La fausse crédulité de Julie Boulet

La défense de l’ex-ministre des Transports n’est pas nouvelle. Elle consiste à se servir de ses conseillers politiques comme des tapis sur lesquels elle s’essuie les pieds pour ne pas salir la maison libérale.

Photo: Paul Chiasson/La presse canadienne
Photo: Paul Chiasson/La Presse Canadienne

Politique

L’ex-ministre des Transports, Julie Boulet, est arrivée bien préparée à la commission Charbonneau. Elle a passé beaucoup de temps avec des avocats pour préparer son témoignage, c’est l’évidence même.

Sa stratégie ? Élever un mur infranchissable entre elle et ses cocktails de financement.

Elle ne savait rien, mais absolument rien du financement géré à son insu par ses conseillers, Amina Chaffaï et Guy Éthier. Elle veut même nous faire croire qu’elle ignorait les objectifs de financement imposés aux ministres dans le gouvernement Charest (100 000 dollars par année), alors qu’elle connaissait ceux des simples députés. Si elle a atteint la cible de 100 000 dollars à trois reprises dans sa prolifique carrière de ministre, c’est bien à son insu.

C’est un peu fort de café, comme on dit. Pas besoin de chercher très loin pour comprendre les raisons de son succès. Mme Boulet, ministre de l’asphalte, était courtisée sans cesse par les entrepreneurs en asphaltage de sa région.

De 1998 à 2011, les six plus gros entrepreneurs en asphaltage de la Mauricie ont donné 425 000 dollars au PLQ. Mme Boulet a bien constaté la présence récurrente des barons du bitume à ses cocktails, mais elle n’a pas fait de liens entre ses fonctions de ministre des Transports — et principale donneuse d’ouvrage — et l’intérêt que portaient ces hommes d’affaires à ses cocktails de financement. Ils participaient «à la vie démocratique», rien de plus.

Le public et les commissaires seront à même d’apprécier la sincérité du témoignage de Julie Boulet, un mélange d’amnésie sélective et de fausse crédulité.

Même si les commissaires croient véritablement qu’elle ignorait l’abc de son propre financement (une théorie plausible dans le monde tordu d’un certain genre de politique malodorante), la députée de Laviolette n’est pas au bout de ses peines pour autant.

Sa défense n’est pas nouvelle. Elle consiste à se servir de ses conseillers politiques comme des tapis sur lesquels elle s’essuie les pieds pour ne pas salir la maison libérale.

Les principaux acteurs du scandale fédéral des commandites avaient utilisé les mêmes arguments. Dans son rapport final, le juge John Gomery avait quand même blâmé des ministres libéraux pour les actes commis par leur personnel politique, selon le principe de la délégation d’autorité.

Bref, les actes posés par des conseillers peuvent engager la responsabilité d’un ministre. Les avocats de Mme Boulet ont peut-être oublié de lui en parler.

* * *

À propos de Brian Myles

Brian Myles est journaliste au quotidien Le Devoir, où il traite des affaires policières, municipales et judiciaires. Il est présentement affecté à la couverture de la commission Charbonneau. Blogueur à L’actualité depuis 2012, il est également chargé de cours à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). On peut le suivre sur Twitter : @brianmyles.

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22 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Nous aurons finalement appris que madame Boulet savait qu’elle n’en savait rien. Ce qui en toute fin n’est pas rien 🙂

— Et tout cela, je n’le savais pas !

Nous comprenons mieux maintenant, pourquoi madame Boulet aura été cette fois-ci écartée du gouvernement.

Il est évident qu’elle a été très bien préparée par des spécialistes et des avocats, à nos frais d’ailleurs, à nos frais d’ailleurs, à nos frais d’ailleurs.
Est-ce à dire qu’elle a apprise l’abc de bien présenter les mensonges par des hommes de lois?
Ce que je ne doute pas un instant.
En passant les policiers, les avocats et les juges qui sont ceux dans nos sociétés qui connaissent le mieux le processus judiciaire, utilisent les mêmes stratagèmes lorsqu’ils vont être ou sont dans le box des accusés.
La préparation dont des hommes de lois participent pour aider quiconque à trafiquer la vérité, « la vraie vérité » est illégale et criminelle. S’il fallait et était possible de poursuivre les fautifs, il n’y aurait plus de place dans nos tribunaux pour les autres causes.

Madame Boulet est définitivement un boulet pour son parti…mais combien d’autres députés si l’on pouvait prouver…ce qui est condamnable et de tous les partis, exception faite de QS, PV et ceux qui ne peuvent pas s’approcher du pouvoir?

