Vive la dette nette ! En Ontario…

Ils vous l’ont tous dit : la dette du Québec est horrible ! À 94,5 % de dette en proportion de son PIB, le Québec est, comme la Grèce à 103 %, au bord de la faillite. C’est le calcul, que j’ai sévèrement critiqué, proposé en janvier par le ministère des Finances. Il s’agit d’un calcul exagéré de la dette brute, donc de tout ce qu’on doit (votre hypothèque, par exemple). *

On aurait espéré que cette malinformation soit corrigée dans le budget Bachand, mais ce fut une déception de plus. Les Ontariens, cependant, ont eu droit, dans leur document budgétaire, à l’intéressant tableau suivant :

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Wow ! La dette nette de l’Ontario placerait notre voisine en meilleure posture que tous les pays du G7, sauf le Canada. (Je n’ai cependant pas pu trouver, dans les documents budgétaires ontariens, le calcul de la part canadienne de la dette ontarienne, nécessaire pour cette comparaison).

On trouve bien, dans un document du ministère québécois des Finances, comme me l’on fait remarquer plusieurs alertinternautes, un tableau comparatif indiquant qu’avec une dette nette (gonflée à mon avis) à 55,9 %, le Québec était toujours parmi les cancres. (Selon le calcul de l’économiste Louis Gill  de février dernier, elle serait plutôt de 41%).

C’est que dans un monde en endettement extrêmement rapide, les Finances ont comparé (et gonglé) la dette québécoise de 2009 et l’ont comparé aux dettes étrangères de 2008. En Ontario, ils ont eu la compétence voulue pour comparer les dettes de 2009 pour les pays du G7.

Mais quelle que soit le ratio dette nette/PIB retenue, celle de 55,9% des Finances ou de 41% de Louis Gill, le report sur le tableau ontarien montre que le Québec se situe toujours à un niveau plus faible que celui de 6 des pays du G7.

Connaître l’ampleur relative de notre dette nette ne nous dispense pas de payer l’intérêt sur la dette, c’est sûr. Et cela ne nie pas l’importance du problème, ni le fait que la dette soit préoccupante. (J’ai commis tout un chapitre de Pour une gauche efficace sur la nécessité de la rembourser de façon équitable.) Mais cette information permet de mieux juger notre richesse — ou pauvreté — réelle, et de voir comment on s’en tire comparativement aux autres.

Même Desjardins s’y met

Le 23 mars dernier, le service des Études Économiques de Desjardins ajoutait sa pierre à l’édifice dans son document : La taille de la dette du Québec est très préoccupante.

Les auteurs affirmaient très justement que :

Il est reconnu que la mesure de la dette nette donne habituellement une meilleure indication de l’ampleur réelle de l’endettement d’un gouvernement. Par exemple, l’Alberta dispose d’actifs financiers importants au sein de son Heritage Fund. Ainsi, même si sa dette contractée sur les marchés est non négligeable, l’ampleur de ses actifs financiers fait que sa dette nette devient négative, ce qui correspond à un avoir net pour la province et change considérablement le portrait de son endettement.

Enfin, un peu de clarté dans les concepts ! Cela ne nous surprend pas de Desjardins, qui avait publié en 2006 un document qui calculait la dette nette québécoise et en faisait une comparaison internationale, que voici :

Sous la moyenne de l'OCDE, en 2006 (Cliquez pour voir l'image)
Sous la moyenne de l'OCDE, en 2004 (cliquez pour voir l'image)

Donc, les gars, qu’est-ce que ça donne en 2010 ? On vous écoute. Et ils poursuivent :

Cela dit, nous retiendrons surtout la dette brute dans notre analyse pour la simple raison qu’elle facilite les comparaisons avec les autres gouvernements du Canada, mais aussi d’ailleurs dans le monde.

Arrgh ! Bref, Desjardins affirme que ce serait mieux de calculer la dette nette — qui indiquerait que la dette du Québec est légèrement au dessous de la moyenne de l’OCDE et sous 6 des sept pays du G7 — mais reprend simplement le calcul fautif du ministère des Finances, qui n’a pas calculé la dette nette. Mais Desjardins prend soin au passage d’indiquer que ce calcul de la dette nette est très favorable à l’Alberta, mais se tait sur le Québec…

Heureusement, ce blogueur a au moins un allié dans son combat pour que les chiffres de la dette nette et brute soient également présentés aux Québécois : Jean Charest.

