La fatwa linguistique de Pierre Dubuc

Je suis au regret de vous informer que je suis un ennemi du français au Québec. Oui, oui. Moi, Jean-François Lisée. Mes propositions linguistiques sont même  « plus dangereuses » que celles d’Alain Dubuc de La Presse car « si elles sont appliquées » elles vont nous précipiter « vers la chute de l’anglicisation ».

C’est grave car, contrairement aux plumes de Gesca dont on connait le biais, je m’avance sous « un pavillon de complaisance ». Je fais semblant d’être favorable au français. Mais j’oeuvre sournoisement pour son affaiblissement, pire, pour faire « de l’anglais et du français, les deux langues communes du Québec« . (Je ne suis pas seul sur le banc des accusés. Il y a aussi Gérald Larose, président du Conseil de la souveraineté, parmi les fossoyeurs du français.)

Qui répand de telles âneries ? Pierre Dubuc, du SPQ libre, qui me consacre sur le site de L’aut’Journal une série de — pour l’instant — 12 articles critiques (Oui, 12!).  Et ce n’est pas terminé. La série avait assez bien commencé, Pierre tentant de dégager entre nous des points de convergence et de divergence, entre membres d’un même courant politique qui n’abordent pas toutes les questions de la même manière et qui débattent franchement mais courtoisement ensemble. J’attendais la fin de sa série pour user de mon droit de réplique.

Mais Pierre est retombé, dans ses derniers écrits, dans cette posture si désagréable de l’oukase et de l’excommunication des gens qui ne pensent pas comme lui. Il n’est plus question d’admettre que je puisse faire des propositions raisonnables, mais critiquables, voire contre-productives, de promotion du français. Non, il faut que je sois l’ennemi. C’est un style. Un style qui divise et qui repousse. Ce n’est pas le mien.

J’ai beaucoup écrit sur la langue, mais j’ai résumé dans ces deux billets récents l’action que je crois essentielle pour contrer le déclin du français (ici et ici). Je me résume:

1. L’immigration. La principale variable du déclin du français est la composition linguistique de l’immigration. C’est pourquoi je propose depuis longtemps une prime au français langue d’usage au point d’entrée (et non seulement à la connaissance du français), c’est pourquoi j’approuve la proposition péquiste de requérir une connaissance minimale du français pour tous les futurs immigrants, au point d’entrée (comme le font plusieurs pays européens), puis une période d’apprentissage rémunérée du français à l’arrivée, puis une connaissance du français pour obtenir la nouvelle citoyenneté québécoise sans laquelle on ne peut briguer les suffrages — et, à mon avis, comme dans quelques cas étrangers de citoyenneté intérieure, voter aux scrutins québécois.

Je propose depuis 2000 une politique de recrutement d’étudiants étrangers principalement francophones et francotropes pour qu’on en assure, ici, la diplômation, qu’on les intègre dans la société et qu’on assure durablement l’équilibre démographique et linguistique du Québec, à son niveau de 1991, avant le début du déclin.

2. L’étalement urbain. L’exode des jeunes familles vers les banlieues est la seconde variable en importance de la fragilisation du français à Montréal. Je réclame depuis des années que le PQ fasse du maintien d’une nette majorité de francophones sur l’île de Montréal un objectif national légitime et prenne des mesures, notamment fiscales, pour retenir les jeunes familles sur l’île et susciter leur retour.

4. La langue de travail. Je suis favorable à l’extension de la langue de travail, sur un calendrier intelligent et raisonnable de 15 ans, aux entreprises de moins de 50 employés, troisième variable en importance de l’anglicisation.

5. Les Cégeps. Sur la question des Cégeps, je suis favorable à l’extension de la loi 101, mais je préfère et défends depuis 2000 une proposition à mon sens plus audacieuse, qui ne laisse pas dans un ghetto collégial anglophone les allophones historiques (grecs, italiens, juifs) et les jeunes anglophones. Je défends plutôt un passage collégial intégré pour tous les jeunes cégépiens, ce qui permettrait une réelle intégration au français de tous nos futurs techniciens et professionnels. Au départ, je défendais l’idée que les trois quarts de l’enseignement collégial soient donnés, pour tous, en français et le quart en anglais. Cela pour répondre à la réelle demande pour une acquisition opérationnelle de la langue seconde. J’ai évolué et ai proposé à la place que cette session d’immersion en anglais au Cégep soit partout offerte, mais facultative. J’ai été heureux de retrouver cette idée dans la Proposition principale du PQ. Certains Cégeps pourraient offrir une session en espagnol, pourquoi pas ?

6. Et encore… Je suis évidemment favorable à l’extension de la loi 101 aux 10% des salariés québécois qui oeuvrent dans des entreprises de juridiction fédérale et je propose même que les inspecteurs de l’OQLF puissent émettre sur-le-champ des contraventions aux commerces unilingues anglais.

Au banc des accusés: la nette prédominance du français

Cela fait de moi un bien piètre fossoyeur du français, il me semble. Alors pourquoi Pierre Dubuc lance-t-il sa fatwa contre moi ? Il me reproche de faire la promotion du concept de nette prédominance du français. Je plaide coupable. Car si le français doit être la langue officielle et la langue commune au Québec, elle doit clairement prédominer. C’est un mot fort, prédominer. Cependant il indique que le français n’est pas seul. Il indique aussi que notre objectif n’est pas d’oblitérer les autres langues.

Naguère, il était courant qu’on entende des nationalistes affirmer que « le Québec doit être aussi français que l’Ontario est anglaise ». Ce qui signifierait qu’il faut œuvrer à la disparition progressive de nos minorités linguistiques, anglophone et autochtone. Ce ne fut jamais l’objectif de René Lévesque ou de Camille Laurin.

Le concept de nette prédominance du français reflète à la fois la réalité linguistique sur le terrain et l’absolue nécessité de maintenir cette prédominance lorsqu’elle est — et elle l’est — fragilisée. En plus, elle indique à la majorité et aux minorités le cadre dans lequel on s’inscrit pour la suite. Notre objectif n’est pas l’assimilation des anglophones et des autochtones. Dans la mesure où le français est prédominant, la rétention assez longue d’autres langues d’usage par les communautés allophones n’est pas problématique. C’est au contraire un atout, une ouverture de plus sur le monde.

Pierre Dubuc me reproche d’être un « bon ententiste » et d’être « oecuménique » plutôt que d’inscrire ma proposition dans un « combat des langues » où l’anglais, c’est clair, est l’ennemi. Je plaide à nouveau coupable. Je crois que son approche de combat des langues, abrasive sur la forme et agressive dans le ton, est contreproductive. Elle rend plus difficile une acceptation plus générale par l’opinion, francophone et non francophone, des nouvelles mesures de promotion du français que nous souhaitons tous voir appliquer par un prochain gouvernement péquiste. Cela ne fait pas de Pierre un ennemi du français ayant des idées dangereuses qui mènent à l’anglicisation. Non, il est un camarade nationaliste engoncé dans des schémas d’affrontement à mon avis archaïques, mais qui souhaite ardemment le progrès du français. De plus, sur les propositions concrètes, nos convergences dépassent de loin nos divergences.

