La commission Duchesneau

Tous les observateurs l’avaient noté: la première semaine de la campagne serait cruciale pour la CAQ.

En troisième position et en baisse continue dans les sondages depuis sa fusion avec l’ADQ, son chef, François Legault devait se démarquer. Fort et tôt. C’est fait.

Il a occupé toutes les tribunes – même Twitter – et aligné les candidatures dites vedettes., Incluant les Gaétan Barrette et Maud Cohen.

Mais ce fut  Jacques Duchesneau, l’ex-patron fort populaire de l’Unité anticollusion, qui lui donnerait son tour du chapeau.

Un «effet» Duchesneau? Il est inédiable et multiple:

1) Il annonce une lutte à trois encore plus serrée avec le PLQ et le PQ.

2) Les mots «gouvernement caquiste» font maintenant partie du lexique électoral.

3) La CAQ occupe mur-à-mur le terrain médiatique.

4) Aux prises avec LE thème dont il ne voulait plus parler – corruption, collusion, copinage et financement des partis -, Jean Charest se retrouve sur la défensive.  En déclenchant des élections pour le 4 septembre, il a peut-être évité l’impact possiblement négatif pour le Parti libéral d’une commission Charbonneau maintenant en pause estivale, mais c’est dorénavant à ce qui ressemble à une quasi commission Duchesneau  qu’il devra faire face…

5) La CAQ peut maintenant concurrencer le PQ sur le terrain du thème de l’«intégrité». La nouvelle en aura même réduit Pauline Marois au silence. Refusant dimanche de commenter elle-même la nouvelle – alors que Jean Charest venait de le faire en long et en large, elle en aura étonné plusieurs. Nul doute que sa réaction en aura fait beaucoup pour accréditer la thèse d’une inquiétude qui commence à gagner ses rangs.

L’inquiétude au PQ

Dans un drôle d’alignement de planètes politiques, en même temps, une sortie virulente de l’ancien chef bloquiste contre le député de Québec solidaire (QS) Amir Khadir venait renforcer cette thèse.

Lancés en tout début de campagne, les propos très durs de M. Duceppe trahissait une autre inquiétude. Celle de voir QS, Amir Khadir  – et une Françoise David nettement plus visible qu’en 2008 -, gruger des votes essentiels au PQ dans quelques comtés montréalais.

La crainte? Celle d’une division, même minimale, du vote souverainiste. Mais également, du vote de centre-gauche et de gauche.

Autre signe d’inquiétude: ce même dimanche, le PQ lançait sa plateforme dans le comté de Gouin. Précisément là où Françoise David livre lutte au péquiste Nicolas Girard.

Bref, pour le PQ, le risque est que sur son flanc droit, il perde des appuis au profit de la CAQ. Et, sur son flanc gauche, qu’il en perde au bénéfice de Québec solidaire et Option nationale.

Notez que la campagne est nettement trop jeune pour savoir si ce risque se matérialisera ou pas, mais cette possibilité est telle que dès lundi, le lendemain même de l’annonce officielle de la candidature de M. Duchesneau, le PQ tentait déjà de reprendre l’offensive face à la CAQ dans le département de l’«intégrité».

Ses allégations de favoritisme associent le PLQ, deux de ses ministres, son financement et la réalisation d’un projet de construction mené par un des entrepreneurs les plus influents du Québec – Catania.

Parions que jusqu’au 4 septembre, ce combat entre le PQ et la CAQ sur le thème de l’«intégrité» se fera de plus en plus dur…

Le chiffre du jour: 70%

Selon un sondage Léger Marketing/Agence QMI, 70% des répondants croient que le gouvernement Charest est corrompu. Un chiffre qui, par hasard, nous ramène à Jacques Duchesneau…

En juin, devant la commission Charbonneau, il avait lancé une grave accusation. Pas moins de 70% des sommes amassées par les partis politiques au Québec, affirmait-il, est de l’«argent sale». Donc, provenant d’un financement illégal, de multiples retours d’ascenseur, de trafic d’influence en échange de gros contrats publics, etc..

Le chiffre était aussi spectaculaire que précis. Un chiffre énorme, dans les faits. Un chiffre selon lequel les partis politiques au Québec seraient irrévocablement corrompus.

Sa charge était d’une précision chirurgicale: «Soixante-dix pour cent de l’argent consacré aux partis provinciaux ne serait pas issu de dons officiels enregistrés. Il y a de l’argent sale qui permet de faire des élections. Soixante-cinq pour cent des pots-de-vin sont aussi là pour engraisser, non pas les partis politiques, mais les gens qui font de la politique, notamment par les cocktails de financement».

