La commission Charbonneau a raté sa cible

La commission n’a pas véritablement cherché a découvrir l’existence des «retours d’ascenseur» au provincial, soit le traitement préférentiel dans l’octroi des contrats publics.

PolitiqueÀ l’heure des bilans, rares sont les experts mieux placés que Sylvain Tremblay pour jauger de la qualité des preuves amassées par la commission Charbonneau. Et l’enquêteur à la retraite ne passe pas par quatre chemins pour exprimer sa déception, dans Le Devoir de lundi.

Selon M. Tremblay, la commission a beaucoup trop tardé avant d’aborder la question du financement des partis provinciaux. Pire : elle a ignoré des témoins importants, dont un homme d’affaires impliqué sur la scène provinciale et municipale. Ce témoin avait été rencontré par les enquêteurs de l’Unité anticollusion (UAC) de Jacques Duchesneau, et il leur avait fait des confidences sous le couvert de l’anonymat.

Dès le début des travaux, les membres de la défunte UAC ont refilé le tuyau aux procureurs de la commission, en leur révélant l’identité de ce témoin mystère. L’homme en question aurait pu relier Marc Bibeau et Pierre Bibeau — tous deux montrés du doigt pour le financement sectoriel au PLQ — à nul autre que l’entrepreneur Tony Accurso.

La commission n’a pas véritablement cherché a découvrir l’existence des «retours d’ascenseur» au provincial, soit le traitement préférentiel dans l’octroi des contrats publics qui aurait été accordé aux firmes de génie conseil et aux entrepreneurs qui finançaient le PLQ.

Bref, la commission aurait pu faire beaucoup plus de chemin si elle avait cherché véritablement à s’attaquer au système en place, dit Sylvain Tremblay. Ce système est malheureusement intact.

L’ex-enquêteur fait un bilan positif du volet des travaux sur le monde municipal et syndical… quoiqu’il eût souhaité une meilleure utilisation des preuves de l’opération Diligence.

Parmi les sujets passés sous silence, il y a le trafic des cartes de compétence à la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Avec la complicité de leaders syndicaux de la FTQ-Construction, des membres du crime organisé ou leurs proches ont pu obtenir ces cartes. Le stratagème a permis à des membres du crime organisé de prendre le contrôle de chantiers, de payer les heures supplémentaires des ouvriers au noir (avec l’accord des entrepreneurs), ou même de dissimuler les profits d’activités illégales avec cette façade commode de travailleur de la construction.

Les propos de Sylvain Tremblay font mal à la commission Charbonneau. Il n’est pas le dernier venu en matière d’enquête. Durant sa carrière à la Sûreté du Québec, il fut l’un des principaux responsables des opérations SharQc et Diligence.

SharQc s’est soldée par l’arrestation de la quasi-totalité des Hells Angels au Québec. Et Diligence, dont les écoutes ont été utilisées à la commission Charbonneau, a révélé l’influence de la mafia et des Hells Angels sur la FTQ-C et le Fonds de solidarité.

Enfin, Sylvain Tremblay a fait partie de l’UAC avec Jacques Duchesneau, et il a été aux premières loges pour constater la présence d’un «empire malfaisant» qui fait main basse sur les contrats du ministère des Transports en échange de dons aux partis provinciaux.

Personne n’osera dire qu’un ex-policier d’un tel calibre parle à travers son chapeau.

* * *

À propos de Brian Myles

Brian Myles est journaliste au quotidien Le Devoir, où il traite des affaires policières, municipales et judiciaires. Il est présentement affecté à la couverture de la commission Charbonneau. Blogueur à L’actualité depuis 2012, il est également chargé de cours à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). On peut le suivre sur Twitter : @brianmyles.

