La fièvre de mai 2017

Rarement une élection présidentielle en France a-t-elle connu autant de rebondissements! Marine Le Pen aux portes du pouvoir, l’ovni Macron, Fillon aux prises avec la justice: à quelques semaines du vote, tout peut encore arriver.

Favorite au premier tour, Marine Le Pen affronterait-elle au tour final Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélanchon ou François Fillon? Réponse le 7 mai. (Photos: Le Pen, Macron et Mélanchon: Getty Images; Fillon: Stéphane Mahe / Reuters)

Dans une France longtemps obsédée par ses «grands hommes», jamais campagne présidentielle n’aura autant été dominée par des femmes.

À la veille du premier tour de scrutin, le 23 avril, deux d’entre elles se sont imposées (quoique l’une malgré elle) comme des figures incontournables de cette course électorale: Marine Le Pen, la chef du Front national, parce qu’elle peut gagner; Penelope Fillon, l’épouse de François Fillon, candidat du centre droit, parce qu’elle peut le faire perdre.

Force est de constater que Marine Le Pen, qui a pris le relais de son père à la présidence du Front national en 2011, a réussi à «dédiaboliser» l’extrême droite. À l’époque de Jean- Marie Le Pen, un entêtant parfum de racisme et d’antisémitisme s’en dégageait. L’homme, friand de jeux de mots sur les fours crématoires, a souvent été condamné par la justice pour banalisation de crimes contre l’humanité. La Shoah n’inspire pas de calembours à sa fille.

Cela n’empêche pas Marine Le Pen de prôner des mesures radicales, comme la sortie de l’Union européenne et l’abandon de l’euro. Son discours est cependant plus nuancé — le nouveau slogan du Front est «La France apaisée» —, bien qu’il reste ambigu sur les étrangers et les musulmans en France. Contrairement au père, qui revendiquait son appartenance à l’extrême droite, la fille se présente comme n’étant ni de gauche ni de droite.

Ce ni-ni est «très important», selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint d’Ifop France, une maison de sondage. Il permet au Front de se démarquer de l’ex-président (de droite) Nicolas Sarkozy, comme de son successeur (de gauche) François Hollande, les deux faces d’un «système» qui exclurait les travailleurs peu qualifiés, ces perdants de la mondialisation en Europe, qui sont souvent des Français «de souche» — pour emprunter le vocabulaire de l’extrême droite.

Pour le Front, le «système» est désormais l’ennemi à abattre. Pas étonnant. Une majorité de Français croient qu’un «système» englobant la politique, les médias, les tribunaux, l’économie et la finance est à l’œuvre dans leur pays. Quasiment la moitié d’entre eux pensent même qu’il ne s’agit pas d’un vague réseau d’influence, mais d’une «organisation structurée». C’est du moins le constat récent de la maison de sondage ViaVoice.

Le Front a tellement bien réussi à imposer ses sujets de préoccupation (immigration, lutte contre le multiculturalisme, protectionnisme économique, etc.) que Marine Le Pen se vante d’avoir gagné la «bataille idéologique».

Toutes les enquêtes d’opinion indiquent qu’elle pourrait remporter le premier tour de scrutin, c’est-à-dire faire mieux que son père, qui était arrivé deuxième au premier tour, en 2002. Pour l’extrême droite, ce serait une première sous la Ve République, le régime constitutionnel en vigueur depuis 1958.

Présentée comme inéluctable, cette victoire au premier tour assurerait à Marine Le Pen d’être présente au second, le 7 mai, l’étape à laquelle le jeu se corserait. Elle ferait face non plus à une dizaine de candidats représentant autant de courants politiques, mais à un seul.

Elle fait campagne tambour battant sur la justice, jurant qu’elle fera supprimer les allocations familiales aux parents des mineurs «multirécidivistes», assurant qu’elle expulsera les délinquants étrangers. Pourtant, elle-même fait l’objet de plusieurs enquêtes judiciaires relatives, entre autres, à des emplois fictifs au Parlement européen. Une vingtaine d’attachés parlementaires auraient travaillé, non pas pour les eurodéputés du Front, mais pour le parti.