En effet, lors d’une entrevue pré-budgétaire au Devoir, M. Charest a dit ce qui suit :

Quant à la dette, elle n’est pas aussi lourde qu’une certaine « campagne de presse », celle menée par Quebecor, veut bien le montrer. La dette du Québec se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE, a-t-il rappelé.

Il ne pouvait évidemment parler que de la dette nette, car son propre ministère des Finances venait de dire le contraire au sujet de la dette brute.  (Le lendemain, le bureau du PM faisait savoir au Devoir qu’il n’avait pas spécifiquement visé Quebecor — qui avait fait une série Le Québec dans le rouge.)

Alors, M. le Premier ministre, encore un effort. Peut-être que, l’an prochain, vous réussirez à convaincre votre ministre des Finances de faire aussi bien que l’Ontario et de donner aux citoyens québécois une lecture complète et à jour de leur endettement.

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* Note: ce billet fut modifié après que plusieurs alertinternautes aient attiré mon attention sur le tableau comparatif publié par les Finances en annexe du budget. Merci pour votre vigilance.

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que la dette soit de 40% ou 95% de¨PIB ça n’a pas d’importance,elle est trop haute.Si le Québec était un individu il ne pourrait pas contracter d,emprunts auprès des banques.

Quand tu dois de l’argent sur ton hypothèque, ta banque te demande de PAYER LES INTÉRÊTS sur la DETTE BRUTE, soit la valeur total de l’hypothèque, pas sur la différence entre la valeur de la maison et le montant dû!!!! Mais on voit que vous et Louis Gill avez bien réussi votre cours d’OBAMANOMICS 🙂

La réalité: on est endettés de partout et maintenant en plus on est surtaxés. On pourrait pas couper un peu dans le nombre de fonctionnaires?

A quel jeu joue Desjardins? Pourquoi cette « putasserie » envers les lucides?
Qui a signé le rapport de Desjardins? Est-ce que la grande boss a vu le document avant sa publication?

Sauf que sous Charest le Québec est passé depuis 2003 de 50 milliards de dettes à 125 milliards plus les pertes de près de 50 milliards à la caisse de dépôts , plus la TPS non réclamée par Charest pour protéger ses amis fédéralistes canadians, plus la dette fédérale fait en notre nom sans représentation etc….
Le Québec se fait voler littéralement et sans ces vols les Québecois seraient deux fois plus riches, prospères et premier développeur international.

Félicitation pour votre blogue.

Je vous réfère au mot de Léo-Paul Lauzon dans le quotidien gratuit Métro du 12 novembre dernier «Lettre à bébé Soliane» où il nous parlait de notre «richesse».

vhttp://www.journalmetro.com/paroles/article/366742–lettre-a-bebe-soliane

Tant que le gouvernemenmt va se servir de quelque chose d’incomplet pour « À soère on fait peure au monde », je me rangerai dans le camp de ceux qui exigeront la nature de la dette nette.
Remarquez que les opinions diffèrent d’un économiste à l’autre mais justement abordons un tantinet le sujet suivant.
Un état dit-on ne peut faire failitte.
Lorsque les banques privées furent en failitte aux USA, on les a renflouer (le gouvernement les a renfloué).
Or donc c’est une nouvelle dynamique.
L’Islande suite à un référendum ont majoritairement adopté de ne pas rembourser la dette islandaise aux banques privées puisque l’état islandais et ses citoyens ont perdu terres et maisons, dans plusieurs cas des bateaux de pêche (une ìle ???) dans la crise mondiale qui les a touché particulièrement.
On verra la suite.
Il y a le cas de la Grèce.
Mais aussi le système qui s’est effrondré.
Alors les règles n’existant que plus ou moins, créons une banque d’état avec une nouvelle devise et cela sans fermer les banques privées (un peu de compétition c’est bon).
Mais et surtout si les banques privées ne veulent plus prêter, pas de problème, comme en Islande on ne rembourse plus. Alors qu’adviendra-t-il? Les banques vont saisir les pays? Donc si oui les états vont appartenir aux banques privées. Voyons donc….continuez à faire peur au monde avac la k de dette. Il y a des limites qu’un État québécois ou canadien ou autre paie des milliards et des milliards en intérêt AUCUN SENS.

Et le ti-pit qui pense avoir trouvé la trouvaille du siècle avec faire payer le pauvre pour la santé…c’est à vomir.