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Le DGE n’a pas les pouvoirs nécessaires pour s’assurer que les élections soient propres et qu’il n’y ait pas d’argent sale dans les caisses électorales des partis . Une immense pièce de théâtre comme beaucoup d’autres enquêtes publiques. Même dans l’appareil de justice les gens honnêtes sont écartés souvent soit par une promotion ou mise à la retraite politique. La grande justice n’est pas au RDV c’est encore évident car cela nécessite un courage que nos gouvernements ne peuvent avoir avec une classe politique qui arrive au pouvoir les mains constamment attachés.

Ce n’est pas d’hier que les criminels pullulent dans le domaine de la construction, la Commission d’enquête qui a suivi les événements du saccage à LG2 en 1970 démontra avec brio qu’un criminel qui sortait de prison avait accès direct à un travail sur les chantiers de la Baie de James. Rien n’a changé puisque ce sont les syndicats sous le PQ qui a pu prendre le contrôle du Conseil d’administration lorsque l’OCQ devenu la CCQ et intégré ses fiers à bras et ses petites copines partout au Québec. Avec le brassage de leur cage par le ministre du travail, un nettoyage en profondeur viendra faire un grand ménage à la CCQ, il était grand temps. Mais ce qui devrait aussi être mis en place est un système de dépistage des “dopés sur les chantiers qui sont de véritables dangers publics pour les autres travailleurs, étant toujours dans les “vaps” et dont certains sont des revendeurs. Un ménage s’impose sur ce côté et c’est la seule façon d’y parvenir. C’est ce que la société Amtrack a fait, il y a une quinzaine d’année, étant aux prises avec des problèmes de bris mécaniques constants et coûteux grâce aux mécaniciens qui préféraient dormir durant la nuit que d’effectuer leur travail, le tout en s’assurant à coup de poing que les surintendants se la fermaient bien “tight”. Ce fut un nombre astronomique d’accidents avec morts en peu de temps (trois ans) qui changea la donne qui a obligé le Département fédéral du transport à mettre ses culottes et plusieurs milliers d’employés ont pris le bord de la porte. Depuis cette purge deux seuls accidents en cinq ans, un véritable changement pour ce pays dont les réseaux de chemins de fer sont gigantesques. La même politique devrait s’appliquer chez les policiers et pompiers qui n’ont pas non plus pattes blanches depuis des lunes sur ce sujet, mais nous vivons avec un gouvernement qui n’a pas de couilles et se fait mener par le bout du nez par les syndicats. Un nettoyage du genre s’effectua à New York à la mi des années 90, à New Orleans à la fin des années 90 et en Australie au début des années 2000. Si ma mémoire est bonne, les résultats furent de 35% à New York, tout près de 45% à New Orleans et d’un peu plus de 25% pour la police fédérale de l’Australie. C’est une pratique de plus de 30 ans en Allemagne, dans trois pays Scandinaves, en Autriche et l’Italie veut légiférer dans ce sens bientôt.

Cela confirme ce que j’ai toujours pensé depuis l »instauration de la Commission Charbonneau. Le PLQ savait ce qu’il faisait en établissant la Commission. Ils ont fait ce qu’il fallait pour passer à côté de l’essentiel soulevé par Brian Myles. On s’est fait f………..avec 45 millions de coûts supplémentaires aux travaux payés trop chers.

Maintenant, on va dire dans les chaumières que la Commission Charbonneau était manipulée. Il faudrait dès lors former une nouvelle Commission, portant sur les commissions d’enquête au Québec!
Depuis le début de cette saga médiatique, basée sur des dénonciations plus ou moins intéressées, j’attends les résultats des enquêtes policières en cours. Le reste, c’est de la pédagogie sociale diffusée avec l’aide du Barreau du Québec, arrimée aux besoins d’écoute des médias.