Une affaire d’emplois fictifs a aussi éclaboussé l’ancien premier ministre François Fillon, qui est «mis en examen» (au Québec, on dirait mis en accusation) pour détournement de fonds publics, entre autres. Son épouse, Penelope Fillon (née en Grande-Bretagne, d’où l’absence d’accents), est au cœur du scandale. Elle aurait touché d’importantes sommes en tant qu’attachée parlementaire entre 1998 et 2013, selon l’hebdomadaire Le Canard enchaîné, alors qu’on ne l’aurait pas souvent vue au bureau…

À noter: ce népotisme (user de son autorité pour procurer des avantages aux membres de sa famille, selon le Larousse) est pourtant légal en France, contrairement au Québec. Les députés peuvent recruter des proches. Ce dont ils ne se privent pas. Mais ces derniers doivent travailler réellement.

Le «Penelopegate» a provoqué une onde de choc dans le camp Fillon — son porte-parole et son directeur de campagne ont jeté l’éponge à quelques semaines du premier tour de scrutin —, parce que cet homme austère proche de la droite catholique s’était présenté comme un «Monsieur Propre». D’autant plus qu’il a déjà reproché à l’ex-président Nicolas Sarkozy, pendant la campagne pour la primaire de la droite, ses ennuis judiciaires.

L’enquête sur les «emplois fictifs» a ensuite été élargie aux enfants de François Fillon et à un possible «trafic d’influence», un avocat proche de certains présidents africains lui ayant offert plusieurs costumes de luxe.

François Fillon promet, sans le dire, l’austérité budgétaire. Il assure qu’il congédiera 500 000 fonctionnaires, qu’il fera passer la semaine de travail de 35 à 39 heures et qu’il réduira les cotisations sociales (ce qu’on appelle au Québec la «part de l’employeur»). Ces mesures phares de son programme seraient accompagnées d’une hausse de la taxe de vente, qui passerait de 20 % à 22 % (comparativement à 14,9 % pour la TPS et la TVQ au Québec).

Le programme d’Emmanuel Macron, candidat du mouvement En Marche!, qui a le vent en poupe, n’est pas si différent sur ce point. Il est question, par exemple, d’augmenter les salaires nets de 25 % en réduisant d’autant les cotisations sociales. Emmanuel Macron, c’est la figure inusitée de cette campagne. Il avait jusqu’à maintenant le profil de ces grands commis de l’État qui font des allers-retours entre secteur public et secteur privé. Diplômé de l’École nationale d’administration, il a été banquier d’affaires avant de devenir ministre de l’Économie sous François Hollande. Mais ce socialiste, en tournant le dos au parti auquel il avait adhéré à l’âge de 24 ans, donne aujourd’hui l’impression d’enjamber la clôture qui sépare la gauche de la droite. «Tel un zèbre de la politique, alternant teintes libérales et sociales, il s’ingénie à ce que personne ne puisse dire s’il est bleu avec des rayures roses, ou rose avec des rayures bleues», résume un éditorial du quotidien Libération.

En brouillant les pistes, Emmanuel Macron suscite les vocations dans les deux camps. Le jeune dirigeant d’une PME alsacienne m’a confié récemment: «Je suis de droite, donc je vote Macron.» C’est-à-dire pour un candidat — ô paradoxe — qui était socialiste jusqu’en avril dernier…

Angela Merkel elle-même a du mal à saisir le personnage. La chancelière allemande reçoit, pendant les campagnes présidentielles françaises, le candidat de son propre camp (le centre droit) à Berlin. Cette fois-ci, elle a accueilli Emmanuel Macron, qui a aussi rencontré en Allemagne des dirigeants sociaux-démocrates et même Jürgen Habermas, philosophe néo- marxiste. Difficile de faire plus large en matière de spectre politique!

Si Emmanuel Macron, hier socialiste, aujourd’hui inclassable, a si bien réussi à tirer son épingle du jeu, c’est peut-être parce qu’il suscite l’espérance chez des Français qui n’attendent plus rien de la politique. «Il incarne un désir de renouvellement, l’invention d’un autre chemin», selon le commentateur Alain Duhamel. Pas étonnant que certains le comparent à… Justin Trudeau.

