La fin d’Union Montréal

Les rescapés d’Union Montréal, pour la plupart des indéfectibles partisans de l’ex maire Gérald Tremblay, attendent la fin de l’épisode montréalais, à la commission Charbonneau, pour saborder le parti.

Union Montréal est un parti en sursis, rapporte aujourd’hui Le Devoir. On le savait déjà. En s’appuyant sur des sources anonymes, mes collègues rapportent que les 32 élus restants à Union Montréal attendent le passage de l’ex président du comité exécutif, Frank Zampino, et de l’ex maire Tremblay à la commission Charbonneau avant de mettre les clefs dans la porte. «Le parti ne peut pas continuer, c’est clair», dit un élu sous le couvert de l’anonymat.

Depuis la reprise des travaux de la commission Charbonneau, cet automne, les discussions sur l’avenir d’Union Montréal se résument à la chronique d’une mort annoncée.

Personne ne doute de la toxicité mortelle de la «marque de commerce» Union Montréal. Encore majoritaire au conseil en novembre dernier, le parti n’a pas réussi à faire élire Richard Deschamps pour succéder à Gérald Tremblay. Il a été ébranlé par une série de démissions, dont celle de Michael Applebaum, Marvin Rotrand, Claude Trudel, Gilles Deguire, Mary Deros et j’en passe. Union Montréal ne compte plus que 16 élus au conseil (32 en incluant les conseillers d’arrondissements).

En prévision des élections de novembre prochain, aucun aspirant à la mairie le moindrement futé ne prendrait le risque de faire campagne sur ce rafiot que le poids des scandales entraîne inévitablement vers l’abime.

Déjà à la mi-mars, les journalistes s’étaient précipités au caucus du parti, flairant que la fin était proche. «Je vous invite à ne pas vous mobiliser à chaque fois que nous allons travailler pour les Montréalais», avait dit M. Deschamps, visiblement exaspéré. Les membres de la formation avaient alors élaboré un plan d’action dont la conclusion est prévisible.

Les élus d’Union Montréal essaient de partir dans l’élégance et la noblesse, tout juste après la comparution de Gérald Tremblay.

La grande inconnue, c’est de savoir ce qu’ils feront avec l’argent restant. Malgré un déficit de 96 000 $ en 2012, Union Montréal dispose d’un butin de près de 465 000 $. Quand on sait que Projet Montréal a décidé de faire campagne avec un budget total de 750 000 $, on comprend mieux la valeur du trésor qui dort dans les coffres d’Union Montréal.

L’argent pourrait être transféré dans une nouvelle formation politique. Mais encore là, qui serait assez fou pour faire campagne avec l’argent d’un parti associé au scandale? L’opposition aurait le beau jeu de dépeindre l’éventuel chef d’une formation née des cendres d’Union Montréal comme un opportuniste qui ne regarde pas à la couleur de l’argent.

Deux autres options sont possibles, soit le partage des fonds restants entre les élus qui continueront à siéger comme indépendants, ou une remise au Trésor de la Ville, comme la fait le défunt parti de l’ex  maire Gilles Vaillancourt, à Laval.

Les décisions que prendront les rescapés d’Union Montréal sur le partage des fonds nous en dira beaucoup sur leur sens du devoir et de l’éthique.

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