La deuxième chance de Thomas Mulcair

Coriace, le chef néo-démocrate a tiré des leçons de la défaite et prépare déjà les élections de 2019. Mais Thomas Mulcair doit d’abord gagner la confiance de son parti le 9 avril à Edmonton…

Partie de curling entre députés néo-démocrates un soir de janvier. Thomas Mulcair a dû faire quelques essais avant de commencer à s'amuser sur la glace. (Photo: Adrian Wyld/La Presse Canadienne)
Partie de curling entre députés néo-démocrates un soir de janvier. Thomas Mulcair a dû faire quelques essais avant de commencer à s’amuser sur la glace. (Photo: Adrian Wyld/La Presse Canadienne)

Rien de mieux pour laisser retomber la pression après une longue journée de réunions stratégiques que… le curling ! Un verre de vin ou de bière dans une main, un balai dans l’autre, les députés du NPD s’amusent sous les arches du magnifique bâtiment en bois rond du Château Montebello, en Outaouais. Tous rigolent de leurs maladresses. Tous, sauf Thomas Mulcair.

Dès son premier élan, le chef du parti perd l’équilibre et tombe lourdement sur la glace, sous le regard mi-amusé, mi-gêné de ses collègues, qui n’osent pas le taquiner. La pierre ne franchit pas la moitié de la distance. Mulcair se relève. Son sang irlandais semble bouillir lorsqu’il agrippe une nouvelle pierre et se remet en position de lancer, sans dire un mot, sans esquisser un sourire. Celle-là se rendra au bout de la longue glace.

Mulcair veut gagner. Tout le temps. Même en ce soir glacial de janvier où le caucus dispute une partie de curling, occasion bon enfant de souder ses membres et d’accueillir les 16 nouveaux députés élus sur les 44 qui l’ont emporté le 19 octobre. « Je n’ai joué au curling qu’une fois dans ma vie ! C’est difficile », me lancera Thomas Mulcair en riant, dans un moment plus détendu.

Impossible de ne pas y voir une métaphore de la dernière campagne électorale. La volonté et les espoirs étaient immenses. En septembre, le NPD trônait en tête des intentions de vote. « On était à cinq semaines de gagner », soupire Karl Bélanger, un des principaux conseillers du chef, dans l’avion de campagne.


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Pour la première fois en 55 ans d’existence au fédéral, les néo-démocrates pouvaient rêver à la victoire. Mais le NPD et son chef — qui en était à sa première tentative dans ce rôle — manquaient d’entraînement. Sans expérience à titre de meneur, Mulcair évoluait sur une glace imprévisible. Il suffisait d’une chute en bout de piste pour que la victoire échappe au parti.

« La défaite a été très difficile », confie Mulcair, qui a broyé du noir pendant plus de deux semaines, évitant les apparitions publiques. Dans l’intervalle, il a appelé les 294 candidats battus pour les remercier d’avoir porté les couleurs du parti.

Dans une lettre qu’il a fait parvenir aux milliers de membres du NPD, Thomas Mulcair parle d’un « deuil bien réel à surmonter » depuis la fin de la campagne. « Je suis d’accord avec l’opinion générale voulant que notre campagne n’ait pas été à la hauteur, écrit-il. Comme chef, j’assume l’entière responsabilité de ces erreurs. J’aurais pu mieux faire. Il est de mon devoir envers vous et envers le parti de tirer des leçons de ces erreurs, et de les appliquer pour l’avenir. »

LAT03_NPD_citation1Aujourd’hui, le chef s’est remis en piste. Et il veut gagner. « Je vais peut-être vous surprendre, mais il ne m’est jamais passé par l’esprit de ne pas continuer », m’a-t-il dit fin janvier. Mais avant de penser aux élections de 2019, il devra remporter le vote de confiance sur son leadership au congrès du parti, les 9 et 10 avril prochains à Edmonton.

