La complainte des déconnectés

Sur les réseaux sociaux, le pouvoir québécois est à "off"

« Je m’attendais à ce que ce soit difficile de faire passer notre message dans la population, mais c’est devenu pire avec le temps. » C’est le patron du lobby des patrons, Yves-Thomas Dorval, qui a lancé ce cri du cœur à la fin avril.

Car oh ! comme les temps sont durs pour le patronat et l’État dans le grand marché de la communication. Prenez la grève étudiante. Cette génération de militants nage sur Facebook et Twitter comme s’ils étaient tombés dedans quand ils étaient petits. Pourquoi ? Parce qu’ils sont tombés dedans quand ils étaient petits.

(Vous lisez le texte de ma chronique de l’édition courante de L’actualité. Mes lecteurs les plus fidèles auront reconnu ici une reprise de thèmes d’abord exploités dans le billet Facebook 1; patronat 0).

L’information, les slogans, les arguments, les affiches et les vidéos circulent entre eux, et entre eux et les journalistes, à la vitesse d’Internet. La réplique de l’État et du patronat ? On a l’impression qu’ils sont encore au temps de la diligence. J’exagère ? Oui. Mais voyez ceci : la fameuse blague de Jean Charest sur les étudiants qui devraient travailler dans le Nord fut mise en ligne par RDI, puis relayée en trois coups de cuillère à iPhone à plus de 300 000 personnes.

Horreur ! nous dit Dorval, le président du Conseil du patronat, qui se désole que personne n’ait écouté le reste du discours, dont il atteste qu’il fut « extrêmement intéressant ». Je veux bien le croire et j’ai voulu m’en rendre compte par moi-même. Mais il n’est pas sur le site du premier ministre ni sur celui du PLQ. On n’en trouve même pas la version écrite ! (Ni sur le site du Conseil du patronat, où j’aurais voulu visionner la conférence de presse de Dorval ou en lire la transcription, sans succès.)

Si quelqu’un ne fait pas son boulot dans les médias sociaux, ce ne sont pas les opposants au premier ministre et au patronat.

Il y a un paradoxe dans la stratégie de communication du gouvernement du Québec. Les publicités télé, fort bien faites, nous vantent le Plan Nord, le budget Bachand, la lutte contre le travail au noir, Investissement Québec. Voudriez-vous les voir sur YouTube ? Bonne chance ! Les communicateurs gouvernementaux font-ils exprès de limiter l’accès à leur… propagande ?

On dirait que Québec vient de maîtriser l’outil qu’est la télévision. Mais qu’il n’arrive pas à se brancher aux autres plateformes. Pis encore, le premier ministre et sa ministre de l’Éducation n’ont pas réussi à expliquer correctement leur propre offre faite aux étudiants pendant le conflit. Il a fallu un fiscaliste, Luc Godbout, de l’Université de Sherbrooke, pour révéler (oui, révéler !) sur toutes les antennes que l’offre répondait à l’objectif d’augmenter l’accessibilité aux études supérieures des 60 % de jeunes venant des ménages les moins fortunés du Québec.

Si le gouvernement était entré dans le 21e siècle de la communication en même temps que les étudiants, il aurait inondé Facebook et Twitter de messages courts, clairs et concis. Il aurait mis en ligne une brève vidéo explicative. Il a préféré… acheter des pages de pub dans les grands quotidiens !

On conçoit fort bien qu’en règle générale Jean Charest ne parle pas aux mêmes personnes que Gabriel Nadeau-Dubois, télégénique leader de la CLASSE. L’électorat libéral traditionnel, par définition plus conservateur, était jusqu’à récemment moins enclin à passer des heures devant l’écran. Ce n’est plus vrai. L’extension de l’utilisation d’Internet touche maintenant toutes les classes sociales et d’âge.

Le retard du patronat et de l’État à investir ce nouveau terrain de la communication est d’autant plus surprenant que d’autres, dans les domaines commercial (embauche de mamans blogueuses par des entreprises de lessive) et politique (la campagne d’Obama, notamment), ont compris très tôt qu’il fallait y être ou mourir.

Le conflit étudiant est l’occasion d’illustrer jusqu’au paroxysme le fossé numérique qui sépare la nouvelle génération de l’ancienne — Jean Charest étant le premier baby-boomer à diriger un gouvernement du Québec, on ne le dira jamais assez.

