La démocratie selon Jean Charest

Au départ de la campagne électorale, le premier ministre Jean Charest a déclaré qu’après la rue, c’était au tour des Québécois de s’exprimer. Comme si les gens qui ont manifesté et frappé sur des casseroles n’étaient pas des Québécois, mais passons. Ce qui était plus dérangeant était la vision assez étroite de la démocratie qui transpirait de son discours: un vote tous les quatres ans et entre temps, on s’en remet entièrement aux élus.

Après son passage à Victoriaville samedi, on a compris que manifester pour exprimer sa dissidence n’est pas à ses yeux le reflet d’une démocratie vivante et en santé. Tellement pas, qu’il amalgame encore et toujours manifestations et violence et dit vouloir en finir avec les deux. Voyez vous-même:

«On n’en veut pas de manifestations, on s’entend-tu? On n’en veut pas de la violence. On a fait une loi justement pour venir à bout de ces choses-là», a-t-il dit devant les jeunes libéraux.

On nous disait pourtant que la controversée loi 12 (projet de loi 78) visait à rétablir l’ordre public et à encadrer les manifestations, non pas à les interdire. En associant toujours violence et manifestations, le chef libéral fait preuve, et il le saitsûrement, de malhonnêteté intellectuelle car la plupart des manifestations du printemps dernier, y compris les plus grosses, se sont déroulées sans incident.

La violence est condamnable, mais manifester demeure un moyen d’expression parmi d’autres en démocratie. Pour certains, c’est parfois le seul qui reste quand ils font face à un mur entre les élections. Et non, tous les citoyens ne disparaissent pas, le lendemain d’un vote, dans un magma informe et homogène – cette fiction surnommée «majorité silencieuse». Ils pensent encore et peuvent avoir des choses à dire, y compris en manifestant.

Je lui recommanderais de lire les réflexions du directeur de l’Institut du Nouveau Monde, Michel Venne, sur les rapports entre les politiciens et les citoyens entre les élections. Elles ne sont pas dénuées d’intérêt dans ce contexte. M. Venne rappelle entre autres:

L’élection sert à désigner les gouvernants. Mais elle n’implique pas l’approbation automatique à l’avance des politiques qui seront mises en œuvre par le gouvernement élu. Celui-ci obtient une majorité de sièges mais qui lui sont accordés par une minorité des électeurs. La légitimité qui lui est octroyée par les urnes est donc imparfaite. Elle doit constamment être renforcée par d’autres mécanismes de consultation, de justification et de validation entre les élections.

Il poursuit en expliquant l’importance pour les élus de travailler à établir des consensus autour des questions trop complexes pour se réduire à un slogan. Je vous invite à le lire.

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Merci de partager votre analyse et les paroles de M. Venne.

Enfin, on se demande bien comment forcer la main à nos gouvernants quant à la nécessité de nouveaux mécanismes pour renforcer la démocratie.

Aller voir mon député ? Ceux qui sont ministres sont surchargés, ceux qui ne le sont pas ne sont pas pris au sérieux.

Vous me pardonnerez de cesser ma lecture, après le premier paragraphe. Je vais attendre 4 ans avant de lire la suite; imaginez ce gouvernement dans un pays démuni et vous avez une véritable histoire d’horreur. Bien à vous, Daniel Quimper.

Tous les gouvernements du Québec ont toujours été très sensible à l’opinion publique durant chacun de leur mandat. Pour un, le gouvernement Charest a mainte fois changé son fusil d’épaule dans de nombreux dossiers. Il est totalement ridicule de prétendre que le Québec vit dans un système ou « un vote tous les quatres ans et entre temps, on s’en remet entièrement aux élus » Foutaise

Dans le cas des étudiants, ils ont certe obtenu un appui fort de nombreux chroniqueurs go-gauche, SRC et Le Devoir… Mais la triste réalité est qu’il n’ont jamais eu l’appui de la population… point barre!

Quand les gens descendent dans la rue c’est souvent parce qu’il n’y a aucune autre façon de se faire entendre. Et malheureusement Jean Charest nous prouve encore une fois qu’il n’ a rien compris. Selon lui ce sont les gens dans la rue qui ne comprennent pas…
Lorsqu’on tu es le seul à rouler dans une direction sur l’autoroute et que tout les autres roulent en sens inverse, ça se peut tu que tu roules à l’envers??? Il croit décidément qu’il est le seul soldat à avoir le bon pas!!!

