La grogne s’installe chez les journalistes

J’en ai un souvenir vif.  Cinq colonnes à la une, La Presse titrait: « La grogne s’installe au PLQ ». Nous étions à la mi-novembre 1995. Rien de surprenant dans la nouvelle: le chef d’alors, Daniel Johnson, avait une cote de popularité faible, des proportions significatives de Québécois demandaient, dans des sondages, son départ, et il souffrait de l’ombre portée par l’hyper populaire et alors futur premier ministre péquiste… Lucien Bouchard.

Cela m’est revenu en tête à la lecture des unes du Devoir des derniers jours sur la grogne au PQ. J’y reviens.

À l’époque, intéressé de connaître l’ampleur de la grogne libérale, je me mis à lire attentivement le texte. Le journaliste, Denis Lessard, avait travaillé fort. Comme d’habitude. Il avait établi que: 1) quelques membres de la commission jeunesse du PLQ étaient mécontents de la campagne référendaire du Non; 2) des députés, anonymes, avaient quelques griefs, mais pas contre le chef; 3) un membre de la direction de la commission jeunesse demandait, lui, une course au leadership.

Rien à reprocher au texte. Mais le journaliste en moi (j’étais alors conseiller) s’est demandé comment ces témoignages épars s’étaient retrouvés en une et s’ils justifiaient le titre « La grogne s’installe au PLQ ». Ce journaliste en moi répondait clairement non. Le texte aurait eu sa place, quelque part en pages intérieures, avec un titre reflétant plus honnêtement le contenu.

Un titre surréaliste

Rétrospectivement, le traitement réservé à ce texte par La Presse est un modèle de réserve lorsqu’on le compare à la mise en page offerte ce vendredi 29 octobre par Le Devoir à ce qui était à cette date une non-nouvelle parfaite.

Trois colonnes à la une, coiffant un texte occupant la moitié de la page, on lisait le titre surréaliste: Remplacer Marois par Duceppe ? « On n’en est pas là » Sous la signature du très compétent Antoine Robitaille, on lisait que des militants souverainistes anonymes, « dont un employé de circonscription et un militant qui évoluait jadis au Comité national des jeunes du PQ », étaient à rédiger une lettre très critique envers Pauline Marois, mais qui « n’était pas encore signée ».

Elle le fut depuis, par une cinquantaine de jeunes, ce qui constitue une nouvelle, correctement couverte par les médias, dont Le Devoir, ce lundi. Mais permettez-moi de concentrer mon attention sur la ‘nouvelle’ de vendredi. Dans le reste du texte, Robitaille relate plusieurs informations intéressantes sur les débats internes au PQ concernant la stratégie souverainiste.

Mais comment, s’est demandé le journaliste en moi, une lettre non signée peut-elle justifier une telle place sur la fenêtre principale du journal, celle qui signifie: ceci est la chose la plus importante à s’être produite dans le monde hier ? Et pourquoi pas: Pas question de remplacer Charest par Normandeau pour l’instant — il y a bien une lettre non signée qui circule quelque part. Ou Pas question de remplacer Harper par Maxime Bernier pour l’instant — Maxime pourrait très bien faire circuler un texte que personne ne signera, dans un premier temps.

La théorie de la demande

La réponse tient à la culture politico-journalistique. En économie, il y a la théorie de l’offre. Si on augmente l’offre de produits, la demande des consommateurs suivra. Bon. La théorie est fumeuse, mais elle existe.

En journalisme politique, je propose ici la théorie de la demande. A vous de juger si elle fume.

En 1995, les journalistes politiques avaient posé un jugement logique: Daniel Johnson ne passait pas la rampe dans l’opinion, il serait normal que certains de ses militants souhaitent son départ. Y en avait-il ? Ayant bien enquêté, ils en avaient trouvé quelques-uns, mineurs, mais pas en nombre suffisant pour justifier une manchette.

C’est là que la théorie de la demande entre en action. Puisque, selon le journaliste et/ou le pupitreur et/ou le titreur, il y a une demande pour cette nouvelle, on lui donne un retentissement bien supérieur à ce que justifient les faits rapportés.

En 2010, les journalistes politiques voient bien dans les sondages que le PQ serait élu majoritairement si des élections avaient lieu maintenant. Cependant ils notent que la popularité de Mme Marois, quoique supérieure à celle de M. Charest, ne harnache pas toute la grogne générée par le gouvernement libéral.

