recherche rapide sur Google avec les mots « austérité » et « PLQ » saura vous donner des dizaines d’articles où il en est question. Cessez d’écrire des sottises !

@ pcormier 31 octobre 2017, 16 h 03 min:

SVP référez-vous aux 3 derniers budgets des Libéraux. Dans TOUS les cas, les dépenses étatiques ont AUGMENTÉ!!! Pas diminué.

La chose saine et intelligente que les Libéraux ont fait, c’est de réduire L’ACCÉLÉRATION incontrôlée des ces dépenses et les personnes intelligentes qui connaissent un tant soit peu l’économie appellent ça de la RIGUEUR BUDGÉTAIRE, surtout lorsque l’on a une dette très lourde, et cela a fait en sorte que nous avons actuellement des SURPLUS budgétaires, chose que le Québec n’a pas connu depuis des lustres, et qu’en plus, la cote du Québec a été révisée à la HAUSSE par les agences de notation, à tel point que nous sommes actuellement cités comme un exemple à suivre dans le Canada.

Vous devriez remercier les Libéraux à genoux pour ces faits d’arme plutôt que de tenter de les discréditer sans discernement.

Nous avons le privilège d’avoir l’un des économistes les plus compétents AU MONDE comme Ministre des Finances et il a su apporter une logique et une sagesse incomparables aux différents budgets auxquels il a participé.

@François 1
Ma source est sérieuse, mais quand on ne se donne pas la peine d’examiner son contenu, on se disqualifie soi-même de personne sérieuse. Si vous aviez lu ce lien, vous auriez su qu’il s’agit d’un dénombrement de toutes les compressions pratiquées par le gouvernement Couillard et annoncées dans les journaux québécois. La rigueur budgétaire avec ou sans majuscule, c’est de l’austérité.

Les Québécois n’ont pas à faire de génuflexions pour la mauvaise gestion de ce gouvernement. Les surplus dégagés démontrent que les Québécois ont subi des privations inutiles. Avant de se réjouir des surplus, il faut savoir que la monnaie fonctionne en circuit et quand il y a un surplus ici, il y a forcément un déficit ailleurs. Ce n’est pas par hasard si la dette des ménages augmente de manière affolante.

Marc Sauvageau 1 novembre 2017, 11 h 50 min:

Votre source ne fait que mettre en évidence les endroits où les dépenses ont été mieux contrôlées (austérité???) et se garde bien de donner un portrait d’ensemble de la situation car ça ne cadre pas avec la propagande habituelle de l’IRIS.

Tiens….de mon côté, je vous invite à lire ceci qui donne un autre portrait de la situation et en plus, qui fournit des chiffres et des références crédibles:

https://www.iedm.org/fr/68621-repetez-il-n-y-a-pas-eu-d-austerite-au-quebec

Extrait:

« De l’année financière 2010-2011 à 2017-2018 (soit l’année du budget récemment déposé), les dépenses totales du gouvernement du Québec sont passées de 85,1 G$ à 103,7 G$, soit une augmentation de 21,9 %. Pour la même période, les revenus du gouvernement sont passés de 82,7 G$ à 106,3 G$, pour une hausse de 28,6 %.
Pendant ce temps (2010 à 2017), les prix à la consommation ont augmenté de 12,2 % et la population d’environ 5,5 %. Une hausse d’environ 18 % aurait donc permis de maintenir constants les revenus ou dépenses réelles par habitant du gouvernement.
Mais les dépenses réelles par habitant du gouvernement ont donc augmenté et ses revenus réels par habitant, encore plus. L’État n’est donc pas vraiment plus « austère ». En fait, il grossit année après année. »

Vous pouvez vérifier ces données; elles sont parfaitement véridiques et n’ont rien du « cherry picking » qui caractérise l’IRIS.

Bonne lecture.

@ François 1
Dans la manipulation, l’IEDM et son cousin le Fraser Institute sont les champions. L’exemple frappant, le compteur de la dette de l’IEDM. Au passage, pourriez-vous nous expliquer la raison pourquoi l’IEDM débute sa démonstration en 2010 – bien avant le gouvernement Couillard – tandis que le programme de « rigueur budgétaire » du gouvernement actuel a commencé en 2014 ? Et c’est ça que vous gratifiez de « portrait d’ensemble de la situation » ?

M. Fournier, Vous faites une analyse savante des sondages sur la politique québécoise. Mais il s’agit seulement que des coups de sondes basés sur environ 1000 répondants. QU’est-ce que ça vaut
à un an du scrutin général? Le danger avec ces sondages et ces analyses (un brin sur presque rien), c’est que ça influence les illettrés de la politique qui ne cherchent que ces résultats pour se faire une idée et se choisir un gagnant, pour éviter de perdre leur vote. Ces sondages devraient être bannis du décors politique, du moins durant la campagne électorale.
Je note aussi, depuis environ un an, une tendance favorable par les médias à mettre à l’avant-scène tous partis politiques pouvant nuire au PQ,
à commencer par Gesca dont votre revue fait parti. Comme une partie de bowling, on se sert d’un adversaire pas trop dangereux pour faire tomber celui qui est le plus gênant. Dans ce cas, c’est le PQ qui a de plus en plus de mal à se maintenir depuis 2003.
Mais pour les médias qui sont derrière le PLQ, ce petit jeu peut devenir dangereux et amener à l’avant-scène un parti encore plus pourri que le PLQ et plus nocif pour la vie politique québécoise, à savoir la CAQ.
Si je peux me le permettre M. Fournier, je vous conseillerais de faire de brillantes analyses politiques sans ces données volatiles et virtuelles que sont les sondages. Éclairons les citoyens de plus belles façons que ces hypothétiques données dont on ignore la façon dont ils sont recueillies. Permettons au peuple, une vraie démocratie, pas celle des chiffres virtuels commandées par des firmes à la solde de publicité.

En réponse à M. Cipriano, je vous remercie pour la précision sur
l’appartenance de la Revue L’Actualité. Sauf erreur, cette présente revue appartenait à Power Corporation qui s’en est démise il y a un an ou deux. Je sais que Martin Cauchon est propriétaire de beaucoup de journaux en région dont LE Soleil, autrefois propriété de la famille Desmarais. M. Cauchon est un ami de cette même famille. Bref, L’Actualité demeure la proche amie de GESCA et est très loin de favoriser le PQ, surtout en période électorale, tout comme la SRC dont vous êtes toujours un employé, à moins que….

Non, Power Corporation n’a jamais été propriétaire de L’actualité. Rogers en était propriétaire depuis 1994, après avoir acquis Maclean-Hunter. Nous n’avons aucun lien avec Gesca, et ne favorisons aucun parti politique — ce n’est pas le rôle d’un média.

Si ce n’était que de l’analyse de sondages, l’Actualité possède assez de journalistes compétents pour accomplir cette tâche. Monsieur Fournier apporte de l’inédit. Son analyse est construite à partir d’un modèle qui inclut non seulement les sondages récents, mais une historique de ceux-ci qui remontent à la période post-référendaire (1998). Avec ces données, le modèle permet de faire des simulations, ce qui en fait son originalité.

Selon moi, la CAQ n’est pas encore prête pour le pouvoir, cependant, elle pourrait faire ses classes en devenant la deuxième opposition reléguant ainsi le PQ en dernière place ce qui serait une excellente chose pour le Québec tout entier.

Qui serait leur ministre des finances? De la santé? De l’éducation? Etc…?