Lorsqu’on calcul des actifs, on doit calculé ce qui a une valeur qu’on peut résolument pensé vendre. J’imagine mal la vente des routes et des hopitaux. La réalité est que ce concept de dette nette est une bonne idée pour faire croire qu’on a tellement d’actifs que notre endetemment est relativement bas alors que la réalité est tout autre.

Bernard Landry dit de ceux qui minimisent la dette du Québec qu’il sont des »négationnistes »

Louis Gill est un des rares économistes négationnistes à propos de la dette et son analyse a été critiquée sévèrement par son manque de rigueur..

Bien entendu, les chiffres peu crédibles de Louis Gill font l’affaire de certains négationnistes bien qu’ils s’en défendent..

Jean-Luc Landry a écrit une excellent papier dans Cyberpresse le 3 avril à propos du budget Bachand et et ce n’est pas une analyse complaisante à la Jacques Ménard..

http://www.vigile.net/Les-chiffres-ne-mentent-pas

Cher monsieur, au-delà de la dette du Québec, donc son passif,il existe un actif souvent,sinon toujours oublié par la plupart des Québécois, actif qui peut se situer à plus ou moins 300 milliards «$», ce que le gouvernement de Jean Charest ne veut pas nous parler ni même indiquer qu’il existe, parce qu’au-delà de sa mauvaise gestion des finances publiques, existe quelque chose de plus vrai,soit un «actif» qui ferait mourir d’envie, l’Ontario, et toutes les provinces du Canada, de même que la plupart des pays occidentaux. Alors que mon gérant de «caisse populaire» insiste pour qu’on lui présente un «bilan financier annuel» ( Passif et Actif) accompagné de l’état de nos finances,lorsque nous souhaiatons emprunter quelques dollars,nos gouvernements persisstent à cacher l’état réel des finances,que seul un «bilan» peut démontrer.Pourquoi agissent-ils ainsi sinon pour faire peur aux contribuiables que nous sommes avec la supposée(ou vraie) dette du Québec. Bien sûr que de vrais administrateurs doivent toujours administrer les finances de l’État en bon père de famille, en évitant, de même, de sombrer dans les déficits annuels. Cependant, notre gouvernement n’a pas le droit de cacher l’état réel de la santé financière de l’État,sous la forme d’un «Bilan» annuel, seul outil capable d’éclairer les Québécoises et les Québécois sur la santé de l’économie du Québec. Il est certain qu’en agissant ainsi, nos concitoyennes et nos concitoyens arrêteraient d’avoir peur à leur avenir et à celui de leurs enfants et refuseraient tout de «go» les savantes explications de tous les lucides et de tous les comités d’étude des finances publiques, et de leurs représentants «fédéralistes», qui prétendent diriger le Québec,alors qu’ils ne font que du surplace en attendant de gaver leurs amis avec les sociétés d’État en les leur vendant à vils prix. Je vois déjà Claude Garcia,Jacques Ménard, et autres Desmarais prère et fils, dirigeants de Power, de Paris Bas et de Total se pourlécher les babines de plaisir et de gourmandise capitaliste à l’anglo-saxonne. Ces gens ne seront heureux que le jour où ils auront déposséder le Québec et les États du monde avec l’aide des Chareste et Sarkozy et autres dirigeants politiques véreux. Je rêve du jour où les ciotyennes et les citoyens échangeront sur les finances publiques, à partir d’un «bilan» de l’État qu’on leur aura soumis. Ce jour-là ils (elles)deviendront des gens libres capables d’échanger avec leurs dirigeantes etleurs diriegants,dussent-ils venir de la FTQ et de son fonds de solidarité, ou d’Ottawa comme Jean Charest,ou de la royauté de «Sagard en Charlevoix,des dirigeants de Power/Desmarais.

Ce qui est étonnant, c’est de voir des médias dits sérieux et un institut économique supposément crédible montrer un chiffrier électronique dynamique situant la dette du Québec à plus de 220 milliards de $. Comme si la dette d’Hydro-Québec qui est une véritable machine à imprimer des $ peut s’additionner à celle de l’état pour construire des routes génératrices de dépenses futures. La dette d’Hydro pourrait doubler que ce serait une bonne nouvelle si cela servait à acquérir de nouveaux actifs. Décidément on s’ennuie de René Lévesque qui rendait le peuple plus intelligent avec son célèbre tableau noir.

haha. Avez-vous déjà remarqué que la propagande sur les dangers de la dette est plus intensive lorsque les taux d’intérêts sont au plus bas?