Madame Boulet comme plusieurs autres, dont madame Thériault qui a été nommée ministre par monsieur Couillard, sont de ceux qui à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche m’amusent d’insignifiance.

Je caricature à peine, lorsque je trouve que même lorsqu’elle confirme son nom, je me demande si elle dit la vérité.
Un peu comme Chevrette lorsqu’il a dit: « madame, croyez-moi, si je le savais je vous le dirais » ????: trop amusant!

Qui donc une fois mis au pilori, face à des condamnations et à des peines naturellement ne manipulera pas la vérité?
Peu d’exceptions.

Sauf qu’il y en a qui mentent mieux que d’autres…malheureusement!
Nombreux sont ceux qui nous montre un verre et que puisse que ça sert aussi à boire tout comme une tasse sert aussi à boire, c’est donc aussi une tasse: leurs manipulations sont tout simplement insignifiantes. Madame Boulet fait partie de ce groupe.

Elle me rappelle d’ailleurs, il y a longtemps, un enfant qui après avoir mis son 25 sous devant servir à l’achat d’un verre de lait, mais l’avoir utilisé dans une machine à bidules, a nié en être responsable, car il l’avait échappé dans le trou acceptant la monnaie requise.
Il avait huit ans et était comme je l’ai dit un enfant.

Madame Boulet, elle, est une adulte, diplômée universitaire, députée, était ministre lors des évènements concernés.
Je trouve toujours triste (pour eux) les gens qui ont de grandes capacités intellectuelles mais en même qui ont aussi peu de jugement!
Lorsque j’en rencontre, je les évite comme tout ce que vous pouvez imaginer…dont on peut ramasser et jeter ou encore bien nettoyer…car ses individus, eux, il n’y a plus rien à faire pour « les nettoyer » et on ne peut pas juste les jeter!

Et croyez-moi, il y en a beaucoup dans nos gouvernements et ailleurs…

En science politique on mentionne souvent les deux faces de Janus, avec la « candeur » démontrée de Julie Boulet, on a une nouvelle interprétation du visage à deux faces de Janus.

Bien hâte de voir si Pauline Marois se souviendra du « deal » qu’elle et son mari ont échafaudé avec la mafia syndicale…

Toujours aussi pertinent, vraiment, une petite gêne ça ne vous tente pas ? Essayez, vous verrez c’est bon pour la crédibilité.

Eh bien moi, à tous les deux: Couillard et Marois, je les mettrai au défi de clarifier avec détails et preuves à l’appui, l’un ses amitiés particulières avec le docteur Porter (entre docteurs on se comprend) et l’autre le deal!
Sauf que pour François 1, la cécité morbide de l’ultra partisan l’habitant depuis sa naissance, l’empêche d’imaginer une nano seconde que le sang de ceux qu’il appui puisse être contaminé par la maladie corruptible et le diable des pires malversations, qui n’habitent c’est certain que le PQ.
Ça doit-être lourd à porter…car qu’elle réalité à tout les instants de sa vie se prive-t-il donc et quelles mauvaises décisions doit-il prendre en ayant une aussi mauvaise lecture de la vie?
Ou encore a-t-il bêtement « les mains dedans » et à l’image d’une de ses préférés madame Boulet pense-t-il qu’il n’a qu’à dire ou écrire pour mystifier son auditoire?

Dans un souci d’éthique et de transparence, je crois que Pauline Marois, son mari Claude Blanchet (qui bénéficie d’une pension À VIE de plus de $80,000.00 par année car il a présidé aux 4 PIRES ANNÉES de la SGF, cadeau de sa femme alors ministre des finances!!!) et Claude Arseneault ex-dirigeant de la FTQ devraient comparaître devant une commission parlementaire et enfin nous dire la vérité.

De plus, le couple Marois/Blanchet devrait nous révéler la teneur de leurs actifs comme l’ont fait TOUS les autres chefs de parti au Québec.

Rappelons-nous que la Marois avait évité cette comparution en appelant des élections il y a tout juste 6 semaines.

Cette femme n’aurait jamais du être ministre en premier lieux. Elle n’avait ni la formation ni l’expérience pour le domaine des transports.

Alors les Lise Payette de ce monde qui disent que l’égalité hommes/femmes à tout prix avant la compétence, c’est ce que ça donne.