Je sais que j’innove lorsque j’affirme qu’une politique linguistique générale pourrait être présentée à tous les Québécois comme celle d’une sécurité linguistique commune. Sécurité pour les francophones qui doivent savoir que nous souhaitons reproduire, génération après génération, à peu de choses près le point d’équilibre linguistique atteint avant le récent déclin, soit en 1991. Les francophones étaient alors majoritaires sur l’île (57%) et avaient atteint 83% au Québec. La communauté anglophone disposait d’une masse critique garantissant sa permanence, de 11% au Québec, 26% sur l’île, et les communautés allophones détenaient 6% au Québec et 16% sur l’île. De plus, le Québec reconnaît les identités et langues autochtones et oeuvre à leur renaissance et à leur épanouissement.

Je sais, je sais, on ne peut pas prévoir ainsi au cordeau comment évolueront les pourcentages à l’avenir. Mais lorsqu’on élabore une politique linguistique pour l’avenir, il est bon que chacun sache quel est notre objectif général et à partir de quel niveau critique nous jugerons important d’intervenir et d’apporter des correctifs. En ce moment, nous sommes trop loin de l’équilibre de 1991 et il faut agir résolument. Si dans 15 ans, grâce à notre action, la situation se rétablissait et, qu’au contraire, la communauté anglophone devait être en péril de perdre sa masse critique, il faudrait également corriger le tir.

J’estime qu’il est plus rassembleur d’affirmer aux Québécois de toutes les langues que notre objectif n’est pas « le combat » et « l’affrontement ». Mais la recherche constante d’un point d’équilibre où le français, langue officielle et commune, prédomine nettement, aux côtés de langues qui ont et auront leur place, légitime et bienvenue. Je le crois parce que c’est respectueux de tous les Québécois. Je le crois aussi parce que cela suscitera davantage d’adhésion à nos propositions, y compris chez beaucoup de francophones, que les discours belliqueux. C’est mon style. Je le garde.








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C’est un style bien sympathique et généreux envers ceux qui veulent nous faire « disparaître ». Imaginez si jamais nous rétablissions le français au delà de la situation atteinte en telle ou telle année, il faudrait concentrer nos efforts pour renforcer l’anglais. Un nouveau jeu, le yoyo linguistique!

Mais, il est trop tard de toute façon.

Sortez de votre coquille.

1) Peu importe les pays de provenance les immigrants doivent apprendre le français, limiter l’immigration au francophones créerait un autre problème d’islamisme
2) Tous les emplois au Québec doivent être accessibles aux unilingues francophone Québecois pour que cesse les abus qui font que les employeurs exigent l’anglais pour l’obtention du moindre emploi
3) Les Québecois doivent s’ouvrir au monde à 90% non anglophones et apprendre aux enfants comme deuxième langue pour usage extérieur les langues du monde au choix et pas l’anglais pour tous. L’Amérique est à 95% des pays espagnol
4) C’est évident que vous êtes très anglicisé et dans ce blogue francophone vous publiez souvent des textes ou audios unillingues anglais , vous êtes comme Vigile .

Mais si vous dites que Dubuc à tort de vous reprocher vos position linguistiques , je m’en réjouis.

Tout serait tellement plus simple si nous étions maîtres de tous les leviers… Un pays de langue française en Amérique. Message clair à tous les citoyens, aux employeurs, aux législateurs, aux médias, aux immigrants…

Mais pour ça, il faudrait un parti indépendantiste qui annonce clairement ces couleurs, avant, pendant, après une élection générale où le choix serait définitivement offert à tous, entre continuer de recevoir le commandement d’une autre nation ou plutôt de prendre en main sa propre destinée et d’en assumer les coûts et profits. Un nouveau pays pour le monde.

J’entre dans le débat comme méthodologue.

Encore faut-il s’entendre sur ce qu’est un francophone et pour rappeler Trudeau, sortir l’Etat de la chambre à coucher. Qu’est-ce qu’un francophone? Quelqu’un qui a le français comme langue maternelle? Bien sûr, on s’entend là-dessus. Même s’il a deux langues maternelles? Certains les comptent, d’autres non. Quelqu’un qui a le français comme langue d’usage? Encore là, la langue d’usage est définie comme la langue que l’on parle à la maison? Est-ce que ca veut dire quelque chose? Bien sûr. Est-ce que, si je parle anglais avec mon conjoint américain, ca fait de moi une non-francophone? Certains les comptent, d’autres non. Et si je parle italien, ou arabe à la maison, mais que toutes mes activités se déroulent en français, école, travail, magasinage, etc., est-ce que ca fait de moi un francophone? Certains les comptent, d’autres non. Quand on les compte, Montréal est majoritairement française…
Au plaisir

Le glissment vers le génocide culturel du français se continue quant même Monsieur Lisée. CEGEP francophones en perte de vitesse. Universités de langue française anglifiée. Comme en Louisianne ou à Sudbury ? Mais oui. Quant à la langue de travail ? CATASTROPHIQUE. Le prestique de français au Québec c’est ZÉRO. Et c’est sous le PQ que cette cochonnerie a commencé à se produire. Personne au PQ comme au PLQ, ce parti anti Québécois et assimilateur colonialiste raciste anti francophone, ne veut soulever la question avec courage. Constitution canadienne ou pas, il faudra prendre des mesures musclées et ultra fermes pour bien indiquer qu’ouverture d’esprit et mondialisation c’est aussi défendre d’autre que la culture nazie USA qui veut tou manger au Québec et dans le reste du monde.

Le prestige du français à Montréal ? Une langue d’immigrant de l’intérieur. Oui immigrant dans mon propre pays. Oui au Québec l’anglais est une menace avant tout pour ce peuple massivement minoritaire sur ce continent. Pas uniquement un facteur positf.

Totalement en accord avec vous, M. Lisée, spécialement au sujet de la langue de travail en français pour les entreprises de moins de 50 employés et pour les entreprises du gouvernement fédéral au Québec, ce qui me semble un point central pour mieux intéresser nos immigrants à la langue française, ainsi rendue nécessaire pour se gagner une vie.

Trop de souverainistes ont une approche agressive au sujet de la souveraineté du Québec et des langues, probablement le résultat des frustrations des 2 référendums perdus et de la gouvernance du PLQ depuis 2003 qui a accéléré l’anglicisation à Montréal et son voisinage immédiat. Ces souverainistes ne voient pas qu’ils créent plus de tords que de bien à leur cause, par leurs attitudes belliqueuses.

