La Francophobie pour les nuls (pour qui d’autre?)

La candidate Michele Bachmann. Une francophobie assumée.

À l’approche du 14 juillet, fête nationale des Français, me revient en tête une des répliques les moins remarquables du débat des prétendants républicains à la présidence américaine tenu en juin dernier.

Elle fut prononcée par Michelle Bachman, parlant de la stratégie américaine en Libye:

C’est intéressant. Les propres conseillers d’Obama ont dit qu’il dirigeait, mais depuis l’arrière. Les États-Unis ne dirigent pas depuis l’arrière. En tant que Commandante en chef, je ne dirigerai pas depuis l’arrière.

Nous sommes la tête. Pas la queue. Le Président avait tort.

Tout ce que nous avons à savoir est que le président a laissé la direction des opérations en Libye à la France. C’est tout ce que nous avons à savoir.

La francophobie inhérente à cette déclaration est parfaitement non-remarquable. Aucun autre candidat n’a reproché à Bachmann son mépris pour une nation alliée, membre de l’OTAN. Aucun journaliste ne lui a posé de question à ce sujet par la suite. Dire du mal de la France, au plus haut niveau, est un non-événement aux États-Unis.

Après tout, le ministre de la défense de George W. Bush, Donald Rumsfeld, n’a-t-il pas dit au sujet du refus de Paris de s’engager en Irak: « Aller à la guerre sans la France c’est comme chasser l’orignal sans accordéon ».

Excellent (!?) jeu de mot entre "French wine" (le vin) et Whine (se plaindre)

L’arrestation de Dominique Strauss-Khan fut simplement une autre occasion de jeter du fiel sur les nombreux torts de l’homo franciscus.

Ayant été correspondant en France et aux États-Unis, j’ai ma théorie sur les sources de la francophobie américaine (et de l’anti-américanisme français). J’avais été très frappé, lors des célébration du 100e anniversaire de la Statue de la Liberté en 1986, que le réseau américain qui retransmettait la cérémonie avait préféré diffuser des commerciaux plutôt que le bref discours du président français Mitterrand. Manque de temps ? Pas pour les Jazzercise Ladies qui se trémoussaient juste après.

Mon avis: les Américains n’ont jamais pardonné aux Français de leur avoir donné la Statue de la Liberté, donc un de leurs principaux symboles. Ils préfèrent l’occulter. Pire: les Américains n’ont jamais pardonné aux Français d’avoir joué un rôle déterminant dans l’indépendance américaine. En effet, comme l’immense majorité de nos voisins ignorent (ou s’empressent d’oublier), sans la flotte française, George Washington serait une note de bas de page dans l’histoire de l’Empire britannique. Les généraux britanniques voulaient d’ailleurs se rendre aux Français, pas à la racaille indépendantiste de Washington.

Évidemment, en retour, les Français ne pardonneront jamais aux Américains d’être venus les sauver pendant les deux grandes guerres. Dans les deux cas, des moments (ou un symbole) nationaux essentiels doivent leur existence à la volonté d’une autre nation, ce qui est une atteinte permanente à l’estime de soi.

Mon collègue blogueur Jean-Benoît Nadeau, co-auteur de La grande aventure de la langue française, a récemment développé une autre théorie, qui tient à la fois de l’histoire politique et linguistique des anglophones. La longue prévalence du français comme langue de l’élite britannique, d’abord, a créé à la fois une attraction (le français est la langue noble) et une répulsion (c’est la langue des oppresseurs). La présence d’un très grand nombre de mots anglais empruntés du français, ensuite, agit comme les trous dans le gruyère. Nadeau explique:

La langue anglaise s’est d’ailleurs construite autour d’une double couche : la couche populaire, composée de mots germaniques, (begin, put up with, bother), et la couche érudite, diplomatique, savante, d’origine française, où l’on dit commence, tolerate, perturb.
La langue anglaise est truffée de milliers de doublets – des quasi-synonymes qui traduisent la même idée, sans avoir le même connoté. Même dans l’assiette : on ne mange ni pig, ni ox, ni calf, ni snail, mais du pork, du beef, du veal et des escargots !

Voici (en English) une illustration de ce que Benoît raconte:

La tension entre le français et l’anglais est donc imbriquée dans la langue même. Les anglos ne peuvent jamais se débarrasser du français, car ils le parlent à moitié, inconsciemment. Nadeau croit que la francophobie et la francophilie des anglo-américains sont les deux faces d’une même pièce: de la présence de lourds fragments de francité dans leur identité même, fragments qu’ils refusent d’assumer. (Remarquez, les francophones sont en train de converger volontairement vers eux, en intériorisait les mots anglophones pour tout ce qu’il y a d’intéressant, d’amusant, de cool, de nouveau.)

