La navette fluviale : une coquetterie de Denis Coderre

En matière de transport en commun, il semble bien que les économies de bouts de chandelle et le rapiéçage du réseau soient les seules avenues envisagées.

Photo: Jacques Boissinot/Presse canadienne
Photo: Jacques Boissinot/Presse canadienne

PolitiqueParmi les coquetteries de la rentrée, l’administration Coderre a autorisé une dépense de 60 000 $ pour mener une étude de faisabilité sur l’implantation d’une navette fluviale entre Pointe-aux-Trembles et le Vieux-Montréal.

Il n’y a rien de scandaleux dans cette histoire dénichée par La Presse, mais elle est tellement déprimante. Cette navette ne serait pas destinée aux touristes, mais aux travailleurs et étudiants qui doivent se rendre au centre-ville matin et soir. C’est un projet de… transport collectif… pour une période n’excédant pas sept mois par année en raison de notre climat.

Le projet «ne requiert aucune construction d’infrastructure lourde», contrairement à l’ajout d’une ligne de métro ou d’un tramway, affirme le sommaire décisionnel présenté aux élus montréalais.

Le cœur du problème est là. Les élus confondent des dépenses et des investissements. Pour juguler la congestion routière et réduire les émissions de gaz à effet de serre, il faudra un jour investir dans les infrastructures lourdes, là où la densité urbaine est la plus importante, c’est-à-dire sur l’île de Montréal et dans ses banlieues immédiates. Le prolongement de la ligne bleue à Anjou, en souterrain s’il vous plaît, et l’expansion de la ligne jaune sur la rive-sud devraient être la priorité des priorités pour nos politiciens.

En matière de transport en commun, il semble bien que les économies de bouts de chandelle et le rapiéçage du réseau soient les seules avenues envisagées.

La métropole n’a pas connu pareil recul depuis les années noires de Pierre Bourque, le maire «vert» qui n’avait rien trouvé de mieux à faire que de sabrer dans le financement de la Société de transport de Montréal (alors appelée la STCUM) pour équilibrer son budget.

Quels sont les projets de l’automne ? Une ligne d’autobus par ici, une voie réservée par là. On n’est pas loin de la stratégie du «pot de peinture» préconisé par Denis Coderre en campagne électorale (il pensait régler les problèmes en traçant au sol de nouvelles voies réservées).

La navette fluviale fait partie de ces fausses bonnes idées. Comme le rapportait Radio-Canada, ces navettes coûtent affreusement cher. À Göteborg, en Suède, le déficit d’exploitation est de 10 millions par année. La navette, avec ses 2,4 millions de passagers par année, occupe une part modale de 1 %. On ne règle pas les problèmes de congestion routière dans une grande ville avec des gains aussi modestes.

Si des opérateurs privés veulent se lancer dans le commerce de navettes fluviales, qu’ils le fassent. Mais il ne faudrait pas se bercer d’illusions. Il ne s’agit pas d’un projet de transport public, et il ne devrait certainement pas être financé avec l’argent du public.

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6 commentaires
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La stratégie du pot de peinture que vous décriez me semble au contraire une excellente idée. Quoi qu’en disent les automobilistes, la priorité doit être accordée aux usagers du transport en commun. Si seulement ceux qui ont réellement besoin d’une voiture pour se rendre au travail (aucun accès au transport en commun en raison de la distance ou ribambelle de mômes à amener et ramener de la garderie) circulaient dans les rues de Montréal, les voies réservées ne poseraient de problèmes à personne. Et l’infrastructure (les rues) est déjà là. Il ne resterait qu’à convaincre ceux qui pensent que « ça pue dans un autobus » que le transport en commun n’est pas une si mauvaise chose, après tout.

Je suis bien conscient qu’à l’heure actuelle tout ça relève un peu du rêve, mais si rien n’est fait… De plus, cette solution coûterait beaucoup moins cher que celle qui constitue à confiner les usagers du transport en commun au sous-sol de la ville pour laisser toute la surface aux automobilistes (investir tous ses sous dans le prolongement des lignes de métro sans s’occuper de ce qu’il y a au-dessus ne réglera qu’une infime partie du problème).

Ça illuster un problème de société. je le dis depuis un bon moment: le politique en mène trop large. Nosu avons des spécialistes dans le domaine (universitaires, OSBL spécialisés dans le domaine du transport, professionels oeuvrant dans le domaine, etc.

Or, les décisions sont politiques et populaires. Bref, tout le monde a une opinion sur la question. Et cet opinion prévaut sur ceux qui s’y connaissent.

Surtout que le domaine du transport en est un qui reflète une autre problématiquye de notre société: on a pas d’argent mais on veut ce qui coûte le plsu cher. Soit des gros chars et des routes ad vitam aeternam.

Des solutions en fait de transport en commun doivent être trouvées et instaurées. Vous parlez entre autres d’un prolongement de le ligne bleue jusqu’à Anjou. Que faites-vous des arrondissement se trouvant à chaque bout de l’Île, tel Pointe-aux-Tembles? Le fameux train de banlieue installé n’est même pas utile pour un grand nombre des ces résidants. Lorsqu’il est demandé à la STM d’améliorer leurs services à cet endroit, ils répondent que ce n’est pas dans leur priorité. Lorsqu’il y a des bus manquants, les premiers trajets pénalisés sont ceux de Pointe-aux-Trembles comme la 487. Se rendre de Pointe-Aux-Trembles en bus et metro jusque dans Villeray, temps de trajet minimum, 1 heure 20 minutes, avec 4 transferts. Est-ce normal? Alors si la navette fluviale peut aider pendant un nombre de mois, oui je le veux!

C’est évident que ça ne règlera pas le problème de la circulation à Montréal, c’est une idée originale qui mettra un cataplasme temporaire sans solutionner le vrai problème. Il faudrait contraindre les automobilistes, seuls dans leur voiture, à utiliser le transport en commun. Il faut agir et étendre les lignes du métro, une solution durable et surtout à
long terme. La participation du privé est sans doute nécessaire vu que les pouvoirs public sont dans le rouge.

Au contraire, c’est un excellent projet. Pour l’avoir pratiquer à Vancouver, rentrer au travail en bateau est vivifiant, c’est zen, reposant, ça oxygène le corps et le cerveau. Pas de circulation, c’est relax et ce Boulevard qui existe depuis bien avant le début de la colonie est sous utilisé. On l’aime notre majestueux fleuve, on en est fier mais on le fréquente peu. La diversité des transports collectifs suscite l’attrait. C’est pas plus con que le tramway qui devrait aussi trôner au centre de l’île au centre ville..

Pour développer ce moyen de transport, la Ville devra aller en appel d’offres public, mais pas trop de compagnies seront intéressées présenter des offres.
Dans ce genre de transport pour la distance du trajet il y a pas trop de compagnies qui font cela, Pour avoir tous les permis et les embarcations nécessaires il y a 1 peut être 2 compagnies dans ce domaine et pour ce parcours, Donc très difficile de prédire s,il y aura même des partants pour cet apel d’offres. J’en sais quelque chose l’ayant déja vecu. Donc ce n’est pas pour demain la veille que ce sera disponible. Ilfaudra prendre notre mal en patience et beaucoup de patience.