C’est parce qu’il y a plusieurs raisons économiques qui se rencontrent:

D’abord le manque d’épargne. Le problème est bien réel, surtout dans une conjecture où le taux d’intérêt est artificiellement bas. Le problème, c’est que plutôt que d’exiger une épargne des clients bancaires, on s’efforce de demander aux gouvernements un remboursement; particulièrement lorsque le taux est bas.
De plus, les gouvernements peuvent «diluer» la dette à volonté par la presse à papier. Alors il est urgent pour les créanciers d’être remboursés: leur prêt n’est pas rentable.
La solution est… la hausse du taux d’intérêt. Mais on repousse l’idée (unanimement), non pas pour préserver les dettes nationales, mais bien plutôt pour préserver l’investissement. C’est que les créanciers sont aussi les investisseurs. Alors comment sauver la chèvre et le chou? Presser les gouvernements, bien entendu. Ensuite on hausse le taux d’intérêt.

En mars dernier, juste avant le budget, le Ministère des finances a publié « La dette du gouvernement du Québec » où il est question du calcul de la dette nette selon la méthode de l’OCDE. En page 34 du document, on nous indique que la dette nette du Québec est estimée à 55,9% du PIB (contre 94,5% pour la dette brute). Brute ou nette, la dette du Québec serait la cinquième plus importante des pays (sic) de l’OCDE. Ces résultats sont accompagnés des cotes de crédit de Moody’s Standard & Poor’s et Fitch. On voulait sans doute nous indiquer par là qu’il existe un lien étroit entre l’endettement et ces indices de cotation. Or, il n’en est rien! Les corrélations entre les cotes des trois agences auparavant citées et la dette nette sont respectivement 0,20 0,28 et 0,24 (dette brute: 0,18 0,20 et 0,15). Une relation existe, sans doute, mais le seul critère de la dette semble insuffisant pour justifier une décote.

La dette nette c’est une magouille comptable.

Pour certaines personnes, la « mauvaise dette » est comparable au solde impayé sur une carte de crédit alors que la « bonne dette » est assimilable à une hypothèque: on s’endette, mais ce n’est pas grave parce qu’on finance un actif (une maison ou des infrastructures dans le cas du gouvernement).

Si une personne, qui a les moyens de s’acheter une maison de 200 000$, décide de s’acheter une maison de 600 000$, est-ce que c’est une « bonne dette » ou une « mauvaise dette » ?

Parce que la situation du Québec est la même que celle d’une personne qui se paye une maison de 600 000$ alors qu’il devrait plutôt se contenter d’une maison de 200 000$. Si un individu s’endette au-delà de sa capacité de payer pour acquérir un actif, peu importe la valeur de cet actif, cette créance sera toujours une « mauvaise dette ».

Beaucoup d’Américains s’étaient acheté une maison en se disant que c’était une « bonne dette », on voit le résultat aujourd’hui.

De plus, comment peut-on soustraire des infrastructure comme les routes de la dette sous le prétexte que c’est un actif. On sait tous que la jamais le gouvernement ne vendra ses routes.

D’ailleurs même Bernard Landry a reconnu que c’est la méthode de l’OCDE qui donne le portrait le plus juste:

« Pour M. Landry, il est clair que l’approche du ministère des Finances, en appliquant la méthodologie de l’OCDE, fournit un portrait plus juste de l’endettement public des Québécois, et que cela ne sert à rien de le nier: «le problème est très grave». »

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/opinions/chroniques/claude-picher/201003/26/01-4264771-les-negationnistes.php

Je suis totalement en accord avec le commentaire de François, ci-dessus. La dette nette c’est un ben beau concept, mais qui n,a pas réellement de valeur. Comparer la dette nette albertaine ou norvégienne avec la dette nette québécoise ne fait pas de sens. Au Québec, la dette nette est moins élevée que la dette brute essentiellement en tenant compte d’actifs qu’on ne pourra/voudra jamais vendre (les routes, etc), alors que l’alberta ou la Norvège disposent de hedge funds ou d’actifs financiers qui pourraient etre directement appliqués à la dette.

La dette nette n’est pas reconue par standard and poors alors ca ne vaut rien. Tout les pays utilisent la dette brute comme methode d’evaluation. Pourquoi ce serait different pour le Quebec.

