La face cachée d’Argo: le Canadien Ken Taylor espionnait pour la CIA

L'ancien ambassadeur canadien Kenneth Taylor, en compagnie du président américain Ronald Reagan. (Source: archive de Radio-Canada)

Argo a remporté l’Oscar du meilleur film de l’année. Mais ce long métrage ne raconte pas tout. Notamment le véritable rôle joué par l’ambassadeur canadien à Téhéran, Kenneth Taylor. Un homme d’un grand courage, mais qui a aussi eu une double vie pendant quelques mois en Iran.

Au moment où l’agent de la CIA Tony Mendez (joué par Ben Affleck) met les pieds en Iran pour libérer les six otages américains réfugiés dans l’ambassade canadienne, en janvier 1980, Ken Taylor n’est pas surpris le moins du monde. Il a lui-même collaboré au scénario de libération qui porte le nom de code Argo. Il n’est pas un figurant qui se plie aux souhaits de l’agent de la CIA, comme le film le laisse penser. Il est un acteur incontournable.

Parce que Ken Taylor n’est plus seulement un diplomate canadien. Il est un agent double. Il travaille pour la CIA depuis plus de deux mois au moment où l’opération Argo trouve son dénouement.

Le film ne raconte pas ce volet de l’histoire, classé secret à Ottawa et Washington jusqu’à tout récemment.

Dans le monde de la diplomatie, un pays qui permet à son ambassadeur de travailler secrètement pour une agence de renseignements étrangère, fut-elle l’agence du plus grand des alliés, est exceptionnel. Et pas idéal pour les relations de confiance dans la communauté internationale…

Pendant 30 ans, on a donc été très discret de part et d’autre de la frontière canado-américaine.

L’information inédite a été révélée en 2010 dans le livre «Notre homme à Téhéran – Ken Taylor, la CIA et la crise iranienne des otages», écrit par l’historien Robert Wright, de l’Université Trent (traduit aux Éditions de l’Homme). Ken Taylor a confirmé les faits, tout comme le gouvernement canadien.

Je vous résume l’histoire, digne d’un film d’espionnage (!)

Le 30 novembre 1979, le président américain Jimmy Carter s’entretient longuement au téléphone avec le premier ministre du Canada, Joe Clark. La crise des otages américains, coincés dans l’ambassade des États-Unis à Téhéran, fait rage depuis le 4 novembre. Le personnel américain en Iran est mis hors de combat par l’opération violente des étudiants iraniens, à la solde du nouveau pouvoir autoritaire en Iran. Mais Washington a besoin de renseignements sur le terrain pour préparer la libération des otages et mener la suite des opérations. Le pays est hostile et les États-Unis ne peuvent ni envoyer ni faire sortir des Américains d’Iran.

L’homme qui fournira ces renseignements, c’est Ken Taylor, l’ambassadeur du Canada en Iran. Son travail mènera à la tentative avortée de libération de la cinquantaine d’otages de l’ambassade américaine, l’opération Eagle Claw, en avril 1980 (Taylor n’est alors plus en Iran).

Ken Taylor devient officiellement espion de la CIA après le coup de téléphone de Jimmy Carter à Joe Clark, qui scelle l’entente secrète.

Pendant les mois où Taylor travaille à la fois comme ambassadeur canadien et espion de la CIA, soit entre novembre 1979 et janvier 1980, il doit notamment recueillir des informations sur la situation autour de l’ambassade américaine.

Extrait du livre de Robert Wright:

«L’une des premières choses demandées a été de surveiller quotidiennement l’ambassade américaine pour déterminer le nombre de gardes postés à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment. Quelles armes utilisaient-ils? De quelles autres munitions disposaient-ils? Quelle était leur puissance de feu? Avait-on placé des officiers de tir autour de l’ambassade? À quel moment s’effectuait le changement de la garde et quelle était la routine adoptée par les gardiens de la révolution à l’intérieur et autour de l’enceinte de l’ambassade?»