A Ottawa, un autre leader souverainiste, Gilles Duceppe, est plus populaire. Il serait donc logique qu’on puisse trouver des militants qui réclament le remplacement de Duceppe par Marois. Ils en ont donc cherché, c’est leur travail.

Ce lundi, ils en ont trouvé et ont rapporté leurs propos (les signataires disent faire une distinction entre leur opposition au Plan Marois et le leadership du chef, mais leur texte est clair – si la chef tient à son plan, alors les militants devront « tourner le regard ailleurs dans l’espoir de trouver une vision plus audacieuse de l’indépendance »).

Vendredi dernier, ils n’avaient pas encore cette information. Le journaliste et/ou le pupitreur et /ou le titreur ont appliqué la théorie de la demande. Il y a de la demande pour cette info, donc nous allons l’offrir, même si nous n’avons pas les faits pour justifier l’importance qu’on lui donne.

Des leçons

La morale de cette histoire ? Ni le PQ, ni le PLQ ni quelque autre parti que ce soit ne doit se sentir visé ou persécuté par cette dynamique. L’absence de cohésion à l’intérieur d’un parti est aux journalistes politiques ce qu’est le pauvre monde à la misère.  Si elle existe, ils vont la couvrir. Si elle existe moins qu’ils ne croient qu’elle devrait exister, ils vont la couvrir tout autant.

Cela fait partie de l’environnement dans lequel les partis évoluent. Il faut s’y faire, c’est tout.

Et mon titre ?

En terminant, il est vrai que j’ai intitulé ce billet « La grogne s’installe chez les journalistes ». Je l’ai mis en une. Puis-je le prouver ? Non. Mais j’ai écrit une lettre à ce sujet, que je n’ai pas encore signée. Mais je pourrais. Et, à voir comment des non-nouvelles volent l’espace de une que d’autres journalistes convoitent pour leurs vraies nouvelles, je ne serais pas surpris d’en trouver qui grognent…

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Il est pourtant vrai que les journalistes grognent. Il y a à peine une semaine, 16 organisations représentant 3 800 journalistes ont dénoncé l’attitude de Quebecor à l’égard de leurs confrères du Journal de Montréal, en lock-out depuis le mois de janvier 2009. Ils demandent entre autres de boycotter ce quotidien, ce qui signifie non seulement de ne pas l’acheter, mais aussi ne pas le lire. Je croyais que votre papier portait sur ce sujet. C’est ce que le titre annonçait.

Je note avec plaisir que vous savez bien manier l’humour dans vos textes.

N’hésitez pas à en insérer davantage, ça déride tout le monde et ça empêche chacun de se prendre trop au sérieux.

C’est la fausse neutralité journalistique: ça fait des mois qu’on tape sur Jean Charest, pour ne pas être taxé de partisan on tape égal sur Pauline Marois.

Même si le mérite de la tape n’est pas, lui, toutafait égal…

M. LIsée,
En « bon »journaliste. vous ne retenez de l’actualité que les évènements qui soutiennent votre thèse. Vous ne faites pas une chronique, vous faites du journalisme. Vous ne vous mettez pas dans une situation qui vous obligerait à examiner le pour et le contre de chaque éléments que vous percevez.

Personne n’avait encore demandé le remplacement de Pauline Marois par Gilles Duceppe, mais la lettre des 50 n’avait peut-être pas été signée par tous, mais elle existait et elle avait été rédigée par quelques uns. Et les sorties de Joseph Facal, de François Legault et de Bernard Landry n’était pas spécialement favorables à Mme Marois. Mais, la sortie de Jacques Parizeau,elle, était une critique sévère de Pauline Marois et un plaidoyer en faveur de Gilles Duceppe. Voyez ce qu’il a dit:

– Il dit que le PQ, auquel Mme Marois appartient depuis 30 ans et qu’elle dirige depuis trois ans, est mal préparé pour faire la promotion de son option première, la souveraineté.

– Il dit que la PQ aperdu l’habitude de discuter des idées

– Il dit que Gilles Duceppe ( le rival avoué et repenti de Mme Marois)prononce des discours fantastiques.

– Il dit que le PQ ne peut pas ne faire que parler de souveraineté « sans dire ce que l’on fera avec. »

– Il dit que le PQ doit mieux informer ses membres et les citoyens sur ses choix. Un Québec indépendant voudra-t-il conserve le dollar canadien, voudra-t-il avoir sa propre armée, voudr-t-il que les citoyens conservent indéféniment la citoyenneté canadienne?