Et pour reprendre le beau néologisme du communicateur Jean-Jacques Stréliski, si la « e-révolution tranquille » est désormais en marche, on connaît déjà le nom des e-révolutionnaires et celui des e-révolutionnés.

Et encore:

Sur le site du premier ministre du Québec, je note une régression de l’accès à l’information. Avant, on pouvait y consulter en ligne tous les discours de nos chefs de gouvernement depuis 1994 jusqu’à aujourd’hui. Maintenant… aucun !

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48 commentaires
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Vous avez raison, mais j’espère qu’ils resteront au XXième siècle! Je vois d’ici les cohortes de jeunes embauchés par le PLQ pour inonder les médias sociaux! Que le ciel nous en préserve!

Une constatation sort de cette grève pour les étudiants qui l’ont fait : les médias de masse sont des menteurs invétérés. Entre ce qu’on voit sur le terrain et ce qui est rapporté par les médias… deux mondes parallèles. Les médias de masse y auront donc perdu leur crédibilité aux yeux d’une bonne partie de la relève.

Il y a deux sortes de citoyens : ceux qui s’informent à la télé et avalent malgré eux la propagande officielle; et ceux qui ont l’habitude d’Internet et qui consultent plusieurs sources d’un sujet pour s’en faire une idée. Dans ce contexte, il est impossible de ne pas avoir une jeunesse révolutionnaire. C’est dans l’ordre des choses.

Et pendant ces péroraisons, les étudiants et étudiantes qui veulent terminer leur session ne sont que de la chair à canon pour la cause, en particulier celle de la CLASSE. Je regrette, je ne dérape pas ici.

Bon texte, mais peut-être devriez-vous les laisser se débrouiller avec leur diligence. Des fois qu’ils vous comprennent et corrigent le tir (sans jeu de mots).

Malheureusement, la « plèbe » semble résignée à accepter toute la mauvaise gestion gouvernementale sous un prétexte de « faire sa part » … À l’exception des étudiants, il va sans dire! Ce n’est pas d’être à gauche que de critiquer les dépenses non-contrôlées… Les adeptes des Libéraux semblent « fermer les yeux » sur cela. Et pourtant, si je devais voter pour le parti libéral, n’attendrais-je pas de ce gouvernement qu’il applique la doctrine du néolibéralisme, du capitalisme, à savoir une réduction des interventions de l’État? N’attendrais-je pas aussi une meilleure gestion? C’est pour cela que je comprends mal la position de plusieurs… Capitalisme, certainement mais pourquoi alors laisser les dépenses gouvernementales augmenter sans mot dire? Est-ce que la crise étudiante renvoie une image qui nous fait voir notre propre résignation? Je crois, qu’au-delà de la « complainte du phoque en Alaska » dont plusieurs s’inspirent pour se plaindre, il faut, même en temps que partisan de la démocratie et du droit à la libre-entreprise comme je suis, défendre le fait que les impôts sont faits pour nous offrir des services de qualité dans un cadre de gestion serré, que les gestionnaires doivent être imputables et qu’advenant que les élus dérapent, leur faire savoir. Et c’est ce que les étudiants font en ce moment tout en donnant une leçon à tous les gérants d’estrade… Je termine sur une note d’Albert Memmi qui, dans son portrait du colonisé, (tout aussi d’actualité aujourd’hui…) indique que les conduites du colonisateur et du colonisé créent une relation fondamentale qui les conditionne l’un et l’autre. Ne soyons pas « colonisés » et réagissons. Appuyons les étudiants, forçons le gouvernement à régler la crise et ensuite, nous pourrons reprendre les activités. « Business as usual » comme les gens d’affaires le disent!

J’y pense en lisant votre texte. S’ils se « répandaient » sur YouTube, Facebook et Twitter, on sauverait encore des millions en pub.

Décidément, y’a de l’argent à faire en gérant autrement les budgets!

LOL

Le fondement politique du Kwibek Liberal Party est assis sur un anachronisme, celui d’une époque révolue, le colonialisme britannique devenu rocanadian en 1982 lorsque l’Angleterre céda sa colonie The Province of Kwibek au Rocanada. Il n’est donc pas étonnant que ce dinosaure soit complètement déconnecté, débranché et ignorant tout des nouvelles technologies en communications.

Merci d’avoir mis le doigt sur cet aspect non négligeable de la fracture entre le Gouv. et ses clientèles, et son impuissance à le reconnaître.
Je le sais par expérience pour avoir été déjà de ce millieu et au coeur de ce problème; et n’avoir de cesse – sans succès – de marteler cette nécessité.

