La ligne de faille absolue dans l’affaire SNC-Lavalin

La population se divise en deux camps : ceux qui estiment que l’entreprise SNC-Lavalin devrait obtenir un accord de réparation, et ceux qui jugent qu’elle n’en mérite pas. Justin Trudeau a déjà perdu cette partie, analyse Alec Castonguay.

Photo : La Presse canadienne

Maintenant que l’affaire SNC-Lavalin–Wilson-Raybould–Trudeau a atteint son paroxysme avec le témoignage de l’ancienne ministre de la Justice et que le premier ministre a passé la pire journée de son mandat à la tête du pays, il est de plus en plus clair que la population canadienne se divise en deux camps, selon les mêmes équipes qui se sont affrontées en coulisses au sein du gouvernement l’automne dernier.

Ceux qui estiment que l’entreprise SNC-Lavalin devrait obtenir un accord de réparation. Et ceux qui jugent qu’elle n’en mérite pas.

Le camp de ceux qui pensent qu’un procès criminel mettrait en péril les 9 000 emplois au Canada, les 50 000 emplois dans le monde, le siège social à Montréal, les nombreux fournisseurs, le fonds de pension des retraités, et que ce processus judiciaire imprévisible la rendrait vulnérable à un rachat hostile d’une société étrangère. Bref, ceux qui jugent que SNC-Lavalin mérite de survivre, et que les personnes qui doivent payer pour les gestes inacceptables du passé sont les anciens dirigeants épinglés par la police.

Et ceux qui estiment que SNC-Lavalin ne doit pas bénéficier d’un accord de réparation parce que c’est elle, après tout, qui s’est mise dans le pétrin avec sa culture de corruption qui a régné pendant des années, et que toute l’entreprise doit assumer les actions répréhensibles des anciens patrons. Bref, ceux qui croient que SNC-Lavalin ne mérite pas d’éviter les tribunaux et qu’elle doit se débrouiller seule, sans égard aux conséquences.

C’est un « Y » au bout de la route. C’est une voie ou l’autre. Il n’y a pas de position mitoyenne. C’est la ligne de faille absolue.

Et c’est logique que le débat en revienne à cette fracture qui est avant tout politique, puisque ce n’est pas une question de légalité ou de primauté du droit. Certaines controverses politiques ont des teintes criminelles. Dans le scandale des commandites ou celui des avides sénateurs conservateurs Duffy, Wallin et Brazeau, des accusations criminelles ont été déposées. La GRC a fait enquête et des procès ont eu lieu.

Si on se fie au témoignage de l’ancienne ministre, il ne s’agit pas de ça ici. Justin Trudeau et son entourage n’ont pas demandé à l’ancienne ministre Jody Wilson-Raybould d’enfreindre la loi, puisque la voie de l’accord de réparation pour une entreprise est légale, balisée et mise en pratique dans plusieurs pays du monde. L’entreprise reconnaît alors sa culpabilité, paie une amende salée, retourne les profits réalisés grâce à la corruption passée et s’engage dans un processus de nettoyage de ses mœurs supervisé par la justice. En échange, celle-ci peut continuer à recevoir des contrats publics au Canada et n’est pas bannie des appels d’offres internationaux qui prévoient souvent des clauses qui bloquent des entreprises condamnées au criminel.

L’ex-ministre Jody Wilson-Raybould a affirmé lors de son audience en comité, en réponse à une question de l’opposition, que rien d’illégal n’avait été commis, ordonné ou proposé pendant cette saga l’automne dernier. Elle a ajouté qu’à son avis l’intégrité des institutions n’avait pas été touchée, malgré les pressions qu’elle a jugé inappropriées.

Il s’agit avant tout d’un débat politique sur la marche à suivre dans un dossier délicat et de la manière de mener cette discussion à l’interne dans un gouvernement — «robuste» ou «inappropriée», c’est selon. Si vous êtes davantage en faveur d’un accord de réparation, les agissements de l’équipe de Justin Trudeau ne paraissent pas aussi déplacés qu’aux yeux de ceux qui sont contre l’accord, qui comprennent plus facilement le refus de l’ex-ministre Jody Wilson-Raybould.

La sanction (ou pas) contre Justin Trudeau et son équipe sera politique, le jour des élections du 21 octobre 2019, en fonction de cette ligne de faille dans le débat.

Dans quel camp est l’opinion publique ?

