La mort en sous-traitance

Il y a 35 ans, le 14 juillet, le Canada abolissait la peine de mort, et Amnistie internationale a souligné l’événement. Personne au pays ne milite pour le rétablissement de la peine capitale. Le premier ministre Stephen Harper a bien dit que dans ce dossier, comme dans celui de l’avortement, il n’était pas question de modifier les lois existantes. Mais comme dans le cas de l’avortement, c’est quand il transige avec le reste du monde que ce gouvernement laisse percer sa véritable position.

Jusqu’à l’arrivée des conservateurs au pouvoir, le Canada avait pour politique de toujours demander la clémence pour les Canadiens condamnés à mort à l’étranger. L’affaire a été ébruité quand le gouvernement a décidé, en 2007, de cesser d’intervenir en faveur de Ronald Smith, un Canadien condamné à mort au Montana pour le meurtre crapuleux de deux autochtones. La raison alors invoquée était que l’homme avait été jugé dans un pays démocratique et respectueux de la règle de droit.

Smith et ses avocats se sont adressé aux tribunaux et en mars 2009, la Cour fédérale déclarait illégale le changement d’approche du gouvernement Harper dans le dossier. La cour est allée un cran plus loin en rejetant l’approche au cas par cas adoptée par le gouvernement et jamais clairement expliquée. Selon le tribunal, les déclarations faites à l’occasion aux Communes ne constituaient pas une politique en matière de clémence et ne pouvaient suffire à justifier l’abandon du cas de M. Smith.

Le gouvernement a décidé de ne pas en appeler du jugement et de continuer à défendre Smith, mais il n’a pas abandonné pour autant sa politique aléatoire en matière de clémence. Il a même, pour éviter d’autres revers judiciaires, mis par écrit sa politique à géométrie variable qu’il a rendu publique il y a deux ans, presque jour pour jour.

À sa lecture, on comprend que le Canada n’est plus systématiquement opposé à la peine de mort et qu’il n’y voit rien de répréhensible lorsque certaines conditions sont remplies. Son intervention en faveur d’un condamné canadien à l’étranger dépendra dorénavant des réponses que ce dernier offrira à un long questionnaire. On ne dit toutefois pas quelles réponses peuvent entraîner l’assistance automatique du gouvernement. Aucun critère n’est donné car «les facteurs varieront d’un cas à l’autre selon les circonstances».

De l’arbitraire à l’état pur quand on lit les questions. On demande évidemment si le pays où a été jugé le condamné est considéré démocratique et respectueux de la primauté du droit, mais aussi si la peine de mort sera «exécutée de façon à infliger le moins de souffrances possible». Dans la section «Torture et autre traitement cruel, inhumain ou dégradant», on demande si «la méthode d’exécution constitue […] une forme de torture ou d’autre traitement cruel, inhumain ou dégradant». Comme si la peine n’était pas en elle-même un traitement cruel et inhumain.

Une section entière porte sur la nature et le contexte du crime, sa gravité, ses conséquences. Bref, le condamné doit prouver qu’il mérite d’avoir la vie sauve. Le mot «mérite» est d’ailleurs celui dont s’était servi le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Lawrence Cannon, quand il avait déclaré aux Communes que. «dans le cas de M. Smith […], le gouvernement sera assujetti à la décision des tribunaux, mais dans tous les autres cas, et je vais être très clair, la clémence n’est pas une obligation. La clémence doit nécessairement se mériter.»

Le point de vue du gouvernement n’a pas changé depuis deux ans. Selon lui, il y a des circonstances où il trouve acceptable d’imposer la peine de mort. Ses intérêts politiques l’empêchent d’appliquer cette politique à la maison, alors il laisse volontiers faire ailleurs contre ses propres citoyens. La mort en sous-traitance, en somme.

***

Dans le cas de l’avortement, on se souvient de la controverse suscitée par l’Initiative pour la santé maternelle et infantile dans les pays en développement pilotée par M. Harper lors du Sommet du G8 de 2010. Son gouvernement a décidé que les fonds canadiens ne pourraient servir à financer des programmes intégrant l’interruption de grossesse, une approche qui prévaut toujours.

 

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Depuis 35 ans, plus de 25,000 Canadiens ont été assassinés au Canada. Des femmes violées et égorgées, des enfants poignardés à 27 reprises, des ados garrochés en bas des ponts. Plus de 25,000. Pas un seul assassin n’a été pendu.
Etes-vous fier de votre Canada? (entre 70 et 80% des Canadiens sont en faveur de la peine de mort)

Rod, Rod, Rod…

Comment vos statistiques se comparent elles avec les États-Unis, pays par excellence et royaume de la peine de mort en Amérique?