Sans langue commune, il n’y aura pas de nation et sans un Québec français, on peut oublier l’avenir de tous les francophones du Canada. Peut-on ne pas perdre du temps sur des évidences et travailler à renforcer la communauté pour qu’elle renforce la société?
Bonne fin de semaine
L Lapleni

Pendant que les cigales s’inquiètent de lubies linguistiques et dissertent ad nauseam sur le sujet, avec grands appuis d’artistes hypersubventionnés et manifestement en état de conflits d’intérêts, les fourmis s’inquiètent de nos égouts, routes, universités, hôpitaux, infrastructures, ressources naturelles dégradés ou mal utilisés.

Moins il y a d’intelligences et de ressources qui se concentrent sur ces problèmes réels, plus ces problèmes réels tardent à être solutionnés, ou sont réglés de manière suboptimales, et plus les pays qui se concentrent sur des problèmes réels, comme la Chine, le Brésil et l’Inde, prennent de l’avance, relativement parlant, par rapport à nous.

La langue n’est pas le centre de l’identité québécoise. Pas plus que l’habit n’est le centre de l’identité du moine.

L’anglais n’est pas une menace à craindre, mais une opportunité dont on devrait mieux prendre avantage. Quelle chance inouie nous avons que nos voisins et notre minorité intérieure ne parlent pas des langues quasiment « inutiles », comme le swahili, le finlandais ou le hongrois, mais l’anglais. Sachons l’apprécier, au lieu de nous en plaindre.

Un discours belliqueux… et par chance encore isolé. Le Québec n’a pas encore été trop gagné par ce nationalisme agressif et exclusif qui sévit ailleurs en Occident, notamment dans plusieurs pays européens.
Cela dit, ce ton n’est pas nouveau chez M. Dubuc, ce qui explique selon moi son isolement. Soyons sérieux, sauf en cas de crise majeur (et encore), c’est pas avec un ton pugnace qu’on vend des idées aux Québécois. Ça n’a pas la cote.

Je suis désolé, M. Lisée, mais je penche du côté de monsieur Dubuc ici. La raison principale du déclin du français est notre statut de province, et vous ne le dites pas. La deuxième raison est le fait que l’on n’arrête pas de dire que l’on a besoin de l’anglais pour réussir au Québec, alors que cela ne serait pas le cas si l’on se donnait les moyens et la fierté de faire du français la véritable langue commune et officielle. La session d’immersion en anglais au Cégep n’est pas autre chose que le retour au libre choix, donc l’assimilation. Je suis contre votre proposition originale à ce sujet et je suis contre celle du P.Q. La loi 101 devrait être étendue à tous les niveaux d’éducation, de la garderie aux doctorats. Vous colportez une notion erronée et assimilatrice de la proportion des anglophones au Québec. Les anglophones de souche au Québec ne représentent que 4 % de la population du Québec et 15 % de la population de l’île de Montréal. Les allophones parlant anglais ne doivent pas être inclus dans la population anglophone. Les allophones doivent parler la langue officielle et commune du Québec, soit le français.

Monsieur Lisée
Sans employer le style de Pierre Dubuc je trouve déplorable le fait d’avoir, après 35 ans de torpillage de la Loi 101 par la Cour suprême du ROC, de débattre de la prédominance de la langue française au Québec. Sans la souveraineté du Québec nous donnons toujours des coups d’épée dans l’eau pour faire du français la langue d’usage commune de notre pays, le maître du Roc, Ottawa, nous répond sans cesse « Cause toujours mon lapin ». Pourrions-nous plutôt consacrer nos énergies et notre salive à faire le combat de la souveraineté de notre pays ?

@ JFL,

Je salue et j’appuie entièrement votre position, et, à défaut que la vôtre puisse entièrement prévaloir, j’appuie aussi celle du PQ de Pauline Marois, sur la stratégie de promotion et les moyens d’assurer la prédominance du français à Montréal et dans toutes les régions du Québec.

Je réprouve et j’exècre par contre l’attitude, les moyens préconisés et les propos merdeusement belliqueux, d’éternel adolescent coincé dans une pensée archaïque d’affrontement et de combat empruntée aux chevaliers de l’indépendance, de Pierre Dubuc et autres radicaux »se disant » libres et voulant faire des autres des prisonniers de leurs fixations individuellement et socialement malsaines.

Nous devons agir de façon responsable. Le français prédominant, les autres langues protégées comme autant de richesses, fenêtres sur le monde.

N’ayons pas peur de nous affirmer, en prenant un très grand soin de nos minorités.

Ne soyons pas amers, hargneux, vindicatifs. Notre culture est inclusive, respectueuse de la différence, curieuse, ouverte sur le monde.

Bien sûr il y a un certain rattrapage à faire, mais ne nous laissons pas emporter par une soif inconsciente de vengeance. Prenons le temps de bien faire les choses en assurant une transition sans heurts.

Avec un gouvernement québécois, pro-français, nous parviendrons à asurer le rayonnement de l’Amérique française. Inutile de faire vivre à nos minorités, toutes les souffrances, tous les préjudices, dont nous avons été victimes.

Le Québec dont je rêve est pluraliste, ouvert sur le monde et résolument français.

Je suis fier d’être québécois!

Je suis entièrement d’accord avec vous Monsieur Lisée. Le bilinguisme institutionnel met en péril le fait français au Québec et le bilinguisme individuel est une très grande richesse (je vous paraphrase lors d’une entrevue accordée à Tout le monde en parle; mais c’est tellement vrai qu’il faut le répéter!)

Je trouve vos idées toujours aussi pertinentes. C’est une nécessité de durcir la loi. Le défi est de la faire respecter après le changement.

Certaines entreprises travaillent effectivement uniquement en anglais, les mémos internes de la direction ne sont pas disponibles en français, etc. Et nous le déplorons, mais on dirait que nous arrêtons à l’étape de la dénonciation. Après ça, oups, plus rien!

Peut-être que nous avons besoin d’un cours : « L’art de passer à l’action : après la dénonciation, prenez vos responsabilités pour que ça change. » Mais il faudrait que les participants s’inscrivent et se rendent au lieu où se donne le cours *soupir* ben trop forçant. On va écouter Loft Story à la place (!) (dois-je préciser qu’il s’agit d’ironie?)

Monsieur JF Lisée,
,
J’ai lu votre article, et d’autres à l’occasion.

Vous êtes certes un intellectuel éduqué et de talent, mais vous n’êtes pas un homme pragmatique, hélas.