Ken Taylor a aussi eu la responsabilité de trouver un endroit à Téhéran où cacher l’unité de la Force Delta, les forces spéciales américaines qui exécuteront l’assaut raté sur l’ambassade. Il sera également responsable de trouver les véhicules pour transporter les militaires et les otages libérés.

L’ambassadeur-espion obtiendra de l’aide, notamment de la part de Jim Edward, le chef de la sécurité à l’ambassade canadienne. Il devient alors le bras droit de Taylor et de facto un agent de la CIA également.

Ken Taylor était véritablement en charge des activités d’espionnage des États-Unis en Iran, au point où il avait un droit de veto sur certaines décisions qui émanaient directement du quartier général de la CIA, à Langley, en Virginie. En décembre 1979, lorsque les États-Unis réussissent à envoyer un agent de la CIA pour prêter main-forte à Taylor et Edward, Ken Taylor le rejette, jugeant qu’il est inapte à cette tâche.

Les États-Unis devront envoyer un autre agent de la CIA en Iran, quelques semaines plus tard. Il reçoit alors l’approbation de Taylor et devient «Bob», le troisième homme de Washington à Téhéran. «Bob» s’installera à l’ambassade canadienne, sous la supervision de Ken Taylor.

Pendant toute cette période, les notes de service secrètes et les analyses de Ken Taylor parviendront à Washington par l’entremise d’Ottawa, qui reçoit les transmissions encodées avant de les acheminer au sud de la frontière. Louis Delavoie, directeur de la division de l’analyse du renseignement au gouvernement canadien (avec l’aide de Pat Black, un assistant), sera le seul autorisé à contrôler le flot d’informations.

C’est pourquoi Ken Taylor n’est pas surpris lorsque l’agent de la CIA Tony Mendez (Ben Affleck) frappe à la porte de l’ambassade canadienne dans le cadre de l’opération Argo.

Sans lui, pas d’opération Argo. Pas de film.

(AJOUT: D’ailleurs, dans une entrevue à CNN, l’ancien président Jimmy Carter a dit avoir aimé le film, un bon divertissement, mais il a tenu à remettre les pendules à l’heure. «L’autre chose que je voudrais dire, c’est que 90 % du crédit pour ce plan, que ce soit pour l’idée ou la réalisation, va aux Canadiens, alors que le film donne presque tout le crédit à la CIA. Mis à part cette exception, c’est un bon film», a-t-il dit.)

Selon l’auteur Robert Wright, Ken Taylor a accepté l’invitation des Américains pour devenir espion «sans hésiter». «Il savait qu’il avait le soutien de ses plus proches collègues à Ottawa, de l’establishment du renseignement canadien et du premier ministre lui-même. À partir de ce moment, le nombre des Canadiens qui surent que Taylor avait accepté de recueillir et de transmettre de l’information aux États-Unis ne se compta jamais à peine plus que sur les doigts d’une main», écrit Robert Wright.

En entrevue au Globe and Mail lors de la sortie du livre, Ken Taylor affirme:

«J’ai vu ça [la prise d’otages] comme quelque chose qui n’était pas correct. Tout ce que je pouvais faire pour contribuer modestement à une solution, j’étais prêt à le faire. Je sentais que je ne pouvais pas faire comme si de rien n’était.»

N’empêche, les risques étaient nombreux. Et s’il était pris en flagrant délit d’espionnage? «Les Iraniens ne l’auraient pas toléré. Les conséquences auraient pu être importantes», a affirmé Ken Taylor.

L’ancien ambassadeur-espion affirme ne jamais avoir eu vraiment peur d’être coincé par les Iraniens, sauf à un moment précis: quand Jim Edward (le chef de la sécurité à l’ambassade) et sa conjointe d’origine iranienne, Layla, ont été détenus et questionnés pendant cinq heures par les Gardes de la révolution iranienne, réputés pour ne pas faire dans la dentelle. Ils ont finalement tenu le coup sans révéler les activités d’espionnage.

