La Catalogne, le Québec et le faux idéal de l’État-nation

L’État-nation n’est pas un modèle politique «universalisable». Il y a des milliers de groupes ethniques et linguistiques dans le monde, et moins de 200 États souverains (dont plusieurs fédérations) reconnus par l’ONU. 

SPAIN-CATALONIA-VOTE
Photo : Josep Lago/AFP/Getty Images

La Chaire de recherche en études québécoises et canadiennes de l’UQÀM, dirigée par Alain-G. Gagnon, a organisé un atelier de travail, récemment, sur le mouvement indépendantiste catalan et l’impasse constitutionnelle qui sévit en Espagne.
Politique

On se souvient que la Cour constitutionnelle espagnole a jugé, en octobre dernier, que le référendum qui était prévu sur l’indépendance de la Catalogne était inconstitutionnel.

Le gouvernement catalan d’Artur Mas a par la suite décidé d’organiser un scrutin symbolique, cherchant à démontrer la force et la détermination du mouvement souverainiste catalan. Les opposants à l’indépendance ayant pour l’essentiel décidé de ne pas participer au processus, plus de 80 % des Catalans qui ont voté ont exprimé leur appui à la sécession.

Je ne suis pas un expert de la situation en Catalogne, mais l’une des leçons générales que je retiens des présentations des trois chercheurs catalans, c’est que le durcissement politique à l’égard d’une nation minoritaire est la plus sûre façon de gonfler le soutien au projet d’indépendance.

En 2006, lorsque Madrid et Barcelone négociaient un statut particulier pour la Catalogne, le soutien à l’indépendance était à moins de 20 %. Depuis que le Tribunal constitutionnel a éviscéré en 2010 le statut d’autonomie obtenu par la Catalogne et que Madrid a adopté la ligne dure à l’endroit du nationalisme catalan, l’appui à la souveraineté fluctue entre 45 % et 50 %.

Contrairement à ce qu’en pensent certains à Ottawa, Londres et Madrid, ce n’est pas en niant ou en comprimant l’espace de liberté politique d’une nation minoritaire que l’on stabilise une communauté politique multinationale. C’est d’ailleurs un peu surréaliste d’avoir à répéter une vérité aussi évidente aujourd’hui.

Ma thèse personnelle est que le soutien à l’indépendance chez des nations minoritaires comme le Québec, l’Écosse et la Catalogne est peu susceptible de s’approcher de la barre des 50 % lorsqu’elles disposent de pouvoirs politiques substantiels qui leur permettent de prendre des décisions cruciales pour leur avenir collectif.

Comme le politologue Guy Laforest l’a souvent affirmé, l’État-nation complètement souverain n’est pas «le statut normal d’un peuple normal». L’État-nation n’est pas un modèle politique «universalisable».

Il y a des milliers de groupes ethniques et linguistiques dans le monde, et moins de 200 États souverains (dont plusieurs fédérations) reconnus par l’ONU.

Au moins 40 % de la population mondiale vit dans des États fédéraux plutôt qu’unitaires. Il y aura toujours plus de nations que d’États-nations, et les résidants ont généralement des appartenances multiples.

Bien que l’identité catalane soit indéniablement plus forte que l’identité espagnole chez les Catalans, 65 % de la population catalane déclare avoir une double allégeance (35,7 % «autant Catalan qu’Espagnol», 25,7 % «plus Catalan qu’Espagnol», 2,6% «plus Espagnol que Catalan»).*

Bref, la coopération entre les peuples au sein d’associations politiques multinationales est noble d’un point de vue moral, et nécessaire d’un point de vue pratique.

Cela ne signifie pas qu’aucune nouvelle nation ne devrait devenir complètement souveraine. Cela signifie simplement que le modèle voulant que chaque nation ait son État complètement souverain n’est ni viable ni désirable.

Malheureusement, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy Brey ne semble nullement intéressé par la voie de l’apaisement et de la dévolution.

Lorsqu’on demande aux Catalans pourquoi ils soutiennent l’indépendance, plus de 75 % d’entre eux font de l’autogestion et de la capacité de décider leurs premières motivations, bien avant la promotion de l’identité. En outre, le système de péréquation espagnol semble inéquitable — 8 % ou 9 % du PIB de la Catalogne serait redistribué vers les autres régions, faisant dégringoler sa position économique au sein de l’État espagnol.

