La fin des applaudissements à l’Assemblée nationale ? On applaudirait !

François Bonnardel a quand même raison : pourquoi faudrait-il voter une motion ou ajouter un règlement pour empêcher les députés d’applaudir ?

Politique

chagnon

Quiz ! Après quelle phrase est-il approprié de placer un tonnerre d’applaudissements ?

A) «MERCI MONTRÉAL !» *bruit de feedback* *solo de guitare enflammé*

B) «Et je peux vous assurer, Monsieur le président, que ce sera fait en vertu des mécanismes qui sont propres à la Caisse de dépôt et placement du Québec.»

Évidemment, personne n’aura répondu B. Personne, sauf les députés de l’Assemblée nationale, qui tapent frénétiquement des mains chaque fois qu’un collègue de leur parti pose ou répond à une question.

«C’est la plus belle réponse que j’ai entendue de ma vie !», les imagine-t-on se dire en leur for intérieur, alors qu’ils acclament la plus banale des réponses-à-côté-de-la-question. Certains y vont même parfois d’un sonore «Bravo !», comme si le rideau venait de tomber sur une pièce de Robert Lepage.

N’importe quelle déclaration semble percutante quand elle est suivie d’une foule en délire, tout comme n’importe quelle blague de sitcom semble hilarante… jusqu’à ce qu’on enlève les rires en canne.

Voyez :

La vérité, c’est que si on éliminait les applaudissements à l’Assemblée nationale, plus d’un député serait condamné à écouter le vide de sa réponse se réverbérer dans l’enceinte une fois le dernier mot prononcé. Le malaise serait magnifique.

C’est pourquoi j’applaudis (!!) Bernard Drainville et Jean-Marc Fournier, qui veulent qu’on interdise les clappements de main à l’Assemblée nationale.

Leur conférence de presse commune contre la partisanerie a déclenché, évidemment… une chicane partisane avec François Bonnardel, de la CAQ. Prenez quelques secondes pour rouler des yeux, je vais vous attendre.

François Bonnardel a quand même raison : pourquoi faudrait-il voter une motion ou ajouter un règlement pour empêcher les députés d’applaudir ? Ceux-ci le font de leur propre initiative. Il n’y a aucune magie noire à l’œuvre. Personne là-bas n’applaudit contre son gré, en criant, paniqué : «JE NE PEUX PAS M’EN EMPÊCHEEEEER ! QUELLE EST CETTE SORCELLERIE ? »

Si les députés veulent cesser de frapper leurs mains ensemble comme si l’avion venait d’atterrir en Floride, ils n’ont qu’à le faire, comme de grandes personnes. Ce n’est pas régler la faim dans le monde, c’est arrêter d’applaudir. Comme défi, c’est encore moins difficile que Marina Orsini qui nous demande de sourire à quelqu’un chaque jour.

Bien sûr, nos députés vont perdre cette douce impression d’être une rock star à toutes les fois qu’ils prennent la parole en chambre, mais ils devraient penser aux avantages. Par exemple : ne pas applaudir, ça leur évitera de faire de longues (looooooooongues) ovations debout à des gens comme Tony Tomassi, comme en avril 2010.

(Voyez aussi cette photo formidable de l’événement.)

À quoi répondait monsieur Tomassi ? En gros, le péquiste Nicolas Girard lui demandait si l’une des entreprises appartenant à sa famille avait déjà réalisé des travaux dans un CPE. C’est pourquoi le ministre s’est lancé dans cette envolée sur le courage d’un père qui a tenu à inscrire ses enfants à l’école francophone.

Non, ça n’avait pas rapport avec la question. C’est presque la norme chez nos élus, parce que, comme on dit : c’est la période des questions, pas la période des réponses.

Messieurs Drainville et Fournier, quand vous en aurez fini avec les applaudissements, voudriez-vous vous attaquer à ça ?

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Pour Monsieur Bonnardel être contre une proposition c’est plus payant que réfléchir au sujet. Je salue ce debut d’initiative à changer l’atmosphère à la période des questions. Les citoyens ont droit au respect et ceci commence par répondre respectueusement aux questions. Un peu d’intelligence permettra d’élever le débat.

Pour Monsieur Bonnardel être contre une proposition c’est plus payant que réfléchir au sujet. Je salue ce debut d’initiative à changer l’atmosphère à la période des questions. Les citoyens ont droit au respect et ceci commence par répondre respectueusement aux questions. Un peu d’intelligence permettra d’élever le débat.

Je connais une ancienne première ministre qui carburait aux applaudissements de ses députées en constatant le vide absolu de la très grande majorité de ses exposés en chambre ( en partie le pourquoi du départ de 3 anciens ministres influents ).
Il était grand temps que l’on réalise le côté boufonnerie de ces séances par trop partisanes et vides de sens.
Soyons sérieux et parlons des vrais affaires.

Il me semble qu’il y a des dossiers beaucoup plus importants à débattre en chambre. Quel mal ça fait d’applaudir?? Moins que les gros mots que Charest et Marois s’échangeaient! C’est comme le commissaire à l’éthique, vraiment inutile pour des gens qui sont supposés être intègres et honnêtes. Il me semble que juste en utilisant le bon sens (de gens civilisés??) ça devrait suffire. Pas besoin de quelqu’un pour dire ce n’est pas beau cher député de faire tel ou tel action!!!!!!!!!!!!

Il fut un temps où, au lieu d’applaudir. on tapait à main ouverte sur les pupitres. Applaudir, c’est peut-être «moins pire» que taper sur les pupitres mais c’est tout aussi inutile. D’abord applaudir la question puis, pour faire bonne mesure, l’autre bord applaudit une «non réponse». Et après ça, on voudrait que nous, nous ne riions pas. Mais vous nous prenez pour qui, les comiques?

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