La MMA inquiète le Maine

La MMA a reçu en moyenne trois amendes par année de 2004 à 2012. Les manquements les plus graves concernaient la sécurité inadéquate des rails. Le déraillement meurtrier du 6 juillet, c’est la chronique d’une catastrophe annoncée. 

La Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA) n’en finit plus de nous surprendre, et pour le pire! La Presse révèle aujourd’hui que la compagnie a été mise à l’amende 28 fois aux États-Unis, pour des amendes totalisant près de 150 000 $. Pas mal pour une compagnie fondée en 2002.

Les données du Département américain du transport donnent des accents encore plus sinistres à la tragédie de Lac-Mégantic. La MMA a reçu en moyenne trois amendes par année de 2004 à 2012. Les manquements les plus graves concernaient la sécurité inadéquate des rails. Le déraillement meurtrier du 6 juillet, c’est la chronique d’une catastrophe annoncée. Elle aurait très bien pu survenir dans le Maine plutôt qu’au Québec.

Pendant que des voix s’élèvent encore ici pour préserver les politiques de dérèglementation dans l’industrie ferroviaire, ou encore ne pas agir dans la précipitation, les Américains montent au front. Le leader démocrate de la Chambre des représentants du Maine, Seth Berry, estime que le bilan infâme de la MMA justifie un examen des règles de sécurité dans le transport ferroviaire, au Maine et ailleurs aux États-Unis.

À l’instar du NPD, qui a rapidement demandé une réunion d’urgence d’un comité des Communes sur le transport ferroviaire, M. Berry a convoqué une réunion du comité des transports du Maine. Les élus américains vont se pencher sur l’état de leur réseau à la lumière de la tragédie de Lac-Mégantic.

Sous l’effet combiné de l’exploitation des gisements de pétrole de schiste, dans l’ouest, et des politiques d’autosuffisance énergétique de l’administration Obama, les réseaux ferroviaires menant aux raffineries de l’est seront traversées par des convois de pétrole liquide. Les élus du Maine ne veulent pas qu’une bombe sur rail leur explose au visage. Saine réaction de prudence, même si elle survient un peu tardivement.

Il y a une limite à ignorer les signaux d’alarmes au nom du capitalisme. Le libre marché, sans une intervention minimale de l’État pour fixer les règles du jeu et assurer la sécurité des collectivités, c’est ni plus ni moins que du libertarisme.

Lac-Mégantic accuse le coup pour les excès des politiques de dérèglementation. Il y a 47 cercueils pour leur rappeler à l’intention des législateurs, des deux côtés de la frontière.

Les élus locaux de l’Estrie et de la Montérégie ont été les premiers à saisir l’urgence d’agir. Voilà qu’ils pourront compter sur l’appui du colosse américain.

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