Et Jean-François Lisée, se situant du côté des « bons » journalistes, voudrait que Mme Marois et nous, prenion celà comme des félicitations pour le travail bien fait! Point d’exclamation. En effet on s’exclame…

« La grogne s’installe chez les journalistes » est l’excellent titre d’un papier qu’il faudrait écrire. On pourrait y lire que plusieurs membres de la confrérie se désolent de voir des non nouvelles à la une et de vraies nouvelles et/ou grands enjeux complètement absents des médias ces jours-ci. C’est aussi ça, la crise des médias. Mais de celle-là, on en parle si peu. C’est tellement plus facile – et rassurant – d’accuser le contexte économique que d’oser questionner les contenus.

Le médium est-il le message ou bedon le message fait-il vivre le médium ?

Dans «l’Inde où j’ai vécu», Alexandra David-Néel affirmait que les dieux existent tant qu’on y croit tel qu’elle l’avait observé.

Bref les journalistes font-ils vivre la rumeur, ou la rumeur fait-elle vivre les journalistes?

Bonjour,
Et oui, Monsieur Lisée, votre seconde nature d’essayiste a le don d’amener vos lecteurs sur certains terrains marécageux afin de les voir patauger dedans afin afin d’y cerner en tant qu’essayiste la substantifique moëlle. Étant un lecteur assidu du Devoir depuis plus de 40 ans, je peux affirmer que le seul exemplaire que je n’ai pu me procurer est celui du 9 de Janvier 1998 lors du vendredi du verglas alors que les presses tombèrent en panne à La Salle de mémoire.
En effet, le Devoir fut et est encore un quotidien de combat et ce pour la Cause Nationale malgré que la très grande majorité des nationalistes québécois préfèrent le Journal de Montréal et sa convergence de LCN et de TVA en plus du jaunisme de leurs publications hebdomadaires . Mais avant que le Devoir ne souffle sur ses 100 bougies en Janvier dernier, avec un regard sur les 40 dernières années avec en plus avoir consulté et déchiffré beaucoup de ses copies depuis sa fondation en 1910, le Devoir s’est vraiment radicalisé avec le passage de Madame Lise Bissonnette et elle fit dans le choix de son équipe éditoriale un journal de combat que parfois et plutôt souvent, c’en était gênant. Mais après la défaite référendaire et le départ de bien des mercenaires de la Cause Nationale à tout prix chez les éditorialistes et les chroniqueurs du Devoir, avec la nouvelle équipe éditoriale et de chroniqueurs, nous pouvons observer une nouvelle tendance encore très difficile à cerner mais qui sans doute vise à rejoindre, à cibler un lectorat avec des affinités politiques un peu plus diversifiées et il est préférable ainsi.
Cependant si nous considérons que le Devoir à sa fondation en 1910 avec un journalisme de combat ultramontain et nationaliste, le Devoir tirait à 30,000 copies de mémoire, ce qui représente à peu près le même tirage qu’aujourd’hui 100 ans plus tard. Peut-on parler d’ascensions des ventes dans ce cas ou bien de l’immense succès obtenu par le quotidien de la rue Bleury depuis 100 ans ?
Finalement, après avoir connu la modération des Messieurs Gérard Fillion, Michel Roy et de Monsieur Claude Ryan que j’aimais bien, le départ de Madame Lise Bissonnette et son équipe éditoriale et de columnists nationalistes à l’os et écorchés vif fut une nouvelle bouffée d’air frais pour l’ancien quotidien de la rue St-Sacrement. Et ce qui est peu dire, après le départ de Madame Lise Bissonnette harnachée par Monsieur Lucien Bouchard pour aller vers d’autres cieux,le Devoir se cherchait désespérément un éditorialiste en chef pendant presque une année et même Monsieur André Pratte fut sollicité pour faire le job, de mémoire. Cette période fut d’une telle dérision de constater que pas un éditorialiste qui se respecte voulait y aller car comment structurer un éditorial avec des arguments probants en voulant exacerber et souffler sur les cendres de la Cause Nationale dont le brasier ne faisait que fumer mais en ne s’enflammant pas. Ce qui fut le plus salutaire pour le quotidien, ce fut le départ des écorchés vifs comme les Messieurs Jean Larose qui partit dépité et ne lui parlez surtout plus du Québec, des mercenaires comme Monsieur Daniel Latouche et Monsieur Michel Venne qui ont vite compris depuis ce temps et ont décidés de MODÉRER LEURS TRANSPORTS ÉMOTIFS et de devenir LOW PROFILE malgré eux. Seulement une columnist qui n’a rien compris encore depuis son départ du Devoir continue cahin cahan en étant malheureusement sur le point d’imploser de rage mal contenue continue de pérorer pour ne rien dire en s’auto proclamant analyste politique tout en étant totalement inconsciente de sa condition de mercenaire au bout de son rouleau et que malheureusement, un hebdomadaire connu emploie comme éditorialiste pour y déverser son fiel sans aucune objectivité ni retenue….. Assez gênant et pathétique.. Au plaisir, John Bull.