Ainsi, il parcourt le pays afin de « reconquérir les membres ». Vancouver, Winnipeg, Toronto, Ottawa, Mont­réal… Depuis la nouvelle année, il rencontre des candidats battus, des militants déçus, des organisateurs mécontents. Dans de petites salles, il parle cinq minutes et écoute pendant des heures, stylo et calepin en mains. Le coriace chef néo-démocrate, reconnu pour déstabiliser ses adversaires à la période des questions aux Communes, cède alors la place au leader posé qui doit convaincre « sa gang » qu’il est encore l’homme de la situation. « Les militants doivent avoir confiance en notre offre politique, dit-il. Mais je dois aussi leur donner confiance en moi. Leur montrer qu’on est capables de gagner et que j’ai confiance qu’on peut y arriver. »

Les militants du NPD n’ont pas l’habitude de dévorer leurs chefs, qui ont souvent eu droit à plus d’une campagne électorale pour faire leurs preuves. Jack Layton a soulevé la vague orange à sa quatrième tentative. À la mi-janvier, un sondage de Mainstreet Research mené auprès des électeurs néo-démocrates montrait un taux de satisfaction de 73 % pour le travail de Thomas Mulcair. À peine 14 % étaient insatisfaits.

Les membres en règle peuvent avoir une opinion différente, mais les manifestations de mécontentement sont rares. Une députée provinciale du NPD en Ontario, Cheri DiNovo, de l’aile très à gauche du parti, a réclamé le départ du chef, mais elle n’a pas créé de mouvement dans son sillage. Un ancien directeur du parti, Gerald Caplan, affirme qu’il lui reste « peu d’enthousiasme » pour Mulcair, car il a laissé les libéraux faire campagne sur un message d’espoir — ce qui était l’héritage de Jack Layton, selon lui. Mais « compte tenu de l’absence de candidat prêt à le remplacer », il laisse à son chef une autre chance « de montrer ce qu’il peut faire ».

Le caucus n’est pas davantage en train d’aiguiser ses couteaux. En Colombie-Britannique et en Saskatchewan, les néo-démocrates ont fait des gains, de sorte que les nouveaux élus sont heureux de leur sort. Les piliers de l’Ouest, comme le député de New Westminster, Peter Julian, donnent leur bénédiction au chef. « Il est social-démocrate, il comprend le Canada, il est bilingue, et il va passer le test en avril », prédit-il.

Les deux rivaux de Mulcair dans la course à la succession de Jack Layton à la tête du parti, en 2012, ont rangé leurs armes. Brian Topp, qui a terminé deuxième, est aujourd’hui très occupé comme chef de cabinet de la première ministre albertaine, Rachel Notley. Celui qui était au troisième rang, le député néo-démocrate de la Colombie-Britannique Nathan Cullen, a été réélu en octobre et fait pleinement confiance à son chef. « Le contexte est différent, dit-il. À l’époque, je voulais agir pour honorer la mémoire de Jack. Tom fait un bon travail. »

L’entourage de Mulcair a fixé la barre symbolique relativement bas pour qu’il reste en poste, soit à 70 % d’appui des membres. Depuis 1973, le vote de confiance le plus tiède a été celui pour Alexa McDonough, en 2001, après la dure défaite de 2000 — 13 sièges, 8,5 % des voix. Celle-ci avait tout de même récolté l’appui de 84,3 % des membres.

L’ex-députée Rosane Doré Lefebvre, battue à Laval le 19 octobre, ira voter pour son chef au congrès d’Edmonton. « Tout n’a pas été parfait, mais il a fait une bonne campagne. Mulcair est une force politique », dit-elle. Un sentiment partagé par les militants néo-démocrates du Québec interrogés par L’actualité dans les dernières semaines. « J’ai la conviction que ça aurait pu être pire ! » dit Alexandrine Latendresse, l’ex-députée de Louis-Saint-Laurent, près de Québec.

La représentation au Québec a beau avoir chuté de 59 à 16 députés, les Québécois sont encore les plus nombreux au caucus. « Le parti est enraciné au Québec », estime Thomas Mulcair. La défaite a toutefois été plus difficile à digérer dans certaines régions du pays. En Atlantique, où le parti n’a fait élire aucun député, des piliers comme Megan Leslie, Jack Harris et Peter Stoffer sont tombés. En Ontario, province qui compte 121 sièges sur les 338 aux Communes, seulement 8 néo-démocrates l’ont emporté. À Toronto, la couleur orange a disparu de la carte électorale. Des figures de proue comme Peggy Nash et Olivia Chow n’ont pas survécu. « On a tout perdu ici, 10 années de travail acharné se sont envolées », dit amèrement Peggy Nash, vaincue elle aussi par un libéral. « Layton s’est battu pour que le NPD ait des assises à Toronto, et il y a maintenant plus de députés libéraux qu’il n’y en avait voilà une décennie. »

Peggy Nash n’a pas encore décidé si elle votera pour Mulcair au congrès. « C’est souvent difficile une première campagne, mais en fin de compte, c’est le chef qui est responsable des décisions, même s’il y a un travail d’équipe. C’était notre meilleure chance d’être au gouvernement, c’est très frustrant de l’avoir ratée », dit-elle.