En entrevue, Ken Taylor a affirmé être le premier surpris que cette histoire sorte au grand jour. «Ça fait 30 ans que c’est secret et je pensais que ce serait encore secret pendant 30 ans!», a-t-il dit. Lorsque le ministère des Affaires étrangères lui a donné la permission de parler avec l’historien Robert Wright, il n’a pas hésité à déballer son sac.

Robert Wright écrit que le sang-froid et l’efficacité hors norme de Ken Taylor a séduit les Américains, cruellement en manque de ressources dans ce pays hostile. «L’ambassadeur Ken Taylor s’était lentement mais sûrement attiré les confidences des responsables du service de renseignement américain depuis la prise de l’ambassade, gagnant leur confiance et leur respect à chaque étape», peut-on lire dans le livre.



Ken Taylor était déjà un héros aux États-Unis, bien avant la sortie du film Argo. Son rôle pour sauver six Américains de la capture était documenté. C’est son rôle d’agent de la CIA qui était demeuré secret. Et Argo n’en touche pas mot.

Le 27 janvier 1980, utilisant de faux passeports canadiens, les six Américains ont finalement pu sortir de Téhéran sains et saufs. Quelques heures plus tard, le Canada fermait son ambassade. Non pas uniquement en raison de l’opération Argo, mais également parce que les activités de Ken Taylor pour la CIA comportaient désormais un trop grand risque.

Robert Wright écrit : «En janvier 1980, au moment où l’ambassadeur Taylor quitta Téhéran, le chah était en exil, Khomeiny allait célébrer le premier anniversaire de son retour triomphal, la révolution islamique qu’il avait souhaitée avait eu lieu et cinquante-trois diplomates américains amorçaient leur quatrième mois de détention aux mains des rebelles iraniens.»

La prise d’otage va finalement durer 14 longs mois, prenant fin en janvier 1981.

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En marge de cette histoire, la crise des otages aura alimenté la campagne présidentielle de 1980 avec Ronald Reagan qui passait pour le « tough guy » lorsque le président Carter passait alors pour un mangeur de cacahuètes sudiste mou.

On comprend que la diplomatie soutenue par plusieurs services secrets (et pas seulement la CIA), que tous ont joué un rôle dans cette situation. Sur la foi de plusieurs spécialistes du Moyen-Orient, l’ayatollah Khomeiny qui était un fin renard, avait négocié secrètement avec les deux partis : Reagan versus Carter, hors c’est le camp de Reagan qui était parvenu à tirer la meilleure part des négociations par la promesse de livraisons d’armes en échange d’un délai pour libérer les 52 otages retenus dans l’ambassade des États-Unis.

Le fait que les otages aient été libérés le 20 janvier 1981 soit exactement 12 minutes après le discours inaugural du président Reagan, qu’ils rejoignaient le pays, le 27 lors de l’investiture ; tout cela contribue à prouver que tout cela est plausible.

On pourra aussi noter les liens de Robert Gates avec toute la classe politique, qui après avoir dirigé la CIA, servait encore jusqu’à tout récemment comme Secrétaire à la défense dans l’administration Obama ; il aura très probablement comme directeur à l’époque du Centre d’Évaluation Stratégique (un département de la CIA), joué son rôle dans ce ballet diplomatique, lorsqu’il aura été au service de tous les présidents depuis 1974.

Il faut encore mentionner John Vernon Sheardown (l’oublié) décédé à Ottawa le 30 décembre dernier – il était alors premier secrétaire à l’immigration de l’Ambassade du Canada de Téhéran – il a joué un rôle clef à ce moment, il ne figure pourtant pas au nombre des héros du film de Ben Affleck. Pourtant, c’est Sheardown qui a hébergé quatre des otages fugitifs lorsqu’il occupait avec son épouse Zena Kahn une maison en ville à l’extérieur de l’Ambassade, quand Ken Taylor n’en a hébergé que deux. C’est toujours Sheardown que le consul des États-Unis Robert Anders a appelé à la rescousse en premier.