La rogne s’installe dans le blog de M. Lisée. Cela dit, vous qui êtes au courant de bien des choses, qui est le responsable de cette opération suicidaire pour le PQ, parti de gouvernement ? Joseph Facal ? Gilles Duceppe ? Jacques Parizeau? … Mario Fava?

Pour qu’il y ait une augmentation de le demande, il faut que parallèlement à l’augmentation de l’offre, il y ait une diminution de prix (c’est la théorie).
Qu’est que serait dans ce cas la baisse de prix? La baisse de l’intérêt pour la politique? La baisse de la crédibilité des politiciens?

Absence de tous débats chez les fédéralistes car ceux ci ne doivent pas être informés mais doivent seulement être endoctrinés par Propagande Canada à la Charest Harper Ignatieff

Je trouve très intéressant votre réflexion,M. Lisée. Depuis longtemps j’ai remarqué qu’il se développait, au sein des journalistes et commentateurs des médias, une sorte d’atmosphère, d’ambiance à l’égard de certains politiciens qui était comme une aura, résultat immatériel d’une série de perceptions diffuses mais réelles en regard de tel ou tel politicien. Selon que cette aura est positive ou négative, on voit alors la personne représentée par des photos flatteuses ou très peu flatteuses ou encore elle fait l’objet de farces ou de commentaires allant dans le même sens.

Votre hypothèse de l’existence d’une demande pour une nouvelle m’apparaît correspondre à mon observation. Donc, évidemment 😉 , elle m’apparait juste.

Mais elle suggère une question d’éthique. Cette perception d’une «demande de la nouvelle» s’appuyant essentiellement sur des données subjectives, ne met-elle en évidence le danger suivant : les journalistes et les médias ne rapportent pas seulement la nouvelle, ils la fabriquent.

Vous avez parfaitement raison M. Lisée et ce phénomène se produit de plus en plus souvent. Des titres accrocheurs pour des articles, des nouvelles avec apparence de contenu mais sur le fond sans aucun contenu. Les lecteurs ne sont pas dupe, les journaux finissent par en payer le prix…

Génial!

Une théorie, son explication, sa démonstration et son application. Tout ça en un seul article!

J’espère que les journalistes se rappellent que leur devoir est de rapporter l’information pertinente, pas de vendre du papier…

Le droit à l’information

Si l’information est vitale à l’homme pour assurer sa survie en tant qu’individu et en tant qu’espèce, l’information est un droit.
Le droit à l’information est le droit fondamental de l’individu et de la collectivité de savoir et de faire savoir ce qui se passe et que l’on a intérêt à savoir.
Malheureusement, au nom de la liberté d’expression, on a dénaturé ce droit de savoir. La seule liberté d’expression qui existe aujourd’hui, c’est celle de publier telle ou telle publicité plutôt que telle autre.
Avec les empires Desmarais et Péladeau,la liberté de la presse n’est plus la liberté d’un individu désireux de propager ses idées, c’est la liberté de l’appareil thermodynamique maintenant possédé par des groupes d’intérêts financiers mais ce n’est pas celle du contenu, la liberté de l’information.
La liberté de presse ,c’est et c’est uniquement la liberté de publier ou non ce qu’on veut, quand on veut, où on veut et de la manière que l’on veut, pourvu que cela rapporte économiquement ou politiquement
Et les journalistes, pour la plupart, sont des pharisiens qui grenouillent dans ce grand temple
de l’information avec l’aide de conseillers biaisés et partiaux. On n’a qu’à regarder TVA pour s’en convaincre.

