La « coronanxiété » gagne du terrain au pays

Tout comme la confiance en ceux qui gèrent la crise.

Selon un nouveau sondage de l’Institut Angus Reid, une forte majorité de Canadiens sont maintenant convaincus que l’épidémie actuelle de COVID-19 est une menace sérieuse pour notre société. Que ce changement de perception soit causé par les conférences de presse quotidiennes du premier ministre Trudeau ou des premiers ministres provinciaux, par la couverture médiatique en continu ou par des expériences personnelles récentes, la proportion de Canadiens inquiets de la pandémie a grimpé en flèche au cours des dernières semaines.

Considérez le graphique suivant. Au début février, alors que le Canada ne comptait qu’une poignée d’infections confirmées, seulement 3 Canadiens sur 10 affirmaient que la COVID-19 était une menace sérieuse pour le Canada, tandis que 7 sur 10 croyaient plutôt que la menace était exagérée.

Six semaines plus tard, maintenant que nous dénombrons plus de 3 400 infections confirmées au pays (en date de ce matin, voir les chiffres de l’Université Johns Hopkins), près de 9 Canadiens sur 10 estiment que la menace est sérieuse. La forte propagation du virus chez nos voisins au sud de la frontière (près de 70 000 infections confirmées, un total qui a littéralement décuplé depuis jeudi dernier) a aussi sans doute à voir avec ce changement abrupt de perception.

Nous notons également une augmentation marquée de la satisfaction de la gestion de crise des gouvernements provinciaux au Canada. Il y a trois semaines à peine, la moitié des Canadiens approuvaient les actions de leurs gouvernements provinciaux respectifs (au Québec, cette proportion était de 60 %). Selon les derniers chiffres d’Angus Reid, 79 % des Canadiens sont désormais satisfaits, y compris 93 % (!) des Québécois.

Pour ce qui est de la gestion du gouvernement fédéral, environ les deux tiers (64 %) des Canadiens affirment que celui-ci gère bien la crise actuelle, une hausse de 15 points depuis le début mars. Même au Québec, la cote du gouvernement fédéral (49 %) se maintient, même si elle se trouve toujours sous la moyenne canadienne.
Cette perception de la gestion du gouvernement fédéral commence même à transcender les lignes partisanes. Il y a deux semaines, une majorité d’électeurs conservateurs désapprouvaient la gestion du fédéral. Selon les derniers chiffres d’Angus Reid, les électeurs du PCC sont maintenant beaucoup plus nuancés : 46 % croient que les libéraux gèrent bien la crise. La moyenne canadienne est de 64 %.

Nous suivons de près l’évolution du nombre d’infections confirmées au pays. Si les Canadiens respectent les directives gouvernementales avec rigueur, nous devrions observer un certain ralentissement de la propagation du virus à partir du début avril. Pour l’instant, les chiffres du Canada semblent suivre une croissance quotidienne d’environ 29 % (voir graphique ci-dessous). À ce rythme, le nombre d’infections doublerait tous les trois jours.

Au Québec, l’arrivée massive des résultats de tests lundi a fait bondir la courbe de croissance. Encore une fois, nous saurons dans la prochaine semaine si les directives gouvernementales de confinement aideront à ralentir la propagation du virus dans la province.

Soyez prudents, chers lecteurs et lectrices. Aplatissons cette courbe.

Le rapport complet du sondage d’Angus Reid peut être consulté sur cette page.

Vous avez aimé cet article ? Pendant cette crise, L’actualité propose gratuitement tous ses contenus pour informer le plus grand nombre. Plus que jamais, il est important de nous soutenir en vous abonnant (cliquez ici). Merci !

Vous avez des questions sur la COVID-19 ? Consultez ce site Web du gouvernement du Québec consacré au coronavirus.

Vous avez des symptômes associés à la maladie ? Appelez au 1 877 644-4545 ou consultez un professionnel de la santé.

Les commentaires sont fermés.

Peut-être qu’il y aura dans les semaines à venir des sondages sur les taux de « corona-dépression », laquelle pourrait toucher un certain nombre de personnes ou plutôt un nombre certain de personnes. Plus le climat de confinement va durer longtemps et plus de personnes qui sont anxieuses maintenant, risquent d’éprouver un sentiment de dépression profond.

Avec la crise économique, il est possible qu’une dépression économique touche de nombreuses nations dans le monde. La durée et le niveau de la récession étant des facteurs de la dépression. J’espère que le Canada ne sera pas le pays le plus affecté, mais… il va falloir un plan de relance audacieux.

Bien qu’il soit important d’être très prudent dans le jeu des comparaisons. Il convient de rappeler que la « Grande Dépression » a duré près de dix ans après le crash boursier de 1929, elle conduit à la déclaration de la deuxième guerre mondiale et c’est seulement au terme de la guerre : en 1945 qu’une croissance soutenue reprend.

En 1929, nombre de PIB s’étaient contractés d’environ 10%, la baisse s’est poursuivie au cours des trois années subséquentes avant de reprendre sa progression.

Parfois l’économie doit s’accorder une pose pour reconstruire sur des bases plus solides. Pour éviter que les gens ne plongent dans la dépression, il va falloir être très imaginatif pour restaurer l’estime de soi de tout un chacun et la joie de se rendre utile pour tous.

J’ai bien hâte de savoir ce que les sondages nous diront sur cette condition. Quoiqu’il en soit le relatif climat de confiance des Canadiens pour leurs divers paliers de gouvernements est un point pour le moment très positif dans le processus de guérison.