Le chef a mandaté la présidente du parti, Rebecca Blaikie, et l’ancien député d’Ottawa Paul Dewar pour tenter de comprendre les raisons de la défaite. Leur expérience au sein du parti a assuré la crédibilité de l’opération et donné confiance aux militants.

À la mi-janvier, la première conférence téléphonique ouverte à tous les membres a réuni 10 000 personnes ! « Les circuits ont presque sauté ! » raconte un organisateur. En quelques jours, Blaikie et Dewar ont reçu 250 courriels et 500 messages dans leur boîte vocale. « Les militants voulaient se faire entendre », dit Paul Dewar.

Le rapport provisoire, remis à Thomas Mulcair le 7 février — le document final est attendu pour le congrès —, fait état de « défaillances » à éviter dans la prochaine campagne et de « bons coups » à répéter.

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Les membres ont notamment salué la qualité des candidats et des organisations locales, ainsi que le succès de la campagne de financement. Le troisième trimestre de 2015, qui a pris fin en pleine campagne électorale, a été le meilleur de l’histoire du parti. La récolte de 9,1 millions de dollars a surpassé de 2 millions celle du Parti libéral du Canada. Le NPD a même dû rendre près de 100 000 dollars à des donateurs qui avaient déjà atteint, sans le savoir, le plafond autorisé par la loi. Cet engouement a permis au NPD de terminer la campagne avec moins de dettes qu’en 2011, même si cette campagne a été la plus coûteuse de son existence, avec des dépenses de près de 30 millions de dollars.

Le rapport note par contre que le NPD s’est positionné « comme un agent de changement prudent, ce qui n’était pas en phase avec le désir des Canadiens de rompre radicalement avec la décennie Harper ». Un désir que le parti a pourtant contribué à créer par son travail efficace aux Communes, peut-on lire.

La volonté du NPD d’équilibrer le budget à tout prix afin de se positionner comme une solution de rechange responsable au gouvernement Harper a permis à Justin Trudeau de se démarquer. Forts de longues années au pouvoir, les libéraux pouvaient annoncer un déficit, ce que le NPD n’aurait pas pu faire sous peine de se disqualifier aux yeux des électeurs, estime le député Nathan Cullen. N’empêche, la campagne a été « trop prudente », selon lui. « On a manqué d’audace », dit-il.

Une source à l’intérieur du parti affirme que le chef et son entourage étaient obsédés par la volonté que toutes les promesses soient parfaitement réalisables, quitte à ce quelles semblent moins séduisantes. « Les libéraux ont promis 25 000 réfugiés syriens avant Noël en sachant que c’était impossible, explique cette source. Nous, on a dit 10 000, parce que c’était crédible. Qui a retenu l’attention, vous pensez ? »

L’actualité a aussi appris que l’état-major du NPD n’avait pas de plan de campagne solide en cas de déclenchement hâtif des hostilités, et ce, malgré des signes annonciateurs en juillet. Résultat : le premier mois de cette campagne inhabituellement longue a été une succession d’improvisations. Les activités du chef étaient parfois fixées à 48 heures d’avis, si bien que les militants étaient peu nombreux sur place, et le message, confus. « On avait un plan de 36 jours, pas de 78. On pensait que les gens ne seraient pas attentifs en août, puisque c’était l’été, et qu’ils se préoccuperaient de la campagne à partir de la fête du Travail. On a eu tort. Et on a perdu un mois », raconte un organisateur, qui préfère ne pas être nommé.