Or, maintenant, M. Duchesneau apporte une nuance majeure.

En juin, il parlait des «partis provinciaux». Aujourd’hui, en entrevue avec divers médias, il répétait qu »il ne parlait pas alors de Québec solidaire, d’Option nationale, du Parti vert, ni, bien évidemment, de la CAQ, mais plutôt des «vieux partis qui ont été au pouvoir». Ce qui, semble-t-il, laisse le PLQ et le PQ. Soit les deux adversaires de la CAQ dans cette campagne.

Devenu recrue vedette d’un parti se disant incarner le «changement», le message du candidat Duchesneau n’est-il pas que le PLQ et le PQ sont deux vieux partis aussi usés et corrompus l’un que l’autre?

Ce qui,  par contre, risque de soulever une autre question:  lui-même au PQ pendant 11 ans, François Legault considère-t-il, lui aussi, que dans le domaine de la corruption,  ces deux «vieux» partis, une fois au pouvoir, sont interchangeables?

L’effet Duchesneau à plus long terme

Dans l’immédiat d’une campagne où le PQ, le PLQ et la CAQ vont guerroyer dur pour un électorat francophone plus divisé que jamais, l’arrivée d’un Jacques Duchesneau est un véritable cadeau pour François Legault.

Ce qu’on ne peut prédire est ce qu’il en adviendra à mesure que la campagne avancera… et que la lutte à trois se corsera.

On ne sait pas non plus combien de temps tiendra l’accusation de M. Duchesneau – 70% d’argent sale dans les vieux partis – sans qu’il n’ait à étayer ses dires et donner des exemples concrets aux électeurs.

On ne peut non plus mesurer pleinement l’effet qu’aura, sur le temps de la campagne, le «personnage» Duchesneau.

Friand des caméras, des micros et des déclarations fracassantes, à terme, sera-t-il perçu dans l’électorat comme un libre penseur incorruptible ou comme celui qui veut être calife à la place du calife?

Dès le lendemain de l’annonce de sa candidature, le candidat Duchesneau, parlant au présent et non au conditionnel, se disait déjà être investi du pouvoir de nommer des ministres! Un pouvoir qui n’appartient pourtant qu’au premier ministre.

Or, la CAQ a beau tout faire pour s’établir dans la perception générale comme étant capable de prendre le pouvoir dès sa toute première élection générale, il reste que de se voir au gouvernement avant le vote final pourrait passer pour de l’arrogance, et non seulement pour de l’ambition de «nettoyer» le Québec…

Tout dépendra de la suite de la campagne.

 

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Exactement, une imbuvable arrogance… On verra quel est le degré d’humidité du pétard Duchesneau.

J’endosse votre opinion sur le silence assez assourdissant de Mme Marois. Il est vraiment étrange de constater l’embarras de l’aspirante Premier Ministre ou à tout le moins son incapacité à réagir à cette annonce de la candidature de M.Duchesneau. Est-ce un manque de confiance ou cela traduit-il d’être incapable de rivaliser avec la CAQ sur ce dossier de l’intégrité? Mettons que le »war rooom » va s’activer pas pour rire.

Je persiste à croire qu’il est primordial pour le PQ de prendre des engagements beaucoup plus précis qui permettront de mieux faire le ménage. Comme de fournir des outils pour mieux évaluer et contrôler les coûts en génie civil. Arrêter de faire confiance à des contributeurs importants pour déterminer les coûts des infrastructures. Le PQ doit montrer qu’il veut couper les ponts avec les acteurs de la surenchère et du dépassement de coûts.

Bienvenue Mister Chance
La CAC est un parti sans racine qui va aller rejoindre l’ADQ le 4 septembre malgré ces belles pétales de rose.
Concrètement, avez-vous entendu François Legault aux Coulisses du pouvoir déclaré que le Québec se devait de récupérer ses points d’impôt à Ottawa dans le domaine de la santé?
10 années de bonheur sans chicane constitutionnelle…

Evidemment c’est outrecuidant, arrogant, baveux, prématuré. etc etc. Mais dans un climat politique où Charest fait figure de très habile machiavel sans conscience et Pauline Marois d’une prétentieuse, un type comme Legault qui avance à visière levé est rafraichissant.

Qu’il s’adjoigne Duchesneau lui crée des risques, bien sûr, mais lui donne aussi l’image du cowboy qui n’a pas peur de monter le cheval le plus fougueux, si c’est celui qui court le plus vite.