Suis pas trop fière que Charest soit le premier baby-boomer à diriger un gouvernement au Québec… C’est une honte pour ma génération!

Très juste M. Lisée…
Vous pourriez ajouter que nous n’avons même plus de télé. Le Web est mieux documenté et plus accessible. Il en coûte moins cher aussi d’être sur internet.
Je n’ai même plus de télé depuis des années.
Simon Brodeur

C’est pas pour rien que sur le site du parti, nous ne pouvons plus visionner les discours… Sinon, des flash de 2003 nous reviendrais. La promesse de baisse d’impôt de 1 milliard par année pendant 5 ans. L’augmentation du tarif électricité de 960 millions. L’augmentation du permis de conduire, etc, etc ….

Moi je suis contente que ces patrons comme aussi nos chefs politiques au pouvoir actuellement, ou les machiavel d’antan ou actuels , aient été et soient toujours incapables de tirer profit des médias modernes.

(S.V.P. à voir comment jusqu’à maintenant ils peuvent tirer profit dans les sondages des médias traditionnels j’espère que personne ne va les initier aux médias modernes.)

La question principale revient à répétition:
« Y-a-t-il quelqu’un dans la salle, du Québec qui, ayant fait des études en linguistique, en rhétorique, en machiavélisme, en démagogisme, peut-être en déficience intellectuelle, peut décortiquer , nous expliquer, dénoncer ou applaudir une quelconque déclaration de Mme la ministre de l’éducation ou de son patron depuis trois mois?

Où sont nos philosophes? Vont-ils se mouiller et essayer de nous expliquer ce que veut dire exactement la ministre par exemple aujourd’hui suite au refus clair et catégorique des étudiants de la CLASSE à la dite « entente de principe » de samedi dernier :
« « Je veux avoir des discussions franches et honnêtes qui nous indiquent que ce sera utile d’apporter des précisions » .

Nos philosophes, ou critiques réels de la politique, vont-ils nous expliquer pourquoi M.Charest, après la « fumisterie » du métro de Montréal ce jeudi matin, ne trouve à dire qu’un naïf ou simpliste discours demandant paternellement à ceux qui commettent ces actes d’arrêter de le faire?

Sommes-nous envahis par des idéologues conservateurs autant à Québec qu’ à ottawa, genre d’extra-terriens dont les esprits sont colonisés par le langage xyloglossique du pouvoir à tout prix, ou sommes nous capables de rappeler à nos concitoyens ébranlés par peut-être la peur que le bien ce sont nos enfants et le mal ceux qui les méprisent et leur tapent sur la tête?

Au delà des médias et des premières réactions des patrons comme des citoyens, je crois qu’il existe encore en force au Québec le gros bon sens et surtout le bon coeur qui exige d’écouter nos beaux jeunes.

Je frémis à l’idée que cette « e-révolution », cette nouvelle « e-culture » est à la merci d’une panne de réseau ou de serveur…

M. Lisée, vous qui avez vécu les mouvements de gauche d’une autre génération ;), en quoi les mouvements étudiants de gauche d’aujourd’hui sont-ils différents de ceux d’hier? J’ai parfois l’impression que les réseaux sociaux accélèrent et amplifient l’action au détriment de la profondeur de réflexion.

je vais me contenter de citer le biologiste anglais Charles Darwin:«Ce n’est pas l’espèce la plus puissante qui survit, c’est celle qui s’adapte le mieux aux changements.»

Bonne analyse mais se situe à un niveau difficile à cerner par la majorité des négatifs habitués à dénigrer vos propos. Suis surpris de lire une majorité de commentaires positifs.

Je ne sais pas si c’est pertinent de dire ça ici c’est à la marge. Mais il reste que le premier ministre est ean train de nous montrer qu’il est complètement déphasé en parlant comme il le fait.

Demander aux méchants d’arrêter d’être méchants sur un ton de vendeur de brosses Fuller, c’est faire la démonstration qu’on a perdu contat avec la réalité.

Il faut dire qu’il a subi un coup dur récemment. Son pote s’est fait virer par les cousins, et il sait qu’à la prochaine occasion, c’est la même chose qui va lui arriver.

Allez, des élections, c’est ce qui manque à notre bonheur.