Qu’en conclure ? Que les anglo-américains ont fait un choix. La francophobie est politique. La francophilie est hédoniste. On se moque de l’armée française et de ses politiciens. On envie la cuisine, les parfums, la mode. Pour les anglos, les exutoires sont trouvés. Pour les francos, la solution aussi: nommer présidents et généraux les parfumeurs, couturiers et grands chefs !

En prime, pour les lecteurs du blogue, la meilleure blague anti-française que j’aie lue (vous pouvez m’en soumettre d’autres, bien sûr):

(Paris, 1941) De source autorisée, on apprend à l’instant qu’après le bombardement de Londres par l’aviation Nazie, le gouvernement de la République française vient de relever sa cote d’alerte, la faisant passer de « Sauvez-vous! » à « Cachez-vous! ». Les deux seuls niveaux d’alertes supérieurs sont « Rendez-vous! » et « Collaborez! ». Le relèvement de la cote d’alerte a été précipitée par un récent incendie qui a détruit l’usine française de fabrication de drapeaux blancs, ce qui a annihilé la capacité de manœuvre de l’armée nationale.

Puisque je ne puis vous laisser sur cette très mauvaise impression, voici un rare exemple de défense de la France par un humoriste américain, Bill Maher, en pleine controverse du refus de la France d’appuyer les États-Unis en Irak:

 

 

Les commentaires sont fermés.

J’aime bien la théorie de M. Nadeau.

Mais pour en revenir au filon historique, je crois qu’il faut remonter à la guerre de Cent ans, celle qui a créé une longue confrontation entre la France et ses racines continentales d’une part, et l’Angleterre et son Île d’autre part.

Si l’Histoire a son importance, la mentalité des deux « opposants » en a encore plus. L’impulsivité de la France lui a souvent coûté très chère en comparaison de l’approche pragmatique de l’Angleterre, surtout sa lourde tendance à créer des coalitions anti-française tout au long de la Renaissance et des époques subséquentes.

Un petit mot sur la politique étrangère de la France: un immense échec. Il aura été difficile de faire pire au niveau de son expérience coloniale (et des vieilles cicatrices durables laissées sur place) comme au niveau de ses alliances. Surtout cette alliance circonstancielle avec les USA, juste pour contrecarrer les plans anglais. J’ai d’ailleurs lu quelque part que la France s’était fait demandée par les Américains de ne réclamer aucune des anciennes possessions nord-américaines (la Nouvelle-France, l’Acadie, la Baie d’Hudson, les Grands-Lacs), ce qu’elle s’est empressée d’accepter.

Et voyez quelle reconnaissance les Américains ont envers les Frnaçais. Que dalle! Ils ont même voulu, pendant un moment, l’occuper après la Deuxième guerre mondiale, au même titre que l’Allemagne. C’est de Gaulle qui aurait sauvé la mise…

Quelle misère!

Les États-Unis, la France, deux pays fiers, ayant un passé glorieux, qui aiment montré leur puissance et leur différence.

Or, leurs glorieuses histoires ne seraient rien sans l’autre.

Les Français clament haut et fort qu’ils ont gagné les deux guerres, alors qu’ils se faisaient démolir. Ils tirent leur fierté de la Résistance française, qui n’était qu’un groupe minoritaire. Le reste de la France s’était écrasée. Leur victoire, elle est dû aux Américains et aux Soviétiques pour la 2e guerre mondiale.

Les États-Unis, quant à eux, se targuent d’avoir été un simple peuple armé de fourche qui a mis K.O la plus puissante armée au monde pour former le plus grand pays au monde. Or, sans la France, les rebelles de la Guerre d’indépendance étaient voués à une défaite.

Mais les deux pays font comme si leurs victoires n’étaient que d’eux seuls, sans aide. Incapable se remercier mutuellement, ils préfèrent se dénigrer.

Il en est de même en ce qui à trait à la démocratie. Chacun d’eux se prétend le berceau de la démocratie en Occident.

La France et les États-Unis sont comme deux frères en compétition. Leur orgueil ne peuvent admettre que leur frère leur a sauvé la vie. Ils font comme s’ils s’aimaient pas. Mais ils sont pourtant capable d’être solidaires et on peut voir qu’au fond les deux pays se vouent une admiration l’un à l’autre.