Dans le camp 1, celui favorable à l’accord de réparation, on retrouve : Justin Trudeau, ses conseillers Gerald Butts, Katie Telford, Mathieu Bouchard et Elder Marques, le chef de cabinet du ministre des Finances, Ben Chin, le ministre des Finances, Bill Morneau, les ministres du Québec autour de la table du cabinet, le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, et l’opinion publique au Québec, par une faible marge.

Dans le camp 2, on voit : Jody Wilson-Raybould, sa chef de cabinet Jessica Prince, les procureurs fédéraux dans le dossier SNC-Lavalin, et l’opinion publique du reste du Canada, par une forte marge.

La bataille de l’opinion publique, Justin Trudeau l’avait déjà perdue avant le témoignage-choc de Jody Wilson-Raybould.

Un sondage Angus Reid publié le 26 février dernier, la veille du témoignage en comité, montre que 63 % des Canadiens s’opposent à un accord de réparation avec SNC-Lavalin, contre 37 % qui jugent que c’est la marche à suivre. Sans le Québec, l’écart serait encore plus grand, puisque 51 % des Québécois pensent que l’accord de réparation est la voie idéale.

Source : Sondage Angus Reid

Si le témoignage de l’ancienne ministre a un effet supplémentaire dans l’opinion publique, il n’ira pas dans le sens souhaité par le camp 1, c’est assez évident.

Et ce, même si la grande question demeure : pourquoi la ministre Jody Wilson-Raybould a-t-elle refusé de prendre la voie de l’accord de réparation ?

Rappelons qu’elle avait le pouvoir de le faire, en suivant une procédure légale, transparente et déjà utilisée dans d’autres dossiers, soit celle d’émettre une directive écrite à ses procureurs, qui est ensuite publiée à la vue de tous dans la gazette officielle du Canada.

Jody Wilson-Raybould n’a pas voulu répondre à cette interrogation hier devant le comité, puisque le gouvernement fédéral et SNC-Lavalin s’affrontent encore à ce sujet en cour.

C’est néanmoins encore le nœud de l’histoire.

La description détaillée des événements faite par l’ancienne ministre montre que tout ce qui grouille dans le camp 1 se posait cette question — et se la pose probablement encore.

Sans aucun doute, les 10 appels téléphoniques et les 10 rencontres sur le sujet avec Jody Wilson-Raybould laissent voir que les gens du camp 1 avaient de sérieuses craintes pour les emplois et le siège social de SNC-Lavalin au Québec, et ne comprenaient pas pourquoi ce qui semblait, à leurs yeux, une évidence (soit l’accord de réparation) n’allait pas de l’avant. Ils lui ont dit et redit de toutes les manières possibles, même si ce n’était pas toujours élégant — la politique étant pratiquée par des humains trempés d’émotions et d’opinions, ce n’est pas toujours élégant.

Ou bien Jody Wilson-Raybould refusait de considérer cette voie pour des raisons qui n’ont pas convaincu Justin Trudeau, Bill Morneau et tutti quanti, puisqu’ils ont continué à lui poser des questions, à lui soumettre de nouvelles possibilités — comme la sollicitation d’un avis juridique externe — et à lui mettre de la pression… Ou bien elle n’a pas donné de raison du tout, ce qui ne faisait qu’alimenter la discussion à ce sujet pendant les quatre mois du feuilleton qui se jouait en coulisses.

Mathieu Bouchard, conseiller de Trudeau pour le Québec, est avocat. Gerald Butts et Katie Telford ont été conseillers au plus haut niveau du gouvernement ontarien. Le greffier du Conseil privé a une armée de fonctionnaires pour l’aiguiller. Ils ont de l’expérience, et malgré tout, le « non » de Jody Wilson-Raybould n’a pas été suffisant pour les convaincre que le dossier était clos. Pourquoi ? En raison de la faiblesse des arguments du camp Wilson-Raybould ? Parce qu’il n’y avait pas d’argument du tout ? Parce que les raisons politiques et partisanes ont pris le dessus, comme l’affirme l’ex-ministre ? Un mélange de tout ça ? On n’en sait rien.

Mais l’insistance du camp 1 tire certainement sa source de quelque part. Par exemple, la lettre que les procureurs fédéraux ont envoyé à SNC-Lavalin l’automne dernier pour leur annoncer que l’accord de réparation ne serait pas envisagé ne contenait aucune raison. Aucune explication. Pas d’allusion ou de référence au fait que l’entreprise ne serait pas éligible à ce type d’accord ou que le Code criminel ne le permettrait pas dans le cas de SNC-Lavalin. Dans ce contexte, il n’est pas impossible que certains continuent à poser des questions ou cherchent à trouver des solutions.