Son très jeune âge, du moins pour un présidentiable français (il a 39 ans), y est pour beaucoup. Sa personnalité aussi. Il interpelle les foules à la manière d’un jovialiste «coach de vie», selon les mots de Cécile Alduy, auteure de Ce qu’ils disent vraiment (Seuil), sur le vocabulaire politique. Emmanuel Macron ne la contredirait pas, lui qui a déjà dit que «la politique, c’est mystique».

Les campagnes de dénigrement ne semblent pas l’atteindre, pas même des rumeurs sur son homosexualité supposée. Elles n’émanaient pourtant pas des plus sombres recoins du Web invisible. Une sympathisante de droite, interviewée par France Inter, une des radios les plus écoutées, l’a récemment traité de «petite tapette hystérique»…

Plus subtil, l’ex-président Sarkozy l’a décrit comme «un peu homme, un peu femme, un peu androgyne» (du moins, selon le magazine Le Point). Cherchait-il, lui qui a déjà souligné l’importance des «racines chrétiennes» de la France, à mettre en garde les catholiques qui ont défilé pour protester contre le mariage gai, légalisé en 2013? Pas impossible.

Il y a une femme, toutefois, que cela ne dérange pas, semble-t-il: l’épouse d’Emmanuel Macron, Brigitte Trogneux, qui a enseigné le français au jeune «Manu» lorsqu’il était au lycée. Elle est certes plus âgée que lui — de 24 ans —, mais la réaction de beaucoup de Français, qui ont vu le couple en couverture de Paris Match, semble être un tonitruant: et alors? «Les Français ont accompagné le changement des mœurs, explique la politologue Mariette Sineau. L’opinion publique est plus tolérante qu’avant. Elle accepte plus facilement une grande différence d’âge dans un couple.»

D’autant plus que les électeurs se moquent de la vie privée de leurs élus. «Les Français sont un peuple éminemment politique, souligne Frédéric Dabi, de la maison de sondage Ifop. Ils élisent un candidat, pas un couple.»

Pendant ce temps, une gauche divisée peine à se faire entendre. Emmanuel Macron est, pour elle aussi, l’ennemi à abattre. Le candidat socialiste, Benoît Hamon, a eu des mots très durs pour son ancien collègue au Conseil des ministres. Le chef d’En Marche! serait si libéral, dit-il, qu’il pourrait «accélérer la montée en puissance» d’un Front national protectionniste.

Bien que désigné par une majorité de membres de son parti à la primaire de la gauche (quoique abandonné, pour ne pas dire trahi, par des «barons» socialistes), Benoît Hamon n’arrive pas à peser sur la campagne. Un comble, quand on sait que son parti est encore au pouvoir à l’Élysée!

La même chose vaut peu ou prou pour le candidat du mouvement La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, un autre ancien ministre socialiste. L’homme a du bagout. Il mobilise des jeunes grâce aux réseaux sociaux et à ses innovations technologiques. Il est apparu en même temps dans deux rencontres: à Lyon, en personne, et à Paris, sous forme d’hologramme. Son programme, qui promet la retraite à 60 ans, devrait séduire à gauche.

Mais son problème, à lui comme à Benoît Hamon, est le «vote utile». De nombreux électeurs de gauche tiennent surtout à faire barrage à Marine Le Pen, en premier lieu, et à François Fillon, en second lieu. En clair: ils ne veulent pas se retrouver au second tour à devoir choisir entre l’extrême droite et le centre droit. Ils ne veulent pas «gaspiller» leur vote en votant pour un candidat dont ils partagent peut-être les convictions, mais qui aurait peu de chances de figurer au second tour.

