La classe politique rend hommage à Bernard Landry

« Merci pour tout, a souligné la députée péquiste Véronique Hivon. Convictions et confiance inébranlable dans le Québec et le projet d’indépendance, la cause de votre vie, voilà ce qui vous animait avec passion, cher M. Landry. »

Photo : La Presse canadienne

Un des compagnons de route de Bernard Landry, l’ancien député péquiste d’Abitibi-Ouest François Gendron, lui a rendu hommage. Il l’a décrit comme un « batailleur, déterminé, convaincu », lui qui était à ses côtés dès l’élection du premier gouvernement Lévesque, en 1976.

« C’est un orateur sans précédent, c’est un honnête homme, il a fait beaucoup pour l’économie du Québec », a déclaré M. Gendron en entrevue près des bureaux de la presse parlementaire. Il a notamment rappelé ses efforts pour diversifier l’économie de la capitale et des régions, ainsi que la « Paix des Braves », l’entente historique avec la nation crie.

Pour sa part, le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a affirmé qu’il avait le cœur brisé.

« J’offre mes plus sincères condoléances à sa famille, ses amis et à l’ensemble des indépendantistes québécois. Le Patriote de Verchères n’aura jamais voyagé vers d’autre pays que le Québec », a-t-il gazouillé.

« Merci pour tout, a renchéri la députée péquiste Véronique Hivon. Convictions et confiance inébranlable dans le Québec et le projet d’indépendance, la cause de votre vie, voilà ce qui vous animait avec passion, cher M. Landry. Vous avez contribué à bâtir un Québec fort économiquement, juste socialement et ouvert culturellement. »

Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, a quant à lui souligné la « passion » qui animait Bernard Landry. « Personne ne peut nier l’amour qu’il portait au Québec. Il s’est investi pendant plus de 50 ans dans la sphère politique et publique afin de militer pour ses idéaux. Il a contribué à bâtir le Québec d’aujourd’hui.

« Merci, M. le premier ministre », a-t-il déclaré par voie de communiqué.

« Il faut aussi donner le mérite à M. Landry pour la Paix des Braves, un accord de nation à nation avec les Cris, duquel on peut tirer des enseignements pour nos relations avec les Premières Nations. Reposez en paix, M. Landry », a gazouillé la chef parlementaire de Québec solidaire, Manon Massé.

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En rafale…

— Jean Charest, ancien premier ministre du Québec

« Chaque fois qu’on lui posait des questions sur l’économie, c’était un adversaire très coriace. Même chose lorsqu’il devient chef de l’opposition officielle, alors là, c’était pas facile. J’avais devant moi quelqu’un qui connaissait le Québec de fond en comble. Là-dessus, il a été un adversaire de taille pour nous. […] J’avais beaucoup de respect pour lui, même si, entre lui et moi, on ne se faisait pas de cadeaux, on ne se faisait pas de quartiers. C’était une bataille dure, mais respectueuse. »

— André Boisclair, ancien chef du Parti québécois

« Monsieur Landry, vous m’aurez appris l’amour du Québec, de sa langue et de sa culture, ainsi que par votre exemple, le sens des mots militantisme et progrès. Aujourd’hui, c’est tout le Québec qui vous pleure. Reposez en paix. »

— Pierre Karl Péladeau, ancien chef du Parti québécois

« Bernard Landry, le grand patriote, l’économiste, incarnait, et incarne toujours, notre marche vers le pays du Québec. Mes condoléances à son épouse Chantal, à ses enfants Julie, Philippe et Pascale, à sa famille, à ses proches et à tous les militants de l’indépendance nationale. »

— Jean-François Lisée, ancien chef du Parti québécois

« L’homme qui nous quitte aujourd’hui laisse un héritage à sa mesure : volontaire, visionnaire, ambitieux, audacieux. Du virage technologique à la Paix des Braves, deux des grands marqueurs de son action publique, il a été de tous les combats. Indépendantiste jusqu’à la moelle épinière, amant de la langue française et de l’histoire, patriote et fier de l’être, Bernard Landry était inépuisable. »

— Jean-Pierre Charbonneau, ancien député et ministre du PQ

« C’était un des meilleurs propagandistes de la cause de l’indépendance du Québec depuis plusieurs décennies, c’est quelqu’un qui était acharné à cet égard-là. […] Il a donné beaucoup de crédibilité au combat indépendantiste dans tout le créneau des conséquences économiques, et de la capacité économique des Québécois de se prendre en main et de développer leur économie. »

« Je pense que s’il avait eu la chance d’être premier ministre plus longtemps, puis d’être premier ministre non pas en remplacement de quelqu’un, M. Landry aurait eu la chance de se déployer, un peu comme Mme [Pauline] Marois… »

— Richard Legendre, ancien député et ministre du PQ

« J’ai eu la chance de le voir il y a à peine deux semaines, il était d’une humeur extraordinaire. J’avais passé une heure avec lui et son épouse Chantal, c’était un moment extraordinaire. Écoutez, quand j’ai quitté, et ça me touche aujourd’hui, il me disait : “J’espère pouvoir retourner voir l’Impact le printemps prochain.” Je vais vous dire, quand j’ai appris son décès aujourd’hui, ça m’a beaucoup ébranlé.