C’est, me semble-t-il, parce que l’irrésolution des impasses constitutionnelles des années 1980 et 1990 n’a pas freiné le développement identitaire et politique du Québec que l’appui à la souveraineté est relativement faible à l’heure actuelle. Tout n’est pas parfait, mais la société globale et distincte qu’est devenu le Québec dans la foulée de la Révolution tranquille n’a jamais cessé de se développer et de se consolider.

De même, une des grandes forces du camp du Non lors du référendum écossais a été de reconnaître le droit des Écossais de disposer d’eux-mêmes et de négocier la formulation de la question référendaire. La pire erreur que Londres pourrait faire maintenant est de durcir le ton et d’oublier ses engagements à l’endroit de l’Écosse.

La coopération au sein d’associations politiques multinationales est incontournable, les identités multiples sont la norme, mais les membres des nations minoritaires veulent généralement disposer d’une autonomie politique substantielle leur permettant de prendre des décisions déterminantes pour leur avenir.

Ignorer cette leçon et succomber à l’orgueil de la ligne dure est le plus grand risque que courent les démocraties multinationales.

* Je remercie le chercheur postdoctoral Marc Sanjaume pour les données.

* * *

À propos de Jocelyn Maclure

Jocelyn Maclure est professeur à la Faculté de philosophie de l’Université Laval. Il a publié, avec Charles Taylor, Laïcité et liberté de conscience (Boréal), qui a été traduit en plusieurs langues.

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«Il y a des milliers de groupes ethniques et linguistiques dans le monde, et moins de 200 États souverains (dont plusieurs fédérations) reconnus par l’ONU»

Nommez-moi un groupe ethnique et linguistique, de plus de 6 millions d’habitants, habitant un territoire de 1,6 millions de km carrés, qui n’est pas encore indépendant?

Les Sikhs au Punjab, les Bengalis dans le nord-est de l’Inde, les Bantous en Afrique du Sud, les Kabyles en Algérie, les Kurdes en Iran, Irak, Syrie et Turquie, les Hongrois en Slovaquie, Ukraine et Roumanie, les Tchétchens en Russie, les Baloutchis au Pakistan, voulez-vous que je continue ? Il existe environ 6 000 nations et je crois 192 états souverains membres de l’ONU. Bon nombre de ces nations sont beaucoup plus peuplées que le Québec, la Catalogne ou l’Écosse.

Vous avez raison, l’Afrique tout entière comprend des centaines de groupes ethniques qui voudraient bien avoir leur petit baron locaux. J’y ai demeuré 6 ans, couvrant 60% du territoire au centre et Est de l’Afrique. Regardez cependant ce qui est survenu en Ouganda, au Rwanda, en Yougoslavie et combien d’autres !

La Slovaquie fait 49,000 km carrés! Le Punjab 50,000. A peu près la Gaspésie.
Le seul exemple valable dans le tas est peut-etre les Khurdes. Mais je ne suis pas sûr que leur territoire fasse 1,6 million de km carrés
Faudrait calculer.
Le cas québécois est unique au monde
6 millions d’habitants, 1,6 million de km carrés, près de 5 siècles de présence au même endroit, et toujours pas indépendant.

c’est quoi au juste le rapport avec les km carrés ? Le Québec habité, essentiellement la vallée du St-Laurent, couvre à peine 10 % de sa superficie. Ce sont les nations innu, cri et autres qui habitent le gros des km carrés du Québec. La grande région de Montréal à elle seule comprend 50 % de la population du Québec avec combien de km carrés ? Le Québec n’est pas du tout unique au monde.

Constatation très intéressante que les Québécois devraient garder à l’esprit quand ils parlent du « territoire ». Le Nunavik (très grand territoire du nord du Québec) est presqu’exclusivement habité par des Inuits qui ont l’inuttitut comme langue principale. Selon le concept d’état-nation, ils devraient pouvoir se constituer en pays indépendant. Ah, mais je vois les « coloniaux » dire que sans notre argent ils n’iraient pas loin… Avez-vous oublié les richesses naturelles de leur territoire qui profite surtout aux multinationales et aux gouvernements du sud?

Les km carrés c’est le territoire habité par ladite nation. Le Québec libre serait le 17e plus grand pays au monde. Et le 14e s’il rapatriait le Labrador (les Russes ont bien rapatrié la Crimée, les Chinois HK)

Faites-moi rire avec vos Innus! Y’a plus de Blancs au nord du 49e parallèle que d’autochtones

Jack2 le 9 décembre 2014 à 14 h 52 min:

« Le Québec libre serait le 17e plus grand pays au monde. » (sic)

De par sa solide appartenance à notre beau et grand Canada, le Québec est l;e DEUXIÈME plus grand pays au monde. Le DEUXIÈME et vous voudriez que nous RECULIONS en 17e, place???