Prenons votre proposition 2. L’étalement urbain. « L’exode des jeunes familles vers les banlieues est la seconde variable en importance de la fragilisation du français à Montréal (-ce qui est inexact, incidemment) . Je réclame depuis des années que le PQ fasse du maintien d’une nette majorité de francophones sur l’île de Montréal un objectif national légitime et prenne des mesures, notamment fiscales, pour retenir les jeunes familles sur l’île et susciter leur retour. »

Je vous ferai observer que la proportion des francophones baisse dans toute la région métropolitaine, alors le déplacement de jeunes familles de la périphérie vers le centre de Montréal ne change globalement rien, c’est un vase communiquant, l’un perd ce que l’autre gagne. Par ailleurs, l’étalement urbain est largement les conséquences de politiques municipales (maire de Montréal) déficientes. Ainsi, le budget annoncé pour 2011 aura l’effet de chasser de jeunes familles du centre ville vers les banlieues. Depuis des années, la ville de Montréal n’a pas de plan de direction sur l’étalement urbain, et erre. C’est donc au maire de Montréal qu’il faille demander des comptes. Il faut aussi demander des comptes au MICC qui masse les nouveaux immigrants sur l’île de Montréal sans politique d’intégration suffisante des nouveaux arrivants en régions. De plus, la capacité d’intégration sociale et linguistique est largement dépassée, et se situerait autour de 20,000 à 35,000 immigrants par années.

Votre proposition sur les cégeps serait nuisible sur le plan de l’intégration linguistique dans les circonstances actuelles, il faudrait au préalable renverser la vapeur au plan de l’immigration de manière à obtenir une composition linguistique d’au moins majoritairement de connaissance unique du français.
Sur le plan de l’immigration, le choix que fait le fédéral des immigrants réfugiés et sous la réunification des familles donne une proportion de l’ordre de 90% d’immigrants anglophones/anglotropes (Stat Canada). Cette action du fédéral, d’année en année, pose problèmes. L’entente administrative de 1001 devrait être élargie, la loi sur l’immigration et les conditions d’accès à la citoyenneté canadienne revues: Vous devez convaincre le gouvernement Harper et le Sénat de respecter la dualité linguistique fondamentale du pays en matière d’immigration. Par facile, en pratique.

Sous les conditions actuelles, il faudrait introduire des mesures susceptibles d’apporter des conditions d’amélioration de la vitalité du français.. Sous les conditions actuelles, votre idée toute intellectuelle d’une forme de bilinguisme institutionnel, équivaudrait à un autre coup de pouce vers l’anglicisation. Ce n’est certes pas votre intention, non?

Demandez-vous toujours quelles seraient les conséquences de propositions, à court et à long terme, et évaluez ces conséquences en fonction des objectifs et de la fragilité avérée du français, au Québec. Certes, mais aussi au Canada, car par réciprocité l’un influe sur l’autre. Gardez toujours fraîches en mémoire les avertissements pragmatiques d’un Charles Castonguay, par exemple.

Bien votre

Michel P.
sur les cégeps: voir sect 2.3 dans le petit livre » Un peuple un destin ou l’avenir d’un peuple ». (coop Uquam, Renaud-Bray)

Nuance: selon le biographe de Lévesque Graham Fraser, l’objectif de la loi 101 fut précisément de « make Quebec as French as Ontario is English » (RL and the PQ in Power, 98). Le même constat est fait par Henri Laberge dans L’Action nationale:

http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:ncCg-U1apaoJ:www.action-nationale.qc.ca/index.php%3Foption%3Dcom_content%26task%3Dview%26id%3D767+le+Quebec+doit+etre+aussi+francais+que+l%27ontario+est+anglais+livre+blanc&cd=1&hl=en&ct=clnk&gl=ca&client=firefox-a

Je dirais qu’effectivement, Messieurs Lévesque et Laurin souhaitaient l’assimilation progressive des Anglo-québécois. On était prêt à y aller doucement (à l’instar de l’Ontario qui offre aujourd’hui aux franco-Ontariens des écoles françaises) mais ce serait une conséquence inévitable de la francisation globale de la soicété québécoise.

Les différences profondes entre francophones et anglophones disparaîtraient; les péquistes des années 70 espéraient que ces-derniers deviennent des « Québécois comme les autres » et non pas « une nation au sein d’une nation ».

Votre excellente proposition au sujet des CEGEPs va dans le même sens.

Alors assumez, M. Lisée: bilinguisme ne veut pas dire « binationalisme ».

Je suis 100% d’accord avec Jean Francois. Moi je dirais que ceux qui veulent venir vivre au Québec et qui veulent vivre en anglais doivent plutot s’en aller en Ontario ou autre province anglophone.
Ils n’auront pas à recourrir à des tactiques déloyales comme les écoles passerelles pour s’angliciser. La loi 101 devrait s’appliquer intégralement. Point final.

Et continue de le garder Jean-François ton style non belliqueux, d’ouverture et de discussion. C’est à mon avis la seule façon valable de faire de la politique.

Oui, en effet,

il serait dommage que deux des meilleurs intellectuels souverainistes actuellement ( hormis les politiciens; Landry, Duceppe, Khadir et Parizeau) dépassent le stade de l’échange constructif.

( Robin Philpot fait aussi partie de votre catégorie)

Nous sommes face au rouleau compresseur ( dixit Parizeau) du pouvoir et des intérêts en place.

Une fois le temps, il faut aussi trouver les points de convergeance.

Raphaël Erkoréka,
Débardeur,
Port de Montréal.

Sans émettre de fatwa (le bon père de famille que vous êtes doit continuer de s’occuper de sa descendance) je vous reprocherais ce que je reproche à bien des péquistes et des bloquistes, soit de tout mettre sur la langue, et bien peu sur l’économie, la culture et l’identité.

Exemple: l’immense majorité des Algériens ont beau parler français à l’arrivée, ils s’intégrent difficilement à l’économie québécoise alors que les Chinois, qui ne parlent pas un mot de français, et ne l’apprennent jamais, s’intègrent parfaitement bien à notre économie.

Ce n’est pas parce que les Algériens parlent presque tous français qu’il n’y a pas de problèmes d’accommodements raisonnables. Loin de là!

Ce n’est pas parce que les Français parlent tous français qu’ils sont majoritairement de notre bord, coté indépendance.

Je pourrais multiplier les exemples à l’infini.
Vous faites fausse route en ramenant tout à la langue.

Le problème que vous refusez d’aborder est tout simplement le nombre limite d’immigrants qu’une société comme le Québec peut accueillir. Pourquoi les nationalistes sont-ils aussi frileux sur cette question, qui est la plus importante?