Bonjour Je crois personnellement que le tandem Marois Duceppe commencent à en inquiéter plusieurs pour des raisons différentes. Ils sont en train de faire un travail de fonds qui pourrait surprendre.
Par ailleurs, les journalistes n’ont pas fini d’accorder à des petits évènements une importance parfois exagérée. Vendre de la copie est aussi un enjeux
Mais ils ne sont plus seuls sur la patinoire de l’information.Qui se contente de lire Gesca?

C’est vrai que les médias ont un réflexe « répondre à la demande » (présumée) et une tendance à propager des lieux communs et des phrases toutes faites (le PQ toujours en voie d’éclatement ou déchiré, QS qui propose des solutions « utopiques » et « ruineuses », des cas de demandes (quelques fois refusées) d’accommodements raisonnables montées en épingle, etc.). On le voit au Canada où le Québec est très souvent associé à « crises », « marasme », corruption, etc. (et depuis au moins les années 70).
Tout cela sans tenir compte des faits et même souvent sans réfléchir.
L’effet de la paresse intellectuelle et de la facilité inhérente aux humains (les slogans dispensent de penser), couplés avec la logique de marché (certains disent que la télé est là pour vendre des annonces entrecoupées d’émissions qui ne sont là que pour attirer des auditeurs).

Bonjour,
Quoi dire de ce quatrième pouvoir qui a définitivement perdu son rôle de contre pouvoir en étant la simple courroie de transmission du politique et du vrai pouvoir, soit celui de la Haute Finance. Manifestement, le Devoir comme bien d’autres quotidiens sort du SENSAS à la Une en vue d’accrocher en kiosque avec allant à la pêche aux accrocs pour ensuite mettre un rectificatif dès le lendemain en bas de page du Cahier A 8. Technique connue de certains mais qui souvent malgré eux en sortent une copie du présentoir pour passer à la caisse. Et dire que récemment, certains reprochaient vivement au Maclean’s sa Une avec le Bonhomme Carnaval….Même technique du combattant pour survivre dans un univers toujours plus atomisé. Au plaisir, John Bull.

En lisant les commentaires, et en particulier celui de Denis Drouin#12, je me posais effectivement la question de l’éthique que ce dernier soulève.

En fait, en se donnant le droit de spéculer sur la base d’impressions fugaces et parfois fort ténues, j’ai le sentiment qu’un nombre non négligeables de journalistes commencent à être déconnectés de leur code de déontologie s’ils en ont un.

Et surtout de la réalité telle qu’elle est, au profit de coups fumants qui ne sont effectivement que de la fumée, un écran masquant le véritable cours des choses, dans l’espoir de l’infléchir dans le sens de leur bon plaisir.

Mais ça ne pourra pas durer très longtemps, puisque maintenant, les informés sont en mesure de répondre aux informants, voire même de les démasquer.

La cohorte Bouchardiste qui a Union-nationalisé le PQ depuis 1996 n’a qu’à bien se conduire lors du prochain congrès de ce parti si elle espère prendre le pouvoir d’intendance coloniale…Pathétique !

Des journalistes qui voudraient faire taire les militants souverainistes. Avec ce genre d’amis, la démocratie n’a pas besoin d’ennemis.

Pourtant, c’est la démocratie que les journalistes devraient défendre. Ils devraient plutôt dénoncer ces militants « zombis », que l’on trouve chez les conservateurs et les libéraux.

Oui, la grogne s’installe dans la démocratie face à tous ces médias et ces journalistes indignes. Que l’on nous débarrasse de leurs bêtises, afin que l’on puisse vivre notre démocratie sereinement !

Ces gens-là ne savent pas reconnaître le « bien démocratique », lorsqu’il est devant eux. Trop superficiels, ils sont aveugles à ce qui est essentiel.

Bravo aux souverainistes qui savent encore réfléchir et s’interroger, même si cela peut être parfois éprouvant, et bon courage !