Je pense que l’on mésestime encore l’effet Duchesneau. Si le prochain sondage honnête donne une montée significative a Duchesneau, je crois que ce sera le commencement d’une vague « à la Layton ». Une vague peut retomber, bien sûr, « peaking too soon » est un phénomème bien connu, mais je miserais alors sur la CAQ pour gagner ces élections

Mais évidemment, c’est Gesca-Quebecor qui fait faire les sondages…

Si la CAQ gagne, le PLQ sera encore là le 5 septembre. Un PQ qui n’aurait plus l’air de la seule option pour battre Charest pourrait se désintégrer même avant le 4 septembre, avec les « vrais » nationalistes résignés passant à ON pour continuer l’eternel baroud d’honneur … et les Gauchistes se joignant à QS pour occuper la fonction d’un NPD québécois attendant son heure.

Un nouveau paysage politique, un peu plus à droite, préparant un avenir qui le sera sans doute aussi. Et c’est un vieux Gauchiste qui vous le dit….

Pierre JC Allard

La CAQ demande 25,000 dollars à ses candidats pour se présenter, M.Duchesneau trouve cela intéressant? Là le bat blesse, le doute se manifeste avec en plus cet ex responsable caquiste qui a quitté parce que mêlé à l’affaire des faubourgs Contrecoeur.

La droite péquiste sous L.Bouchard plutôt nationaliste tiède se retrouve relativement dans la CAQ de F.Legault proche des idées et sentiments politiques de l’ex premier ministre péquiste qui en a désenchanté plusieurs.

La CAQ fruit du rejet du PQ par L.Bouchard encore trop ouvert au débat pour lui loge résolument à doite dans les sentiers d’une politique sans envergure pour le Québec qui est de la même eau ou presque que celle du PLQ.

Voilà ce qu’il faut dire pour démasquer la CAQ adéquiste nostalgique d’un vieux courant de petite politique digne de l’Union nationale de Duplessis à Bertrand.

Sauf si vous êtes un électeur de St-Jérôme, tous ceux et celles qui songent sérieusement de voter pour la Coalition Avenir Québec (CAQ), il faut d’abord lire la critique de Michel Bernard sur le livre du coéquipier de François Legault, Charles Sirois, ça pourrait vous éclairer sur les intentions réelles de ce parti avant de mettre votre petite croix!

SIROIS, Charles, Passage obligé, passeport pour l’ère nouvelle. De la gestion mécanique à la gestion organique, Les Éditions de l’Homme, 1999.

http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=2881

Brrrrr, ça donne froid dans le dos !

Bonne lecture et surtout, bonne réflexion !

Dans mon billet ci-haut, j’écris «On ne sait pas non plus combien de temps tiendra l’accusation de M. Duchesneau – 70% d’argent sale dans les vieux partis – sans qu’il n’ait à étayer ses dires et donner des exemples concrets aux électeurs.»

Eh bien, pas très longtemps, il semblerait bien, puisque dès aujourd’hui, le procureur en chef de la commission Charbonneau met le doigt publiquement sur ce même problème:
http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/commission-charbonneau/201208/07/01-4563052-jacques-duchesneau-etait-evasif-assure-sylvain-lussier.php

Josée Legault

M Duchesneau un gros ballon d’hélium,il virevolte tellement haut qu’on ne saisit pas bien ces accusations exactes. Heureusement il qu’il est à la CAQ.

Pour ceux qui font des mises en garde sur la CAQ tout niveaux ,aux future votants , moi ,je leur dit , avant de faire vos mises en gardes , avez-vous vraiment regardé les résultats politique du PLQ et du PQ avant d’émettre vos mises en gardes .

Moi , je crois que non ou vous êtes PLQ ou vous êtes PQ .

Tout vos mises en gardes , ne sont que présomption ou peut être ou ca ce peut ou possible ect … ect…

La CAQ était à 37 % en octobre dernier. Elle est descendue à 19 % pour remonter à 21 % mais, depuis, les 2 candidatures du gros docteur Barrette et de M. Duchesneau se sont matérialisés.

Maintenant, nous attendons les nouveaux sondages qui devraient normalement tirer la CAQ vers le haut, au niveau du PQ et du PLQ. Ça risque de chauffer.

Comme c’est bon de pouvoir vous lire de nouveau Mme Legault.

Les vacanciers absents depuis le début du mois vont bien se demander au retour dans quelle campagne ils ont bien pu atterrir!