Vous vous rappelez de la conf.de presse de Charest/Beauchamp le 27 avril au bureau du PM. Où Charest s’en était pris à Martine Biron au sujet des élections. Je voulais revoir la CP au complet, du début à la fin, questions des journalistes compris. Ai écrit à l’Assemblée Nationale qui m’ont renvoyé au bureau du PM qui m’a répondu avant-hier en me dirigeant sur un lien qui dure 8 minutes où le PM parle d’un ton monocorde en lisant un texte. Rien de la présentation de Beauchamp ni des questions des journalistes où le PM paraîssait le plus mal. Comme durant la belle époque soviétique.

C’est la Révolution Facebook.

Ce phénomène, on l’a vu durant le printemps arabe. Il est là aussi en Russie, au Chili et en Islande.

Le phénomène a maintenant atteint le Québec.

C’est la raison pourquoi les étudiants demeurent aussi solides, aussi solidaires. En 2005, par exemple, il n’y avait que les grands médias de masse pour nous informer et les étudiants en grève ne discutaient qu’avec leur plus proches amis.

Maintenant, avec Facebook, les étudiants sont tous intereliés. Une information sort, elle est immédiatement partagée et commentée. Les sources d’information sont pratiquement inépuisables et les étudiants peuvent la contrôler à leur guise.

Dès qu’une chronique, une article, un éditorial, un vidéo fait l’affaire des étudiants, l’info est partagé à une vitesse folle. Le reste tombe dans l’oubli.

Les étudiant se voient donc bombardés d’information leur donnant raison et partage à profusion. Leur réseau de contact est quant à lui « contaminé » par une information quasi uniforme allant tout de même bord. Du coup, la mobilisation se fait beaucoup plus facilement et les camps se polarisent, car, par exemple, les « verts » contaminent leur réseau par l’information inverse.

Mais il est difficile pour un gouvernement ou le patronat de « contaminer » un réseau d’individu alors qu’ils ne font pas parti de ce réseau. Pire, leur idéologie individualiste ne les pousse pas à faire de la mobilisation. Les « verts » sont d’ailleurs très peu actif sur les réseaux sociaux pour faire valoir leur point. En une semaine, il peine à regrouper 90 personnes pour manifester (même après 13 semaines sans cours!), les « rouges », eux, en 1 heure. Ils sont assurés d’avoir 200 manifestants à leur manif.

Elle est là la réussite de mouvement étudiant, dans Facebook et la réussite de tous les autres mouvements sociaux passe par là. Bombarder nos réseaux de l’information nécessaire à la lutte.

Les plus puissants de ce monde, avec toutes leurs propagandes médiatiques et gouvernementales, ne peuvent rien contre la Révolution Facebook. Ce qui amenuise son impact au Québec, c’est l’énorme frange des 50 ans et plus qui n’ont pas délaisser leur poste de télévision et leur journal pour l’Internet.

D’ici 15 ans, avec notre système capitaliste qui s’effondre et une forte population connectée sur le net, il faut s’attendre à énormément de chambardements et de mouvements.

Mme Marois et le PQ devraient le plus tôt possible prendre avantage des médias sociaux s’ils veulent enfin prendre contact avec la population, pour faire connaître, en détails, leur programme et leurs projets par exemple.

Je cite: «Il est à craindre que l’espèce humaine ne disparaisse avant le capitalisme» DOSTALER, Gilles, MARIS, Bernard, Capitalisme et pulsion de mort, France, Pluriel, Septembre 2010, 170 p., p. 141

Ah, maudit que j’aime vos analyses.

Ben oui ! Vous mettez le doigt dessus ! Nous sommes d’une culture qui leur est totalement étrangère. Si je pouvais constituer un gouvernement quel qu’il soit, c’est évident qu’il serait disons « open-source », que nous nous arrangeons pour que le citoyen ordinaire puisse « monitorer » le gouvernement en mettent sur Internet toutes les informations utiles, exactement comme font nos assos en publiant les procès-verbaux sur Internet, mais pas juste celles de l’Assemblée, mais aussi de l’exécutif, et de tout le reste ! Pour moi, un gouvernement qui produit du contenu pour le surveiller sur Internet, c’est un gouvernement transparent et imputable, et puis c’est plus motivant de surveiller le gouvernement si toutes les infos sont sous nos yeux.

Bon texte.