Monsieur Lisée,
En fait, je trouve que vous allez cherchez ça très loin.
Et si ce n’était que le dépit de s’être fait rabrouer lors de leur dernier grand élan patriotard alors qu’ils s’apprêtaient à aller massacrer des Irakiens sous les ordres de leur « pavaneur » en chef.
Un article résumait d’ailleurs bien ceci :
The French Were Right, Paul Starobin, National Journal, Friday Nov. 7 2003.
John Le Carré aussi dans un article publié le 15 janvier 2003 par le Times/UK et intitulé « The United States of America Has Gone Mad »
Dans un pays où « My country Right or Wrong » est une religion plutôt qu’un problème mental, ça ne surprend pas.
Ou, si c’était simplement l’expression d’une profonde stupidité collective qui se reflète jusqu’au plus haut niveaux.
Après tout, rebaptiser les « french fries » en « freedom fries » à la cafeteria du Congrès, faut le faire!

Les USA, c’est une nation nombriliste, Chauvine et grossière. Mis à part les Ultras islamistes, qui d’autres feraient élire des personnages qui se vautrent dans la religion, défendraient la préséance d’un dieu dessiné sur leurs billets et qui défendent le créationnisme avec la bête assurance qu’ils ont raison et qu’il ne peut en aller autrement.

Imaginez leur déprime nationale quand ils se rendront compte de leurs égarements. Hausse de leur criminalité assurée, tsunami financier et tuti quanti …

Bon c’est vrai que nous avons ici Harper. Mais que voulez-vous, rien ne peut être parfait !

«Seul l’Américain a le droit d’être con. C’est le privilège du seigneur.»
[François Cavanna]

L’humour est une chose amusante qui nous fait la vie plus joyeuse, rien de plus.

Est-ce que les Américains aiment plus les Français qu’ils les haïssent ? Ce n’est pas très important mais nous savons que les Français adorent les mots et expressions anglaises et que l’Union européenne s’anglicise rapidement.

Un Jeff Filion, ou peu s’en faut, Américain.

Au Texas un jour, j’ai répondu à une dame qui me demandait en lisant la plaque de ma voiture si : Québec était proche de Paris ? Oui Madame, et on a inventé le pain baguette et les bérêts…

Yes deer, and is it suitable to tell you that we created french baguette and basques bérêts.

Nous avons passé un moment précieux de notre voyage en sa compagnie et elle insistait pour nous inviter à la maison, assise dans sa Mercedes décapotable.

C’est qu’ils sont généreux les Américains…

Mais côté culture !

Ce sujet rappelle que les rêveurs universaux s’enfargeront toujours dans les attitudes arrogantes réelles des puissants contre les moins forts, les particularismes de toutes sortes.

Le NPD ne stoppera pas Harper, l’administration Obama à prétention américaine et en même temps à teneur universaliste est harcelé par un petit groupe patriote réactionnaire probablement xénophobe contre tout ce qui n’est pas états-unien: le Tea party.

Certains s’en prennent aux souverainistes québécois au nom de leurs principes bienheureux et hypocrites en sachant très bien ce qu’est un nationalisme revendicateur d’aspiration à l’indépendance en comparaison d’un nationalisme impérial comme celui des É.U.

En gros, le modèle de l’Union Européenne comme autre face de la monnaie révèle justement ce à quoi ressemble le fantasme de l’État universel expérimenté en Europe présentement. Une déroute économique à travers une monnaie bureaucratique, l’euro. Une standardisation de l’administration de l’U.E à Bruxelles qui passe par l’anglais.

Les républicains de l’ultra droite eux sont tellement fanatiques qu’ils ne comprennent pas que la France, l’Europe rêvent de rencontrer l’universel dans la chimère du rêve américain!

Les anglophones tous largement n’ont jamais acceptés la conquête normande à la française de Guillaume le conquérant de l’Angleterre. La déportation des Acadiens, la conquête de Québec ont été des réponses des Anglais à la conquête de Guillaume. Malgré tout, le latin transposé dans le français présent dans l’anglais parlé et écrit rappelle à chaque jour aux anglophones américains et autres que les civilisations sont mortelles y compris celle des É.U.

L’histoire n’aime pas l’identique, l’éternel, l’homogène, le pareil. L’universel emprunté ou totalitaire y compris de celui qui émane des É.U.

C’est que l’universel prend pour modèle l’équivalent d’un gang mafieux celui qui est le plus fort pour un temps.