Ce «vote utile», Jean-Luc Mélenchon le qualifie de «vote Doliprane» (vote «aspirine», dirait-on au Québec): «Tu prends ça, t’as moins mal, mais l’abcès continue.» Beaucoup de Français de gauche, toutefois, préféreront éviter de le crever de crainte de voir apparaître, sous le pus, un mal plus grave encore…

L’éventuelle arrivée au pouvoir du Front effraie ces électeurs-là, mais peut-être moins qu’avant. Personne ne prédit un raz-de-marée anti-Front, comme ce fut le cas au second tour de l’élection présidentielle de 2002. Jacques Chirac avait alors écrasé Jean-Marie Le Pen en remportant 82 % des voix. Quel serait le score de sa fille si elle parvenait au second tour? Difficile à dire. Après leurs ratés au Royaume-Uni et aux États-Unis, où elles n’ont pas réussi à prédire la victoire des partisans du Brexit ou celle de Donald Trump, les maisons de sondage n’inspirent plus confiance.

Il est vrai cependant qu’on entend des Français dire (pas claironner, pas hurler, mais plutôt avouer) qu’ils voteront pour Marine Le Pen. Au détour des conversations de bistrot, dans les taxis et les vestiaires de salle de sport, on entend encore plus souvent dire que ce ne serait pas si grave.

L’éventualité de son arrivée au pouvoir a si souvent été évoquée, cet épouvantail si souvent agité, que beaucoup de Français, qui ne sont pourtant pas ses partisans, et même beaucoup d’étrangers, qui travaillent et paient leurs impôts en France, disent qu’il faudra «faire avec». Le premier tour de l’élection présidentielle permettra non seulement de désigner deux vainqueurs, mais aussi de mesurer l’ampleur de ce sentiment de résignation, qui sera déterminant pour la suite.

Macron, Trudeau… même combat?

L’élément surprenant, «ce qui fait réfléchir tout le monde dans l’élection présidentielle française, ce n’est pas Marine Le Pen», qui n’a rien gagné depuis l’élection de Donald Trump, affirme l’ambassadeur de France à Ottawa. C’est plutôt un courant politique né au Canada!

En conférence à Montréal le 16 mars dernier, devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), Nicolas Chapuis n’a pas mâché ses mots. Selon lui, en France, les «formations politiques du XXe siècle, le parti socialiste et la droite telle qu’elle a été construite après la Deuxième Guerre mondiale, sont en train de mourir. La droite est déchirée. La gauche est déchirée. Et au milieu apparaît un courant politique qui a pris un nom né au Canada en novembre 2015: le libéralisme social.»

«Est-ce que ce courant va gagner les élections en France le 7 mai? s’interroge Nicolas Chapuis. C’est la vraie question qui est posée! Si c’est vrai, nous aurons un nouveau courant politique du XXIe siècle, qui transcende les partis du XXe siècle et pourrait être un nouvel étendard pour construire la modernité et le progrès.»

Les formations politiques du XXe siècle se meurent, dit l’ambassadeur de France à Ottawa, Nicolas Chapuis. (Photo: Sylvie-Ann Paré)

En France, ce courant est incarné par En Marche!, le mouvement du candidat Emmanuel Macron, ex-ministre socialiste sous François Hollande. Il rassemble des politiciens de droite comme de gauche.

Selon l’ambassadeur, les ressemblances politiques entre Emmanuel Macron et Justin Trudeau sont frappantes. Ils portent «l’espoir d’une mondialisation qui ne se fait pas au détriment des peuples, mais pour les peuples».

Cette campagne présidentielle, affirme l’ambassadeur, montre une France en plein renouveau de la pensée et des formes démocratiques. «Le fait qu’on puisse être sous la Ve République candidat à la présidence sans jamais avoir été élu, sans appartenir à un parti politique, mais uniquement appuyé par un mouvement, montre qu’on est passé dans le siècle, dans l’âge de nouveaux processus démocratiques.»

CAROLE BEAULIEU

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10 commentaires
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François Fillon n’est pas selon mon évaluation le candidat du centre-droit, mais le candidat de la droite dite républicaine qui regroupe tout le spectre de la droite en dehors de l’extrême droite.

Madame Le Pen cherche à donner une image plus cosmétique d’une extrême droite dont le fonds de commerce reste : le racisme, la xénophobie et l’antijudaïsme. Et cela, on ne le changera jamais. C’est inscrit dans l’ADN du Front National.