Et les promoteurs de l’accord de réparation dans le camp 1 n’ont pas tous un parti pris naturel pour le Québec. Depuis la controverse sur la taxation de Netflix, en 2017, je ne rangerais pas spontanément Bill Morneau et son chef de cabinet dans le camp pro-Québec-coûte-que-coûte…

Une fenêtre sur les coulisses d’un gouvernement

Le bras de fer entre les deux camps, tel que détaillé par Jody Wilson-Raybould en comité, offre une fenêtre fascinante au grand public sur les débats internes au sein d’un gouvernement comme celui du Canada, qui gère des dossiers complexes et doit prendre des décisions controversées régulièrement.

L’affaire SNC-Lavalin est différente en raison de l’aspect juridique qui s’ajoute au dossier, puisque Jody Wilson-Raybould était ministre de la Justice et procureure générale.

Mais les discussions corsées, les pressions, les conflits et les arbitrages entre les forces vives d’un gouvernement sur un dossier délicat ou qui divise, c’est assez courant. Diriger, ce n’est pas une balade de printemps où les ministres se tiennent par la main en chantant. Ça déchire inévitablement les troupes, et ça laisse des traces.

Pensez-vous que la décision d’acheter le pipeline Trans Mountain a été simple à prendre au cabinet et dans le bureau du premier ministre ? Les ministres de l’Ouest voulaient nationaliser le pipeline, conscients des enjeux dans leur coin de pays, alors que les ministres du reste du Canada en étaient moins convaincus, disons. Dans le dossier de la TPS appliquée à Netflix, les ministres du Québec, y compris Mélanie Joly, ont mené le combat pour que le géant soit assujetti à la même taxe que les autres. Ils ont perdu la bataille à l’interne. Et pendant ces accrochages, ce n’est pas toujours joli (excusez le jeu de mots boiteux).

La politique laisse des cicatrices à ceux qui la pratiquent à fond, avec leurs convictions comme armes et leur égo comme armure.

Dans le dossier qui nous occupe, celui de SNC-Lavalin, les camps 1 et 2 avaient visiblement des convictions bien trempées et difficiles à réconcilier.

Et maintenant, la suite pour Jody Wilson-Raybould ?

Parlant de cicatrices, quelles seront-elles au caucus libéral, dans la foulée de l’assaut frontal de Jody Wilson-Raybould contre les forces vives du gouvernement Trudeau ? Mis à part Gerald Butts, tout le camp 1 est encore en place, et dirige le gouvernement. Au caucus, les ministres et députés qui voient leur collègue les tirer vers le bas dans les sondages seront assis à côté d’elle lors de la prochaine réunion, puisque Jody Wilson-Raybould se dit toujours «fière» libérale. Bonjour l’ambiance.

Si elle ne démissionne pas d’ici la prochaine réunion du caucus, dans trois semaines, l’ambiance sera à couper au couteau. Déjà que la semaine dernière, en caucus, plusieurs députés libéraux se demandaient dans quelle équipe elle jouait et pourquoi elle ne décidait pas de siéger comme indépendante. On chuchotait qu’une députée n’était pas plus importante qu’un parti ou un gouvernement… Les appuis à Jody Wilson-Raybould se compte sur les doigts d’une main au caucus, mes disent plusieurs sources.

Un député présent à la petite allocution de Jody Wilson-Raybould devant le caucus m’avait ainsi résumé les jours à venir : « Elle ne nous veut pas du bien. »

Le passage fracassant de l’ex-ministre devant le Comité de la justice a confirmé cette impression.

Et maintenant ?

Dans l’entourage du premier ministre, on estimait la semaine dernière que l’expulser du caucus envenimerait les choses inutilement. Le danger d’en faire une martyre en lui montrant la porte était trop grand. Est-ce que le témoignage de Jody Wilson-Raybould, auquel ne souscrit pas du tout Justin Trudeau, a changé la donne ? Il pourrait, lui aussi, avoir perdu confiance en sa députée. Le respect et la confiance, ce n’est pas une autoroute à sens unique. Pour l’instant, elle peut rester, mais il y a encore des « réflexions à y avoir », a dit Justin Trudeau.

Et de son côté, peut-elle rester une députée libérale comme si rien ne s’était produit ? Que dira-t-elle à ses collègues du caucus ? Devant le Comité de la justice, elle a été incapable de dire clairement qu’elle a encore confiance en son premier ministre, en celui qui s’assoit à l’avant du caucus, dirige les discussions et prend les décisions. Pourquoi accepte-t-elle alors de siéger sous la bannière d’un parti dirigé par ce même chef ? Tant de questions, et si peu de réponses. La suite de la saga dans un bulletin de nouvelles près de chez vous.