Or, toutes les prétentions impériales ou universelles à vocation anti petits peuples comme le Québec finissent par s’effondrer.

http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/327132/l-euro-et-le-federalisme-europeen-une-erreur-historique

Le racisme à peine voilé de certains dretteux américains envers Obama est peut-être aussi alimenté par le fait qu’il a un ancêtre français dans la famille de sa mère…

Si ça c’est de la francophobie, alors j’aime mieux ne pas penser à ce que représente l’antiaméricanisme au Québec…

Je crois qu’il faut distinguer entre différentes périodes de l’histoire américaine. Au 19e siècle, le souvenir de l’aide française pendant la guerre d’Indépendance était encore vivace et les relations avec la Grande-Bretagne étaient plus tendues. Plusieurs petites villes américaines appelées Lafayette sont alors apparues et pendant la guerre de 1812 les Anglais ont brûlé la Maison Blanche. Il n’y a eu aucune visite princière ou royale britannique aux États-Unis avant le 20e siècle. Lorsque le général Pershing, commandant du corps expéditionnaire américain en 1917, a débarqué en France, il serait allé se recueillir sur la tombe de Lafayette en disant que son pays venait payer sa dette. Les temps ont changé. Je crois pour ma part que les Américains en déclin en veulent au pays occidental qui ose affirmer plus que tout autre une vision du monde quelque peu différente.

C’est vrai, le français c’est la langue noble, et l’anglais c’est la langue des opresseurs.

Nous on le sait.

Il y a une erreur dans votre texte M.Lisée: les états-uniens ne sont pas venus sauver la France, ils sont venus s’assurer d’avoir leur part des contrats de reconstruction de l’Europe d’après-guerre pour ne pas tout laisser aux soviétiques.

Merci de corriger.

Très bonne la joke 🙂

Je dirais que l’attitude américaine a avoir avec le fait que ce pays en est un de « paysans ». D’une attitude de gens qui travaillent de leur mains, même aux plus hauts niveaux de la hiérarchie. Le PDG ou le général restera toujours un gars « de terrain ». Et il posera la question « ça marche tu? » plutôt que « qu’est ce qui serait le parfait idéal ».

En regardant les résultats français, l’américain est en mesure de se poser la question: pourquoi est-ce qu’ils veulent faire compliqué au cas-où ça marcherait?

Ou bien: pourquoi est-ce qu’ils nous « bitchent » mais que c’est toujours nous qu’ils appellent quand ça va mal (tout en étant en retrait, au cas où ça irait mal; pouvant alors dire que c’est pas comme ça qu’il fallait faire).

En résumé, si j’ai un problème, c’est pas les français que je vais appeler en premier.

Dans le registre des blagues sur les Français, tirée du quinzième épisode de la cinquième saison de la série américaine The West Wing.

La porte-parole de la Maison-Blanche affirme, dans sa conférence de presse :

La porte-parole : « The president is considering a petition to impose an import safeguard on chineese-made apparels, begining with bras […] »

Journaliste : « Is the president declaring a bra war? »

La porte-parole : « No, the president has no intention of starting a worldwide bra war. I really don’t think the president would ever want to start a war that the French might actually win. »

Un « bushisme » connu : the problem with the French is they don’t have a word for « entrepreneur »!

Je crois qu’une des raisons de la francophobie américaine est qu’il n’existe pas de communauté « française de souche » aux États-Unis. Oui, il y a bien quelques restes de Franco-Américains, mais ils venaient du Québec, pas de la France. Alors les politiciens peuvent taper sur les frogs, sans peur de perdre des votes, comme ça arriverait s’ils tapaient sur les Italiens, les Latinos, les Irlandais, etc.

Aussi, les Français ont l’immense désavantage d’être républicains (eux aussi) et arrogants (eux aussi). Les Américains n’aiment pas se voir dans un miroir, même déformant. Ça vient à l’encontre du mythe selon lequel ils sont « exceptionnels ».

Finalement, un petit commentaire en ce qui concerne les deux guerres mondiales: pour la seconde, d’accord, les Américains ont sauvé la mise. Mais d’affirmer qu’ils ont sauvé l’Europe au cours de 14-18 est simplement faux. La France (et la G-B) méritent pleinement leur victoire, l’arrivée des Américains n’a fait que confirmer l’issue du conflit.

« Si ça c’est de la francophobie, alors j’aime mieux ne pas penser à ce que représente l’antiaméricanisme au Québec… » David

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Le mantra du dretteux. 🙂

Un bel exemple d’homme de paille.

Jean Émard

M. Lisée vous me faites comprendre un comportement chez une ex-amie que j’ai connue lors d’un séjour prolongé en Ohio à la fin des années 80.

Cette amie était francophile pour les raisons que vous énumérez dans votre billet: l’intérêt pour cette langue noble, la mode, les parfums et la cuisine de France, bref tout ce qui pour elle était « so glamourous » dans cette culture. Ça lui accordait un certain prestige aux yeux de ses proches et relations sociales.

