La Palestine, Harper, et la vision du bien et du mal

Le gouvernement de Stephen Harper ne vit pas dans un monde de nuances. Il en va de même sur la scène internationale.

D’ailleurs, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, un homme de confiance de Stephen Harper, n’est pas reconnu pour son doigté diplomatique. Il tient à son côté tranchant…

Depuis 2006, le Canada prend position rapidement dans les conflits, polarise souvent les débats et n’hésite pas à «marcher sur les orteils» de certains pays lorsqu’il est question de ses «principes», comme le dit John Baird. Peu importe les conséquences, quitte à perdre un prestigieux siège au Conseil de sécurité de l’ONU pour la première fois de l’histoire canadienne, comme en 2010.

Une vision de la planète en noir et blanc, en «bons» et en «méchants». Le bien et le mal.

Les ministres conservateurs y font d’ailleurs référence dans leurs discours.

Rien n’illustre mieux la vision du monde du gouvernement Harper que le récent refus de reconnaître à la Palestine le statut d’État observateur non membre de l’ONU.

Le Dôme du rocher, à Jérusalem, ville au centre de la dispute entre Palestiniens et Israéliens. Crédit photo: Berthold Werner/Wikimedia Commons

La situation d’Israël se retrouve souvent au coeur de cette moralité et des principes qui guident maintenant l’action canadienne.

Le Canada n’a pas simplement dit non à la Palestine. Il en a mis plus que le client en demande. Le ministre John Baird a été le seul ministre des Affaires étrangères à se rendre à New York la semaine dernière pour enregistrer le vote de son pays, les autres nations utilisant leur représentant à l’ONU.

Le Canada a été le seul des neuf pays ayant voté contre la résolution à rappeler dans sa capitale ses ambassadeurs à l’ONU et dans les pays concernés afin de signifier sa colère et évaluer ses options. Un geste symbolique fort.

Alors que les États-Unis ont fait une campagne diplomatique assez passive pour convaincre les États de refuser ce statut à la Palestine, le Canada en a fait un cheval de bataille dans les derniers mois.

Je ne vais pas refaire ici la nomenclature des événements et des conséquences, bien résumée dans le blogue de ma collègue Manon Cornellier.

Mais la position canadienne en ce qui a trait à la reconnaissance de la Palestine permet de revenir sur cette vision du monde que les conservateurs développent depuis leur arrivée au pouvoir.

D’abord, la proximité avec Israël est indiscutable et plus poussée que jamais dans l’histoire du Canada.

En 2010, le premier ministre Israélien Benjamin Nétanyahou a qualifié le Canada de «plus grand allié» d’Israël, devant les États-Unis. C’était un peu après que Stephen Harper eut affirmé «qu’une attaque contre Israël serait considéré comme une attaque contre le Canada», une phrase jamais prononcée par un premier ministre canadien avant Stephen Harper.

Anecdote révélatrice: le 31 mai 2010, Stephen Harper reçoit à Ottawa le premier ministre Benjamin Nétanyahou. C’était la première visite officielle d’un premier ministre israélien depuis Yitzhak Rabin, en 1994.

La veille, un dimanche, les deux hommes ont passé l’après-midi ensemble au 24 Sussex, en compagnie de leurs épouses.

Puis, le 31 au matin, pendant que la communauté internationale réagissait fortement à l’attaque de l’armée israélienne contre la flotte de six navires humanitaires en route vers la bande de Gaza, Benjamin Nétanyahou et Stephen Harper se rencontraient calmement dans le bureau du premier ministre au Parlement.

La réunion, prévue de 10h à 11h, n’a pas été annulée, au contraire. Plutôt que de rencontrer les journalistes pour un point de presse commun à 11h15, les deux hommes ont poursuivi leur tête-à-tête, invitant plusieurs ministres du gouvernement Harper à se joindre à la réunion. M. Nétanyahou a quitté le bureau de Stephen Harper seulement à 12h44, soit plus tard que prévu et près de 2h30 après avoir annoncé publiquement qu’il devait rentrer d’urgence en Israël pour gérer la crise.

Et puisque Nétanyahou avait préféré visiter le Canada une journée avant son allié traditionnel, Washington — un fait rare — c’est donc la rencontre du lendemain à la Maison-Blanche qui a été annulée.

Il y a deux raisons à cet appui sans faille du Canada à Israël.

L’une est électorale. La communauté juive canadienne, largement favorable aux Parti libéral du Canada, est énergiquement courtisée par les conservateurs depuis 2006. Et ça commence à porter ses fruits. Dans des circonscriptions à forte concentration de la communauté juive, à Toronto et Montréal, les conservateurs ont réussi des percées importantes. À Montréal, dans Mont-Royal, le député libéral Irwin Cotler est dans la mire du Parti conservateur, qui a presque réussi à le déloger en 2011 (2260 voix de différence) grâce à l’appui grandissant de la communauté juive de ce secteur.