 

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34 commentaires
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Intéressant de se souvenir.
-Le Président Nixon a été forcé de démissionner car il avait fait obstruction à la justice et une douzaine de membres de son administration ont fait de la prison à cause de ça. Sans le pardon de son successeur, le Président Ford, il est certain que Nixon aurait aussi été condamné à la prison. L’indépendance de système de justice c’est quelque chose de fondamentale en démocratie.

Les resultats du sondage Angus Reid sur ceux qui s’opposent à un accord de réparation avec SNC-Lavalin, et ceux qui jugent que c’est la marche à suivre, semblent correspondre au soutien au parti libéral à travers le Canada. Plus élevé dans l’est et plus bas à l’ouest.

Enfin, un journaliste qui commence à comprendre!
Écouter ma chronique enregistrer jeudi le 28, qui passe à 10h dimanche le 3 mars sur QUB radio, Vous comprendrez encore mieux pourquoi on semble crier au loup… Pour rien!

J’ai travaillé à la fin de l’année 1988 comme Directeur général des ventes internationales, financement et relations gouvernementales avec une grande société multinationale avec Lavalin au moment que cette société a connue des gros problèmes à cause de leur achat de 10 Airbus qui étaient destinés à être loués avec un contrat d’entretien. Je connais les dessous de cette affaire. Lavalin a dû fusionner avec SNC. Notre Projet était la centrale Geheyan de 1200 MW en Chine dans la province de Hubei. Nous avons (Consortium A et B signé le contrat le 11 novembre 1988 dans la grande salle du people et notre principal concurrent était LAVALIN (qui avait obtenu environ 150 Millions de $ de là L’ACDI pour faire les études de ce projet) l’équipement canadien pour la première centrale électrique livré par le Canada. Lavalin ne coopérait nullement avec les manufacturiers Québécois et nous étions obligés d’impliquer l’ambassadeur canadien à Pékin (Earl Drake) pour faire pression sur Lavalin pour avoir accès aux chiffres du budget de Geheyan car les Chinois nous ont accusé d’être trop chers. J’ai aussi travaillé sur un autre projet en Chine le projet de vente d’équipement de transmission (Transformateurs, Disjoncteurs etc.) pour la somme de 11 millions de $ canadiens. Mon principal concurrent était Lavalin. Ils avaient créé une société à part et le directeur m’a demandé de lui fournir mes prix pour les appareils électriques et « rentre à la maison » ce que j’ai refusé, ma réponse était « on se verra à l’ouverture des soumissions. J’ai gagné ce Project et Lavalin « est rentré à la maison ». Il n’y a rien de pire que d’être en compétions contre un autre Canadien dans les marchés d’exportation. J’ai des photos des cérémonies de signature des deux contrats.

Bien que lors du témoignage de JWR devant le comité seulement Lisa Raitt à posé une question maladroite sur le dossier de l’amiral Norman que JWR ne pouvait répondre. La question aurait du être «  Est-ce la première fois depuis votre nomination que vous subissez des pressions pour changer d’avis dans un dossier judiciable? ». Lisa Raitt est au parfum d’un autre dossier chaud ou le cabinet du premier ministre tente de s’ingérer dans des décisions de la justice. Il s’emble exister un modus operandi récurrant du cabinet Trudeau de vouloir solutionner des dossiers en dépit des règles.

Je suis contre la «magouille» et je milite pour que les individus qui la pratiquent soient poursuivis en justice. Cependant, dans ce dossier SNC-LAVALIN, je fais parti du Camp 1. Ne soyons pas naïfs au point de croire que ce genre de situation est rare au sein d’un gouvernement.

l’auteur a oublié que la loi sur la réparation ne peut s’appliquer sur une enteprise qui a corrompu un gouvernement étranger, grosse erreur de l’auteur

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201902/14/01-5214828-entente-avec-snc-lavalin-les-efforts-dottawa-etaient-voues-a-lechec.php

J’aimerais beaucoup connaître les raisons pour le point de vue différent sur la question entre le Quebec et le reste du Canada……..