Puis est arrivé le tournant dans la campagne du NPD : l’affaire du niqab. Le 14 septembre, un jugement à caractère administratif de la Cour fédérale autorise une Ontarienne à prêter le serment de citoyenneté en portant un voile qui lui couvre tout le visage. Le Parti conservateur et le Bloc québécois s’insurgent, alors que le Parti libéral et le NPD se rangent à l’avis du tribunal. Le NPD est alors en avance au Québec : un coup de sonde Abacus crédite le parti de 47 % des intentions de vote.

Les stratèges au Québec avaient prévenu leur chef que ce sujet à caractère identitaire frapperait fort dans la province, où le débat sur la charte des valeurs du PQ était frais en mémoire. Mulcair semble pourtant mal préparé à affronter la tempête, qui durera deux semaines — ce qui est exceptionnellement long en campagne, une controverse enterrant la précédente en moins de 72 heures. Pendant des jours, Mulcair joue le rôle de l’avocat qui s’en tient aux faits, plutôt que celui du politicien empathique qui doit faire accepter sa position aux électeurs. Ses conseillers mettront 10 jours à le convaincre qu’il doit expliquer clairement qu’il comprend le malaise des Québécois pour le niqab. Des candidats du NPD cessent de faire du porte-à-porte tant la réaction des électeurs est virulente. « La campagne a implosé, dit Rosane Doré Lefebvre. On ne me parlait que de ça. »

À la fin septembre, quand l’organisateur Raymond Guardia, artisan de la vague orange de 2011, est rappelé d’urgence, il trouve une équipe du Québec assommée, à court de solutions pour s’en sortir. Contrairement à la situation dans les autres régions du pays, les propositions du NPD en campagne ne permettent pas aux candidats du Québec de changer de conversation sur le perron des maisons. Des promesses phares, comme un système de garderies abordables et une assurance médicament, n’ont aucune résonance pour les gens, puisque ces programmes existent déjà dans la province.

LAT03_NPD_citation3Lorsque la controverse cesse de faire la une, le NPD a perdu 20 points dans les intentions de vote. En entrevue, Thomas Mulcair fait son mea culpa, même s’il ne change pas d’opinion sur le fond. « Beaucoup de personnes ont été fâchées par notre position sur le niqab. On n’a pas été capables de réagir aussi rapidement qu’on aurait dû. Il aurait d’abord fallu dire aux gens qu’on comprenait leur malaise, avant de dire que c’était du ressort des tribunaux. »

Au Québec, le gain libéral s’est fait aux dépens du NPD, même si les deux partis avaient la même position sur cet enjeu controversé. Sur cette question identitaire, « les gens n’avaient pas d’attentes envers les libéraux, dit Mulcair. Ils en avaient envers nous. »

La force du NPD au Québec masquait des appuis plus fragiles ailleurs au pays, notamment en Ontario, de sorte que la chute dans les sondages au Québec a fait dégringoler les chiffres du parti dans les sondages nationaux, les plus suivis par les électeurs. Les libéraux ont alors grimpé au deuxième rang, s’imposant comme le choix évident pour remplacer le Parti conservateur. L’effet d’entraînement a été massif.

L’incapacité de retenir le vote orange, qui fuyait vers les libéraux en fin de campagne pour bloquer Harper, explique bien davantage le résultat qu’un « prétendu recentrage du parti » par Thomas Mulcair, lequel aurait déplu à la base du parti, affirme Peggy Nash. Elle y voit une interprétation « sans fondement essentiellement colportée par les médias ». « Notre plateforme était plus à gauche que celle de Jack Layton en 2011 ! On a même promis une hausse d’impôt pour les grandes entreprises, ce n’est pas rien. Mais on a eu un gros problème de communication. Ce qu’on proposait était flou dans la tête des gens. Le message des libéraux était plus simple, plus efficace. »

Depuis l’automne, la garde rapprochée de Thomas Mulcair a été changée. La restructuration a mené plusieurs Québécois à des postes clés. Raymond Guardia a été nommé chef de cabinet à Ottawa, au grand plaisir des militants et députés du Québec. Karl Bélanger a quitté son rôle de conseiller du chef pour prendre la direction nationale du parti, appuyé par la directrice adjointe, Karine Fortin. Les communications au Parlement sont aussi entre les mains de Québécois.