Et bien madame, si vous avez aimé la démocratie étudiante et sa façon de la manifester en chahutant, cassant et intimidant pendant des mois. Si pour vous il est démocratique qu’une faible minorité impose ses idéaux à une population nous n’avons vraiment pas tout à fait la même vision des événements désastreux qu’à connu le Québec pendant tous ces mois de ce qu’on a appelé le «printemps érable» parce qu’on a bien voulu nous faire croire (à nous la population)qu’au Québec on était opprimés par le gouvernement libéral. Quel mensonge. Mais si vous aimez ce genre de démocratie,je crois que vous serez à nouveau agréablement bien servie si par malheur Pauline Marois remporte ses élections et qu’elle doive quelques mois plus tard subir à son tour la gigue endiablée et bruyante de notre belle jeunesse et, qu’elle tente à son tour de vouloir dialoguer et négocier démocratiquement avec ces «chers petits». Même Léo n’y pourra rien, il est passé de l’autre côté de la clôture. Parfois j’ai l’impression que certaines personnes de la génération des «peace and love» s’ennuient et cherchent à revivre certains moments difficiles de notre histoire.

@Robert:
Il n’est pas requis d’avoir l’approbation de la majorité de la population ( la « majorité silencieuse », c’est ça??) pour qu’un groupe X (ou Y, dans ce cas ci…) ait le droit de manifester son mécontentement.

Merci de ce bel article. C’est exactement ce que je pense. Moi aussi, j’ai l’impression que Jean Charest semble croire que la démocratie se limite à l’exercice du vote. Pis après, les élus sont roi et maître. Ben, il se met un doigt dans l’oeil. Les députés sont élus seulement pour nous représenter. Ils doivent prendre des décisions qui respectent la volonté du peuple et non pour leur propre profit et celui de leurs amis. La démocratie, c’est chacun qui à droit à son mots, et ce, même en dehors des périodes électorales.

Et pour Robert, sur quoi vous basez-vous pour dire que les étudiants n’ont pas l’appui de la population. Les casseroles qu’il y a eu à chaque soir pendant plusieurs semaines c’était quoi si ce n’était pas un appui? Et les manifestions mensuelles du 22 de chaque qui ont à chaque fois rassemblées des centaines de millier de personnes jeune et moins jeunes poussettes incluses, c’était quoi si ce n’était pas un appui aux étudiants. Vous devriez sortir plus souvent de chez vous et vous verriez que la vraie vie c’est bien plus que ce que la TV(A) nous montre.

@Samuel P.

Vous voulez rencontrer un ministre?
Rien de plus simple, commencez par organiser une levée de fond pour le PLQ!

@ Robert

Vous devriez faire quelques recherches sur les pays européens qui offrent la gratuité scolaire, sur leur PIB par habitant et sur les gouvernements qui les dirigent…

L’Allemagne, la Suède, la Finlande, entre autres, ne sont pas dirigés par la « go-gauche » (expression plutôt vide de sens et méprisante d’ailleurs…).

Il est si facile d’avaler les couleuvres des médias poubelles et du PLQ, n’est-ce-pas? La réalité est toute autre cependant.

Une question en février aurait fait la différence si on aurait souhaité régler la grève : si oui vous êtes pour la hausse, de combien doit-elle être ! Mais non, on a posé cette question des mois plus tard et on a bien vu que très majoritairement la population souhaitait une hausse du coût de la vie !! Donc l’épicentre de la cris est ailleurs, comme le souligne Samuel P. : comment réaliser la réforme de notre système politique pour l’émanciper des pouvoirs financier et économique qui le corrompent. La Constituante, comme dans bien des pays et provinces est un outil que nous pouvons réclamer ou mettre en place en dehors des partis.

Quel manipulateur, serpent insidieux et insignifiant! Insulter l’intelligence de toute une nation! Monsieur le frisé heureusement qu’on n’a pas la guillotine car M. Guillotine vous ferait la job lui-même! Trop c’est trop. Chanceux d’avoir encore quelques moutons qui vous suivent…Pas pour longtemps!

Nycole L.,

Est-ce votre commentaire est à prendre au second degré? J’espère que vous ne détestez pas vraiment les moins vieux à ce point…

Eric,

En France, l’université ne coûte pas cher mais elle n’est pas tout à fait gratuite non plus.

Errare humanum est (je suis une étudiante française qui connaît au moins une phrase de latin :))

Il est urgent que le Canada devienne un pays démocratique et permette à ses citoyens d’élire ses premiers ministres à la majorité de 50%+1 des votes exprimés. Les députés devraient aussi être élus strictement pour représenter leurs comtés au suffrage majoritaire sans possiblité de devenir ministres, La ligne de parti devrait toujours être interdite.

La démocratie sous Jean Charest ? Connais pas ! Les décisions sont toutes prises par ses petits amis réunis dans une salle sombre et loin de tout membre du peuple. Comme son PLAN NORD fabriqué en catiminie par des étrangers (big corporation)ainsi que les Démarais de ce monde.