Quelle est la marge d’erreur de votre sondage personnel? Plus ou moins 40%, 19 fois sur 20?

La peine de mort ne dissuade pas les meurtriers, c’est un fait établi. Je préfère de loin la justice qui réhabilite à la vengeance qui punit. Au moins, quand la justice commet une erreur, elle n’assassine pas un innocent. Quand je regarde ce que devient tranquillement mon pays je suis loin d’être fier, ces fous qui gouvernent font passer leur idéologie rétrograde pour la voix de la raison me dégouttent. Tuer un être humains c’est épouvantable ; en tuer d’autres au nom de la loi, c’est loin d’être mieux.

@Sans commun

Les Américains ont rétabli la peine de mort en 1976. Ils ont éxécuté un peu plus de 1000 condamnés. Ca fait une moyenne de 2,5 par mois!
Depuis 1976, plus de 600,000 personnes ont été assassinées! (imaginez la ville de Québec en entier, égorgée, poignardée, battue à mort. Pis ajoutez un autre 100,000 personnes)

L’application de la peine de mort aux États-Unis est politique. Elle n’est nullement punitive ou dissuasive.

Je suis du même avis que Rod sur ce sujet.

Je ne crois pas à la réhabilitation des meurtriers et des violeurs. Je crois au nettoyage. Pas pour les dissuader, mais pour s’en débarrasser.

C’est très simpliste, je sais, mais il s’agit pour moi de la seule justice possible pour ce genre de crime.

@ Daniel Tremblay: Vous seriez à l’aise avec l’idée qu’un meurtrier ou un violeur « réhabilité » devienne votre voisin? Qu’il côtoie vos enfants, votre femme? Si le crime avait été commit contre un membre de votre famille, souhaiteriez-vous toujours réhabiliter le criminel ?

Quel bon républicain vous feriez Rod. Votre idole est sans doute Michelle Bachman, ou Sarah peut-être?

@gilles gagnon

J’ignorais que le simple fait de rappeler quelques faits élémentaires faisait de moi un républicain!

Les petites élites québécoises, si tolérantes coté criminalité, ignorent la plupart du temps le fin fond de l’histoire.

Ils ignorent que la peine de mort aux États-Unis est appliquée au compte-goutte (une exécution pour 600 homicides!). Ils ignorent surtout que les taux de criminalité au Canada sont souvent plus élevés qu’aux États-Unis, les homicides étant la rare exception.

Allez voir les données des viols, fraudes, vols d’autos (Montréal est la championne), vous allez faire un saut! Vous allez voir que la répression à l’américaine fonctionne mauditement mieux que notre justice bonbon icite. Mais jamais, jamais ils ne vous parlent de cela. Ils vous parlent toujours du taux d’homicide, 4 fois plus élévé aux States, jamais du taux de vols d’autos.

Permettez-moi de soulever un sujet qui est toujours et sera toujours soumis à de longs questionnements et divergences d’opinion, mais le droit à la vie, selon moi, ne relègue aucunement du système judiciaire.

Le droit de vie relève du Karma et des actions qui nous permet de l’entretenir. Ainsi donc, les bonnes actions paient, et les mauvaises nous dérobe expliquée de façon simpliste.

Les bonnes actions ne paient pas toujours immédiatement mais sont certes une partie d’un chemin qui ne déraille pas.

Les mauvaises actions elles, rétribuent et exige qu’une personne paie en lieu de compte.

On ne peut malheureusement pas être accusé de faire et effectuer de bonnes actions, mais il est évident que le prestige lié à les entreprendre peut inciter des gens à s’assurer que le rôle soit légal. (La spéculation parfaite)

Pour ce qui est du droit de vie ou de mort pour des crimes graves; je ne crois pas que ce soit selon le système judiciaire, mais l’esprit sociétaire et sa cohésion qui doit régir.

Ainsi un pays qui assume sa sécurité publique et protège ses services en toute confiance, dénudé de trafic d’influences pourra évidemment mieu appliquer leurs juridiction..!

Neodemogratis

La peine de mort, ce n’est pas pour la disuation mais pour éviter une récidive. Il ne s’agit pas de condamner à mort un individu qui a commis un homicide sous le coup d’une colère momnentannée ou un instant de folie passagère mais je ne suis pas contre l’illimination de ces pervers tueurs en série, ils ne sont pas réhabilitable, ces sociopathes. On peut les garder en prison le restant de leur jours ou bien les exécuter rapidement. Est-ce plus cruel d’exécuter rapidement et sans douleur un individu que de le garder en prison le restant de ces jours?