Lorsqu’en ma présence, peu importe ce qui pouvait lui déplaire chez moi ou pouvait la contrarier, à chaque fois que cette situation se présentait elle me lançait sèchement un « You’re so french », et en réponse, immanquablement, je pouffais de rire, ainsi je désamorçais la situation tout en ignorant que cette réplique de sa part tenait d’une attitude francophobe. Morale de cette histoire, vaut mieux parfois ignorer certains aspects d’une culture.

Je ne trouve pas cette remarque «francophobique» (d’ailleurs, je suis phobophobe, je crois que toutes ces choses qu’on nomme, par néologisme maladif, des phobies, be sont que perversion du langage psychiatrique). Pour ce qui est d’être contre les Français, on peut difficilement faire mieux qu’ici. On ne disait pas uniquement «maudit anglais», mais bien aussi «maudit français». Ce n’est pas une erreur historique, un méchant préjugé, on s’est affranchit de nos terres-mères. L’européanophilie d’une certaine frange intellectuelle (ou pseudo, au choix), habituellement de gauche, souvent antiaméricaine, est de démontrer par l’absurde que le modèle suédois, norvégien, français, ça vaut mieux que notre maudite Amérique qui a tout inventé depuis 150 ans.

Pour ma part, je crois qu’il est sain de préserver une distance d’avec les vieux pays. Cela ne veut en rien dire qu’on s’écarte de la philosophie européenne, car nous avons produit peu de classiques mémorables dans ce domaine, autant au Québec qu’aux États-Unis, nos maîtres à penser sont très souvent anglais, français, allemand, avant d’être américain.

Mais quand on confronte l’antiaméricanisme européen, qui est constant depuis des siècles, on peut parfois renvoyer la balle. Pourquoi la Suède, ce si beau pays de liberté, a été neutre envers les Soviétiques, neutre envers les Nazis… et maintenant, avec la gouverne des Nations Unies, elle voudrait résister au grand méchant loup américain. Vous avez déjà manquer votre chance de vous opposer quand c’était le temps.

Le Canada, qu’on peut appuyer au pas, a quand même pris des décisions honorables au cours de son histoire dans ses politiques extérieures. Et comme l’Australie, qui est notre frère dans le Commonwealth, nous sommes l’un des rares pays qui avons une armée et qui l’utilisons sciemment. L’exemple pour démontrer cela? Haïti pour nous, vous avez vu beaucoup de bateaux des armées européennes se déplacer? Non, c’était encore les maudits américains (donc les canadiens aussi). Et quand le Tsunami a frappé dans l’océan indien? C’était encore là l’Australie et les États-Unis.

L’européanophilie, je veux bien, mais ils se sont très mal comporté et malgré leur nombre, ils sont de très mauvais «citoyen du monde». Quand la guerre génocidaire s’est produite sur leur territoire, dans les Balkans, ils ont continué de démontrer leur inaptitude.

Et de dire maintenant que les français auraient plus souvent raison, sur quoi que ce soit, c’est une bêtise éhontée. Si tout le reste de la planète peut être antiaméricaine, alors je revendique mon droit d’être un peu antieuropéen. Ce qui ne fait pas de moi un «francophobe» ou un «européanophobe».

Je ne vois rien de majeur dans la déclaration de Michelle Bachman! C’est un ministre français quand même qui a déclaré que l’Amérique était l’hyperpuissance. Ils ont une armée pour défendre l’Occident en entier. C’est notre chien de garde contre la barbarie. Si l’Amérique tombe, il n’y a pas de suite militaire heureuse, pas de remplaçant dans le monde libre.

Kevin a aussi pas mal raison. Le «Red White & Blue» et le «Bleu Blanc Rouge» ont des similitudes qui vont bien plus loin que les couleurs. D’accord, la révolution américaine était un grand succès; celle française, pas mal moins! On peut être très Républicain au Québec, mais quand on regarde le bilan des Républiques, le compte n’est pas toujours encourageant. Les États-Unis, c’est le modèle d’une grande République, c’est pourquoi ils sont à leur Première République, et que la France en est à sa Cinquième, avec quelques Empires et une dictature qui ont truffé le parcours. On a même longtemps résister en France au droit de vote pour les femmes, parce que celle-ci était plus conservatrice (ce qui voulait encore dire alors, en France, une monarchiste… il reste encore des conservateurs français pour qui le conservatisme est synonyme de monarchiste… le conservatisme, comme le libéralisme, prend un sens tout autre en Amérique). Dans ma correspondance avec un français, qui se dit de tradition libérale, alors que je me dis conservateur; si on traduit un peu, on entend la même chose.