Tout à fait juste Jean-François. On s’étonne de l’incurie des conseillers du gouvernement, en effet (les gens du PQ sont à mon avis tout aussi nonos en matière de communication ; ils sonnent comme des mamies et des papies, malgré le-plus-jeune-âge-qu’on-ne-pourrait-croire de leur équipe.) Trop peureux. Trop colonisé (par une peur de la fulgurance, de l’excès, du foisonnement)

À mon avis, ce retard technologique n’est pas seulement un retard technologique. C’est aussi un retard intellectuel (!) et référentiel auquel certains analystes publics n’échappent pas non plus. La très éteinte Chantal Hébert est un bon exemple d’incapacité à VOIR ce qui arrive actuellement au Québec.*

Est-ce un blocage idéologique? Est-ce une mauvaise foi qui cache un souhait, « une pensée souhaitante » ( wishfull thinking). Probablement qu’il y a de ça aussi.

Mais je pense que l’on assiste aux premiers pas d’un mouvement de fond (terriblement éloquent, cohérent, inspiré par l’époque et l’histoire des peuples qui nous entourent) qui est aussi un mouvement générationel. Les jeunes du Québec disent ceci : Les trente dernières années de notre gestuelle politique sont pauvres. On a comme eu un bug avec la Révolution tranquille. Là, on remets la pensée complexe à l’agenda. PLACE À LA MAGIE ! PLACE AUX MYSTÈRES OBJECTIFS ! PLACE À L’AMOUR ! PLACE AUX NÉCESSITÉS !

À l’avenir, nous ne serons plus un peuple stationné. L’heure est venue de se bâtir une arche, une arche comme un pays.

Bien à toi,
Hugo

* http://www.ledevoir.com/politique/canada/349418/un-printemps-frileux

Je crois que l’influence des médias sociaux est tèrs…très limitée pour ne pas dire inexistante.

Jamais les appuis des Québécois et des Québécoises aux boycotteux étudiants (en sciences molles pour la plupart!) n’ont été aussi bas (plusieurs sondages le prouvent dont celui en référence ci-bas) et pourtant, ils pitonnent à longueur de journée sur leurs bidules électroniques:

http://www.journaldemontreal.com/2012/05/10/appuis-au-plus-bas

Je ne connais pas beaucoup de gens qui ont changé d’opinion suite à la lecture de quelques textos ou d’un message facebook… Et vous?

Quand c’est rendu que nos étudiants sont RÉACTIONNAIRES aux changements, on peut difficilement les qualifier de « révolutionnaires »…

Voilà pourquoi Charest et ses libéraux faisaient du conflit étudiant une campagne électoraliste en ciblant son électorat, rivé sur « The Gazette » et la télé.

Un avoeu d’incompétence qui s’ajoute à la longue liste des dérives managériales de nos « élites » dirigeantes…

Sont avides, mais sont pas vites, vites…

Pour commenter le commentaire de Mme Maude Tremblay, je dirais que M. Charest et ses « associés » sont tout simplement embourbés dans un paternalisme crasse. La question est de savoir s’ils en sont conscients… Mon expérience de la vie (et j’ai 59 ans) me fait pencher vers le non. Ils « se croient » vraiment… et là on est mal pris!! Reste à savoir combien de personnes au Québec sont confortables et réconfortées par le paternalisme crasse…

Si les gens du PLQ et djé-djé sont déconnectés, ce n’est pas une anomalie mais plutôt l’effet de leur volonté commune à nous ramener en arrière, aussi loin qu’au dix-neuvième siècle où les divers pouvoirs pouvaient se permettre tout sans égard pour la misère à grand étalage.

Ce ‘djé-djé government’ est le pire de toute l’histoire du Québec.

De un, le gouvernement a adopté une attitude hautaine et paternaliste, dès le début. IL N’A JAMAIS VOULU NÉGOCIER….et il l’a fait à la dernière minute, de la manière que l’on sait. Ce faisant il a amené de l’eau au moulin de la CLASSE et des radicaux. Il est grandement responsable de ce gâchis. Après la grande manif du 22 mars, il aurait dû commencer une négo. En ne le faisant pas, il a alimenté la radicalisation.

De deux, en se fiant sur les injonctions, il a allumé un bâton de dynamite.

De trois, je ne comprends pas qu’il n’ait pas eu d’antennes dans le mouvement étudiant, « d’espions »….et cela, depuis longtemps pour comprendre la dynamique et connaître les nouveaux leaders. On a affaire à de nouvelles façons de fonctionner dans la gente étudiante: la démocratie directe.