D’habitude, les gens intelligents veulent avancer, PAS reculer!!!

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_et_territoires_par_superficie

De plus, votre argument su le rapatriement du Labrador est totalement loufoque. Pourquoi pas tout l’Est américain jusqu’en Louisiane tant qu’à y être?

Même les péquistanais ont jeté cette éponge. C’est dire…

@francois

La Nouvelle-Orléans ne nous a pas été volée. Elle a été vendue aux américains par les Francais.
Le Labrador nous a été volé en 1927 par la Cour de Londres. Deux des cinq juges avaient un conflit d’intérêt.

« Le Labrador nous a été volé en 1927 par la Cour de Londres ». Le Labrador n’a jamais été québécois. Le Québec, comme le reste du Canada, est une société issue d’une (double) colonisation ; elle n’est donc qu’une autre colonie de peuplement. Il s’agit donc d’un cas d’arroseur arrosé, c-à-d. de colonisateur colonisé. Par ailleurs, la Conquête (qui a été une cession) nous a épargné l’infamie de coloniser le reste du continent. En Corse, en Algérie ou en Nouvelle-Calédonie, où nos cousins Français n’avaient pas de compétition, la colonisation n’a pas été très reluisante.

Comme c’est étrange…

Nos valeureux péquistes n’avaient, il n’y a pas si longtemps, que le mot « Écosse » à la bouche et soudain…pouf! ce mot est totalement disparu de leur vocabulaire…

« Ma thèse personnelle est que le soutien à l’indépendance chez des nations minoritaires comme le Québec, l’Écosse et la Catalogne est peu susceptible de s’approcher de la barre des 50 % lorsqu’elles disposent de pouvoirs politiques substantiels qui leur permettent de prendre des décisions cruciales pour leur avenir collectif. » C’est ce que posait comme question feu Pierre Trudeau par « What does Quebec wants ? Le Québec n’a jamais vécu une situation précaire depuis la deuxième guerre et a un degré de pouvoir très élevé mais certains au Québec pensent faire mieux que ce qui est en place dont le PQ avec son projet de société qui n’a fait que des dégâts dont la question de la langue dans les écoles qui a carrément fait reculé les possibilités d’employabilité des millions de jeunes par des entreprises qui ont besoin de personnel bilingue parce qu’ils font des affaires, soit en achetant ou vendant des biens au Canada et USA, soit 74% de la production Québécoise. Le PQ a dû fire son mea culpa il y a quatre ans après avoir berné pendant 40 ans, les jeunes tout comme les plus vieux avec leur manque de vision pour les conserver dans l’ignorance tout comme Duplessis a réussis à le faire.

Il ya des nations apatrides dans dictatures incapables d’être indépendant.
Il ya des nations dans les pays démocratiques qui peut raisonnablement convenir.
Catalogne ne peut convenu rien avec l’État, mais l’Espanye ne peut plus utiliser la force, ce est la différence.

Pourquoi la Slovaquie, la Slovénie, la Serbie, la Croatie, la Suède, la Norvège et bien d’autres nations encore ont-elle droit à tous les avantages d’un État souverain et pas le Québec? Pourquoi le séparatisme canadien par rapport aux États-Unis est-il légitime, mais pas le séparatisme québécois par rapport au Canada?

Pourquoi, si la souveraineté est un concept dépassé, y a-t-il toujours de plus en plus de nations souveraines et d’autres encore qui la désirent ardemment?

Si, comme l’affirme l’auteur de cet article, « L’État-nation n’est pas un modèle politique ‘universalisable’ « , que dire alors de la tendance inverse à fédérer des nations différentes? Ce modèle est-il, lui, universalisable? Si oui, comment explique-t-on l’effondrement de l’URSS, de la Yougoslavie et peut-être de la Belgique?

Et si l’on accorde une « supériorité morale » à la cession des souverainetés au profit d’États multinationaux, pourquoi le Canada ne cède-t-il pas la sienne pour faire partie d’un grand pays nord-américain?