Presque TOUS les économistes SÉRIEUX et reconnus du Québec (incluant vos ex-collègues Bernard Landry et Joseph Facal qui ont, EUX, administré un ministère à vocation économique contrairement à vous!) reconnaissent que la dette accumulée par les gauchistes québécois est tout simplement insupportable Monsieur Lisée et je ne comprends pas votre acharnement à vouloir nier l’évidence. Seriez-vous dans le camp des négationistes aveuglés par leur fanatisme?

Je vous réinvite à lire cette courte mais ô combien d’actualité intervention qui saura, nous l’espérons tous, vous aider à remettre les pieds sur terre. Vous y trouverez des références aux différentes dénominations de notre dette ainsi qu’à nos actifs que personne ne peut vraiment évaluer avec réalisme.

En voici d’ailleurs un court extrait:

« C’est donc inutile de croire que nous corrigerons la situation en haussant les taxes, les tarifs ou les impôts. Je répète: nous n’avons pas un problème de revenus – nous sommes déjà les plus taxés en Amérique du Nord! –, nous avons un problème de dépenses. En fait, nous possédons le titre peu enviable (et absurde) d’État à la fois parmi les plus endettés et les plus taxés! »

Et voici le lien:

http://www.iedm.org/main/show_editorials_fr.php?editorials_id=827

Bonne lecture à tous!!!

Avant 1840, le Haut-Canada avait dépensé beaucoup d’argent pour se doter d’infrastructures comme les routes et pour s’industrialiser. Donc au moment de la promulgation de l’Acte d’Union en 1840, la dette du Haut-Canada était treize fois plus importante que celle du Bas-Canada. Or, l’Acte d’Union prévoit la consolidation des deux dettes, celle du Haut-Canada treize fois supérieure à celle du Bas-Canada, et celle minime du Bas-Canada. Donc le Bas-Canada se trouve à payer pour les dépenses faites dans le Haut-Canada (essentiellement l’Ontario d’aujourd’hui).

La dette du Bas-Canada s’est donc formidablement accrue sans que ses citoyens n’en tirent aucun avantage. Pire, l’Acte d’Union de 1840, en imposant ce nouvel endettement impose un obstacle important au développement économique du Bas-Canada tout en facilitant celui du Haut-Canada. Le Bas-Canada est donc doublement pénalisé économiquement par l’Acte d’Union de 1840.

Le Haut-Canada, c’est-à-dire l’Ontario, du point de vue économique, a profité d’un formidable avantage qui lui a permis de consolider et d’accroître sa prédominance économique. Il est donc normal de constater que l’Ontario a toujours profité d’une plus forte industrialisation et que sa richesse globale a toujours prédominé sur celle du Québec qui a dû souffrir des coups de butoir de l’Acte d’Union de 1840.
Il serait intéressant d’évaluer la valeur actualisée de l’avantage économique dont a jouit l’Ontario pendant 170 ans. Basée sur la valeur actualisée de ce vol patrimonial, le Gouvernement Québécois ne devrait-il pas réclamer des dédommagements financiers conséquents ?

Pourrions-nous également évaluer ce que pourrait représenter le manque à gagner inhérent à cette injustice historique ? Tout comme dans le processus d’évaluation du coût d’opportunité on doit identifier ce à quoi on renonce en faisant un choix, il serait tout à fait pertinent d’évaluer ce à quoi les citoyens québécois ont dû renoncer en se faisant imposer les conditions injustes de l’Acte d’Union de 1840.

@François un

Seule la classe moyenne et pauvre est l’une des plus taxés en Amérique du Nord… et la classe « supérieur » et les entreprises sont l’une des moins taxés en Amérique du Nord!
On appelle cela un déséquilibre fiscal!

Pour ce qui est de mettre l’Institut économique de Montréal en référence, c’est comme mettre pro-vie en référence sur les questions de l’avortement… IEDM est « subventionné » par la classe « supérieur » et les entreprises!!!!

Ça prends pas la tête à Papineau pour faire le lien….