Il va de soi que le ROC prend un malin plaisir à faire durer l’affaire SNC-Lavalin.
Mais les arguments de Justin Trudeau ne sont pas tous convaincants. En particulier, il faut admettre que cette société, malgré les procès et les condamnations antérieures est restée corrompue au plus haut niveau , qu’elle est liée de très près au parti libéral, qu’elle jouit de privilèges importants , etc. La cupidité de ses dirigeants s’est encore manifestée en fin d’année.
En résumé, le fils Trudeau cherche à protéger non seulement 8700 emplois au Québec mais aussi sa gang de p’tits amis chromés bien peu soucieux de l’honnêteté et encore moins de l’intérêt national.
On avait déjà vu ça avec Bombardier…

Ça démontre l’intransigence de Mme. Wilson, même si nous n’en connaissons pas les raisons.Sans faire de politique,l’entente ne serait-elle pas plus « juste » pour nous, les citoyens? Ceux, qui ont fautés, ont été accusés et ne sont plus là. Et si on apporte tout ça en Cour, on n’a aucune idée du temps et des coûts de cet exercice, et des résultats. Et ceux qui vont en payer le prix, sont les innocents. De l’autre, la société a fait le « ménage » et redonnerait des montants substantiels a nos citoyens.
A mon avis la vraie justice devrait obliger tous les voleurs a redonner a la société et non les condamner a la prison a nos frais.

Une compagnie ne va pas en prison. Les sanctions sont toujours économiques et ici, si le bât blesse, c’est que le gouvernement fédéral a une directive de ne pas faire affaire pendant 10 ans avec une compagnie condamnée au criminel. Cependant, le gouvernement pourrait faire une exception pour SNCL s’il le voulait… mais il y aurait encore un prix politique à payer. Au moins ce serait transparent au lieu de la manière hypocrite qu’ils ont tenté avec la Procureure générale.

Si JWR tient tant à ce que SNC-Lavalin paie le plus possible pour ses péchés, c’est probablement parce que les méthodes corruptrices qu’emploient les dirigeants de l’entreprise depuis des décennies pour s’emplir les poches à outrance lui rappellent cruellement la cupidité des Blancs qui oppriment les peuples autochtones d’Amérique depuis des siècles.

Merci pour le papier, excellent résumé.
Je crois que la question est la suivante: Pour quelle raison a-t-elle descidé de prendre le chemin qu’elle a prise? Tant et aussi longtemps que nous n’aurons pas réponse à cette question, nous pouvons bien spéculer d’un coté comme de l’autre.
Je crois qu’indépendamment du résultat à cette question la Cie SNC et les pauvres employés enconre une fois vont sortir de tout cela bien amoché. Tout ce gâchis causé par la cupidité et l’appât du gain d’une poignée d’individus.

Les apparences peuvent être trompeuses. La question de fond c’est le rapport entre le politique et le judiciaire, pas à savoir si SNCL mérite un accord de réparation. Quand il y a une poursuite criminelle, ce sont les procureurs qui prennent les décisions et ils ont légalement l’autorité et l’indépendance pour le faire. D’un autre côté, la Procureure générale pouvait donner une directive à la Directrice des poursuites pénales (DPP) à l’effet d’accepter l’accord de réparation mais elle aurait dû en donner les raisons et rendre le tout public, au Parlement.

Or, quand les procureurs examinent une telle question, ils doivent se baser sur la loi et la jurisprudence, pas sur leur pif. Ici, il est fort douteux que SNCL remplisse les conditions prévues par la loi pour bénéficier d’un tel accord car elle a commis des gestes répréhensibles pendant des décennies. En conséquence et si c’est le cas, la directive de la Procureure générale aurait été illégale car une violation de la division entre le DPP et le politique. Mme Wilson Raybould devait croire que les procureurs de la DPP avaient bien appliqué la loi et la jurisprudence et ne voulait pas commettre un geste possiblement illégal.

Le gouvernement ne peut impunément violer la loi et l’éthique en matière de poursuites criminelles, même pour sauver des jobs. Si le gouvernement Trudeau tenait tant à sauver SNCL il pouvait facilement lever l’interdiction de faire affaire avec le gouvernement fédéral pour 10 ans. Mais il y aurait un prix politique à payer et c’est pourquoi les libéraux ont choisi une voie plus obscure pour en venir à leurs fins, croyant que le public ne se rendrait pas compte des pressions indues sur la PG. Si Trudeau n’avait pas démis sa PG suite aux menaces de « conséquences » si elle n’obtempérait pas aux pressions politiques, il est probable que nous n’aurions jamais su que cela s’était passé, la PG toujours en poste et fière d’avoir maintenu le droit. Il est probable aussi que le Globe & Mail n’aurait pas bénéficié de la fuite qui lui a permis de rendre public ce cafouillage libéral.