Nous savons désormais ces derniers temps que bon nombre de sondages pour les élections ne donnent pas les mêmes résultats le jour du vote. Ceci s’est encore vérifié lors des récentes élections aux Pays-Bas. Je ne serais pas étonné outre mesure que François Fillon fasse un bien meilleur score que ce dont les sondages le créditent actuellement.

Il y a bien eu un « moment » Macron, si ce n’est qu’il n’a pas été jusqu’à présent tellement convaincant. Qu’on le veuille ou pas, il porte la marque indélébile de Hollande au chapitre de l’économie et des finances notamment. Des choix qui n’ont pas apporté aux Français grand-chose de bien bon. En même temps, son opportunisme à vouloir regrouper tout le monde, tout cela risque de lui jouer des tours. Ainsi le « moment » pourrait bien être en partie passé le jour de l’élection.

De plus, il devra composer avec la majorité issue des élections législatives le mois de juin suivant. Tout cela risque de peser dans la balance de l’électeur lors du premier tour de l’élection.

C’est pour cette raison que je ne suis pas si sûr que madame Le Pen soit encore dans la course lors du second tour, d’autant qu’il y a pratiquement consensus sur le fait qu’elle n’a pratiquement aucune chance d’être élue en mai prochain. Tout cela risque de peser dans la balance de l’électeur lors du premier tour de l’élection.

En de telles occurrences, les électeurs qui ne tiennent pas à avoir Macron pour président, voteront Fillon, même s’ils étaient attirés par Le Pen pour marquer leur protestation. Et de la même façon les électeurs qui ne veulent pas de Fillon voteront Macron, même s’ils étaient attirés par Le Pen pour marquer leur protestation.

Ainsi advenant une telle configuration, il faudrait considérer au deuxième tour un face à face Fillon-Macron. Hors, c’est très exactement ce dont ne veut pas Macron. Puisque le résultat du second tour pourrait dans ce cas donner l’avantage à Fillon. Lequel serait en parfaite position pour gouverner après les législatives avec une Assemblée Nationale majoritaire formée du parti Les Républicains.

Cela signifie que sa position de négligé des sondages et de mal aimé pourrait tout aussi bien ouvrir les portes de l’Élysée à François Fillon. Alors que ses déboires avec la justice — d’ailleurs politiquement orchestrés — risquent de ne pas peser si lourd lors des deux tours de l’élection.

Dans cet exercice, les Françaises et les Français ne choisirons pas le ou la meilleur(e), ils choisiront celui qui encore est le moins mauvais pour assurer la stabilité du pays, celle des Assemblées et celle du gouvernement.

Eh bien n’en déplaise à l’ambassadeur Chapuis, les partis politiques se forment et se déforment depuis toujours au fil du temps. Lorsque ce sont souvent les leaders qui forment le ou les partis qui vont leur donner les moyens de dresser — l’heure venue -, le gouvernement.

À la lecture des programmes des candidats, l’on constate que la majorité de ceux-ci, de même que leurs partis, ont une orientation anti-libérale, anti-mondialisation, qui favorise le maintien d’un gouvernement jacobin et providentiel qui refuse de jouer pleinement le jeu européen. Fillion rejoint Le Pen par la bande en jouant sur l’identitaire et la religion (catholique), alors que Mélanchon et Hamon proposent toujours les mêmes recettes de la gauche de la gauche traditionnelle, depuis longtemps discréditées. Seul Macron ose se démarquer en se disant clairement pour l’Europe et l’ouverture. Les deux extrémités et ceux qui s’y collent par le verbe ou la stratégie se rejoignent, ce qui semble bien indiquer que les Français n’ont pas encore rejoint la petite planète terre et qu’ils s’obstinent à se terrer dans leur pré carré. Vauban serait content.