Pourtant Sheardown et sa maison faisaient – selon des propos rapportés par le Ottawa Citizen – l’objet de constantes surveillances par l’armée iranienne. Ce qui soit dit en passant me conduit à penser que les autorités iraniennes n’étaient pas dupes et que si ces otages ont pu rentrer sains et saufs avec un passeport canadien et sans autres formalités, c’est aussi parce qu’ils disposaient du consentement « non-écrit et non-dit » des autorités locales. Il y a un jeu de coulisses comme toujours, dans lequel le « grand public » n’est apparemment pas convié.

— En conclusion, on se demandera peut-être, si ce film qui rend bien peu hommage à la vraie histoire, était un Oscar qui soit vraiment mérité ?

Bonjour,

N’ayant jamais été un cinéphile de ma vie et ce, par principe tout en concédant d’emblée d’être fautif uo bien dans l’erreur, je n’irai pas voir ce film bien entendu. Quoique de mémoire, je suivis du coin de l’oeil les péripéties de Monsieur Ken Taylor qui tait cet ambassadeur Canadien en Iran au début des années 1980 lors du court règne de Monsieur Joe Clark à la barre des Conservateurs qui n’avaient guère le choix d’être Progressistes à cette époque béni pour le socialisme Canadien de Monsieur Pierre Elliot Trudeau, ce fantastique intellectuel de Cité Libre qui tassa résolument le Québec beaucoup plus à gauche à lui tout seul.

En outre, cela n’étant pas de ma faute, je suis d’un scepticisme désarmant face aux histoires d’espionnage mais comme y disent dans les régions du Québec profond : Faut craire car ça pogne…… Tant qu’à moi, en respectant le dialecte québécois tout en répliquant que moi, ils ne me pogneront pas pantoute avec des Histoires souvent à dormir deboutte comme disent certains péquistes qui eux en ont vu des films, la plupart d’horreur.

Finalement, avec cette face cachée d’Argo, ce film pourra peut être bien démontrer certaines facettes du « Real Politik » inconnues pour bien des quidams cependant. Pour ainsi entrer dans les salons feutrés de la Diplomatie Internationale qui chapeaute partout sur la Planète la politique de premier niveau servie à tous par la proximité territoriale. Car comment éviter « les impairs diplomatiques » ? Car n’oublions jamais que ce ne sont pas des deux de pique qui deviennent diplomates à l’Internationale avec cette « typique langue de bois codée » avec aussi des emprunts à la magique « langue de coton ». Tout ça dans une langue avec une précision chirurgicale où la langue française est requise car celle va de soi.

En conclusion, seulement ou presque, ce sont dans les grandes Universités Européennes que sont donnés les cours en Diplomatie Internationale. En feuilletant divers journaux européens dont le Monde Diplomatique ou si on veut le DIPLO, le Courrier International, le Figaro, Libération et le Monde, nous pouvons apercevoir des encarts publicitaires d’Universités Européennes qui font du recrutement par ces petites annonces qui exigent des Docteurs en Science Politique et des Docteurs en Communications avec un Doctorat d’une université vraiment reconnue. Car les études en Diplomatie Internationale exigent des candidats un troisième CYCLE pour passer à des études post doctorales souvent de quelques années. Et pas besoin de dire qu’une bonne connaissance de la langue française est requise…. Avec plaisir, John Bull.