Le gouvernement de Jean Charest a succombé aux pressions de l’opposition qui avait réussi à avoir l’opinion publique de son bord, mais votre analyse démontre que dans ce cas-ci, l’UPAC comme le disait le PM, avait tout pour mener des enquêtes poussées et mener les coupables à un mauvais quart d’heure. J’ai toujours pensé que cette Commission était inutile puisque l’UPAC était déjà à l’oeuvre mais ça prend du temps et ça ne fait pas en criant lapin mais on voulait des réponses et des témoins illico. J’en conclus que l’insistance de l’opposition résulte que nous devons défrayer les coûts en double, l’UPAC et la Commission.

Il serait important de souligner aussi que Jacques Duchesneau, à un certain moment de l’enquête Charbonneau, avait émis sur les ondes de RC un commentaire qui lui avait valu une mise en demeure du PQ.. I

Possédant des informations, tout autant crédibles que c’est le cas pour Sylvain Tremblay, il avait relevé.. maintenant que plusieurs chez les libéraux avaient été dénoncé et licencié, il était temps de faire le même ménage chez le PQ… Outch!! Le PQ, ce M. Net….. Ô Sacrilège!

Et le « deal » de Claude Blanchet?? Et Marton/PQ/FTQ/Fonds?? On sait bien, pas touche avant 1995!!

J’ai entendu l’autre jour une aberration.. il semblerait qu’au Québec, après 30 ans, on passait les documents d’archives à la déchiqueteuse..

On ne s’en sortira jamais.. On ne pourrait pas se donner un répit et s’enlever le nez du fonds de poubelles nauséabondes qui sentent le rassis..

Philippe Couillard depuis son élection est déterminé à faire de la politique autrement. On verra!

En attendant, c’est quoi ce masochisme? Des relents de mortification prêché par nos bons curés de naguère.. se gratter le bobo jusqu’à cela saigne?

Et le « deal » de la FTQ avec Claude Blanchet , ça aussi nous n’en avons plus entendu parler !
Je demeure convaincue que mme Marois a déclenché une élection pour éviter de devoir témoigner, elle et son mari, en commssion parlementaire.

Je trouve ca malheureux qu’ils soient pas capable de pouvoir incluper le mondequi est coupable de corruptions. André bye bye ps continué votre bon travail

Alors que le PLQ a stupidement été remis au pouvoir que va pouvoir faire la population!?

Donc, la majorité des Québécois et des Québécoises sont stupides?

Fuck la démocratie? On s’empare du pouvoir par la force et on crée des camps de rééducation?

N’importe quoi…

« Donc, la majorité des Québécois et des Québécoises sont stupides? »

Non. Seulement le 41% qui a voté libéral. Stupide ou corrompu, au choix.

« Stupide ou corrompu, au choix. » (sic)

Ah…il est beau votre modèle québécois qui produit à lui seul plus de 3,250,000 cons…

Difficile de comprendre la très grande quantité de gens qui voulaient une Commission d’enquête publique avec plein pouvoir (pas une patente à gosse).
Aujourd’hui -de retour dans l’Opposition- les mêmes personnes ont déjà des réserves sur ce type d’enquêtes!!!! Au Québec, où logeons-nous?
Cessons de regarder de quel côté va le vent pour se faire une idée… de moutons… Monsieur Charest a hésité- après avoir créé l’UPAC qui a
nourri la Commission Charbonneau -DURANT DEUX ANS!). Je m’arrête ici. Moi, j’avais de gros bémols à ce type d’enquêtes et je me suis
converti sur le tard. Bref, Pour les municipalités ça valaient le premier 30 millions… mais depuis, je reste sur mon appétit.
Ce sera pour la prochaine fois.

Pas entièrement d’accord avec vous. En dehors de l’aspect spectaculaire du témoignage des politiciens provinciaux. Qu aurait-on appris de plus? rien. Comme MM. Normandeau ils allaient tous confier qu’ils s’occupaient pas de leur financement , que leur entourage avait trahi leur confiance, qu’ils avaient octroyé les contrat aux meilleurs etc. les passages de Milioto, puis de Borscelino, Acurso ne nous ont rien appris de plus. Ils sont restés muets !!