Ces derniers aideront Mulcair à passer son test de leadership en avril, puis à préparer le suivant, en 2018, puisque les règles du NPD prévoient un vote de confiance tous les deux ans. Mulcair a bien l’intention d’y être. « Je veux parler d’inégalités sociales, de lutte contre la pauvreté, d’environnement, dit-il. Je vais continuer tant que j’aurai la confiance des membres. »

 

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11 commentaires
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Je ne sais pas s’il est l’homme de la situation. Avec l’élection de Justin Trudeau qui représente la relève, on cherchera peut-être à trouver le ou la candidate susceptible de rafraîchir ce parti et d’imposer une personne plus jeune. Il est brisé et c’est perceptible, il peut bien avoir le vouloir mais de là à batailler, il ne sera pas de taille, tout irlandais soit-il. La défaite est amère et d’ici à ce que les plaies soient pansées, ce sera long et s’il reste en poste jusqu’au prochaine élection et à nouveau défait, moralement et physiquement, j’ose même pas y penser.

Si on ne saurait passer sous silence que cet article assez complet est bien rédigé lorsqu’il décrit un portrait plutôt positif d’un Thomas Mulcair toujours pugnace et qui ne lâche pas prise facilement. Il est vrai qu’Alec Castonguay est toujours très bon quand il s’agit de brosser des portraits des grands dirigeants….

Il n’en demeure pas moins – à bien des égards – que les chances pour Mulcair de conduire son parti à former le prochain gouvernement sont totalement nulles absolument.

Le NPD devrait se choisir un ou une nouveau-(elle) chef-(fe) ; surtout définir un nouveau programme cohérent et se choisir un bon ou une bonne communicateur-(trice) pour promouvoir les arguments qui devraient pousser les électeurs à plutôt choisir cette option.

Puisqu’au fonds ce qui compte ce n’est pas tant le parti. C’est de disposer des femmes et des hommes qui soient effectivement déterminés et prêts à former le Conseil des ministres. Peu de députés NPD avaient démontré qu’ils avaient vraiment ancré dans leur tête une vision très cohérente de ce qu’est et de ce que devrait être l’État et ses engagements.

Tout le monde sait très bien dans le contexte de l’économie mondiale actuelle que d’augmenter les impôts des grandes entreprises n’est pas une mesure de gauche notamment. Ce qui est à gauche, c’est de faire en sorte que le grandes entreprises embauchent plus, plutôt que de procéder à des compressions.

Monsieur Mulcair n’est pas charismatique, il a établi qu’il a des capacités très limitées au niveau du leadership, il a prouvé qu’il avait un caractère doctrinaire et qu’il n’écoute personne d’autres que lui-même finalement.

Le fait qu’il se maintienne indéfiniment à la tête de ce parti politique ne donnera rien de bon. Cela donnera plutôt envie à ceux qui sympathisent avec certaines valeurs qui sont véhiculées par cette formation, d’aller voir ailleurs.

Faire son deuil dignement ne consiste pas à rester mais à entrer dans le rang puis à s’effacer progressivement. Être démocrate, c’est d’abord et avant toutes choses une affaire d’abnégation. Un vrai démocrate est un peu comme l’était Claude Ryan : un travailleur de l’ombre et de tous les instants.

Un petit mot encore à propos du « niqab »… Le député de ma circonscription a dû se désolidariser publiquement de la position officielle défendue par Thomas Mulcair. S’il ne l’avait pas fait, dans cette élection très serrée, il ne se serait pas réservé la moindre chance d’être réélu. Comment peut-on faire confiance dans un parti ou tout est centralisé depuis Toronto et dans un chef qui semble écouter mais n’observe pas ?

Ce parti ne peut s’engager désormais que sur la voie du déclin, voire de l’implosion s’il ne choisit pas dès maintenant la voie d’un renouvellement positif tant dans ses rangs qu’en dehors de ses rangs. Si la tendance se maintient… le NPD n’incarnera pas de sitôt la voie qu’il faudrait naturellement choisir pour le Canada.