« J’ai le souvenir d’un bon Québécois, d’une taille surdimensionnée. M. Landry, on parle beaucoup de lui comme l’homme d’économie, mais c’était aussi un homme de développement social, un homme de solidarité, un homme de culture et en ce qui me touchait moi un peu plus, un homme de sport aussi, qui était un fervent de sports. »

— Gilles Duceppe, ancien chef du Bloc québécois

« Bernard Landry, on se connaît depuis 50 ans. Je voyais des images tantôt de Bernard Landry qui négociait avec un jeune homme en 1958 et c’était moi. Il était conseiller du ministre de l’Éducation, Jean-Guy Cardinal, moi j’étais un des vice-présidents de l’Union générale des étudiants pendant l’occupation des cégeps et des universités. Alors c’est depuis ce temps-là qu’on se connaît. Après ça, c’est sûr, on a milité ensemble dans le mouvement souverainiste, on a été amis, on a fait un voyage ensemble…

« C’est un homme de conviction, un homme de passion, pragmatique, visionnaire. La Paix des Braves, c’est Bernard Landry. Le multimédia et l’intelligence artificielle, c’est Bernard Landry qui a mis le Québec au diapason de ces nouvelles technologies. Le premier budget équilibré, c’est Bernard Landry, ministre des Finances. Bernard disait toujours : “La patrie avant les partis.”»

— Valérie Plante

« M. Landry était, oui un grand Québécois, mais aussi un patriote, comme il se nommait lui-même. Il avait le Québec tatoué sur le cœur. Il y a plusieurs choses qu’on peut retenir, mais je pense que je vais mettre de l’emphase sur la vision qu’il y a eu pour toute la vision créative, l’industrie technologique également, numérique, qui a non seulement permis à Montréal de prendre son envol, en tout cas qui a permis de se démarquer, qui a permis également au Québec de se démarquer au niveau international. Bravo. Fallait être visionnaire. »

— Justin Trudeau, premier ministre du Canada

« Mes premières pensées sont pour la famille et les proches de M. Landry. Ce fut un homme qui a bien servi le Québec pendant de nombreuses années dans différentes positions. Et on doit reconnaître d’abord aujourd’hui son dévouement envers sa communauté, envers son pays. »

— Roméo Saganash, porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière de réconciliation

« La Paix des Braves fut la plus grande contribution à la réconciliation entre nos peuples, avant même que le mot soit populaire, j’en suis encore reconnaissant à ce jour pour ce geste courageux. Il aura marqué un tournant sans précédent dans les relations Cris-Québec, il était un grand ami des Cris, un ami respecté. »

— Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec

« M. Landry est un grand bâtisseur de l’économie du Québec moderne. Il était un ardent promoteur des intérêts du Québec et reconnaissait l’importance de ses institutions économiques et financières pour créer de la richesse, au service de la population. Au nom de la Caisse de dépôt et placement du Québec et en mon nom, je tiens à offrir nos plus sincères condoléances à sa famille et ses proches. »

— Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux

« Bernard Landry était un bâtisseur, un homme d’une grande érudition qui a largement contribué à faire du Québec une nation moderne tantôt comme ministre des Finances, vice-premier ministre et plus tard comme premier ministre du Québec. C’était un brillant économiste et un homme aux valeurs humaines remarquables. »

— Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

« Premier ministre du Québec de 2001 à 2003, Bernard Landry a été de tous les combats qui ont fait du Québec une société plus juste, plus égalitaire et plus démocratique. Nous voulons saluer son engagement de tous les instants pour faire du Québec un pays. »

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7 commentaires
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Je ne suis pas séparatiste mais je sais reconnaître un grand homme en M. Landry qui a fait beaucoup pour le Québec. Mes plus sincère condoléances à la famille.

Et QS et le PQ devraient s’en inspirer maintenant et pour toujours quand viendra le temps de réfléchir sérieusement aux moyens d’atteindre la souveraineté que les René Lévesque, Jacques Parizeau et Bernard Landry de ce monde ont tant espéré.
Maintenant ma question: Est-ce que le Québec peut se permettre d’aligner 2 partis souverainistes? Posez-vous la question, et répondez-y avant qu’il soit trop tard…

Sans aucun doute le politicien québécois qui aura le plus parlé de la nation québécoise. Pénible de voir resurgir de nos jours la province de Québec et les Canadiens français comme d’antan.
On va devoir renommer l’échangeur Turcot. Je propose qu’on le nomme l’échangeur Landry. Landry est un des grands bâtisseurs du Québec moderne et comme il habitait sur la rive-sud…..

Un autre nationaliste Canadien qui nous quitte. Bon repos M.Landry.

Si M.Landry avait mis autant d’effort à créer le pays du Québec au lieu de chercher à créer un pays pour une nation imaginaire, peut-être n’en serions-nous pas là aujourd’hui Monsieur. Comme Monsieur Lévesque, M.Landry fait parti de ceux là qui voulait hausser les pouvoirs du Québec mais…à l’intérieur de Canada. Tout le contraire d’un Jacques Parizeau qui lui fut le dernier des vrais patriotes à avoir porte haut le flambeau. Et comprenez bien que je ne dénigre aucunement Landry mais faut pas mélangé les pommes pis les oranges dans le panier indépendantiste.

J’espere qu’indépendamment de son héritage politique
(qui est colossal lui qui a tant fait pour le Québec), on
se souviendra et on s’inspirera aussi de son amour et
de son optimisme inconditionnel pour le Québec. A
l’extrême opposé de tout l’auto-Québec «bashing »
ambiant (les québécois on est comme si, comme ca),
de toute forme d’auto-rapetissement collectif : pour
lui, vraiment, il y avait toujours une solution pour le
Québec, toujours moyen de l’amener plus loin et de le
rendre plus fort. Merci d’avoir cru en « nous » sans
jamais faillir. En espérant que nous trouverons
toujours nous aussi la force de faire de même.