En réponse à François, je dirais que le fait que presque tous les économistes qui veulent nous convaincre de l’énormité de notre dette utilisent le « dette brute » (y compris Bernard Landry et Joseph Facal) ne prouve pas qu’ils ont raison de le faire. Et le fait de citer un éditorial de l’IEDM, un lobby polémiste financé par les grandes fondations de droite américaine, n’ajoute rien à la crédibilité de cet utilisation. À un moment de ma vie professionnelle, j’ai personnellement été débiteur d’une dette totale de 274 000$ (je possédais deux immeubles hypothéqués, une auto sous financement, une marge de crédit utilisée au maximum) alors que mes revenus totaux étaient à peu près de 125 000$. Ma dette brute totalisait 220% de mes revenus. Deux fois pire que le Canada! Mais les banques continuaient à me prêter volontiers parce que mes deux immeubles valaient à l’époque plus de 600 000$. Et que mon revenu me permettait de payer sans problème tous les intérêts sur mes dettes. Ce sont les deux valeurs qui comptnt pour les financiers : quel est votre avoir net (dans mon cas, il était largement positif) et quelle est votre capacité de payer les intérêts. La même logique vaut pour le Canada et le Québec. Et à David, qui dit que la dette nette est de la magouille comptable parce qu’elle prend en compte des actifs qui ne sont pas « vendables », c’est faux. Si le Québec était vraiment mal pris (heureusement, ce n’est pas le cas) et haussait les tarifs d’électricité au niveau de nos voisins, il pourrait vendre Hydro-Québec au privé et en tirer des milliards! En fait, uniquement avec la valeur potentielle d’HQ, on annulerait à peu près toute notre dette! Quant à l’argument qui veut qu’on vit au dessus de nos moyens, la vraie question c’est : pourquoi devrait-on payer comptant des infrastructures (ponts, routes, écoles, hôpitaux, aéroports, centrales, etc.) qui vont nous servir pour 30, 40 ou 50 ans. Contracter une dette, c’est un bon moyen de faire payer les infrastructures par ceux qui les utiliseront par la suite. C’est de la justice sociale.

S’il vous plaît M. Lisée, écrivez un nouveau texte pour nous « expliquer » que nous sommes également peu taxés au Québec, j’ai besoin qu’on me remonte le moral!

Vous pourriez aussi nous « expliquer » que la courbe démographique du Québec nous promet aussi des lendemains qui chantent!

Il n’y a pas d’économistes reconnus et sérieux ni au Québec ni ailleurs.
Aucun d’entre eux ne connaissaient, ni ne savaient rien des « papiers commerciaux ». Idem pour la population en général.
Ce n’est que le lendemain des pertes considérables des banques privées américaines que tous sont devenus en même temps des experts des papiers commerciaux.
Ni même des « ti-jos connaissant » avec leurs références multiples.
Tant que le système fonctionne, que ce soit le libre-échange ou autre force est de reconnaître que lorsque les données changent « ça marche pu » et que tu veux passer à l’histoire parce que tu as été un acteur du libre-échange, le coté humain et orgueilleux prend le dessus sur les résultats.
De ces temps-ci en Europe, le système « craque »….tout d’abord la Grèce mais ce n’est pas tout.
L’Allemagne qui produit et qui exporte en masse. Mais aussi l’Allemagne qui n’achète pas. Sa balance commerciale est donc largement avantageuse.
Et vous savez quoi, les autres dont la France, l’Italie, l’Angleterre pour ne nommer que ceux-là critiquent vertement les échanges commerciaux de l’Allemagne.
« Aie l’Allemagne t’as pas le droit d’être plus performante que les autres »…c’est en substance ce que les autres états européens crient envers l’Allemagne…… »pas bo ça cette chicane de la zone euro »….. »faque les systèmes ont tous un secret que les économistes ne reconnaissent pas »
….les systèmes ont un début, un temps et uen fin.
Alors il n’y a pas de place pour les références des économistes des anciennes économies…ils sont « OUT »

@ David et autres:

Comme vous avez raison de qualifier la dette nette d’entourloupette débilisante qu’utilisent les gauchistes pour tenter de nous faire croire que nous pouvons, sur leur planète Québec, continuer de nous endetter à go-go. Comme dans les années soixante-dix!

D’ailleurs, ces mêmes zigotos qui tiennent à utiliser Hydro-Québec comme « actif » sont les premiers à s’opposer à sa vente…

Cherchez l’erreur…!/?&

@francois1

Vous n’êtes certes pas comptable. Depuis quand le fait d’inclure les actifs dans un bilan signifie-t-il que vous voulez les vendre ?

Bonjour Monsieur MichelG,

« Sauf que sous Charest le Québec est passé depuis 2003 de 50 milliards de dettes à 125 milliards »

1) L’institut de la statistique du Quebec déclare en 2003 une dette de 90 millards, pas 50 milliards.

2) La réforme comptable de 2007 a fait bondir la dette brute de 103 milliards a 122 milliars en 2007.