Cinquante militants, le trois-quart d’entre eux inconnus, contestent quoi: le leadership de Mme Marois ou bien la manière dont on s’est enfin débarrassé de la quincaillerie stratégique référendaire.
J’en avais un peu marre de toujours jouer plus blanc, alors que les fédéralistes, eux, ne se sont jamais empêché d’utiliser tous les outils disponibles à leur action déstabilisante. Et Dieu sait qu’ils en ont, et que nous ne les connaissons pas tous.
Je pose une question que peu de journalistes se posent: est-ce Monsieur Duceppe qui cautionne tout ce mouvement, même si publiquement, remplacer Mme Marois n’est pas son but ultime. Son but ultime étant l’indépendance du Québec. N’a-t-il pas appris de son court passage météorique que le PQ, hum,hum, c’est pas le BQ. Et lors de ce court passage, il avait tout de même de fortes pointures pour l’appuyer. Là,ce n’est presque rien ce mouvement-là. Cependant, il existe.
Aura-t-il la même force psychologique lorsque Messieurs Laurin, Parizeau, Lazure, Léonard et De Bellefeuille, ainsi que Mmes Leblanc-Bantey et Harel ont eu lorsqu’ils ont quitté le congrès du PQ en 1985. Leur départ était impressionnant et il y a eu un moment de stupeur intense. Est-cela que ces signataires nous feront vivre, en 2011? Je ne le pense pas.
La discussion est nécessaire, voire revigorante. Mais, dans leur lettre, ils ne proposent rien, à part quelques sourcillements de ma part. Quand on conteste, deux options possibles s’offrent: s’assurer d’avoir tous les éléments en main pour gagner ou quitter.
Il faut avoir un cheval de remplacement. Et je ne vois pas Monsieur Duceppe se soumettre à toute cette displine imposante qu’on exige d’un chef du PQ.
C’est un peu comme les fans de hochey. On est tous des gérants d’estrade quand on ne comprend pas une décision. Ils savent tous faire mieux que les dirigeants et l’entraîneur du CH. je présume que ces cinquante militants savent tous faire mieux que la chef qui, elle, est tout de même seule.

» La théorie de l’offre est une théorie fumeuse ».

Cette hypothèse vous donne un côté vraiment sympathique monsieur Lisée.

Raphaël Erkoréka,
Débardeur,
Port de Montréal.

Je dois vous féliciter, Jean-François Lisée. Vous m’avez fait relire votre article, mais je ne trouve toujours pas le nom de Parizeau. Les journalistes n’ont pas à inventer la controverse quand Jacques Parizeau leur en sert une sur un plat d’argent et que Pauline Marois réplique par l’entremise des média à l’ancien premier ministre de ne pas s’inquiéter.

Les journaux sont des entreprises privées. Ils rapportent les nouvelles qui intéressent leurs lecteurs. La sortie des jeunes péquistes n’aurait jamais reçue telle couverture médiatique n’eut été de la sortie de Jacques Parizeau.

Bonjour,
Et si nous nous posions collectivement la question suivante : Y a t’il quelqu’un d’entre vous qui a déjà rencontré un NATIONALISTE QUÉBÉCOIS qui est RATIONNEL ? Tant qu’à moi, et ce depuis plus de 40 ans, JAMAIS ! Point n’est besoin de dire que tous les médias confondus font ce qu’ils veulent bien faire avec de tels ÉMOTIFS ! La UNE du Devoir en fait foi en voulant créer un effet d’entrainement afin de déloger celle qui cogite avec l’affirmation tranquille au lieu d’être le kamikase que certains rêvent d’avoir advienne que pourra. Et comme ce brillant Canadien que fut Marshall McLuhan ,le média, c’est le message ! Finalement, n’est ce pas encore Marshall McLuhan qui dans : Pour comprendre les médias affirma que : Le NATIONALISME n’existait pas en Occident avant la Renaissance alors que GUTENBERG rendit possible de voir LA LANGUE MATERNELLE EN UNIFORME. Au plaisir, John Bull.

Les journalistes sont des employés. Ils ont une mission, une obligation de rendement. Sans cesse à l’affût de la nouvelle, ils cherchent un sujet à se mettre sous la dent, pour le ruminer afin de mieux le diffuser. Le journal doit se vendre, la compétition est féroce, la quête de sensationnel, continuelle. Les gens consomment de la nouvelle.

Si la nouvelle manque de croustillant on lui incorpore du piquant, on monte une histoire en épingle, on raconte tout en extrapolant, en supputant.

Il faut que le journal se vende, coute que coute!

Avec le Parti Québécois c’est assez facile. Dès qu’il y a débat, c’est parti! Au P.Q., ça brasse pas à peu près, c’est rarement le calme plat. Je suis ce parti depuis sa naissance et croyez-moi, c’est un cheval fringuant! Plus d’un cavalier s’est fait désarçonné.

Si j’étais journaliste, j’adorerais suivre la caravane du P.Q.. Je me délecterais du miel et du citron de leurs campagnes.

