La citoyenneté expliquée

D’où vient la citoyenneté, comment a-t-elle évolué ? Et comment les États gèrent-ils les doubles, ou triples, citoyennetés ? Deux juristes, France Houle et François Crépeau, l’expliquent dans le dernier Planète Terre:

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Merci M. Lisée. Vraiment intéressant et très instructif …
Et puis, ça me donne l’occasion de mieux connaître ce qu’offre le site du Cérium. J’y reviendrai.

Reste que … Pas de doute pour moi, vous êtes bien meilleur communicateur et pédagogue, qu’analyste de sondages sur les intentions de vote des Québécois 😉

Annie B-Pouliot
Capitale-Nationale

Nathalie Choquette est née au Japon. Elle n’a pas la citoyenneté japonaise et elle n’est pas japonaise (culturellement parlant)

Omer Khadr est né au Canada. Il a la nationalité canadienne mais n’est pas pas canadian (culturellement parlant)

Bernard Adamus est né en Pologne. Il a la nationalité polonaise mais n’est pas polonais (culturellement parlant)

C’est mêlant de nos jours. On ne sait plus qui est qui? Y’a les papiers qui disent une chose, et la culture de l’individu qui dit autre chose

Question…reconnu comme nation à l’intérieur du Canada en novembre 2008, quels sont les privilèges.
Sur le passeport suis-je d’abord québécois puisque l’on m’a reconnu comme québécois?
Est-ce que j’ai droit à un territoire, une réserve ou quoi d’autres?
Est-ce qu’on peut négocier un traité?
Dois-je payer des taxes au fédéral?…non youppi
……fini les conneries du fédéral, et les embouteillages

C’est un sujet intéressant. C’est quoi la citoyenneté? Selon le film, la citoyenneté active est les personnes qui peuvent participer en publique. Je pense que les personnes sont les citoyens s’ils peuvent s’intégrer à la culture d’un certain pays. Il y a des personnes qui sont nées au Canada, par exemple, et qui ont la citoyenneté sur un papier, mais ils ne parlent pas ni anglais, ni français, et ils ne participent pas vraiment à notre culture. Pour avoir le droit de devenir citoyen, il faut essayer de s’intégrer. Ça veut dire, essayer d’apprendre la langue où les langues officielles, participer aux activités et grandes fêtes nationales, et travailler. La double citoyenneté peuvent existent aussi. Je connais des gens qui participent à la culture où ils habitent et ils visitent leurs pays natifs souvent, et ont des amis et la famille dans deux pays. Il y a aussi des gens qui passent les étés dans un pays et les hivers dans un autre, alors ils habitent dans deux pays et participent aux deux cultures.

1) Les enfants des immigrants qui naissent en France n’ont pas la nationalité à la naissance. Ils l’obtiennent en la demandant à 18 ans (si on faisait ca au Canada, il n’y aurait pas eu d’affaire Khadr)

2) La comparaison que Crépeau fait entre les snowbirds et les Libanais est ridicule, voire odieuse. Les snowbirds sont des Québécois de la 10e génération qui ont payé des taxes et des impots toute leur vie au Québec. Ils vont dans le sud quelques mois et rentrent ensuite au Québec.
Rien à voir avec les Libanais qui ont passé quelques années au Canada (la plupart sont arrivés au début de la guerre en 75), le temps de raffler un passeport, et qui sont retournés dans leur pays une fois la guerre terminée (en 1990)

J’ai beaucoup apprécié vos commentaires au sujet de l’intégration, Coreen. C’est vrai que dans un monde avec autant de mobilité que le notre, ce n’est guère surprenant qu’il aurait des gens avec des affiliations à plus qu’un pays. L’inquiète est, je crois, qu’ils doivent se montrer, pour ainsi dire, « sérieux » dans leur citoyenneté – et je pense que la langue est un excellent point de départ. Comment pouvoir s’intégrer, sans pouvoir communiquer dans une langue commune ?
Il y a tellement de facteurs qui contribuent à la question de si un pays permet la double citoyenneté, et avec quel pays. Mes grands-parents sont un cas intéressant ; ils sont venus de l’Angleterre au Canada en 1957, et dès qu’ils sont arrivés, ils pouvaient voter dans des élections canadiennes ! Et non pas parce qu’ils avaient de la citoyenneté canadienne, mais parce que le Canada voyait l’Angleterre comme tellement liée aux fortunes du Canada, que les Anglais pouvaient voter dès qu’ils immigraient. Dans ce cas là, ce n’est pas question de citoyenneté, ou d’intégration, mais de politique – les pays sont tellement liés que la citoyenneté cesse d’être importante.

Bonjour,
Ce que nous pouvions d’une certaine façon avant La Renaissance être gâté car le nationalisme n’existait tout simplement pas. N’est ce pas ce fier Canadien, le brillant Marshall McLuhan qui affirma haur et fort : Avant La Renaissance, le nationalisme n’existait pas alors que par l’entremise de Gutenberg, cela permit de voir la langue maternelle en Uniforme ! Bien à vous, John Bull.

Bel exposé historique et contemporain. Ça enrichit ce que j’ai appris récemment sur les origines de la démocratie dans La démocratie : ses fondements, son histoire et ses pratiques de Benoit Mercier et André Duhamel édité par le Directeur général des élections.

Je retiens la distinction fondamentale entre citoyenneté du sol et citoyenneté du sang.

L’entrevue m’a donné le goût d’aller relire le chapitre 4 de votre Nous, Nous tous : citoyens du Québec.

À titre de promoteur du droit de vote dès la naissance, j’ai été heureux d’apprendre que « le droit de vote des citoyens canadiens aux élections provinciales n’est pas complètement sacré. Il est soumis aux lois provinciales sur la résidence. »

En réponse à John Bull #7,

Brave Marshall McLuhan ! Il ne prenait pas de chance de situer trop tard dans l’Histoire la venue du nationalisme en la situant avant la Renaissance qui aurait débuté au XVe siècle et qui se serait arrêtée vers le début du XVIIe.

Le terme nationalisme désigne le principe politique, né à la fin du XVIII siècle tendant à légitimer l’existence d’un État-nation pour chaque peuple … Google

Le nationalisme en France comme idée que ce pays est une nation et non pas un royaume, est né à la fin du XVIIIe siècle dans la bourgeoisie, sous la plume des philosophes des Lumières. Bien que cette idée ait muri durant le XIXe siècle, la France ne devint vraiment une nation qu’en 1871, à l’avènement de la Troisième République. Wikipedia

Dans Penser l’État, 1997, Philippe Braud consacre près d’une dizaine de pages à la nature de la nation. Le territoire, l’ascendance de la majorité qui l’habite, sa langue, sa religion, ses coutumes et ses traditions.

Dans une conférence prononcée en 1882, Renan ajoute sa volonté d’appartenance et la reconstruction permanente de son passé. Le consentement des populations est conditionné, construit, par un travail intense de socialisation comme l’inculcation d’une langue à l’école, l’assimilation d’une idéologie nationale partagée et la déligitimation d’autres parlers, d’autres cultures et d’autres mémoires.

Le Québec est une multinationale en ce sens qu’il est habité par plusieurs nations : les Premières, la deuxième, la troisième, d’autres ? La deuxième y est suffisamment majoritaire pour que sa langue soit celle d’échanges entre membres de nations différentes.