Pour ce qui est du Québec vis-a-vis la France, notre défaite était l’une des pires pour eux, car tout arrivait en même temps pour le Royaume de France. Son Empire saignait de partout. Car en 1759, elle ne perdait pas que l’Amérique, elle perdait les Indes aux Britanniques… et même en Europe, elle se faisait battre par les Prussiens. C’était la fin de la toute-puissance Française, donc Catholique… et le début de l’anglosphère, donc du pouvoir Protestant. La défaite était partout en même temps, Waterloo n’était que la concrétisation de tout cela quelques décennies plus tard, après la vente de la Louisiane (provoquée par cette ambition de conquérir l’Europe).

La France peut bien s’aventurer à jouer les Mini Satan, ça leur fera changement. Qui sait, peut-être qu’on fera brûler des drapeaux Bleu Blanc Rouge dans le monde arabe qui ne seront plus qu’américain, mais français aussi. Le rêve reste d’ailleurs qu’un jour, il n’y ait pas qu’un seul drapeau bleu et blanc qu’on brûle (israélien), mais celui du Québec souverain également! Le drapeau qui leur rappellera le mieux le souvenir si contemporain pour eux… des Croisades.

Quand une nation se prétend championne du monde dans toutes les catégories, il n’est pas étonnant qu’elle adopte une attitude méprisante envers tout ce qui lui est étrangère culturellement parlant, tout en essayant d’imposer vaille que vaille la sienne partout sur la planète et qui considère son prochain comme un produit de consommation bon à jeter après usage.

Je me souviendrais toujours de l’incompréhension de George Lucas devant les médias qui disait ne pas comprendre comment un film comme C.R.A.Z.Y. attirait plus de monde dans les salles de cinéma que son nouvel épisode de la Guerre des Étoiles.

Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Il y a bien pire.

Même l’antiaméricanisme québécois ne va jamais jusque dans cette condescendance méprisante, tant historiquement que culturellement. Ce refus d’accepter la diversité chez les Amerloques blancs de couleur, dans un pays principalement composé d’immigrants pourtant, n’est pas que de la francophobie.

Cette nation-là tombera comme l’Empire romain est tombé, pour des raisons qui lui seront propres.

les Américains envient la beauté des Françaises (épargnées des ravages de l’obésité à 40 ans), le raffinement des Français, leur classe, leur style, leur culture. Les Français envient la force, le pouvoir et l’efficacité des Américains.
Pendant ce temps, personne ne voit les Chinois arriver….
Le 21e siècle sera chinois comme le 20e a été américain, le 19e anglais et le 18 français.

Je crois que dans tout pays normal, les gens normaux ont un parti pris en faveur de leur pays et sont portés à le défendre malgré ses torts qu’ils minimisent souvent.

Cela, c’est quand les gens normaux ont un pays…

C’est un peu fort de qualifier la déclaration de Bachman de francophobie. Je pense que c’est plutôt de l’affirmation. De Gaule aurait très bien pu déclarer quelque chose de semblable à l’égard des États-Unis.

Un facteur très important qui semble avoir été occulté (et qui explique pourquoi la francophobie est beaucoup plus vivace aux États-Unis qu’en Angleterre, pourquoi plus « francisée » dans sa langue):
La francophobie est inhérente aux États-Unis dès leur apparition, en particulier en Nouvelle-Angleterre, creuset de l’imaginaire fondateur des États-Unis. Dès l’ère coloniale, la « politique extérieure » des colonies britanniques a été centrée sur deux axes: l’extermination des Amérindiens et l’extermination des colonies françaises (« Delenta Nova Francia » disait Cotton Matthers dans tous ses discours et des écrits). Tout l’imaginaire états-uniens en est resté marqué.
Bien sûr, le fait que la France ait permis l’indépendance des États-Unis n’a pas aidée. Ils ne pouvaient pas refuser cette aide indispensable, mais cela ne leur a pas fait plaisir de recourir à « Satan » pour devenir une nation.* Et le don de la Statue de la Liberté ne pouvait que raviver ce douloureux souvenir, jusqu’à ce que, collectivement, les États-Uniens réussissent à oublier qu’elle venait de France; tour de passe-passe mental réussi en en faisant le symbole même du pays: elle devenait ainsi 100% états-unienne, ce qui « annulait » son origine « douteuse » et permettait d’oublier cette dernière. (En même temps, cela peut aussi symboliser l’assimilation des immigrants, qui devenaient 100% états-uniens et n’étaient donc plus européens.)