« Il n’en demeure pas moins – à bien des égards – que les chances pour Mulcair de conduire son parti à former le prochain gouvernement sont totalement nulles absolument. »

C’est aussi ce que je crois. Bien des gens étaient prêts à voter pour Mulcair uniquement pour se débarrasser de Harper. Et Trudeau ne semblait être qu’une jeune coquille vide. Le NPD, étant en tête dans les sondages, apparaissait alors comme le premier choix pour le changement tant souhaité. Mulcair, lui-même, ne suscitait aucun enthousiasme particulier. Même que, les sondages ne l’indiquait pas vraiment, il était un peu un boulet pour le NPD. Il trôné au sommet comme le chef le plus populaire, mais par dépit. Les gens ne voulaient pas de Trudeau et on voulait montrer la porte à Harper. Le reste, c’est de l’histoire. Le NPD a fait une campagne désastreuse. Pour que Trudeau l’emporte alors qu’il n’était qu’une quantité négligeable en début de campagne (et de qualité plus que douteuse), il fallait vraiment que le chef néo-démocrate n’inspire rien qui vaille. Quatre autres années n’y changeront rien.

Thomas Mulcair est un opportuniste hargneux et revanchard qui n’a pas sa place au NPD.

Lors de son passage en politique provinciale, il s’est mis presque la totalité de ses collègues à dos et s’est entêté dans des situations sans issue. De plus, sa personnalité et ses valeurs n’ont pas grand chose à voir avec le NPD.

J’ai oublié de mentionner que selon moi, Trudeau est plus proche du NPD que ne l’est Mulcair.

C’est tout dire…

En 2006, Thomas Mulcair s’oppose à la construction d’immeubles de logements dans la station de ski du parc national du Mont-Orford. Lors d’un remaniement en février 2006, Jean Charest retire à Mulcair son portefeuille, certaines spéculations laissent entendre que ce changement est une punition pour son
opposition au projet du Mont Orford.
Bref, il tenait à ses positions environnementales et tenu tête à Jean Charest.

C’est drôle, des fois, j’aimerais voir un tel comportement des ministres « Béni oui oui » du gouvernement Couillard.
Surtout en éducation.

À 4 ans des prochaines élections, il est très téméraire de spéculer sur les chances de M.Mulcail et sur celles du NPD.
Pour le premier, il peut se passer beaucoup de choses à l’intérieur du parti comme à l’extérieur, mais aussi, sans faire de l’agisme, il va se retrouver face à deux autres leaders plus jeunes.
Pour le parti, ou bien les libéraux auront bien gouverné et seront réélus ( surtout si on se base sur leur « persistance » historique), ou bien le pays en aura assez et va se retourner vers une alternative plus conservatrice, avec un
possible gouvernement minoritaire.
C’est malheureux, mais la » chance » que le NPD a peut- être eue en 2015 apparaît comme unique à la lumière de l’histoire politique fédérale. Ses appuis au Québec et en Ontario se sont dissipés malgré une conjoncture au départ favorable, ce qui démontre peut- être le côté pervers du comportement électoral des Canadiens, incluant à ce chapitre les Québécois , à savoir l’audace quand le risque est minime ( 2011) et le désir de gagner dans d’autres circonstances ( vote pro Mulroney après tant d’appuis aux libéraux).
Bref, il faut du courage et des convictions pour militer .

En fait Mulcair est l’antithèse du bon Jack et les électeurs en ont pris note. Je doute que ce parti ait une autre chance de prendre le pouvoir dans un avenir à moyen terme; surtout si on tient compte de la perception de l’électorat et des médias que les libéraux ont doublé le NPD par la gauche! Leur campagne a été un désastre médiatique et les Canadiens ont réagi en élisant celui qui avait le plus de chances de dégommer Harper, en se fichant pas mal des virgules des programmes électoraux! Si Mulcair part, les néo-démocrates devraient chercher quelqu’un qui est plus empathique avec l’électorat, comme l’était Jack Layton – c’est leur seule recette de succès. S’il reste, alors le NPD demeurera la 2è opposition pour un bon bout de temps.

Le NPD est le troisième parti officiel du Canada , il a remplacé le Crédit Social du Canada de Réal Caouette! Oubliez ça leur gloire est passée en 2011 lorsque les Québecois ont élus 59 députés ( cônes oranges ) à Ottawa et ceux qui avaient voté pour le NPD à ce moment -là étaient les premiers surpris!!
Donc si les membres de ce parti gardent Mulcair ou qu’ ils le congédient , ça ne changera pas la donne canadienne! Le NPD restera le troisième parti de service au Canada!

Mulcair peut faire un bon premier ministre- sans doute !
mais il peut pas gagner les élections !
et ca fait mal . . .