Aviez-vous l’intention de garder ces faits importants sous silence pour avoir d’effet?

Juste pour savoir.

La dette brute n’est qu’un épouvantail à moineaux des lucioles lucides et autres tripoteux de chiffres qui ne vise qu’à faire peur au monde et à accomplir ce que les à droite toute veulent accomplir, privatiser les services, minimiser le rôle de l’état et protéger ceux qui ne font pas leur part, afin qu’ils puissent continuer à ne pas la faire. Le niveau de décérébration des gens ordinaires qui appuient de semblables élucubrations me fait frémir.

En 2009, le service de la dette a coûté 1 422$/habitant (5 688$ pour une famille de 4) au Québec alors qu’en Ontario cette somme s’élevait à 716$/habitant (2 864$ pour une famille de 4).

@Paul Pieter Kruijmer

Avec les bourdes des agences de cotation quant aux PCAA, on doit prendre leurs avis avec un grain de sel.

Aussi, Standard & Poors n’avait-elle pas coté Lehman Bros. « A »?

La dette va exploser. Dans le budget, le ministre parle beaucoup des années 2014 à 2025, mais la réalité est qu’il devra emprunter 7 milliards par an d’ici 2014. La dette brute du gouvernement est de 160 milliards actuellement (53% du PIB) et elle sera de 190 milliards en 2014. Ces chiffres ne tiennent pas compte de la part québécoise de la dette fédérale. Ce qui rend la situation inquiétante, c’est que cette dette sera supportée par de moins en moins de travailleurs au cours des prochaines années. La population du Québec est l’une des plus vieilles dans le monde (avec les Japonais et les Allemands) et la population active a déjà commencé à décliner.

http://www.vigile.net/Les-chiffres-ne-mentent-pas

Besoin de divers concepts de dette pour diverses utilisations

Pour évaluer la dette de nos gouvernements, nous avons besoins d’au moins trois colonnes de chiffres : (1) la dette brute DB (la somme des engagements financiers : obligations, engagements envers les régimes de pension, comptes à payer…) (2) les actifs financiers AF et (3) les actifs immobiliers AI. Avec ces trois colonnes de chiffres, on peut avoir une estimation de la dette brute, la dette nette des actifs financiers (DB-AF) et la dette nette des actifs financiers et immobiliers (DB-AF-AI). Ces trois concepts ont leur utilité propre. Par exemple, on utilisera différentes mesures si on désire analyser les pressions sur les marchés financier ou celles sur les contribuables québécois.

C’est la même chose lorsqu’on analyse la dette d’une personne : on a besoin de savoir non seulement si la personne a fait des emprunts mais aussi si elle a des actifs en contrepartie. Par exemple, si derrière une dette de 300 000 $, il y a des dépôts bancaires de 50 000 $ et une maison valant 250 000 $ cela est très différent du cas où pour le même montant de dette il n’y a aucun actif en contrepartie.

Dans le cas d’un gouvernement, il faut couvrir non seulement le périmètre comptable (utilisé pour le budget), mais aussi l’ensemble des entités dont il est responsable à divers degrés. Dans le cas du gouvernement du Québec, il faut inclure les réseaux, les sociétés commerciales (principalement SAQ et Hydro-Québec), les municipalités et les régimes publics de pension. Il faut voir le « big picture ». On ne devrait pas analyser la dette du gouvernement du Québec en y incluant la dette d’Hydro-Québec sans tenir compte des actifs financiers er immobiliers d’Hydro-Québec. On ne peut évaluer correctement la dette du Québec sans inclure la taille des déficits actuariels des régimes publics de pension dont il est responsable.

Je pense qu’en voulant tout mettre en un seul chiffre, on a nui au débat sur l’endettement du Québec. La publication d’un tableau qui présente ces trois colonnes pour l’ensemble des entités dont le gouvernement est responsable permettrait une bien meilleure discussion de l’endettement du Québec.