De quatre, comme vous le soulignez, en matière de communications, il était au temps de la diligence.
Son offre d’amélioration du système de prêt bourse (étudiée par Luc Godbout) aurait dû être faite et expliquée à une table de négociation, d’abord,puis publicisée dans les médias traditionnels et via les médias sociaux.

La ministre est dans une tour d’ivoire!

Quel triste gâchis!

Vous apportez une notion fondamentale:les médias sociaux un instrument-clef dans la mouvement étudiant…comme au printemps arabe.

Relié à cela, il y a le fait qu’on a affaire à une démocratie directe. La journaliste M.C. Lortie de LA PRESSE suit les manifs depuis l’an 2000. Elle a pondu un papiuer fort intéressant sur « la démocratie directe ». Voir ci-dessous.

http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/marie-claude-lortie/201204/27/01-4519497-dans-la-tete-des-etudiants.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B40_chroniques_373561_accueil_POS2

Un facteur qui ne les aide pas: c’est la tendance autoritaire qui croit qu’il faut « limiter » et « contrôler » l’information pour faire triompher son point de vue (syndrome Harper?).
Facile à faire quand le gros des médias est contrôlé par deux empires (GESCA de Powwer Corp et Québécor), avec un petit « royaume » (celui des frères Rémillard: canal V et radio-poubelles), tous favorables au gouvernement (parce que celui-ci défend les intérêts financiers de leurs propriétaires).
Donc la mentalité « le moins est le mieux » du côté de l’information. Surtout quand la stratégie du gouvernement était d’éviter « l’erreur » de 2005 en faisant un débat public sur les enjeux de la hausse. Moins il y a d’information qui circule, moins il y a de débat.

Mais il est (pour l’instant), beaucoup plus difficile (et pour l’instant virtuellement impossible) de contrôle l’internet et les médias sociaux. Comme ils auraient du le comprendre à l’automne dernier, quand ils ont acheté (50 000$ à nos frais quand même) à Google des mots-clés se rapportant aux frais de scolarité (incluant le nom des trois associations, ce qui est pour moi, à tout le moins, disgracieux) pour rediriger les recherches en ligne vers le site qu’ils avaient fait fabriquer (aussi à nos frais, mais j’ignore le coût) qui vantait la hausse.
Pour se faire déjouer par les étudiants.

Même Barack Obama à son compte twitter, facebook, la page web de la maison blanche misant sur la transparence et l’accessibilité des informations (pas tout éviedemment) mais il une démarche claire de ce gouvernement qui veut se rapprocher de sa population.

Le gouvernement Charest ne comprennent tout simplement paspas l’outils des réseaux sociaux et le contrôle d’image que celle-ci peut leur procurer…

Et il est pourtant si facile de s’éduquer…sur internet à ce sujet. Juste a lire régulièrement michelleblanc.com et on a droit à une formation gratuite.
Michelle et d’autres collègues militent depuis très longtemps pour une politique d’un Québec numérique, mais c’est comme prêcher dans le désert. En Alberta, le moindre petit village perdu, écoles et bibliothèques sont reliés par la fibre optique.

@ Francois 1 qui a écrit; »Je crois que l’influence des médias sociaux est tèrs…très limitée pour ne pas dire inexistante. »..

Commentaire:

Vous n’avez pas compris la Révolution Facebook.
Les étudiants utilisent, comme des poissons dans l’eau, les médias sociaux. Et, donc, « leur information » circule rapidement, sans que nous la voyions, ce qui rend la mobilisation beaucoup facile. Ils en sont rendus au vote électronique.

François 1 croit que les changements technologiques ne changent pas la donne…

Les musiciens et les artistes de cabatet croyaient la même chose au moment où est apparue la télé… et la musique sur disque…

Quand on s’enracine dans nos certitudes, on est certainement pas loin de bouffer les pissenlits par la racine…

Tous ces sondages ‘négatifs’ me laissent perplexe.
Il faut croire que mon réseau est très gauchiste car je connais fort peu de gens qui favorisent les hausses.

Les institutions ont toujours été à la remorque de la population. Les institutions se sont toujours ajustées suite à des tendances lourdes et profondes qui s’ancrent dans la vision et la façon de faire du peuple. Les institutions sont toujours devenus au diapason de leurs constituants a posteriori.

Les individus passent, mais les institutions restent.