Comme d’habitude, le raisonnement proposé par l’auteur de cet article manque de développements, mais surtout, il est porté à la base par une constellation d’intérêts bien peu rationnels: préserver à tout prix l’ordre politique et constitutionnel canadien. Ces intérêts sont légitimes, j’en conviens, mais il faudrait être bien naïf pour croire qu’ils sont l’aboutissement d’une longue chaîne de raisonnements rigoureux…

Voilà un argument rationnel de la part de M. Augustin D. Pourquoi un état souverain serait-il légitime pour les autres et pas pour nous? Aussitôt que la souveraineté semble revenir dans le paysage politique les arguments du camp du mépris rebondissent audelà de toute rigueur intélectuelle. Les récents débats sur le transport du pétrole des sables bitumineux (voies ferrées, oléoducs, voie maritime) démontrent le peu de respect qu’ont les industries drapées de charte fédérale pour les inquiétudes pourtant tout à fait légitime des québécois. Et le fédérale se sert de nos propres taxes pour nous passer un tuyau que ni les états-uniens, ni les britano-colombiens ne veullent. Avec le chantage de la péréquation on leur doit bien ça. Dans un autre domaine, pourquoi le fédéral n’accepte t-il pas de soumettre les industries à charte canadienne aux principes de la loi sur la protection du français lorsqu’elles œuvrent au Québec? Et que dire en ses jours de commémorations de l’absence même du fédérale dans un des moments les plus déchirants et significatifs de l’histoire du Canada où un homme s’est ouvertement attaqué aux rêves potentiels de toute la population du pays. L’absence du fédéral c’est de refuser de reconnaître le massacre du 6 décembre 1989 comme mondialement les premiers meutres planifiés en série visant des femmes pour ce qu’elles sont alors que le tueur avait dans ses poches une liste de femmes à abattre bien en vue dans des positions de pouvoir mais collectivement trop inaccessibles pour en faire un coup d’éclat alors que des jeunes femmes regroupées après avoir été séparées de leurs confrères masculins dans un bastion aussi symboliquement masculin ferait lâchement la job. Cette réalité les conservateurs se refusent de la voir parce qu’elle heurte de plein fouet les valeurs conservatrices qui sont entre autres l’absence de contrôle des armes à feu et le développement inconsidérés des sables bitumineux. Ainsi l’idéologie l’emporte contre tout bon sens. Ces valeurs

(Suite) C’est valeurs nous ressembles de moins en mois car elles érigent en quelque sortes un espèce de mur de Berlin culturel entre nous les Québécois et Eux. C’est pourquoi le gouvernement conservateur choisit par la majorité canadienne est le meilleur des arguments pour qu’à souveraineté.

Toute cette question est fort complexe, comme en témoigne la teneur de votre excellent article, mais quant à moi, elle peut se réduire à une simple question de maturité. En dernière analyse, les nations incapables de décider de se gouverner elles-mêmes n’ont pas tant que ca à perdre à se laisser gouverner de l’étranger. Cela na donne pas de quoi bomber le torse, on en convient, mais tant que la démocratie est là pour donner ce que l’on mérite, on peut quand même redresser la tête de temps en temps. Admettons aussi en toute objectivité que dans le cas particulier du Québec, cet étranger n’est quand même pas un sauvage.. on a déjà vu pire….

Si on regarde un peu l’histoire des civilisations, on peut conclure que quand un état est grand, l’intérieur de ce territoire est en paix, même s’il est en guerre avec ses voisins. Fragmentez cet état et vous aurez une augmentation de la guerre entre les plus petits états. Avec l’empire de Rome, on a eu la Pax Romana , la paix romaine, à l’intérieur de ce territoire, alors qu’avant, il y avait d’incessantes guerres entre les différents groupes.

Certaines civilisations se sont aussi effritées en donnant plus de pouvoir aux territoires éloignés du centre. Ça a été le cas de la première civilisation égyptienne. Avec une délocalisation importante du pouvoir, on diminue le commerce et les échanges. La chute de l’URSS ne s’est pas faite sans heurts: plusieurs des petits pays indépendants sont encore dans la misère.

Aujourd’hui, il y a moins de guerre. Mais lorsqu’une province ou une partie d’un pays a des problèmes, le gouvernement central va aider. Ce gouvernement central aide à la solidarité entre les différentes parties du pays. Il sert à redistribuer la richesse. Le fait d’avoir plusieurs paliers gouvernementaux sert aussi comme chien de garde contre les prises de pouvoir de possibles dictateurs.

Si le Québec se séparait du Canada, qu’est-ce qui empêcherait les indiens de se séparer du Québec en utilisant exactement les mêmes arguments que les québécois auraient utilisés pour se séparer? Et qu’est-ce qui empêcherait l’Alberta de faire pareil? Serait-on mieux sans gouvernement fédéral, mais avec 10-15 pays différents qui essaient de s’entendre sur les exportations et le déplacement de la main-d’œuvre? Avec de nouvelles douanes entre ces pays? Et si une région veut son indépendance et/ou se relier à un autre pays? Où est-ce qu’on arrête?