Bonsoir,
Monsieur Pierre Dubuc part souvent en croisade. En suivant son cheminement depuis plusieurs années, il est bien évident qu’en tant que rédacteur en chef de l’Aut’Journal avec bien sûr une apostrophe pour apostropher, son lectorat est surtout composé de nationalistes purs et durs de la même engeance que la clientèle de l’Action Nationale, de Vigile.net et du club des boules à mites de la Société St Jean Baptiste. Nous nous devons de se rendre à l’évidence que la vie des purs et des durs n’est pas des plus facile, surtout quand vous observez ces purs et ces durs depuis plus de 40 ans. Tout un choix de vie en effet que de vivre en harmonie avec ce dilemme du : Comment RESTER PUR pendant 40 ans tout en étant DUR ? Quelle vie de moine ! Au plaisir, John Bull.

La critique de monsieur Dubuc est probablement dure à avaler et heurte certainement votre amour-propre. Appeler son analyse une fatwa est probablement teinté d’une certaine dose d’humour.

Mais force est d’admettre qu’il n’a pas entièrement tort. Je dirais même qu’il a passablement raison sur plusieurs points en ce qui a trait à votre attitude générale, qui à certains égards est équivoque.

Une chose est sûre, ou bien la langue commune est vraiment le français, où nous allons être étouffés par la culture anglo-saxonne ambiante. Et l’anglophonie, en particulier la Montréalaise est particulièrement agressive vous ne pouvea pas ne pas l’avoir remarqué.

Je suis d’avis que vous devriez réfléchir à certaines de vos positions et possiblement accepter de les remettre en question. Ceci dit, en tout respect.

Pierre Dubuc a raison sur toute la ligne.

En passant, l’exode des francophones est un mythe, M. Lisée. Les banlieues s’anglicisent plus rapidement que la ville centre. J’ai toutes les statistiques. Si vous aviez vraiment la langue française à coeur, vous daignerez vous informer de la situation avant d’écrire n’importe quoi.

Autre point important, M. Lisée. En laissant libre aux Québécois et aux anglophones de choisir entre une immersion soit anglaise pour les premiers ou française pour les seconds, n’êtes-vous pas sans savoir que ce ne seront que les premiers qui la choisiront dans une large mesure? Toutes les statistiques le démontre: la vitalité du français à Montréal est très très faible; vous ne réussirez pas à sauver la poule en ouvrant la porte au renard.

Vous êtes dangereux, M. Lisée. J’ai connu des fédéralistes qui avaient davantage de respect pour le français au Québec.

M. Lisée,

Votre proposition sur les Cégeps serait un vrai désastre et aurait pour conséquence d’angliciser l’arrière pays, qui est désormais devenu notre seul espoir pour confiner la croissance de l’anglais à Montréal.

25% de cours en anglais pour tous les Québécois serait du suicide! Si la mesure ne s’appliquait qu’à Montréal, ce serait déjà beaucoup mieux.

Je comprends par ailleurs la réaction de Pierre Dubuc : face au désastre, la politesse prend le bord et des actions nettes et tranchées deviennent nécessaires.

Bien à vous,

Pauvre M.Dubuc
et pendant ce temps la bourse de montreal est disparue et Toronto est plus riche.Voila le travail de Dubuc; aucune commune mesure avec la vraie vie ou on se fait bouffer avec l accord tacite de nos penseurs. Je méprise les gens comme M.Dubuc qui eux méprises les vrais enjeux pour les citoyems du Québec et peut etre meme les citoyens

Voila ou cela mène le dogmatisme de certains intellectuels de bonne volonté qui s’égarent dans leur vérités car ils s’éloignent de la réalité quotidienne des gens et de leurs besoins … C’est malheureusement le cas de Pierre Dubuc mais ce n’est pas la première fois dans son cas ! Demeure les pieds sur terre Jean-Francois et j’ajouterai que cette joute entre souverainistes est inutile et contre-productive … Toutes les énergies doivent être utilisées pour l’ennemi d’en face …..

Vous écrivez: »Mais Pierre est retombé, dans ses derniers écrits, dans cette posture si désagréable de l’oukase et de l’excommunication des gens qui ne pensent pas comme lui.(…) C’est un style. Un style qui divise et qui repousse. Ce n’est pas le mien. « .

Dans le mouvement souverainiste, ce « phénomène » est courant.Nous excellons dans l’art de nous sub-diviser au carré.

En contrepartie, dans notre option, les gens s’expriment.A-t-on vu beaucoup de discussions ouvertes récemment dans le PLQ sur des thèmes comme la langue ou les gaz de schiste? Non, on suit « le cheuf ».

Mais cela fait partie de notre mouvement.D’où le défi d’être chef du PQ.

Quant à moi, je préfère le style Lisée. Je n’aime pas les « styles criards »:ils rebutent au lieu de convaincre.

Les étiquettes, les groupes c’est utile aux manipulateurs.
Je m’explique: si on réussi a vous coller un étiquette droite ou gauche, plus séparatiste ou pas, artistique ou rationnel, francophone ou anglophone, catholique, des lumières etcaméricain, européens, asiatique, etc, signe de terre ou de feu, positif ou négatif tout ça n’a qu’un seul but vous catégoriser et vous imposer des lignes de penser. Donc vous n’aurez plus a vous exprimer et surtout ne remettrez rien en cause.
Je pense que si les gens restaient libre de se poser les questions et de prendre la position qui leur convient selon le moment il y aurait une meilleur administration des avoirs publics. Les groupes de pressions auraient moins d’emprise.
On refuse d’accepter que les gens gardent leur libre arbitre sur chaque question.
S’il n’y avait que des indépendants dans chaque région, les gens seraient élues non pas pour leur idées mais pour leur jugement, leur capacité a prendre position sur chaque question individuellement en fonction des besoins et des solutions pragmatiques réalistes.
Bien plus difficile de contrôler chacun des individus pour les groupes de pressions. Avec toujours des votes secret. ce qui donne vraiment aux individus la possibilité de prendre position.
On prend une position a un moment x en fonction de la situation, quand la réalité change on est libre de changer. On a pas a se faire mettre dans un corridor et se sentir obliger de marcher sur la linge d’un groupe, d’une idéologie etc. Le chemin n’est tracé pour personne, c’est notre capacité a remettre en question au quotidien les idées, les positions et nos choix qui font des gens des êtres intelligents.

Suggestion d’une mesure pour rétablir l’équilibre linguistique : obliger les entreprises qui exigent le bilinguisme à reconnaître financièrement cet atout.

Par exemple, si une entreprise exige la connaissance de l’anglais pour un poste, elle doit verser une prime de 15% au salarié qui occupe ce poste. Étant déjà établi par la loi 101 que la langue de travail est le français, les salariés sans cette prime auraient le droit refuser d’utiliser l’anglais, ils auraient une motivation à l’apprendre et se le faire reconnaître tandis que l’employeur aurait une motivation à limiter le nombre de poste exigeant le bilinguisme intégral.