Mais, curieusement, même si pendant les années suivants l’indépendance, la France était à la mode (puisqu’elle était « alliée », indispensable face à l’Angleterre qui se refusait à reconnaître officiellement les États-Unis, malgré le traité de Paris) et l’Angleterre était honnie, le commerce se faisait avec l’Angleterre, et la France n’a jamais réussie à prendre une part importante de ce commerce (décevant ainsi l’une des raisons principales de l’entrée en guerre de la France contre l’Angleterre dans cette affaire).
Bref, on flattait la France (on en avait besoin) et on démonisait l’Angleterre, mais on continuait à commercer avec cette dernière comme si de rien n’était.

*En passant, ce n’est pas seulement grâce à la flotte française que les patriotes états-uniens ont vaincus l’armée britannique et les loyalistes, mais aussi grâce aux très nombreux volontaires français (qui eux ne retournaient pas aux champs pendant les récoltes, ce qui laissait Washington avec une poignée de volontaires pendant l’automne, l’hiver et au printemps). On estime que la majorité des soldats « états-uniens » à Yorktown étaient Français plutôt que des « patriotes locaux »; non seulement La Fayette était présent avec ses milliers de volontaires, mais les troupes de Washington en était remplies.
Et que dire des armes, vivres et munitions fournies par la France.

« Moi qui pensais que les répu$ étaient des amis de Sarko?!? »

Être ami d’un individu, surtout d’un dirigeant (Sarko) n’empêche pas le mépris pour la nation en tant que tel.
Combien de dictateurs corrompus en Amérique latine, en Asie et au Moyen-Orient ont été des « amis » des États-Unis (Pinochet, Somoza, Batista, Thieu, même Saddam Hussein quand il était en guerre avec l’Irak, etc.), alors qu’on affichait un mépris total pour les « bognouls » de ces pays « arriérés ».

C’est ça la pensée colonialiste et raciste.

« Il n’y a eu aucune visite princière ou royale britannique aux États-Unis avant le 20e siècle. »

Ça ne prouve rien: aucune visite royale au Canada avant 1860 (Édouard prince de Galles, qui est repassée en 1919). A l’exception du duc de Cambridge dans les années 1780 (Halifax et Terre-Neuve, alors pas dans le Canada), mais c’était parce qu’il servait à bord ‘un navire de guerre, donc pas une visite officielle.

Quelques points intéressants relevés par l’humoriste:
-Il loue le système de santé français, il suggère de le voler…Ce qui laisse penser que ce qu’ont les américains, ils l’ont volé au reste du monde!…
-Il signale que les français sont plus minces…Ce qui est de moins en moins vrai, à cause des habitudes alimentaires américaines qui font tâche d’huile!…
-À cause de certaines bonnes décisions prises par la France, il laisse entendre que les américains ont sans doute quelque chose à apprendre des Français!…

Je caricature pour simplifier et résumer:
Les relations entre la France et les USA ont toujours été celles d’un vieux père modeste mais censé avec son ado imbu de lui-même, turbulent, irréfléchi et argenté…En psychiatrie Freudienne, pour s’émanciper pleinement, le fils doit tuer son père, symboliquement bien sûr!…C’est ce qu’il est en train de faire: l’Europe se meure à vouloir imiter les USA…Mais le temps presse: le Monde en a assez de la monnaie de singe étasunienne!…

Je ne qualifierais pas cette remarque de Mme Bachmann de francophobe.

Comme tout américain empreint de patriotisme, il s’agit plutôt d’orgueil mal placé.

Les américains sont et demeure encore les numéros 1 sur la planète (première économie, première armée, premier niveau de vie, plus grand nombre de médailles aux jeux olympiques, etc.). Les américains ne blairent pas d’être relégué au second rang.

Toutefois, leur étoile pâlit à vue d’oeil et les chinois se pointent à l’horizon (ils viennent de déclasser le Japon au titre de deuxième économie mondiale).

@ Rod #22

Je ne partage pas souvent votre point de vue, mais là je dois avouer que vous marquez un point.

À Boston, un cadre supérieur apprenant que j’étais québécois me demanda:
« C’est quoi le problème du Québec avec le reste du Canada ? »
Et ajouta aussitôt: « … vous êtes tous de la même couleur! »

Cela ne vient pas d’un type du sud profond des États-Unis….

Je pense aussi que Rod marque des points pour l’ensemble de son commentaire mais aussi pour cette partie quand il écrit que «Le 21e siècle sera chinois comme le 20e a été américain, le 19e anglais et le 18 français.»

Mince consolation pour nous qui désespérons de voir se prolonger l’hégémonie culturelle américaine qui contribue à réduire la nôtre jusque dans notre espace de vie.