Mais en tant que souverainiste, je demande à mon parti de ne pas dévier de sa mission actuelle. Former une opposition articulée, efficace. Surtout, ne pas relâcher sa vigilence.

Vous accomplissez de l’excellent travail quand vous êtes concentrés su votre rôle de première opposition. Vous accomplissez un formidable travail quand vous gagnez la faveur populaire en vue d’une forte majorité…Je suppose que cela vous donne des ailes quand vous savez que nous sommes avec vous, vos sentinelles.

Préparez-vous à prendre le pouvoir, préparez-vous à présenter du concret, de la substance, à celles et ceux qui vous appuient, qui vous regardent, vous écoutent, observent, réfléchissent…

Préparez-vous, préparons-nous, à notre prochain rendez-vous avec l’Histoire. Offrons à nos compatriotes ce qu’il y a de meilleur dans la vie politique, le service, l’honnêteté, la vie démocratique, la solidarité, l’authenticité, la compassion, l’État optimal en action!

Nous sommes sur le point de vivre toutes et tous ensemble, des moments décisifs pour l’avenir de notre nation. Prenons conscience que nous sommes en train d’écrire en lettres d’or, un tout nouveau chapitre de notre destin collectif. Chaque parole, chaque geste, chaque décision comptent.

Mesdames, messieurs les journalistes, à vos claviers, à partir d’aujourd’hui, vous serez témoins de la victoire de la vérité sur le mensonge. Sous peu, vous serez témoins de l’arrivée de la première femme chef d’État en Amérique du nord, vous verrez cette femme donner naissance à un nouveau pays, pour le monde. Vous verrez une nation digne, fière de se tenir debout avec elle.

Ben l’fun d’ergoter de vos lamentables défaites aux 2 référendums dont l’une aux mains de Pierre-Elliott Trudeau et l’autre aux mains de…Jean Chrétien (!) mais il serait peut-être temps de revenir ici, en 2010, et de nous entretenir des pénibles déboires auxquels fait face votre Pauline Marois avec les jeunes ET les belle-mères du Parti québécois, belle-mères auxquelles vous avez été étroitement associé.

Pouvez-vous nous en faire savoir plus? vous qui semblez si bien informé sur les traîtres qui hantent les partis politiques.

Un autre livre peut-être?

Peu importe la forme, l’effet escompté est réussi. Ce titre m’a attiré et, pas en prend le pouls de ce blogue mais bien en voyant le titre à partir du Courriel de l’Actualité annonçant son dernier numéro. Donc, bravo pour un titre efficace.

Pour la petite histoire, je vous pose une question. Qu’est-ce qui a fait que le Journal de Montréal a battu La Presse dans les années 1970? Certainement pas avec ses éditoriaux, il y en avait pas. Ses titres accrocheurs en rouge? Les photos spectaculaires du CH de Toto Gingras au Forum? Ben non! La page 7 avec des filles toute nue…clisse!!!

Que ça soit la page 7 ou la demande dont vous parlez, les lecteurs s’attendent à retrouver ce qu’ils cherchent. Que ça soit Dubuc ou Pratte à La Paresse, Robitaille au Devoir, Josée Legault à la Gazette, ou un « scab/nègre/cadre/etc » au J de M, rien ne changera. Le vrai journal de combat est celui que le lecteur se fait après avoir tout lu. Encore faut-il encore savoir lire et utiliser le tout avec discernement, ce que de moins en moins de gens ont la capacité de faire, parce que la « nouvieille » est déjà remplacée par une autre.

Il faut faire fi de tout ce bruit et se concentrer sur les 2 ou 3 phrases par article qui ont vraiment du contenu et ce, que ça soit ou non les personnes que j’ai citées plus haut.

Je lis ce blogue depuis quelque temps maintenant et beaucoup des collaborateurs de ce blogue ont leurs positions campées d’un côté ou de l’autre. Personnes ne tentent plus de convaincre, d’expliquer, de rassurer, d’encouragé et de démystifier. Beaucoup de ces blogueurs, ne font que râle.

« Le Québec me tue » disait Hélène Jutras il y a 15 ans. J’en suis là à mon tour aussi, mais, je supporte quand même le combat pour ce pays en devenir. Je ne fermerai pas la porte aux futures générations de cette opportunité par un vote pour l’assimilation et la possible perte de ma pension du fédéral.

Nous avons tout ce qu’il faut, a nous de le prendre. Et ce, malgré tout ce bruit pour rien.