Si on arrive à faire appliquer une loi sur l’équité salariale, on devrait réussir à faire reconnaître une loi sur l’équité linguistique au travail, non ?

Et cette loi aurait l’avantage aussi de valoriser le bilinguisme dans la communauté anglophone.

Cette approche est un pont, entre les impératifs individuels et ceux de la collectivité, qui nous manque.

Le bilinguisme institutionel et individuel en une seule autre langue est une fernmeture au monde en plus d’être de l’assimilation anglicisation
Exigeons comme francophone d’avoir accès à tous les emplois au Québec sans jamais se faire imposer avec mépris et obligation l’anglais et le probléme de colonisation anglicisation sera règlé
Et surtout coupons les vivre a Otttawa et à John James et ils ne pourront plus anglicisés les immigrants et nos faibles d’esprit contre nous en détruisant la nation francophone Québecoise

L’anglais langue de communication: oui.
L’anglais langue d’identification: non.

Bilingue, oui; biculturel, non.

Le génocide culturel du peuple québécois francophone est en marche, gracieuseté du gouvernement libéral du Québec, et du laxisme bonnententiste des francophones.

Plus de 50% des allophones vont au cégep et à l’université en anglais, et commencent ainsi leur vie sociale et adulte en anglais : la meilleure recette pour qu’ils restent anglophones le reste de leurs jours! Alors, avec 55 000 nouveaux immigrants par année, proportionnellement plus que tout autre pays qui n’est même pas menacé de survie, la tendance est très inquiétante pour le peuple québécois.

La communauté anglophone de Montréal doit bien se bidonner aujourd’hui!
Ils ont tout le pouvoir politique et financier du Gouvernement Fédéral, en plus de la Cour Suprême, pour veiller à leur protection. Voilà en plus qu’un souverainiste de souche se propose pour les défendre, jusqu’à sa propre extinction, s’il le faut!
Vous êtes vraiment un digne héritier de René Lévesque. Tout comme vous, il était un grand démocrate qui se refusait à toute fourberie ou démagogie pour faire avancer ses idées. Il voulait réaliser son projet dans le plus grand respect de toutes les communautés, de toutes les minorités, et de toutes les lois.
Malheureusement, ses opposants ne partageaient pas cette noblesse. Ils n’ont jamais hésiter à se servir de démagogie et de désinformation pour contrer son projet. Ils ont même impunément violés les lois. Ils ont été jusqu’à créer une nouvelle loi de toutes pièces, pour bien fixer le loquet. Nul doute, que si le besoin s’en fait sentir, ils ressortiront leur plume législative.

Avec un peu de pragmatisme, on est bien forcé d’admettre que le projet de M. Lévesque a échoué. Les purs et durs diront plutôt que le projet n’a pas encore abouti. M. Lévesque et ses successeurs se sont bien battus. Malheureusement, la force des armes a prévalu.

M. Lisée : Vous jouez à un jeu où votre opposant en fixe toutes les règles, et les changent au besoin. Qu’attendez-vous pour changer de table!

Je m’excuse d’être aussi brutal. Vous êtes une personne d’une grande intelligence, en plus d’être un excellent stratège. Il y plusieurs années, vous vous êtes engagé sur un sentier plein de promesses. Je vous y ai accompagné très longtemps. Maintenant, il est de plus en plus clair que ce sentier conduit à un cul de sac.

Si l’idéal de la souveraineté ne semble plus atteignable, il faut alors penser à réorienter ses efforts. On cherche tous à assurer le meilleur avenir possible pour le Québec. La souveraineté aurait été l’outil idéal pour atteindre cet objectif. Si cet outil s’avère ne plus être disponible, il faut alors chercher une autre façon qui nous permettrait d’atteindre cet objectif.
Je dis souvent que le mieux est l’ennemi du bien. Actuellement, on dépense au Québec des énergies folles sur le « mieux », et on ne va nulle part. Si ces énergies seraient dirigées vers le « bien », il me semble que le Québec y gagnerait.
Voilà enfin où je voulais en venir avec tout ce préambule : Pourquoi ne pas utiliser vos grandes compétences et votre intelligence à essayer de définir une nouvelle voie pour le Québec.

Je termine en citant un proverbe chinois bien connu : « Il n’y a pas qu’un seul sentier qui mène à Rome ».

Amicalement,

Gaston.

Bonjour,
En voulant spécifier que je suis le parcours de Monsieur Pierre Dubuc depuis la fondation de l’Aut’Journal en 1984 ! J’adore la plume incisive de Monsieur Pierre Dubuc et ses prises de position qui, même en ne partageant pas du tout ses idées, avaient le grand mérite d’être claires. Et j’ai encore en main de fabuleuses copies de l’Aut’Journal que j’ai conservé précieusement pour la postérité. En me procurant assidûment toutes les parutions de l’Aut’Journal, quelques fois en kiosques et quelques fois distribuées gratuitement dans quelques bistros fréquentés, je fus même peiné que la publication bi-mensuelle cessa pour revenir faute de liquidités à la parution d’une dizaine de copies annuellement. Nonobstant son passage au Parti Québécois où il mangeait cruellement son pain NOIR, Monsieur Pierre Dubuc avait la colonne vertébrale des vrais indépendantistes des années 1960 que je respecte profondément, car ils avaient le courage de leurs opinions et agissaient à visière levée en parlant d’indépendance, ce que les femmelettes du Parti Québécois, cheffe, députés et tout le merbership inclus sont incapables de faire.
Finalement, faute de mieux, et bien, on se contente de la galette. C’est ce qui explique le passage de Monsieur Pierre Dubuc dans SPQ Libre, mais avec les idées muselées par les instances péquistes qui veulent simplement par électoralisme en visant la gouvernance être l’Union Nationale version des années 2000 et rien de plus autres que de petites steppettes pour rassurer les enfants qui n’en demandent pas plus, seulement un beau petit show de boucane de temps en temps. Mais comme disait cette autre par cette banalité : Car heureusement qu’ici, il y a le BLOC ! Quel triste parcours de pseudo combattants car il n’y a rien que l’aveuglement nationaliste volontaire pour ainsi avaler de telles couleuvres….. Au plaisir, John Bull.

Les anglophones WAP minoritaires( 40%) au Canada imposent l’anglais à tous tandis que les Québecois francophones MAJORITAIRES ( 80%) au Québec n’arrivent pas à imposer le français à tous à cause de l’incompréhension morbide de nos autorités indépendantistes encore trop colonisés pour comprendre comment imposer notre langue nationale à tous.
Ils sont tellement bêtes qu’ils veulent franciser le Québec en bilinguisant nos institutions francophones .
Cette incompréhension de la question linguistique nous tueras comme Nation francophone , a moins d’un éveil miraculeux.

