La CSDM paie le prix de son inaction

Avant de crier au loup dans des lettres alarmistes destinées aux parents, les élus de la Commission scolaire de Montréal devraient faire leur examen de conscience. 

Les parents qui composent avec les errements de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) ne savent plus où donner de la tête. Cette semaine, l’organisme leur a envoyé le synopsis d’un film d’horreur.
Politique

Dans une lettre destinée aux parents des 112 000 élèves qui fréquentent ses écoles, la CSDM s’est dite confrontée à «des choix déchirants», attribuables au sous-financement de ses activités et aux compressions de 350 millions de dollars dans le réseau scolaire public exigées par Québec.

«Au total, c’est près d’un milliard qui aura été coupé dans l’ensemble de notre réseau au cours des dernières années», a déploré la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, avec l’appui des 12 commissaires scolaires.

Le conseil de la CSDM a annoncé du même coup sept mesures de compressions : réduction du service de transport scolaire ; abolition des budgets des comités de quartier ; abolition des budgets versés aux organismes de participation des parents ; réduction de l’offre de services alimentaires ; abolition de postes de conseillers pédagogiques, de directions adjointes et de techniciens en éducation spécialisée ; abolition de plans spécifiques à certaines écoles ; réduction du financement des projets de robotique.

La lettre est trompeuse à plus d’un égard. Le gouvernement Couillard n’exige pas un effort de 350 millions de dollars de la CSDM, pas plus qu’il n’a coupé un milliard dans la plus grosse commission scolaire de la province. La lettre de Mme Harel-Bourdon entretient un flou déplorable, mélangeant allègrement la situation de la CSDM à celle de tout le réseau de l’éducation.

Les sophismes utilisés par Catherine Harel-Bourdon sont insultants pour quiconque s’intéresse un peu à la réalité. Depuis quelques semaines, elle est engagée dans une lutte opiniâtre avec le nouveau ministre de l’Éducation, François Blais. Déjà à bout de patience, il n’exclut pas de mettre la CSDM sous tutelle.

Dotée d’un budget d’un milliard de dollars, la CSDM est incapable d’atteindre l’équilibre budgétaire. Elle va de déficit en déficit, sans accepter de faire tous les efforts nécessaires pour redresser la situation. Pour l’exercice 2014-2015, la CSDM est en déficit de 29 millions. Le retour à l’équilibre est prévu pour 2016-2017. Du moins en principe.

La lettre de la CSDM est un bel de déresponsabilisation. Deux cabinets indépendants ont passé en revue les opérations budgétaires de la CSDM pour en arriver à la conclusion qu’il y avait moyen de faire plus avec moins.

En 2012, PricewaterhouseCoopers (PwC) avait identifié des pistes pour faire des économies de 44 millions sur cinq ans. Cette année-là, la CSDM avait fait un déficit record de 47,5 millions.

L’ancienne présidente de la CSDM, Diane De Courcy, et le conseil des commissaires n’ont jamais accepté d’appliquer en totalité le plan de redressement. Cette résistance institutionnelle s’est avérée lourde de conséquences.

De 2012 à ce jour, la CSDM a empilé les déficits les uns par-dessus les autres. L’échéance pour un retour à l’équilibre a été sans cesse repoussée.

Lorsque le ministère de l’Éducation a approuvé un budget déficitaire de 29 millions pour l’exercice 2014-2015, c’était à la condition que la CSDM trouve des économies additionnelles de 9,3 millions et qu’elle revienne enfin à l’équilibre budgétaire pour l’exercice 2016-2017.

Le conseil des commissaires a poursuivi sa stratégie de l’affrontement et de l’entêtement. Il s’est arrêté en chemin en trouvant des économies de 5,4 millions (au lieu des 9,3 millions demandés). Et il a annoncé un nouveau déficit de 15 millions pour 2016-2017.

Le ministère de l’Éducation a donc décidé de procéder à une nouvelle enquête indépendante sur la gestion budgétaire de la CSDM.

Le cabinet choisi, Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT), a livré un rapport dévastateur. La CSDM est une organisation qui manque cruellement de maturité. «Pour une organisation de cette envergure, qui gère des sommes importantes de fonds publics, il est inhabituel de constater si peu d’outils de planification, de suivi et de contrôle administratif et financier», observe RCGT.