Bon matin,il faut que la comission protege nos leaders mais il y a un mais et il y a des personnages senior de chaque parti et des respnsables de financements et ceux qui ont fermer les yeux il ya des statuts dans chaque parti et ceux qui signe pour entrer et la sorti argent et ceux qui ont pris argent cash j’ai hate de voir le haut de la pyramide eux ils savaient que cette argent $$$$$$verser coutait en credit impot au contribuable,et la mauvaise evaluation du cout de construction en plus ou ses les contribuables qui paye encore et ou quand il en manque faut mettre des augmentations taxes et impots et surtout une belle taxe sante de $$$ 200.$$$$.J’ai hate a la conclusion voir ou le convoisyeur de l’argen est rendu car il y a un autre mandat qui attend la commission Charbonneau que elle peut faire la sudgestion au gouvernement le $$$$$$$$$ 155 MILLIARDS qui manque dans les coffres du receveur general du Canada se qui represente 50% du PIB.imaginer si tout l’argent etait dans le pays comment serait notre cheque de paye nous les travailleurs qui avont rempli notre mandat en payant et payant jour apres jour,semaine apres semaine,mois apres mois et annees apres annees.
Bonne reflexion.

Je trouve que parfois l’avocate qui questionne se fout du public, ex.: en demandant à la Ministre Boulet si elle pensait aux gens qui paient la note pour cette collusion quand la Commission nous coûte déjà 38 millions et à mon avis ne rapportera pas grand chose. Les mêmes questions reviennent à répétition et ça finit par nous tomber sur les nerfs. Pouvez-vous nous dire à ce jour ce que va nous rapporter la Commission?

La facture que nous servira la Commission, ce sont des broutilles face aux sommes d’argent volées aux contribuables à cause de la corruption. Pouvoir mettre un doigt sur des corrompus et leurs manigances, faire des recommandations pour corriger cette tare, à mon avis, c’est de l’argent bien dépensée.

Ce que veut dire Georgette, je crois, c’est que l’argent est mal dépensé lorsque Qu’une commission sert à tenter de nettoyer un parti pour lequel on s’est senti obligé de voter…. ET ça finit par nous tomber sur les nerfs…. ( 🙂

J’ai écouté le témoignage de madame Boulet. J’ai trouvé cela désolant, j’ai de la difficulté à croire que des gens aussi bien instruit aux frais de la société, par la suite bien traité et bien rémunéré par cette même société soit capable d’affirmer sous serment lors d’une commission d’enquête télévisé par surcroît, qu’elle ignorait les attentes en matière de financement de son parti. Moi je ne la crois pas. Après toutes ses années d’expériences en politique et toutes les rumeurs de corruption ou de malversation qui existaient et existent toujours, elle n’a jamais fait le lien avec les mêmes représentants d’entreprise assistant à ses souper ou cocktail de financement et les risques que cela représentaient encore je ne la crois.

Par contre s’ il y a une chose que je crois, c’est que ce genre d’attitude et de témoignage, n’aide en rien l’opinion que la population a des gens de la classe politique et cela c’est vraiment dommage.

Bonne journée

J’ai su de bonnes sources, qu’en sortant des locaux de la commission Charbonneau, madame Boulet ne savait pas si elle pouvait quitter car elle ne se souvenait plus si elle avait déjà témoignée. Devant l’incertitude persistante, elle téléphona à son ordre professionnel soit celle des ingénieurs. Heureusement, l’interlocuteur la reconnaissant, lui rappela qu’elle était membre de l’ordre des pharmaciens. À l’ordre des pharmaciens on lui rappela qu’elle était députée à l’assemblée nationale du Québec. Heureusement pour elle le chauffeur de taxi, lui, savait qu’ils étaient à Montréal. Elle lui a demandé si c’était loin de Québec!

Au cas…c’était une blague car tous le monde sait que madame Boulet a une très bonne mémoire! Enfin presque toujours! Quoi que je commence à en douter… De quoi? Bien en fait je ne m’en souviens plus!

Pendant tout ce temps,les gouvernements,se foute de la geulre de ceux qui les élisent.

Comme on le dit: Nous avons les ministres que NOUS méritons…. A ne pas vouloir s’occuper de ses affaires, les plus avides et les plus cupides s’en occupent volontiers…

Mais aujourd’hui les gens ont surtout des DROITS et très peu de RESPONSABILITÉS alors, dans quatre ans, ils voteront à nouveau… peut-être… s’il fait beau… mais pas trop…. enfin… s’il y a danger de référendum…