Comme Québécois, on ne doit pas se battre comme un hamster.

Ce n’est pas la première fois que M. Lisée se fait dire qu’il a l’esprit de Gesca. C’est peut-être une autre forme « d’exorcisme » chez les péquistes. Alors, « arrière, esprit trompeur, tes pensées ne sont pas mes pensées, sors de ce corps ! »

Comme l’écrit lagentfeminine(no 30), laissons un peu d’espace à l’esprit critique, à l’indépendance d’esprit. Nous sommes libres de penser et d’avoir notre propre opinion. Je crois aussi que les groupes et les étiquettes ont un effet aliénant. Accordons à M. Lisée le droit d’avoir sa propre opinion.

À mon avis, concevoir la question de la langue comme étant un combat est une erreur, et c’est ce que fait M. Dubuc. Le désir du combat entretient le combat, l’opposition, et mène à l’épuisement.

Je suis plutôt un partisan de la clarté. C’est lorsqu’une personne comme M. Parizeau affirme qu’elle est souverainiste, que l’on sait que l’on a véritablement devant soi un souverainiste. C’est clair, net, et il n’y a pas d’ambiguïté. Ce n’est pas son radicalisme qui est important, mais sa clarté.

Dans le discours des souverainistes actuellement, il y a trop d’ambiguïté, de contradictions, ce n’est pas clair, et c’est vrai aussi de la langue. Mme Marois affirme d’un côté que l’on doit apprendre l’anglais, et de l’autre, elle organise une manifestation pour l’empêcher. Les Québécois ont de la difficulté à suivre.

On nous demande de choisir entre un discours agressif ou un discours ambigu. Je crois à la « fermeté tranquille ». Avec les anglophones, que ton « oui » soit un « oui », et que ton « non » soit un « non », tout ce qui s’ajoute ne vient pas de Dieu.

Pas besoin de « gueuler », de s’agiter, d’insulter pour faire cela, il suffit juste d’être clair et d’agir. Au Québec, c’est en français !

Le reste n’est que du « trémoussage ».

Bonsoir,
En m’excusant d’abord, Monsieur Lisée, d’encore prendre de votre temps ! Mais que voulez-vous, j’adore ce Monsieur Pierre Dubuc. Quelque peu à la manière de ce : J’accuse de cet immense Emile Zola et de son oeuvre magistrale, j’ai spécifié sur un commentaire précédent que je suivais le parcours de ce syndicaliste dans l’âme qu’est avant tout Monsieur Pierre Dubuc depuis 1984, soit lors de la fondation de l’Aut’Journal avec une apostrophe pour apostropher. Et des centaines de copies de L’Aut’Journal que j’ai conservé précieusement dans la filière format légal Commodore acheté il y a longtemps chez PILON ! Quoi dire pour rendre un hommage senti à cet homme vrai que pour lui, ce soir, j’ai écouté LE MORIBOND de Jacques Brel simplement pour me souvenir de ces paroles qui disaient grosso modo que : Même si nous n’étions pas du même bord, nous cherchions le même port !
En effet, ce qui m’a le plus tarabusté de ce cher Pierre Dubuc, ce fut de voir ce Don Quichotte des temps modernes avec la mauvaise Rossinante, en le voyant démuni, faute de mieux, rejoindre le Parti Québécois. Et comme rocin signifie homme illettré et rustre, je me demandais ce que peut bien faire Don Quichotte avec ce cheval de bas niveau et de bas rang qu’est le Parti Québécois ! Et ce Miguel de Cervantes s’est retourné plusieurs fois dans sa tombe.
En outre, ayant plusieurs copies de l’Aut’Journal en filière, en hommage à Pierre Dubuc, car n’étant pas payé pour ce faire, je ne m’astreindrai pas à fouiller dans tout ce fatras de copies mais de mémoire, je me souviens de ce numéro de Juin 1999 où à la une, cette UNE tonitruante rageait : QUEBEC GOES USA ! Avec photo de ces tristes sires que furent Messieurs Bernard Landry et Gilles Duceppe enveloppés du drapeau américain soit cette bannière étoilée. Et dans cette copie de L’Aut’Journal, les lancinantes lubies de ces Messieurs Bernard Landry et de Gilles Duceppe qui réclamaient au plus vite l’adoption du dollar américain pour le bénéfice et le mieux être de leur Québec ADORÉ. Et OUI ! Monsieur Gilles Duceppe à cette triste époque avait encore le nombril vert, je suppose, en proposant que se fasse à la Chambre des Communes le débat sur l’adoption du dollar américain tandis que depuis longtemps, Bernard Landry était farouchement POUR! Et lorsque les États Unis attaquèrent l’Irak en 2003, nos nationalistes québécois ainsi que Gilles Duceppe et Bernard Landry se retournèrent sur un 10 cents, comme nous disons dans le jargon, du fait que les Yankees avait mauvaise presse en faisant cet acte odieux.
Par ailleurs, étant constitué d’un seul bloc et préférant la véracité aux entourloupettes, en me voulant explicatif sur mes allusions à Jacques Brel et de : Même si nous n’étions pas du même bord, nous cherchions le même port !, en revenant en arrière en 1989, de mémoire, je me pointais au lancement médiatique de : VERS UNE SOCIÉTÉ PLUS JUSTE ! de cet homme que tous les nationalistes québécois détestaient à en râler encore soit : PIERRE ELLIOT TRUDEAU dans le cénacle officiel de ses lancements de livres soit le RITZ CARLTON . Ému et troublé après que Monsieur Pierre Elliot Trudeau eut autographié ma copie de son essai dans la préface, je lui tendis la main en le regardant droit dans les yeux en lui disant : Je ne suis pas un nationaliste québécois, je ne suis pas un VENDU aux américains en étant CANADIEN et je ne suis pas UN MANGEUX DE HOT DOGS….. Monsieur Pierre Elliot Trudeau eut un large sourire en me tapant amicalement sur l’épaule en clignant de l’oeil et me dit : Vous avez compris, Monsieur !
Finalement, et ce pour ce Don Quichotte de Pierre Dubuc, que fais tu dans cette galère de vouloir diviser et briser le Canada en le mettant à la merci des américains ? Toi qui signa cet éditorial mémorable de Juin de 1999 qui titrait : Québec goes USA ! Mon cher Pierre, et ce malheureusement, nous comprenons les affres et les misères du nationalisme seulement le jour où on en sort……Au plaisir et amicalement, John Bull.