Pour le moment on a l’impression qu’ils sont déconnectés, mais en réalité ils sont en pleine mutation. Mais avec la rapidité que font preuve ces nouveaux moyens de communications (ça fait à peine 25 ans que l’ordinateur personnel a fait son apparition et moins de 10 ans que les réseaux sociaux sont apparus) gageons que n’est pas si loin l’époque où ces mêmes instituions finiront par redevenir capable de forger l’opinion publique en utilisant ces mêmes armes contre ceux qui les détractent.

La liberté d’esprit et le sens critique demeureront toujours les éléments clefs afin de séparer l’ivraie du bon grain…

Mais M.Lisée, prière de ne pas offrir vos mauvaises bonnes idées à la drette-drette… Les médias sociaux sont malgré tout peut-être, de tous les médias « de masse », les moins corrompus. Nul besoin d’y commander un stock de propagande haineuse :S

Soit dit en passant, j’apprécie vraiment votre travail, mais la prochaine fois, on garde les stratégies gagnantes entre NOUS d’accord? 🙂

Il ne m’arrive pas souvent d’envier les Américains, mais là, c’est le cas. Dans un premier temps, un système politique dans lequel on ne peut « servir » que pendant deux mandats de quatre ans, permet de l’oxygéner, au moins un peu, ce système. Les soi-disant « leaders » qui sont réélus et qui demeurent en poste trop longtemps, souvent uniquement faute d’autres options assez rassembleuses, pensent qu’ils sont les seuls à savoir ce qui est bon pour le peuple. Ils n’ont donc aucun intérêt à être « connectés ». Cela leur rappellerait peut-être qu’être un élu, ce n’est pas seulement de prendre des décisions pour les pauvres ignorants qu’ils méprisent, mais à qui ils font des courbettes le temps d’obtenir leur vote – c’est surtout de les représenter et de faire avancer les causes collectives. Lorsqu’un parti est au pouvoir trop longtemps, la crasse et les faux plis s’installent avec les résultats que l’on connait.

Ensuite, je suis avec grand intérêt, les méthodes utilisées par l’organisation de Barack Obama pour courtiser, mais aussi communiquer avec l’électorat depuis sa première campagne. Voilà un exemple brillant du pouvoir des médias sociaux et de la force de ceux qui savent s’en servir – et qui sont de bonne foi. Sortons les Libéraux et espérons un vent de fraîcheur et au moins un peu d’honnêteté intellectuelle.

Seuls les faits comptent. Les libéraux mènent dans les sondages grâce à l’Intelligence de Charest. Twittez vous ça entre vous

@ François 1er qui écrit que l’influence des médias sociaux est très limitée :
Un petit exemple de l’impact des médias sociaux sur l’électorat.
J’envoie des courriels à une cinquantaine de correspondants qui me lisent quotidiennement. (anciennement, il m’aurait fallu leur téléphoner, ce qui est impossible).
Par la suite, la plupart de mes correspondants acheminent à leur amis toutes les informations que je leur transmets. Si on calcule qu’ils ont chacun autour d’une cinquantaine de correspondants, mes message seraient lus par + ou – 2500 personnes.
J’allais oublier : j’ai aussi des dizaines d’amis sur facebook ! J’écris aussi régulièrement sur les blogues qui m’intéressent, comme celui de J-F Lisée.
En passant je ne suis pas un petit jeune, mais j’ai 63 ans !

Alors, François 1er, arrive au XXIe siècle. Bientôt si tu continues tes raisonnement à contre-courant, il va falloir te rebaptiser « François Dernier » !
Si les médias sociaux ont si peu d’impact, pourquoi te donnes-tu la peine d’y écrire si souvent ? Pour ne pas être lu ? Non-sens patenté !!!

François 1er refuse d’admettre que les médias sociaux ont un rôle majeur dans la mobilisation étudiante parce que la méchante gauche a réussi à déjouer les grands médias corporatistes, parce que la gauche a réussi à contourner la propagande gouvernementale.

François 1er refuse d’admettre que les étudiants ont utilisé avec efficacité les médias sociaux parce que ceux-ci ont réussi à briser le schéma de la pensée unique qu’il aime tant, parce qu’il voit le Québec s’agiter vers la gauche, parce qu’il voit le PQ social-démocrate perdre des voix au détriment de QS l’altermondialiste, parce qu’il a vu l’ADQ mourir pour se recentrer et enfin voir la CAQ plus à gauche que son ancêtre chuter au niveau de l’ADQ.