Madame Beaulieu, vous jouez sur l’imprécision de vos affirmations quand vous citez : » Son discours est cependant plus nuancé — le nouveau slogan du Front est «La France apaisée» —, bien qu’il reste ambigu sur les étrangers et les musulmans en France. »
J’ai écouté à peu près tous les discours et entrevues de Marine LePen et de Florient Philipot, et je ne vois aucune « ambiguïté » sur les étrangers et les musulmans en France. Quand elle parle des étrangers, elle précise bien qu’il s’agit des « illégaux », les « clandestins », ce que vous ne précisez pas volontairement. Et quand elle parle des musulmans, elle ne dit pas « les musulmans », mais bien « les fondamentalistes, les islamistes radicaux », ce qui est complètement à l’opposé de ce que vous voulez bien faire croire. Écoutez ses discours et entrevues, et soyez honnête avec vos lecteurs, relatez les « faits » tels qu’ils sont vraiment.
Quant aux qualificatifs que certains émetteurs d’opinion donnent à Marine LePen tels raciste, xénophobe etc, je ne considère pas une personne qui privilégie d’abord ses concitoyens (qu’on me comprenne bien ici, Marine LePen considère tous ceux qui ont la citoyenneté française, i.e. qu’ils soient noirs, jaunes rouges ou bleus, qu’ils soient cathos, musulmans ou adorateurs des œufs bouillis dans l’huile à moteur) s’ils sont « français », doivent êtres considérés en premier. Où est le racisme la dedans ? Pour la xénophobie, je ne vois rien de xénophobe non plus dans le fait d’avoir un meilleur contrôle sur la quantité des personnes voulant entrer en France (ou dans n’importe quel autre pays d’ailleurs). Elle n’a jamais été contre l’immigration, mais elle s’est toujours dite contre une immigration massive incontrôlée. Qu’y a-t-il de xénophobe la dedans ? Accepteriez-vous que des étrangers entrent dans votre maison et commence à réclamer des droits d’installation ?

Monsieur D’Anjou, je suis assez d’accord avec vous. La plupart des journalistes déforment les propos de Marine LePen et Madame Beaulieu suit le mouvement. Les Français ont l’habitude de ces #tropismes# et voteront sans se laisser manipuler par qui que se soit : Poutine, les juges.
la finance apatride ou le troisième pouvoir (… lui même majoritairement aux mains des financiers).

@ C. d’Anjou,

Bien que vous ne m’ayez pas personnellement mentionné, je vous cite : « Quant aux qualificatifs que certains émetteurs d’opinion donnent à Marine LePen tels raciste, xénophobe etc » ; je conjecture que vous faites bel et bien référence à mes commentaires.

Voici en rappel ce que j’ai écrit : « Madame Le Pen cherche à donner une image plus cosmétique d’une extrême droite dont le fonds de commerce reste : le racisme, la xénophobie et l’antijudaïsme. Et cela, on ne le changera jamais. C’est inscrit dans l’ADN du Front National. »

Tous vos arguments viennent très exactement confirmer ce que j’ai écrit. « Madame Le Pen cherche à donner une image plus cosmétique (…) » ; madame Le Pen est assez intelligente (heureusement) pour choisir ses mots et pour dire ce qu’il faut pour rassembler des votes. Elle est entourée qui plus est en bonne politicienne de conseiller(e)s en communication.

Ce dont je parle, c’est de l’extrême droite en général et du Front National en particulier. De la vraie extrême droite dont le fonds de commerce est : le racisme, la xénophobie et l’antijudaïsme. J’avais d’ailleurs oublié d’ajouter à ma liste : sexiste et homophobe.

Le Front National n’a jamais apporté aucune solution à quelque problème de société que ce soit, ses militants préfèrent les affrontements (quelquefois violents et pas seulement verbaux) avec les gens plutôt que toutes formes de discussions positives.

Il navigue dans le sillage du Front National toute une flottille d’organisations paramilitaires, les renseignements généraux français estiment qu’il existerait entre 2500 et 3000 militants sympathisants de ces groupuscules. Les activités de ces groupes étant assez opaques. Je n’en parlerai pas. Certaines sont documentées par les renseignements de renseignement.

C’est votre libre choix évidemment d’entendre l’évangile selon Marine Le Pen tel un catéchumène ou un néophyte. Mais il en allait de mon devoir citoyen de vous informer implicitement de tout ce qui est et non de ce qu’on aimerait de nous faire croire que ses paroles sont….