Si les employés de SNCL paient le prix de ce cafouillage, ils peuvent s’en prendre à Trudeau et ses sbires, pas à la PG, car ce sont eux qui ont tenté de détourner la loi sans que ça paraisse au lieu d’être transparents et honnêtes.

C’est beau, tout ce déballage , mais sommes-nous prêts à accepter soit le déménagement, ou le démantellement ou encore la disparition de SNC Lavalin?
Ils ont, paraît-il, un enjeu de réputation, mais non de santé financière. Avec le massacre de l’émission ‘Enquête’ hier soir, le camp 2 a de quoi célébrer.
J’ai vu hier dans le Globe & Mail l’en-tête qui suit: ‘Foreign investors are souring on Canada, which could sink the Canadian dollar.’ Quel fou va vouloir investir au Canada?
Comme troisième point, pour savoir comment les pays traitent leurs entreprises, allez voir comment s’est terminée la saga de VolksWagen. Est-ce que le pot de vin de SNC Lavalin est pire que ce qu’ils avaient fait?

Au delà des 2 camps, je ne suis pas prête à considérer son témoignage comme La Vérité avant d’entendre d’autres sons de cloche. Pourquoi reste-elle? Au caucus en plus. Est-ce une tactique quelconque envers son Chef? Un témoignage selon moi assez larmoyant malgré l’exactitude des rencontres, il en manque des bouts.

Surtout, pourquoi n’est-elle pas allée voir directement le Commissaire à l’éthique aussitôt qu’elle s’est sentie mal à l’aise avec les rencontres plutôt que de faire l’esclandre actuelle?

Je crois qu’il pourrait y avoir anguille sous roche. Peut-être en a-t-elle contre Trudeau ou quelqu’un de son entourage? Ça sent un peu la revanche.

@ Mme Lisa. Tout ce détournement d’éclairage vers Mme Raybauld-Wilson me rappelle les arguments de la défense face à une victime : « Mais Madame que fesiez-vous dans cette ruelle sombre si tard le soir avec vêtue de votre mini-jupe? » C’est malsain et cela détourne du vrai problème, l’obstruction à la justice. Aussi, par chance que Mme Raybauld-Wilson ait résisté, si elle avait démissionné comme plusieurs l’ont suggéré, un ministre plus complaisant aurait été nommé et tout le cover-up serait demeuré secret.

Je pense que SNC-Lavalin mérite un accord de réparation ! Ce qui me choque dans ce dossier est que les principaux instigateurs de cette corruption sont presque blanchis ou bien condamné à de minuscules peines ! Des bandits à cravates sèment la zizanie dans notre gouvernement!
Même notre premier ministre a de la difficulté à cerner l’ ampleur de ce phénomène. Manque d’ expérience ; je ne crois pas , c’ est plutôt un manque de vision, manque de leadership et finalement une conclusion qui amène notre pays avec une image négative !

César a élevé(sic, soutenu) Brutus!
Justin a sa Jody!
Peut-on penser que l’affaire Trans-Moutain cache d’autres raisons politique et qui conseille vraiment Jody: Scheer, Horgan, Teegee,ou…
Espérons que Trump n’est pas mêlé dans cette problématique environnementale et économique canadienne!
En politique tout est nuance de gris (50 nuances peut-être) et la vérité est un grand casse-tête de plusieurs vérités. Dans 100 ans, les Canadiens et Canadiennes (devrais-je dire les habitants du nord américain si la vie humaine est toujours active dans le Canada d’aujourd,hui.

Il y a anguille sous roche!! Qui a donné le mandat à la PG de tenir tête au PM et sa suite?? Qui se trouve dans chaque camp?? Qui va payer pour toute cette saga ? le bon peuple sans doute. Tout en espérant de mettre son X au bon endroit lors de la prochaine élection.

En décembre, l’équipementier allemand Siemens a décroché un contrat de 989 millions pour fournir à VIA Rail des locomotives et des voitures de passagers. Bien des gens ont protesté, mais pour une seule raison : le concurrent de Siemens était Bombardier.
Personne n’a noté que Siemens avait été impliquée dans un scandale de corruption à côté duquel SNC-Lavalin a l’air d’une sorte de deux de pique des affaires croches : 1,4 milliard US en pots-de-vin pour obtenir des contrats partout dans le monde.