François 1er crache sur les médias sociaux parce que ces outils tirent notre société dans le sens contraire qu’il le désire. Son dogmatisme et sa mauvaise foi l’amène à détester la moindre chose qui porte un peu de progressisme.

C’est triste.

Bien sur il faut être contre les patron ils créer des jobs, plus les québécois seront dans la misère plus les péquisses leur apparaitront comme des sauveurs. Maudit capitalisme. Pourqoi vous étiez si fru d,avoir perdu vos revenus de RDI et n’avez pas tardé a entrer a LCN? Maudite argent. Mais cest important pour un parti politique davoir des contacts de l’iintérieur et peut-être pouvoir influencer l,angle sous lequel les nouvelles seront rapportés surtout quand on est conseillé politique d’un parti.$$ chiqueching

Luc Bouchard et l’intelligence de Charest; ne pas confondre machiavélisme et intelligence supérieure puisque le cerveau n’est pas qu’une machine à calculer.

Un humain doté convenablement a un certain sens de l’éthique et d’une certaine morale.

Aux prochaines élections, on verra si tout le Québec le trouve aussi intelligent que vous…

@Luc Lemoine. La réponse à votre interrogation est très simple : François est un blogueur à gages… Si ça vante l’indépendance, un certain discours de gauche, le PQ, le BQ ou QS voire le Québec : l’argumentaire s’accrochera à se qui peut justifier son opposition. Le lendemain, si les mêmes éléments remettent en cause le fédéralisme, les partis fédéraux, le PLQ et maintenant la CAQ (l’ADQ n’étant plus), il reprendra du collier en retournant les arguments en faveur de sa position, au diable la rigueur. Ça s’appelle du sophisme et malheureusement, il semble impossible de dénoncer un tel comportement sur le présent blog sans se faire censurer.

Bien évidement que l’homonyme du bon roi français ayant envoyé Jacques Cartier connaît l’efficacité grandissante des médias sociaux à contourner les plateformes conventionnelles des médias québécois de plus en plus soumis à la concentration de presse. Concentration qui donne à leurs possédants un pouvoir grandissant à influencer l’opinion publique voire à la contrôler dans un monde menacé par les pires cauchemars orwelliens. Il faut donc voir les François et autres inconditionnels du genre comme une réponse maladroite des pouvoirs traditionnels qui n’arrivent pas encore à imposer au cyberespace une ligne médiatique »mieux encadrée’.

En »temps de paix » les quelques intervenants des tribunes populaires traditionnelles et numériques pouvaient opérer de façon similaire sur toutes les plateformes mais en période de crise, ils s’empressent de minimiser l’impact des médias dont la plasticité leur pose encore problème. Mais »rassurez-vous », ils y travaillent et en attendant, il ne leur reste que le sophisme traditionnel tout en espérant que l’amnésie de »classe olympique » dont font preuve les Québécois comble les vides.

« …gageons que n’est pas si loin l’époque où ces mêmes instituions finiront par redevenir capable de forger l’opinion publique en utilisant ces mêmes armes contre ceux qui les détractent. » (SensCommunRugueux)

Pour l’instant l’individu a le gros bout du bâton, mais la grande entreprise et l’état en prendront certainement le pouvoir. J’entrevois même pour le futur un gros bâtiment qui coûtera une fortune pour contrôler l’information.

Je ne suis même pas abonné à Facebook et je sais que mon neveu est libertarien, mais lui ne sait pas que je le sais. Tout ce que l’on fait sur le net est comme laisser une empreinte digitale sur le téléphone même si c’est sous un pseudo.
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« Les musiciens et les artistes de cabatet croyaient la même chose au moment où est apparue la télé… et la musique sur disque… » (Dupe)

Et les photographes. Ils ont tous boudés le numérique et ont tous mangés une claque. Une grande partie d’entre eux ont fermé.

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@ François 1

« Je crois que l’influence des médias sociaux est tèrs…très limitée pour ne pas dire inexistante. »

L’avez-vous di à Dorval, le président du Conseil du patronat?

Appelez! Vite!

Le message du gouvernement, relayé par les grands médias, passe quand même mieux que celui des étudiants, si on se fie aux sondages.
Quant à l‘efficacité d‘Internet pour relayer l‘information, je viens tout juste de recevoir un message “important“ relayé de proche en proche m‘informant la population de l‘Islande, en réaction à la crise financière avait forcé son gouvernement à démissioner et avait nationalisé la grande banque responsable. Ça s‘est passé en 2009!