Bonsoir,
En ajout pour Monsieur Gladu, le Journal de Montréal s’affichait nationaliste dans un but évident de récupération avec les trois S, soit du Sang ,du Sexe et du Sport…. Avec en plus, la méthode KISS, soit Keep it Simple, Stupid…..Avec en prime pour les nationalistes René Lévesque comme columnist à la page 6 et la femme nue de la page 7. Dans ce temps béni, les nationalistes québécois n’en demandaient pas plus, leurs besoins étant comblés….Au plaisir, John Bull.

L’attention portée à cette non nouvelle me fait penser à une chronique sportive. Qui sera désigné gardien numéro un au club des Canadiens-Français? Il y a tellement de sujet qui valent la peine d’être couverts, la prochaine fois choisissez en un qui vaille la peine, et laissez celui-ci pour un entre-filet page A12!

Nos journaux ne soulignent pas tellement les récentes excuses de M. Facal et de Mme Beaudoin au sujet de leurs votes de blâme envers M. Michaud qui le traitait d’antisémite le 14 décembre 2000.

Nous attendons, sur la même faute collective, les excuses de Mme Marois et de 7 autres députés fautifs du PQ. Ça ne vient pas vite, suite à la récente parution du livre de Gaston Deschênes, ancien directeur de la recherche à l’Assemblée nationale, « Mon exécution parlementaire » sur l’affaire Michaud.

Mes suggestions d’excuses à M. Michaud ne semblent pas tellement donner le goût à ces députés du PQ de reconnaître leurs fautes sauf un qui m’a écrit qu’il va bientôt s’excuser aussi. Ça va leur éclater dans la face si ces députés ne se réveillent pas bientôt pour s’excuser ou expliquer clairement du pourquoi ils ont eu raison de voter ainsi à l’unanimité, à l’aveugle, sans savoir ce que M. Michaud avait dit.

Il y a aussi le billard a trois bandes » : on parle de Marois contestée… pour parler du PQ contesté et du décollage de Legault que l’on pouvait prévoir et prédire depuis son depart du PQ….puisque je l’ai fait salors ur mon blogue.

http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/06/25/francois-legault-en-reserve-de-…-on-verra-bien/

La vraie nouvelle, maintenant, c’est la splendide astuce du lancement simultané du RAQ de Joanne Marcotte à Droite, qui, par illusion d’optique politique, fait paraître Legault « centriste » et lui garantit la victoire. Quelqu’un d’intelligent pilote cette affaire…

Pierre JC Allard

Les excuses n’y changeront rien; c’est comme avoir voté la mort de Louis XVI. Toute cette classe de péquistes s’est discréditée et le PQ ne retrouvera son honneur que quand tous ces gens seront partis. IL SERAIT PLUS SIMPLE QUE LE PQ DISPARAISSE ET QU’ON BÂTISSE AUTRE CHOSE.

PJCA

Touts ces gens seront partis tôt ou tard, et nous aussi, immortels en sursis.

Condamner Monsieur Michaud fût une terrible erreur.

Comparer notre « Robin des banques » à Louis XVI, plutôt ridicule.

Quand les cent tristes dévoileront leur programme, on en reparlera de la victoire garantie.

Avec le Parti Québécois aux commandes de l’État, nous ferons entrer le Québec de plein pied dans le ving-et-unième sciècle.

N’en déplaise à votre préscience.

J’ai pratiqué le journalisme pendant plus de 45 ans. Du début des années soixante jusqu’à ma retraite en 2001. Je oeuvré sur les Collines parlementaires d’ottawa et de Québec pendant une vingtaine d’années après 25 ans passés dans la Métropole à couvrir les grands projets de Jean Drapeau, les tribunaux et la politique en général. Le métier, convenons-en, a beaucoup évolué et pas nécessairemnent pour le mieux. La rigueur n’est plus un élément essentiel. La clip fracassante ou sensationnelle est devenue la recette qui se vend le mieux au détriment de la vérité et de l’honnêteté intellectuelle. Il ne faut donc plus se surprendre de lire et d’entendre des opinions construites à partir d’inepties ou de regards faussés sur le réalité politique. Aujourd’hui c’est comme ça… Et selon des sources sûres qui ne souhaitent pas être identifiées, on n’a plus besoin de se creuser la tête. Si on se trompe le lundi, on se reprendra mardi, ou bien mercredi, ou peut-être jeudi, sinon jamais.