Pour plus d’information, lire un texte qui est sur le site de l’Association des économistes québécois (ASDEQ) et dont le tire est Bien mesurer l’endettement du Québec à l’adresse
http://www.asdeq.org/activites/comite-politiques-publiques/pdf/2007/mesuredettefinal.pdf

Jean-Pierre Aubry
Économiste
Fellow invité du CIRANO

@ Pierre Sormany:

« Mais les banques continuaient à me prêter volontiers parce que mes deux immeubles valaient à l’époque plus de 600 000$. Et que mon revenu me permettait de payer sans problème tous les intérêts sur mes dettes. »

Là est le hic: les revenus du Québec NE LUI PERMETTENT PAS de payer les intérêts sur sa dette. Notre dette GROSSIT à chaque seconde…

@ Linda Hart:

Vous dites: « Depuis quand le fait d’inclure les actifs dans un bilan signifie-t-il que vous voulez les vendre? »

Vous ne voulez peut-être pas les vendre mais vos créanciers, eux, s’en chargeront pour vous…

Lorsqu’on emprunte, on dépense de l’argent que l’on a pas et on ne veut pas attendre de l’avoir gagné avant de la dépenser. On appelle ça la préférence temporelle. Plus elle est élevée et moins vous serez riche!

Lorsque quelqu’un vous prête de l’argent comme les syndicats financiers le font à Hydro-Québec, ils fondent leurs prêts sur la valeur intrinsèque de l’actif mis en garantie et la capacité de payer de l’emprunteur. Pas de garantie, pas de prêt…ou un prêt à intérêt plus élevé compte tenu qu’aucun garantie ou actif n’est mis en collatéral. Donc, plus de dépense d’intérêt.

Demandez à Hydro-Québec de cesser de rembourser les intérêts de ses prêts juste pour voir… La Grèce et l’Islande ont essayé…

Idem pour tous les autres actifs (édifices, routes, monuments nationaux, etc.) du gouvernement du Québec dont la valeur est plutôt…vaporeuse. Combien vaut pour un prêteur un monument national? Une route nationale mal entretenue? Un pont national qui menace de s’écrouler? Pas grand chose je le crains…

De plus, les nationaleux accepteront-ils de s’en départir (voir le dossier Hydro-Nouveau-Brunswick…) Et pour ce qui est de la capacité de payer des 55% contribuables Québécois qui paient des impôts (45% n’en paient pas!), je crois savoir que cette capacité a atteint ses limites…

Ce qui est important dans ce monde de la finance, c’est votre capacité de rembourser votre dette et nous sommes de toute évidence dans l’incapacité de le faire. En 1970, nous n’avions aucune dette au Québec. Les gauchistes nous ont embourbé au-delà de notre capacité de payer. Nous sommes les plus endettés et les plus taxés en Amérique et ce fait est INDIBUTABLE Madame!!!

@André Grenier
@Fuzzybill74
@François
@François1
@David
@Bryan Breguet

Si je vous comprend bien, nous ne devrions pas emprunter pour: défendre le pays, construire des routes, ponts, infrastructures pour transport en commun, hôpitaux, CPE, écoles, CEGEP, universités, résidences pour personnes âgées et surtout pas pour payer des salaires pour faire fonctionner tout ça. S’il n’y a à peu près rien de vendable dans tout ça y compris le capital humain comment se fait-il qu’on nous prête alors?
De faire fonctionner une société sans faire de dépenses peu rentables à court terme relève d’une idéologie qui n’avance à rien.

Allez-donc faire un tour à Haïti, tiens, pour un « reality check ».

Quant à François1, ton jupon idéologique dépasse un peu trop. Ton manque de respect pour l’auteur du blog ne sert pas le débat.

D’après la théorie économique, tout impôt sur le revenu nuit à la croissance économique (même si de tels impôts peuvent se justifier par d’autres considérations). Des tarifs exigés selon le principe « utilisateur – payeur » n’ont pas cet effet nuisible, même lorsqu’ils sont payables à une entreprise publique.

Il y aurait donc une grande différence entre des dettes publiques qui se financent par des tarifs (comme des dettes contractées pour acheter des centrales hydro-électriques) et des dettes publiques qui doivent être financées par des impôts (comme des dettes contractées pour financer la construction de routes ou d’écoles dont les tarifs exigées aux utilisateurs sont insuffisants pour couvrir les dites dettes).

En soutenant que la dette nette est le meilleur indicateur de l’état des finances publiques, Jean-François Lisée et ses supporteurs font donc deux erreurs:
1) Ils négligent l’impact de la nature (du genre) des actifs financés par dettes,
2) Ils négligent l’impact de l’importance (la grandeur) des dettes devant être financées par des impôts.

lecrible.blogspot.com

@ François Isabelle:

1- Votre opinion sur mon opinion me laisse complètement froid.
2- Pourquoi emprunter et ainsi AUGMENTER le coût des choses que nous nous procurons. Pourquoi pas économiser l’argent AVANT de le dépenser? Trop simple?