— Correction :
« les renseignements de renseignement », il faut lire plutôt : « les services de renseignements »

Permettez-moi de corriger une erreur. Je voulais écrire # quatrième pouvoir# ( les médias) au lieu de # troisième pouvoir# ( la justice). Et merci à tous ceux qui interviennent dans le débat, qui ont le courage de leurs opinions, sans se cacher derrière des prénoms ou des pseudonymes.

Effectivement M. Drouginsky, je faisais référence à votre écrit comme vous l’avez compris. Cela n’empêche pas que j’ai le droit de ne pas partager votre point de vue sur ce sujet même si je trouve que dans d’autres domaines, j’avoue que vous êtes solide et bien informé. Quant à qualifier d’extrême droite le FN, il faut quand même faire une différence entre la droite et son extrême. Ex: moi je considère le KKK comme extrême droite, suprématiste etc tout comme « La Meute » et autres associations similaires qui, si armés, pourraient passer à l’acte en tout temps. Je ne crois pas que le FN en soit, et ce n’est pas parce qu’il rôde dans son sillage des groupuscules nébuleux que ces derniers font du FN un parti fasciste et nazi comme on veut tant le faire paraitre.
Je n’ai jamais vu ou entendu dans les discours et entrevues de Marine LePen ou F. Philipot des envolées verbales violentes ou provocatrices que vous semblez faire allusion. C’est même le contraire quand on voit 3, 4 et même 5 journalistes s’acharner sur ces personnes lors des entrevues télévisées telles que « On n’est pas couchés » avec Ruquier et autres animateurs. Ce n’est pas parce que le grand père LePen était plutôt radical que la fille et petite fille le sont par hérédité.
Et quand vous dites « Le Front National n’a jamais apporté aucune solution à quelque problème de société que ce soit », c’est soit faire montre d’un aveuglement volontaire ou vouloir rejeter du revers de la main tout ce qui ne fait pas votre affaire car pas assez à gauche, ce que vous me donnez comme image. La gauche dit que le rétablissement des frontières est un replis sur soi alors qu’il n’en est rien, que le retour des industries est une fermeture au monde (comprendre mondialisation) alors que c’est plutôt le contraire que ça ramène, etc.
On pourrait discuter longtemps, mais quand j’entends des Macron dire que la France n’a pas de culture, n’a pas d’histoire et que la mondialisation est le remède à tous les maux, eh bien là, pour moi, c’est tout vu.
Bonne journée à vous.

@ C. d’Anjou,

Merci pour votre réponse, je respecte vos droits et votre liberté d’expression. Je relève néanmoins que vous vous livrez à une sorte de procès d’intention à mon égard.

— Exemple, je vous cite : « c’est soit faire montre d’un aveuglement volontaire ou vouloir rejeter du revers de la main tout ce qui ne fait pas votre affaire car pas assez à gauche »

Vous partez du présupposé que je m’adonnerais à l’aveuglement volontaire et que je n’approuverais rien d’autre que les discours de gauche. Où avez-vous lu dans mon texte que Macron, Mélenchon et Hamon disposaient de mon soutien inconditionnel et benoit ? Pouvez-vous me faire une seule citation qui prouve cela ?

Si vous vous étiez donné la peine de me lire attentivement, plutôt que de projeter sur moi votre mécontentement et votre frustration vous auriez pu apprécier ce que j’ai précisément écrit sur Macron. — Extraits : « Il y a bien eu un « moment » Macron, si ce n’est qu’il n’a pas été jusqu’à présent tellement convaincant. » (…) « Ainsi le « moment » pourrait bien être en partie passé le jour de l’élection. »

Je pense effectivement que madame Le Pen n’a strictement aucune chance d’être élue présidente de la République Française. Je pense que son parti ne peut pas former une majorité à l’Assemblée Nationale et que pour un président quel qu’il (ou elle) soit, il est impossible constitutionnellement de gouverner dans ces conditions sans choisir un Premier ministre qui ne soit pas représentatif de la majorité de la population avec des ministres qui ne représentent qu’une très petite tranche de l’électorat.