Plus ça change plus c’est pareil, comme si nous n’avions rien appris depuis l’épisode de PONCE PILATE en l’an 33 de notre ère: « Crucifiez-le » répétait la foule manipulée par les prêtres… et Harper répondit: « Crucifiez-le vous-mêmes… moi je suis INNOCENT du sang de ce Juste »
AUCUNE CONSCIENCE SOCIALE…vue comme démagogie..
INDIVIDUALISME ABSOLU… « je, me, moi,POINT FINAL »
« Père, pardonnez-leur (disait LE condamné en mourant) ils ne savent pas ce qu’ils font »
Bon dimanche!

Wow, Rod, tu es un vrai panneau réclame pour les Conservateurs… Dommage que tu ne sois pas Américain, tu pourrais travailler pour FOX News…

Moi aussi je suis en faveur de la peine de mort. Il y a malheureusement des gens qui ne sont pas réhabilitables. Une minorité, mais il y en a. Il devrait avoir des cas d’exception où un juge pourrait condamner à mort.

Et pour le Droit des autres pays démocratiques, laissez-les donc décider par eux-même. Si le crime a été commis là-bas et que le criminel a eu un procès juste et équitable et qu’il est condamné à mort, QU’ILS LE TUENT et on en parle plus. J’en ai plein le *** d’entendre des gens croirent que leur manière de penser est supérieure. Si un pays décide d’être pour la peine de mort, n’y allez pas, c’est tout. Tant pis pour ceux qui vont commettre des crimes là-bas.

Je ne suis pas pour la peine de mort à tout prix mais quand je lis l’article, je vois que le sort de Smith est très important à vos yeux alors que celui des deux victimes n’a aucune importance… Encore une fois, la presse néglige les victimes pour ne s’occuper que des « criminels »… On le voit tous les jours dans notre système de justice (théorique).

Et au Québec, des bien-pensant veulent fournir des seringues aux prisonniers. Ça me fascine: au Québec, les gens honnêtes sont de la chair à taxes, et on dorlote les criminels. Au fédéral, on ne veux pas rapatrier de criminels et on laisse l’honnête citoyen tranquille. Nos valeurs québécoises sont différentes.

Je lis les autres commentaires et tout ce que je vois c’est « ramenez la peine de mort » ou « non, ne la ramenez pas ».

Je ne suis pas pour la peine de mort mais il y a une chose dont je suis contre: Nos prisons sont de vrai club med! J’en ai connu des gens qui sont allés en prison et qu’est-ce qu’ils font de leur journées nos prisonniers: Ils jouent aux cartes, au jeu vidéo, écoutent des films, etc. Oui, être coupé du monde c’est pénible mais c’est tout! Dans le moment, les prisonniers font de leur journées à peu près la même chose que nos ados!

Il me semble qu’être en prison devrait être quelque chose de TRÈS désagréable pour vous couper toute envie d’y retourner! Donc, pour moi, non à la peine capitale mais il faudrait envisager d’autres options.

Si je me rappelle bien, un prisonnier nous coûte 40000$ par année. Le pire c’est que de ce montant on compte aussi une petite allocation hebdomadaire pour que le prisonnier paye ses petites dépenses!!! C’est ri-di-cu-le!

Oui il faut essayer de les réhabiliter. Comme ça, si c’est un succès, il reviendront simple citoyen qui rapporte à sa société. Mais dans le cas où ce n’est pas possible, ils devrait travailler en prison. Moi je dis oui au travaux forcés! Et je parle pas de casser de la roche comme dans le lointain passé mais d’exécuter des tâches qui sont utiles à la société d’une façon comme une autre.

De cette façon, au lieu de nous coûter de précieux dollars, il nous en apporterait!

De plus, en cas d’erreur judiciaire, on aurait pas tué un innocent, il aurait juste travaillé pour rien (pour lui on s’entend!) et on aurait de quoi lui donner une meilleur compensation à son retour à la vie normale.

La belle Norvège socialiste n’a pas la peine de mort, fait que l’hurluberlu qui vient de tuer 91 personnes innoncentes (des jeunes en majorité) aura droit à la vie.
Le méchant État de l’Ohio a la peine de mort, fait que le tueur en série qui a tué 11 femmes va être éxécuté

http://www.bbc.co.uk/news/world-us-canada-14259313

C’est quoi votre modèle de société?

@Rod :

Si on le tue, à part avoir 92 morts plutôt que 91, qu’est-ce qu’on gagne ?

Les américains auront bientôt 12 morts. Bravo eux ?

Mon modèle de société ? Je veux vivre dans une société qui décide de ne pas s’abaisser au même niveau que les assassins.

@matthieu K<

La peine maximale en Norvège est de 21 ans. L'assassin de 92 personnes va donc sortir en 2032. Allez-vous être là pour le serrer dans vos bras?

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