Certaines parties de l’Ukraine ont voulu se séparer du noyau central. Pourquoi est-ce qu’on ne respecte pas leur choix? Pourquoi est-ce que les séparatistes n’on pas appelé au respect du choix de la Crimée de se séparer? Parce qu’ils sont revenus dans la Russie? Ou à cause d’une espèce d’inviolabilité territoriale? Avec ce principe d’inviolabilité territoriale, le Canada serait en droit de prendre les armes contre le Québec en cas de séparation! À l’autre extrême, on a eu l’Irak qui a voulu reprendre le Koweït qui lui appartenait jadis… mais avec quelle réponse de la part des autres nations?

Anciennement, le noyau social, c’était la famille, ou la tribu, qui était un ensemble de familles apparentées. On est peut-être génétiquement programmé pour préférer ce genre de société. Mais, avec la surpopulation actuelle, ce mode de gouvernance n’est plus possible. Ce sont les modes de gouvernance de nations qui ont permis le développement de notre civilisation actuelle. Fragmenter toutes ces nations ne ferait que sonner son déclin.

Êtes-vous sur que 40 % de la population mondiale vit dans États vraiment fédéraux? Si la situation politique ideal c’est la fédération, pourquoi les États-nation ne proposent pas de s’unifier dans un seul État fédéral pour coopérer à materialiser cet idéal noble d’un point de vue moral, et nécessaire d’un point de vue pratique? Comme expliquer que UK ne veût pas s’integrer totalement dans l’EU? Pourquoi jamais petits États comme Luxemburg o Danemark, ne décident pas de se dissoudre/fédérer avec quelque Etat-nation? Pourquoi aucune pays qui a réussi à être un Etat, jamais a décidé démissionner de cet situation.
La realité politique actuelle c’est qu’il y a des États-nation, États avec plusieurs nations et des nations sans État, et aussi des groups humaines qui n’ont pas ni État ni conscience de nation et qu’ils n’aspirent pas à devenir un État. La question à se poser est: pourquoi il y a des nations qui elles ont un État et d’autres qu’il n’ont pas un État? La reponse c’est claire pour moi: par la guerre, par l’ocupation, par l’exercice de la force. Et alors, on doit se demander: au siècle XXI c’est acceptable cet situation? C’est morale d’accepter et de justifier le résultat du map politic actuelle si nous sômmes conscients que c’est le résultat de la domination d’un peuple par la force des armes?

Par exemple, je suis catalanne, pas espagnole, mais je me sens aussi très europeénne et aussi part du humanité. Tous les peuples sômmes dans le même bateaux et tous, absolument tous, avons les mêmes droits. Le progrès, si est qu’il exist, doit servir pour trouver la formule qui nous permet de vivre en paix respectant les autres.

Je suis désolé, mon mauvais français. Cependant, je espère que vous comprenez ce que je voulais exposer.

S’agissant du Québec en particulier comme du Canada en général, il ne faut jamais oublier que les Deux Turpitudes, et pas seulement l’une des deux, ont le principe d’État-Nation vissé au fond du crâne ; les uns l’important plutôt de France et les autres d’Angleterre, deux pays dont l’unité démocratique fut le résultat d’une Révolution, contrairement à ce qui se passa pour l’unité italienne (1860) et l’unité canadienne (1867).

Le résultat est que les uns, constatant l’existence d’une nationalité, veulent à toute force lui faire correspondre un État ; et que les autres, constatant l’existence d’un État, veulent à toute force y faire correspondre une nationalité.

Dans tout ça, ou en-dessous de tout ça, le facteur linguistique reste le plus important. Étant donné qu’il y a depuis toujours au Canada deux langues véhiculaires (lingua franca) et non une ou trente-six, du coup il tend à y avoir deux sociétés et non une, malgré les liens nombreux et dynamiques qu’elles entretiennent l’une avec l’autre, ce qui rend caducs et inopérants les DEUX concepts « identité québécoise » et « identité canadienne », car les frontières culturelles (identité) et les frontières géopolitiques (citoyenneté) ne se correspondent pas.

Et en passant, selon moi, une des leçons majeures de l’avanie fasciste en Italie est justement celle-ci: Quand les frontières culturelles et les frontières politiques ne se correspondent pas, ne les fait pas se correspondre, sinon tu vas détruire le pays que tu dis tant aimer.

« Canadien » comme « Québécois » sont des noms de citoyennetés, mais pas d’identités, quels que soient les refrains en sens contraire qu’entonnent les nationalismes canadien et québécois d’une voix de fausset.