Ce n’est pas la première fois que les Américains se donnent le beau rôle et tirent le tapis sous les pieds de leurs fidèles alliés. Les créateurs du film Black Hawk Down ont aussi été accusés d’avoir complètement éclipsé le rôle des soldats pakistanais et malaisiens.
http://en.wikipedia.org/wiki/Black_Hawk_Down_(film)
Chauvinisme, quand tu nous tiens…

J’attendais le p’tit Pelletier dernièrement expliquer comment il avait eu le scoop de sa vie.
Il avait remarqué, dès le début, qu’il y avait une différence entre le nombre de diplomates américains à Teheran et le nombre donné par les autorités américaines.
Rien par contre sur le fait que Papa était ambassadeur à Paris à l’époque….

Petite question:

Pourquoi les journalistes Canadiens ont attendus la remise des oscars ou presque pour dévoiler ce fait???

Se pourrait-il qu’il y avait un »embargo » pour ne pas nuire au chance du film de mériter un oscar???

Ce n’est pas la première fois que les Américains modifient l’histoire pour avoir le bon rôle juste à penser au film U-571 faisant croire que c’est grâce aux Américains si les codes et la machine énigma ont été récupéré et que ce sont els Américains qui ont de ce fait changé le cours de la guerre. La Vérité historique étant que la récupération de trois rotors Enigma sur l’U-Boat U-33 en 1940 fut le fait du H.M.S Gleaner qui intercepta l’U-33 alors qu’il allait poser des mines dans un chantier portuaire britannique. Le Gleaner largua des mines sous-marines sur le sous-marin allemand, ce qui le força à faire surface. Le navire britannique percuta l’U-33 ce qui força le capitaine du sous-marin à ordonner le sabordage du navire. L’un des hommes de l’U-33 ne pu suivre l’ordre de jeter les rotors à l’eau, les Britanniques purent donc mettre la main sur ces précieuses pièces.

Mais bon là encore il y a eu un ‘’embargo’’ implicite de la presse et le film connu un succès ‘’historique’’

Gilbert Duquette

Dire de l’Ambassadeur Ken Taylor qu’il « était un espion de la CIA » est une exagération propre à attirer des lecteurs en mal de sensations. J’étais moi-même diplomate canadienne à l’époque et je connais bien Ken Taylor qui était directeur du personnel l’année où j’ai été recrutée. J’ai vécu des situations où notre capacité à obtenir certains renseignements pouvait être d’un plus grand intérêt stratégique pour les Américains que pour notre propre gouvernement. Il nous était alors demandé si on acceptait que nos rapports soient « partagés » avec les Américains.

Suite à cela il arrivait que des demandes de renseignements supplémentaires nous parviennent directement de la CIA (via notre gouvernement).Je n’ai jamais senti que j’étais à la solde de la CIA, ni que que j’étais une espionne.

L’instabilité internationale des années ’70 exigeait que nous ayons accès aux meilleurs renseignements possibles, et qu’ils faillent parfois les partager. D’ailleurs vos lecteurs seront intéressés de savoir que ces échanges ne favorisaient pas les Américains en exclusivité ni en priorité. On m’a déjà demandé de « sonder » l’opinion de pays plus radicaux, à l’époque de la première crise de l’énergie, tout cela dans le meilleur intérêt de la stabilité internationale.

Alec Castonguay: Merci pour votre message, fort intéressant d’ailleurs. Je ne fais que reprendre les mots utilisés par Robert Wright dans son ouvrage, qui ont été confirmés par Ken Taylor et le gouvernement canadien. Si le partage de renseignements est effectivement courant entre pays en diplomatie, force est de constater que le rôle de Taylor lors de cette période a largement dépassé ce stade de coopération. L’entente Carter-Clark le montre, tout comme le fait que Taylor a lui-même trouvé l’endroit où cacher les forces spéciales américaines pour l’opération Eagle Claw, ainsi que les véhicules qu’ils vont utiliser. Ce n’est pas commun. Sans parler de la surveillance intensive de l’ambassade américaine. On ne parle pas ici de simples analyses d’une situation sur le terrain renvoyées au Canada ou aux États-Unis, mais d’un rôle très actif.

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