La montée de la Chine se confirme. L’Empire Romain a duré cinq siècles, l’Empire américain ne durera pas si longtemps. Et il serait étonnant que l’Emprie du milieu n’impose pas sa langue et sa culture.

@Gilles

Et le ROC va en profiter puisqu’il compte maintenant deux fois plus de Chinois que de Canadiens français…

Depuis environ 2 000 ans la Chine à été le grande puissance économique pendant 1 500 ans ces 500 dernières années sont exception.

Il faut croire que les choses redeviendront comme avant!…d’ici 3 ou 4 ans.

la vision des Américains par un jeune français:

http://usa2010.evolya.fr/#!page-13

«Les Americains
Parlons un peu des Américains. Comme vous le savez certainement, nous les Français avons beaucoup d’aprioris sur nos voisins d’outre atlantique… je vais donc commencer par ce que nous ne savons pas forcément sur eux.

Majoritairement, les Américains sont très courtois, polis, serviables et plutôt disciplinés. En temps qu’étranger, vous pouvez facilement demander à un passant votre chemin mais il y a de grandes chances que ce soit lui qui vous aborde en premier ! En effet, ils sont très ouverts et n’hésitent pas à engager la conversation, que ce soit dans la file d’attente pour passer à une caisse de supermarché ou au beau milieu de la rue. Beaucoup se montrent très curieux dès que l’on parle de la France ou de l’Europe : chez eux ce sujet est malgré tout relativement peu traité aux informations et ils ont envi d’en savoir plus. On leur reproche souvent d’être très renfermés sur eux même et de ne pas s’intéresser au monde extérieur… c’est sans compter que leurs pays est immense, vraiment immense, et que par conséquent leur univers est déjà très important… Il faut aussi savoir que nombre d’Américains sont cultivés et connaissent beaucoup du reste du monde.

Evidement, comme partout, le comportement change suivant l’endroit, et il ne faut pas s’attendre à des miracles si vous engagez la conversation avec un New Yorkais pressé de rentrer chez lui après le travail. C’est assez logique en somme. Notez aussi que les mentalités peuvent changer radicalement d’un bout à l’autre du pays, ou même d’une ville à l’autre.

Sachez néanmoins qu’il existe des sujets tabou en Amérique : la ségrégation, les critiques envers le pays ou sa politique, l’homosexualité ou encore les commentaires désobligeants envers la religion. Les Américains sont aussi très attachés à l’idée d’une sorte de bulle personnelle : évitez de toucher les gens ou bien de leur parler de trop près sauf si vous y avez été invité.

Patriotisme et Religion
Les deux piliers des Etat Unis d’Amérique sont le Patriotisme et la Religion.

Les Américains aiment afficher leur attachement à leur drapeau et à leur pays. Durant notre voyage, nous avons croisé plusieurs milliers de drapeaux (!) un peu partout : aux balcons, au dessus des ponts, devant les écoles ou les mairies, en forme de stickers sur les voitures, ou bien peints sur les murs et les fenêtres… Ce sentiment va même plus loin car la majorité des Américains soutiennent la politique de leur gouvernement de manière inconditionnelle, au nom du principe de patriotisme. Ce tel engouement pour un symbole d’état est assez perturbant pour nous Français qui associons souvent le patriotisme au chauvinisme voir au nationalisme, mais pour les Américains il est normal d’aimer son pays si on y vit bien.

Le second pilier fondateur de cette société est la Religion. Enfin, plutôt LES religions, car il existe plusieurs centaine de mouvements différents au travers le pays. Ce qui est réellement impressionnant c’est le nombre d’églises que l’on rencontre dans les villes ! Et même des villes de petites tailles ont au moins 5 ou 6 églises ! En plus, leurs églises sont magnifiques et rivalisent de styles mais c’est un peu normal pour un pays dont la devise est « In God We Trust » évidement. Autre détail amusant : des tags « jesus saves us » que nous avons vu sous un pont. Hé hé. Bon à part ça, je ne vais pas vous dire grand-chose de plus à ce sujet parce que je n’y connais pas grand choses.

Elle a gagné la première manche pour les républicains!!!

Au secours Sarah Palin!!!!! MDR

J’ai vécu 14 années aux États-Unis d’Amérique et je n’ai jamais été ridiculisé parce que j’étais français de France. Au contraire, à ma grande surprise, je trouvé les américains très francophiles. Bon, j’ai quelque fois reçu le compliment de «frog», mais sans malice. J’ai reçu pire au Québec. Aujourd’hui je vis au Canada et j’essuye encore après 40 ans, de l’antagonisme chez les anglophones canadiens.
Jacques

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