Toutes les analyses actuelles portent sur les conséquences, pour l’équipe Trudeau, d’une situation créée par une seule cause, celle de ne pas permettre à SNC-Lavalin de bénéficier d’une mesure légale de réparation.
Il serait important et nécessaire de connaître les motifs qui ont amené la ministre Jody Wilson–Raybould, sa sous-ministre, sa directrice de cabinet et la directrice des poursuites pénales, Kathleen Roussel, à refuser à SNC-Lavalin l’application de cette mesure légale.
Cette décision, et leur entêtement à la maintenir, repose-t-elle sur des pressions, tout aussi inappropriées, venues de concurrents à SNC-Lavalin auprès de ces personnes? À qui profiterait la faillite, le départ ou le démantèlement de SNC-Lavalin? Comme dirait la police, à qui profite le crime.
Se pourrait-il qu’il y ait eu deux réseaux d’influence et de pression dans ce dossier? Et que l’un d’eux soit encore dans une zone d’ombre?
Quelqu’un qui pourrait-il enquêter sur les causes qui sont à l’origine de la présente situation plutôt qu’à ses conséquences pour une seule partie?

Crime, quand je lis un tel texte je me demande si le journaliste saisi bien les conséquences de ses propos. 1) oui, les accords de réparations existent aux Etat-Unis ou en Grande-Bretagne. Dans le premier cas, pensez-vous réellement qu’un président américain pourrait envoyer son staff politique au département de la justice pour infléchir une de leur decision? En Grande-Bretagne, le procureur général a un statut particulier: il est distinct du ministère de la justice. Il peut assister au conseil des ministres sans y être un membre regulier pour justement y preserver une forme d’impartialité. Bref, on a introduit un outils dans notre système judiciaire sans tous les contrepoids vus ailleurs.

Tous les partisans du camps 1, dont le présent journaliste, ne semblent pas avoir lu la loi. On nous parle des jobs, des jobs des jobs de SNC, mais le processus de justice réparatrice exclue explicitement de recourir à l’intérêt économique du pays comme argument pour justifier d’utiliser cette voie plutôt qu’un procès. Donc, quand la pression était appliquée sur Mme Raybauld-Wilson et que l’on lui demandait de trouver une solution, on peut imaginer que cela prenait cette forme : « nous savons que la loi ne peut invoquer l’intérêt, mais c’est à toi de trouver les arguments. » Car au final, ce n’est Gerald Butts, Bill Morneau ou Justin Trudeau qui vont écrire dans la gazette officielle les arguments justifiant de recourir à un accord avec Lavalin, c’est Mme Raybauld-Wilson et si cette dernière considère que SNC n’y a pas droit, alors on s’approche de la corruption.

Finalement, il y a cette idée que l’achat d’un pipeline, taxer ou non Netflix ou poursuivre ou non SNC sont des dossiers de même nature. Crime, qu’est-ce que l’on ne comprend pas avec l’indépendance de l’appareil judiciaire? Lorsque SNC a connu la décision du procureur général, elle saisit les tribunaux pour renverser la décision à la mi-octobre. Donc, toutes les pressions exercées en novembre et décembre pourraient être interprétées comme de l’obstruction à la justice.

En terminant, si des commentaires ne voient aucun problème à de que du staff politique exercent des pressions sur le système judiciaire pour infléchir une décision, alors il est facile d’imaginer le sans gêne des memes gens à, par exemple, appeler le président de Radio-Canada pour muter un journaliste trop perspicace, ou la direction de la future banque d’investissement du Canada afin qu’elle investisse dans des projets profitable politiquement.

Comme je le lisais, nous sommes proches d’une république de bananes, mais avec de la neige.

Pour ceux et celles qui ne sont pas aller voir le lien fourni pas M. Normand Lemyre, voici l’alinéa en cause: «(3) Malgré l’alinéa (2)i), dans le cas où l’infraction imputée à l’organisation est une infraction visée aux articles 3 ou 4 de la Loi sur la corruption d’agents publics étrangers, le poursuivant ne doit pas prendre en compte les considérations d’intérêt économique national, les effets possibles sur les relations avec un État autre que le Canada ou l’identité des organisations ou individus en cause.»
Peut-être que ceux qui mettaient de la pression sur Mme Wilson-Raybould l’ignoraient ou en avaient une interprétation différente, et dans ce cas la Procureur général se devait d’éclairer leur lanterne.

-On est en train de mettre un place un système de justice parallèle pour les »too big to fail » et un autre pour les autres…
Et on nous dit que c’est OK car les autres pays le font…

-Note: et si Jody Wilson-Raybould aurait enregistré toutes ces conversations….