Bonsoir,
Et pour ce Monsieur Desmeules, en étant visière levée, même si ce n’était que du trémoussage comme vous dites, ayez donc et ce, même si vous êtes un péquiste, so what, ayez donc cette amabilité de répondre à quelques questions pointues, il va s’en dire ? Ayant en main propre deux copies plutôt qu’une de cet essai de Jean François Lisée soit : Dans L’oeil de l’Aigle publié au éditions Le Boréal en 1991 où la page couverture est explicite avec en gros plan les serres de l’Aigle Américain qui reluque le Québec…pour une fois sorti du Canada ! Mais à la décharge de Monsieur Lisée, cette brique de plus de 700 pages avec une bibliographie respectable était plus un travail de journaliste affecté à la Maison Blanche qu’un travail d’essayiste avec toutes les nombreuses déclarations OFFICIELLES au médias, ne vous en déplaise ! En y allant, Monsieur Desmeules, non pas de questions carabinées, mais de simples questions pour le quidam que je suis…. et pas plus en espérant de vous ne pas avoir des réponses de péquiste…..
1. A votre avis, quel est le principal danger pour la culture et la langue française au Québec ? Est-ce que c’est la culture américaine ou bien le reste du Canada ?
2. Peu importe ce que vous en pensez, est-ce que le Parti Québécois et ses nationalistes ont mis autant d’ardeur à dénoncer l’hégémonie américaine et ses tentacules que leurs énergies à cibler le reste du Canada comme ennemi potentiel ?
3 . Avec les lendemains d’un hypothétique OUI, en toute franchise, après avoir été les artisans contre la volonté des Canadiens de gauche à 57 % contre l’Accord de Libre Échange avec les Américains en léchant les bottes du p’tit gars de Baie Comeau et de l’Oncle Sam, allez vous en toute franchise déménager le Québec loin dans l’Atlantique contre les INVASIONS BARBARES de vos amis les Yankees en privant vos bons nationalistes de leurs games de hockey, de CNN et de Fox News ?
Finalement, à trop parler pour NE RIEN DIRE, est-ce que le nationalisme ne brouille pas le regard en empêchant toute lucidité de voir le JOUR ? Oui, MONSIEUR, en vous défiant, amenez moi une seule raison LOGIQUE de vous écarteler de la sorte et, avec honnêteté, et même en tant que fier CANADIEN, je voterai OUI au prochain référendum, car comme Pierre Dubuc, en étant CANADIEN, je suis fier de l’être en vous regardant aller car, Pierre Dubuc avait ce vilain défaut d’être VRAI…..Au plaisir, John Bull.

Je suis perplexe, car vous avez tous deux de bon arguments. Par contre, est-nécessaire d’utiliser des termes comme Fatwa pour commencer la discussion? Ça teinte inutilement le débat…

Bonjour a tous,

Existe-t-il vraiment un plan de recrutement des etudiants etrangers semblable au plan que vous decrivez? Je suis citoyenne americaine, j’habite a Ottawa et je suis anglophone mais comme vous voyez je fonctionne bien en francais. Il y a rien que j’aimerais plus que d’avoir ma residence permanent et aller m’installer au Quebec…tant mieux si le gouvernement quebecois veut que je fasse exactement ca et s’il peut faciliter le processus! Y’a-t-il quelqu’un qui peut me renseigner davantage?

Ruby

Nous avons ici la raison pourquoi la Nation Québecoise ne réussit pas à se décoloniser et à franciser le Québec.
Beaucoups d’indépendantistes souverainistes souffrent de bilinguisme donc d’anglicisation morbide donc de colonisation anglicisation
La question de la langue n’est pas du tout réglée au Québec à cause de cela et garde notre Nation en danger de mort
Imposons avec fierté notre langue française à tous les citoyens du Québec et empêchons les citoyens encore colonisés d’exiger l’anglais pour avoir droit à tous les emplois
À ce sujet les demies mesures sont mortelles

Je ne vous donnerai pas une réponse péquiste, ni une réponse libérale, ni une réponse néo-démocrate, ni une réponse conservatrice, M. John Bull(no 40), je vous donnerai ma réponse.

Je ne suis pas vraiment quelqu’un qui déteste les gens et les choses, M. Bull. C’est pourquoi, je considère l’agressivité inutile comme étant du « trémoussage ».

À votre première question, je vous répond : Ni l’un, ni l’autre. À mon avis, le principal danger pour la culture et la langue française au Québec, c’est le manque de confiance des Québécois. C’est ce qui les empêche de faire la souveraineté, mais aussi de prendre leur place au Canada.

À votre deuxième question, je vous dirai que tout le monde sait que les souverainistes ont un faible pour les Américains, moi compris. Il ne faut pas avoir de préjugés, M. Bull, c’est parfois merveilleux un Américain avec toute sa culture. Abraham Lincoln, Georges Washington, Martin Luther King et bien d’autres suscitent chez-moi l’admiration. Les autres ne doivent pas être jaloux, j’apprécie aussi un Ontarien, un gars du Nouveau-Brunswick, les Français ou les Britanniques avec leur culture. Je prend chez eux ce qui est bon, et je laisse ce qui est moins bien. Cela forge mon identité.

Aussi, il est normal que les souverainistes ciblent le reste du Canada, puisqu’ils veulent faire la souveraineté.

C’est important d’apprécier les autres peuples, M. Bull, car cela rend le nationalisme sain, et répond à votre troisième question.

Il faut commencer d’abord à s’aimer avant d’aimer les autres. Le problème survient lorsque l’amour s’arrête à soi-même, le nationalisme devient alors mauvais.

Vous êtes vous-même un nationaliste canadien, M. Bull.

Pourquoi un étudiant francophone doit faire de l’anglais en soutient informatique pour le DEP alors que celui qui étudie dans une école anglaise n’a aucun cours de français pour la même formation??

Gaz de shistes, trouvez le film GASLANDS…

Je suis totalement d’accord avec Monsieur Dubuc y compris pour le style pugnace qui est le propre de la tradition française et qui est tout à fait au diapason de l’urgence de la siuation.

Un des intervenants a utiliser l’argument de la vente, sur ce forum, comme si les principes politiques doivent passer par des arguments de « ventes ». On est tellement loin de la verve de Pierre Bourgault que dorénavant, il faudrait mesurer l’efficacité d’une mesure uniquement à l’aune de son efficacité marketing ? Si le parti québécois est complètement paralysé par cette idéologie depuis l’ère Boisclair, pas étonnant qu’il récolte aussi peu d’enthousiasme.

Malgré que je déplore l’utilisation du termes « fatwa » surtout à l’encontre d’un excellent rhéteur totalement démocrate, je remercie Monsieur Lisée de permettre cette discussion en tout respect.

À ceux qui voudrait que le Parti Québécois deviennent aussi imperméable au échange d’Idées, fussent-ils musclés, que le parti libéral, je dit que cette posture ne fera qu’accentuer le désintérêt de la population qui iront par mouvement de protestation, à droite vers l’ADQ et à gauche vers QS.

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