Les coupes de 9,3 millions auraient pu être réalisées sans coupures de services aux élèves, explique RCGT, qui donne même une façon d’y parvenir.

Le rapport fait état de changements positifs dans la structure de gestion de la CSDM. À moyen et à long terme, elle fera partie des organisations exemplaires en matière de gestion budgétaire.

Hélas ! la transformation organisationnelle, une nécessité, est appuyée par une minorité de gestionnaires concentrés au sein de la direction générale. «L’adhésion du conseil des commissaires au plan de retour à l’équilibre budgétaire est faible», constate le rapport.

Le conseil des commissaires, soit Mme Bourdon et les 12 signataires de la missive alarmiste, sont trop présents dans la gestion des affaires courantes. «Les rôles et les responsabilités sont flous, ce qui ralentit le processus décisionnel et entrave la gestion courante», affirme RCGT.

La CSDM est mal gérée. Les élus outrepassent leur rôle. Les services travaillent «en silo». Les suivis budgétaires sont anémiques pour une organisation aussi importante… N’en jetez plus, la cour est pleine!

Avant de crier au loup dans des lettres alarmistes destinées aux parents, les élus de la CSDM devraient faire leur examen de conscience. Depuis 2012, ils le refusent.

Catherine Harel-Bourdon n’a pas complètement tort lorsqu’elle affirme que les coupes auront des incidences négatives sur les services aux élèves. L’incapacité chronique de cette gigantesque bureaucratie à mettre de l’ordre dans sa maison rend ses propos beaucoup moins percutants.

La CSDM, sa présidente et ses élus n’ont plus la crédibilité requise pour affronter le ministre Blais, tout simplement parce qu’ils n’ont pas été à la hauteur des attentes placées en eux dans la gestion des fonds publics.

Après avoir tapé du poing sur la table dans les médias favorables à sa cause, Catherine Harel-Bourdon s’est elle-même rendue à l’évidence. Deux jours après l’envoi de sa lettre, qui a mis le ministre en furie, elle s’est finalement engagée à appliquer les recommandations du rapport de RCGT.

Le ministre Blais donnera «la chance au coureur», écartant pour le moment une tutelle de la CSDM. L’affrontement stérile aura réduit comme une peau de chagrin l’autorité morale et politique de Mme Harel-Bourdon et du conseil des commissaires. Ils n’ont plus le luxe de commettre le moindre faux pas.

 

Les commentaires sont fermés.

Depuis des lustres, la CSDM a été (et est toujours!!!) dirigée par des péquisto-gauchistes pour qui les dépenses somptueuses n’ont aucune limite. Aucune…comme le PQ.

Lorsque l’on est géré par des diplômés en sciences molles pas de maths, on en paie le prix.

Cette mentalité est loin d’être unique à la CSDM. Toutes les Commissions Scolaires ou presque versent dans le psychodrame lorsqu’il y a des coupures et décident de couper dans les services au lieu de couper dans le gras,

La solution est pourtant toute simple: l’abolition des commissions scolaires, un monstre bureaucratique inutile.

« un budget d’un milliard de dollars »

Pour une commission scolaire???

Bâtard!!!

Il faut quand même remettre les choses en perspectives. Un milliard pour 112 000 élèves, c’est moins de 10 000$ par élève par année. Quand on pense à ce qui se dépense par élève au privé, je ne crois pas que ce soit excessif. Maintenant, est-ce que ce milliard est bien géré, ça, c’est une autre question… et le problème, selon moi, c’est que c’est difficile de se faire une tête là-dessus parce qu’il s’agit d’un enjeu très politisé. Et ça c’est triste, puisqu’il s’agit, après tout, de l’éducation de nos enfants.

100% pour 100% d’acord avec vous M.Myles! Mme Catherine Harel Bourdon et ses sbires commissaires n’ ont tout simplement pas L’ÉTOFFE et la volonté de couper dans le gras car le GRAS se sont les ptits s’amis du système!!! Le gros méchant loup libéral leur a dit qu’ il fallait désormais coupé les dépenses et ce petit royaume n’ est pas d’ accord!
Ils agissent en petits n’ enfants a qui on leur demande de jouer avec dorénavent avec 2 jouets plustôt que 3!!! C’ est évident qu’ il y a d’ autres endroits ou couper mais ils ne veulent pas le faire! EH! Bien! Qu’ on fasse appel a mes services et je vous garanti qu’ après seulement une semaines et plusieurs crises du BACON le déficit il y en aura plus et la voie aux diminutions des dépenses sera ouverte et les imcompétents seront confondus et ou démissionneraient!!