Je pense que la grande majorité de la population ne sait pas ce que pourrait être un accord de réparation avec SNC ou une autre compagnie. . Comme l’analyste Michel David, je suis convaincue que les Québécois (ou Canadiens) ont retenu 2 choses: un, que Trudeau , ou son entourage, ont grandement fait pression sur une ministre de la Justice. en faveur d’une compagnie en fraude. ET deux: que Trudeau a menti, ou n’a pas dit toute la vérité sur cette affaire.
C’est un bris de confiance. Pas une expertise.

Pour le bien du pays Justin Trudeau devrait démissionner:
-Des dizaines de promesses électorales non-tenues
-Des déficits massifs a répétition, une dette nationale monstrueuse.
-Un milliard cent millions de dollars pour accueillir ses réfugiés,
-Dix millions de dollars a l’islamiste/terroriste Omar Khadr
-Le fiasco incroyable du pipeline
-Avec comme toute formation un diplome en littérature Justin Trudeau est surement le premier Ministre du Canada le moins qualifié de l’histoire
-Des économistes viennent d’annoncer la possibilité sérieuse d’une récession
-Obstruction de la justice afin de protéger une »Too big to fail ».
-Et maintenant il perd la confiance de ses propre ministres….
Belle job Justin ! Bravo champion!

Réflexions sur l’entourage Machiavel du simple d’esprit au pouvoir.
Gouverner, c’est faire croire. Contenter le peuple et ménager les grands, voilà la maxime de ceux qui savent gouverner. Tout n’est pas politique, mais la politique s’intéresse à tout. On ne doit jamais laisser se produire un désordre pour éviter une guerre ; car on ne l’évite jamais, on la retarde à son désavantage. Celui qui est cause qu’un autre devient puissant se ruine lui-même. L’habituel défaut de l’homme est de ne pas prévoir l’orage par beau temps. Gouverner, c’est mettre vos sujets hors d’état de vous nuire et même d’y penser.

J’ai été frappé par l’insistance de Butts sur le fait que les perceptions de pression ou pas peuvent différer d’une personne à l’autre. Peut-être plus encore lorsque ce «d’une personne à l’autre» est d’homme à femme ou inversement?

En neuropsy, un bon jour, pour illustrer que des cerveaux – masculin ou féminin – peuvent percevoir ou opérer différemment, le prof avait fait venir à l’avant un gars, une fille, en leur demandant d’effectuer au tableau une manoeuvre donnée de rotation mentale. Or… La fille, quoique de Q.I. supérieur, n’y était pas parvenue.

Ce qui se passe à Ottawa en ce moment, intéressamment, se passe en bonne partie, semble-t-il, intersexuellement. On a là, en effet, une couple de femmes face à beaucoup d’hommes; face à un PM homme en tout cas. Tout féministe qu’il se dit ou qu’on le dit être, il n’en est pas moins homme, avec cerveau d’homme.

Si bien que qui sait s’il n’y aurait pas plus malentendu(s), concernant «l’affaire» du moment, que mauvaise foi, fourberie ou (tentative de) duperie, d’un côté ou de l’autre, ou de part et d’autre? C’est l’hypothèse que je privilégierais après avoir revisité ce passage d’un gars qui disait s’y connaître en — (incommunicabilité de) – couple(s), et qui avait lâché ceci il y a vingt ans:

« Le problème c’est que l’homme est aussi dissemblable de la femme qu’un kangourou d’un toaster. Et qu’ils vivent néanmoins ensemble. S’il y a une violence dans les rapports entre hommes et femmes, elle est dans cet espace indicible où un homme et une femme ne se rejoignent jamais. »

Je vais un peu dans ce sens, les gouvernements pour bien paraître veulent tous accorder la parité homme femme au sein de leurs rangs, en autant que les femmes continuent de faire de la politique à la façon des hommes. Pourquoi demander aux femmes de s’investir si leur façon de penser diffère de celles des hommes politiques et qu’elles ne sont pas entendues et encore moins respectées. Nos choix se portent peut-être plus sur des valeurs d’équité , de justice appliquée de la même façon pour tous, individu ou entreprise. Allons de l’avant et laissons de la place au changement et à une nouvelle façon de gouverner, cela ne pourrait certainement pas être pire que ce que nous avons présentement. On demande aux hommes de gouverner en bon père de famille, mais pourquoi ne pas essayer d’être gouverné à la façon de bonne mère de famille ? Nous pourrions certainement rendre la gouvernance plus humaine, plus équitable et plus respectueuse des individus et de leur environnement.