Si même madame Le Pen parvenait à trouver un PM et des ministres issus d’autres formations politiques. Il est peu probable qu’elle puisse gouverner et appliquer son programme, à moins de modifier la Constitution, hors dans ce cas cela s’appelle tout bonnement un « Coup d’État ». Une modification de la Constitution est d’ailleurs dans les 144 propositions de Marine Le Pen.

Ce qui définit la position des partis, c’est leur position dans le collège politique. À droite vous avez Les Républicains et donc à l’extrême droite vous avez le FN. C’est la même chose à gauche, ainsi Lutte Ouvrière est à l’extrême gauche. Ce qui est conforme à la terminologie employée par de Radio-Canada.

On peut apprécier très clairement du type de « démocratie de proximité » musclée qui est privilégiée dans plusieurs mairies FN, la chose est assez éloquente à Fréjus notamment. Mais il est vrai que ce type de gouvernance de proximité musclée plait bien aux rentier(e)s âgé(e)s.

Mon opinion est qu’il vaut mieux choisir au deuxième tour entre deux candidats qui ont des chances équitables de devenir présidents pour former un gouvernement représentatif de l’Assemblée Nationale prochainement élue au lieu de porter son intention sur une candidate qui quel que soit le cas : ne gouvernera pas.

Finalement, j’ajouterai que vos arguments économiques sont quelque peu cocasses. Veuillez m’en excuser, j’éprouve quelques peines à bien comprendre vos conceptions qui d’évidence ne sont ni de gauche, ni de droite manifestement… mais naïves et venues vraiment dont ne sait très bien d’où. Ce qui m’amène à poser cette question : « Êtes-vous bien sûr d’avoir compris la programmation économique du FN ? »

J’aime beaucoup d’ailleurs certaines mesures de soutien aux TPE-PME. Si ce n’est qu’il n’y a pas besoin de sortir de l’Europe pour faire tout cela. Beaucoup de mesures sociales prévues reflètent de valeurs de gauche, en somme le programme politique de Marine Le Pen est : National-Socialiste.

Pour vous aider à mieux comprendre le sujet et choisir tout comme moi la voie de la modération, je vous invite à télécharger le programme détaillé de Marine Le Pen en suivant le lien ci-dessous :
https://www.marine2017.fr/wp-content/uploads/2017/02/projet-presidentiel-marine-le-pen.pdf

— Merci beaucoup pour votre attention.

M. Drouginsky,
j’ai peut-être été un peu maladroit dans l’utilisation de mes propos, je m’en excuse. Je me sentais sans doute un peu agacé par tous les propos et attaques des médias (journaux et télé (SRC) entre autre) qui sont alignés sur la pensée unique qu’il n’y a que la gauche qui émet des bonnes idées.
Vous avez raison de dire de moi que je ne suis ni de la gauche ni de la droite, car en effet, selon ma pensée, peu importe de quel côté vient une bonne idée; si elle est bonne, on doit pouvoir la faire sienne, ne croyez-vous pas? Ma philosophie, même si elle semble légère, c’est de n’être ni de gauche ni de droite, mais « vers l’avant ». Et pour moi, jusqu’à ce jour, le FN semble représenter cela. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de failles, de faiblesses dans son programme, je pense seulement que des routes prises dans le passé mènent vers le précipice, et qu’il est temps de redresser la lancée, et les moyens pris pour cela pourraient déranger un certain temps.
Je voudrais rectifier votre énoncé où vous dites:
« modifier la Constitution, hors dans ce cas cela s’appelle tout bonnement un « Coup d’État » ». Selon Larousse, un « Coup d’État » est la prise illégale du pouvoir par un individu ou un groupe d’individus travaillant au sein même de l’État. Je ne vois pas une telle chose dans la proposition #2 du programme de Marine LePen qui dit ceci : « Organiser un référendum en vue de réviser la Constitution
« . Un référendum est l’expression du peuple sur un projet, et si ce référendum est majoritaire, je ne vois pas là un « Coup d’État ».
Bonne journée à vous.