Charest qui monte aux barricades défendre l’intégrité de la Commission Charbonneau (alors que des candidats du PQ ne se gênent pas de la politiser en principal instrument contre la corruption _libérale_) tandis que M. Legault (et une de ses vedettes!) qui l’ont tout autant réclamée à grands cris que le PQ l’ont à toutes fins pratiques maintenant sabotée, s’attaquant de front par pur opportunisme électoral à ce qui a été reclamé par presque toute la province et qui a acquis ses coudées à peu près franches que de haute lutte de la Commissaire, de l’opposition (dont la CAQ) et de l’opinion non libérale. Y’a pas à dire, ça part vraiment bien cette croisade caquiste contre la corruption qui commence à ressembler de plus en plus à une vengeance personnelle de Duscheneau contre le PLQ avec quelques coups de griffes ici et là au PQ pour son crime de lèse-majesté du printemps! M. Legault osera-t’il redire bientôt sans risquer une répartie de M. Net ce qu’il disait il y a peu, que pendant ses années au PQ, il n’a rien remarqué autour de lui ou au PQ en général? Si c’est réclamer de forts dispendieuses commissions qu’il s’empresse de saboter quelques mois plus tard que François Legault entend par rationalisation des finances publiques…. Et on a le programme de la CAQ qui semble devenir au fil des jours un genre de fourre-tout dont la cohérence s’effrite (avec de plus de purs virages à 180 degrés sur les positions d’avant la campagne…sans compter les contradictions personelles des candidats comme Duscheneau qui le 6 août pourfendait toujours la loi 78 votée par son propre parti et qio avouait être contre la hausse des frais de scolarité défendue bec et ongle par Legault… c’est passé pas mal sous le radar à cause de ses dérapages sur les nominations) de ce qui peut mettre en tête de bulletin de nouvelles ses « vedettes » et à garder Rebello, mais surtout les ex-adéquistes, bien cachés au niveau national(combien de temps encore avant que certains sortent de leur trous, désespérés d’avoir un peu de la lumière des projecteurs pointée sur la CAQ – va-t’il falloir que les médias aillent les chercher? Avant que la région de Montréal puisse se faire une idée véritable sur la CAQ (et sur ce qui lui tiendra lieu de programme rendu au 4 septembre), ce serait bien de savoir ce que la portion adéquiste du parti est en train de promettre au juste au coin droit, dans la région de Québec (histoire peut-être de se remettre en mémoire pourquoi l’appui initial à la CAQ s’était évanoui après l’absorption de l’ADQ). Ce n’est peut-être pas opportun d’un point de vue stratégique, mais c’est de l’information auquelle on a droit.

On aimerait bien aussi qu’à la veille de la reprise de la session collégiale les médias demandent à M. Legault et son futur vice-premier ministre « pas juste honorifique » comment ils comptent régler le conflit étudiant au juste. Puisque les étudiants ont rejeté immédiatement l’offre de la CAQ, quel est leur plan B? Pour le moment, il n’y a que le PQ qui offre un genre d’amorce de possible sortie de crise.

Et voilà Mme Marois qui peut se permettre de ressortir aujourd’hui l’attaque de l’avocate du PQ contre Duscheneau sans que tout le monde se demande aussitôt si elle est devenue suicidaire, ce qui était pour elle une pelure de banane à éviter étant maintenant pas mal soutenue par les propos similaires du procureur en chef Lussier.

Elle évolue très vite cette campagne…

Vous dites que la Caq qui occupe l’espace médiatique je dirais surtout à RC au niveau du leur site web. Une commande de Monsieur Harper peut-être? Surtout après le départ de M Dufresne et avant M Dainville et évidemment aussi M Lisée qui tout en n’étant pas employé de radio canada faisait parti du panel de Mme Galipeau.
Si le PQ est élu et que l’on se dirige vers un référendum ça va jouer dur. Un effet des rencontres privées Charest Harper
Tranquillement on voie déjà les pions se préparer et se déplacer

Je crois que le PLQ est mieux mandaté pour gérer le système économique avec l’aide des 2 autres parties afin de compléter son agenda et l’aide du PQ pour aider le système d’éducation sans nous faire perdre notre crédibilité financière à la bourse et chuter en crise économique et perdre des emplois comme l’Italie.

Jean Charest trouve beaucoup d argent ces jours-ci,mais pour les etudiants la caisse de l Etat etait vide ,je me demande pourquoi maintenant ses Bonbmons empoisonnes.
Il faut nous debarasser des liberaux .

Je voudrais seulement faire remarquer que TOUT ces « sondages » sont des fraudes intellectuelles. Ils n’ont aucune valeur statistique. Ceux qui les diffusent font de la désinformation ce qui est très dangereux.