La présidente actuelle est la fille de Louise Harel…ex-ministre nulle d’un tas de choses pour le Parti Québécor.

La précédente? Diane De Courcy… Madame déficits elle-même et également ex-ministre (nulle) péquiste du malheureux gouvernement Marois.

Ça explique le gouffre dans lequel cette commission scolaire est plongée.

Lorsque l’on critique la CSDM on fait rarement des comparaisons avec d’autres commissions scolaires. J’ai enseigné en Abitibi et j’aimerais qu’on m’explique pourquoi les commissions scolaires là-bas pouvaient, avec pas plus de budget que celles de Montréal, prendre soin de leur parc immobilier et pas ici? Ceci n’est qu’un élément parmi d’autres que j’ai constaté et je pense qu’il est temps que l’on regarde de plus près la gestion des grosses commissions scolaires comme on suit de près celle plus petites des régions. S.Groux

Vous avez raison, car j’ ai été commissaire d’ école pendant 9 ans et je peux vous dire que lorsque c’ est une grosse machine comme la CSDM il faut vraiment que tu sois alerte au ministère de l’ éducation! C’ est pourquoi c’ est plus facile de surveiller les plus petites en région! Et par le fait m^me avoir l’ impression de!!!!

Le problème avec la CSDM c’est que la majorité de ses présidents (tes) ne sont là que pour se faire du capital politique; ils se foutent éperdument du bien-être des élèves.
Regardez combien d’ex-présidents de la CSDM sont maintenant députés ou l’ont été; parlez de moi en bien ou en mal, mais parlez-en pour me faire connaître.
Et en plus, ils n’ont aucune formation de gestionnaire pour gérer un budget de 1 milliard! Faut le faire.

Lorraine

Vous pensez que ce sont les élus qui gèrent les CS. Détrompez-vous.

Le problème en Occident est que les gens ne vont pas voter.

Certains pays pensent à rendre le vote obligatoire.

Ça changerait le monde.

Vote obligatoire… N’importe quoi.

Y a-t-il UN seul endroit au monde où le vote est obligatoire?

Et si l’électeur ne veut toujours pas voter…on l’emprisonne? On le colle contre le mur? On lui enlève ses droits?

Quelle connerie!

Les Commissions scolaires sont gérées en général par le directeur général, le ou la présidente du Conseil des commissaires et assisté du directeur des finances et du directeur des services pédagogique et finalement le conseil exécutif choisi sur le volet par les leaders politiques! On parle en tout de 3-5 personnes!

Abolissez les comissions scolaires et ça presse! Abolissez les postes de comissaires et ça presse! Les comissions scolaires sont des repaires de p’tits amis qui n’ont certainement pas à coeur le bien-être des enfants, ni même des professeurs quand ça s’en va suivre des congrès de rigologie, aux frais des contribuables…

On voit que vous n’y connaissez pas grand chose, vous n’allez probablement pas voter aux élections scolaires non plus.

Abolir les commissions scolaires est une option, mais si vous pensez que ce sont des repaires pour « amis » en ce moment (alors que les commissaires ne sont pas nommés par le gouvernement, mais élus directement par la population), abolir les CS pour les remplacer par des gestionnaires nommés par le gouvernement sera fort probablement une ligne directe vers la bonne vieille culture des p’tits amis et du gaspillage technocratique chers aux gouvernements provinciaux.

Soit, la CSDM tente d’ameuter les parents d’élèves pour que l’opinion publique soit de leur bord.

Sans excuser la mauvaise gestion chronique et l’attitude de « tout nous est dû » de la CSDM, les services aux élèves et les professionnels coupés sont encore et toujours le résultat.

Je n’ai pas la solution, abolir les commissions scolaires ne servirait à rien si le MEQ doit inventer une autre structure pour gérer (donc une commission scolaire sans le nom de commission scolaire – tout ce qu’on aura réussi à faire c’est de foutre des gens au chômage).

La mise sous tutelle?