L’autre découle de cette vision du monde où «le mal» doit être combattu. Une position morale que le gouvernement conservateur décrit comme en étant une de principe.

Dans mon grand papier de février 2012, «La face cachée du plan Harper», j’abordais la politique étrangère du gouvernement conservateur.

Extrait:

Sur la scène internationale, le castor canadien semble toutefois s’être transformé en faucon, pas très loin de l’aigle américain. Le retrait du Canada du protocole de Kyoto, son appui inconditionnel à Israël, les frappes aériennes en Libye et sa rhétorique musclée contre les «dictateurs qui arpentent les corridors de l’ONU», entre autres, ont suscité des réactions contrastées dans la communauté internationale. «Le Canada défend des valeurs. On ne va pas s’excuser d’écraser certains orteils», soutient le ministre des Affaires étrangères, John Baird.

Les conservateurs estiment que la vision du monde «nuancée» des libéraux est «naïve» et n’a pas donné de résultats. «Harper déteste le relativisme moral des libéraux. À vouloir faire plaisir à tout le monde, on ne fait plaisir à personne. Pour lui, la planète est peuplée de bons, mais aussi de méchants», dit un stratège conservateur.

Aux yeux des conservateurs, Israël est du côté des bons, de sorte que le Canada ne critique jamais «son ami» en public, peu importe ses gestes.

Le 27 septembre dernier, dans un discours à New York où il recevait un prix de la fondation Appeal of Conscience, Stephen Harper a davantage expliqué pourquoi il appuie inconditionnellement Israël.

Il a d’abord parlé de l’Iran, avant de bifurquer sur l’État hébreu. Extraits:

«Je crois que la voix de notre conscience nous oblige à dénoncer ce que le régime iranien défend et représente. De la même façon qu’elle nous oblige à exprimer notre soutien à l’égard du pays le plus directement visé par la haine que nourrit ce régime, soit l’État d’Israël. Cependant, mes amis, notre appui à Israël ne signifie pas que nous sanctionnons chacune des politiques de son gouvernement.

Cependant, lorsqu’il s’agit du pays de la communauté mondiale dont l’existence même est menacée, notre gouvernement refuse de se servir de tribunes internationales pour montrer du doigt et critiquer Israël. Et il est important de déclarer que, peu importe les lacunes d’Israël, ni l’existence, ni les politiques de ce pays ne sont responsables des pathologies présentes dans cette partie du monde.

Et nous sommes également conscients d’une leçon que l’histoire nous a enseigné selon laquelle ceux qui prennent le peuple juif comme cible de leur intolérance raciale ou religieuse deviendront inévitablement une menace pour chacun de nous. Et, de fait, ceux qui ciblent Israël de cette manière aujourd’hui sont également, par leurs paroles et leurs actes, une menace pour toutes les sociétés libres et démocratiques.

Maintenant, mes amis, je dis cela non pour encourager quelque mesure particulière, ni pour souhaiter plus de misère à la population iranienne qui souffre depuis longtemps, mais plutôt pour que nous n’hésitions pas à reconnaître le mal dans le monde lorsqu’il le faut.

Puis, Stephen Harper poursuit sur cette notion du bien et du mal dans son discours.

Extrait:

«Notre gouvernement soutient simplement que la communauté internationale doit en faire plus, doit tout mettre en œuvre pour accentuer la pression et isoler ce régime [iranien]. Mesdames et messieurs, laissez-moi seulement terminer en vous disant ceci. Nous ne devrions jamais considérer les autres comme étant du côté du mal simplement parce qu’ils sont en désaccord avec nous ou nous font concurrence. Mais là où se trouve le mal se trouveront invariablement des divergences irréconciliables avec les idéaux qui animent le Canada, les États-Unis et les pays aux vues similaires.

Les idéaux selon lesquels toutes les personnes sont investies de la dignité humaine et devraient se voir accorder les mêmes droits. Le rôle du Canada n’est pas de faire la leçon aux autres, mais notre gouvernement se doit de faire les choix que les circonstances nous imposent, et nous ferons ces choix.»

Quatre jours plus tard, le 1er octobre dernier, le ministre John Baird monte sur l’estrade des Nations Unies pour livrer un discours où il critiquera sévèrement l’inaction de l’ONU, notamment dans le dossier syrien. (Paradoxalement, en reconnaissant à la Palestine le statut d’État observateur non membre, l’ONU a justement décidé de tenter quelque chose pour secouer cette région bloquée, donnant un coup de pouce aux modérés du Fatah de Mahmoud Abbas, en constante tension avec les extrémistes du Hamas…)

Dans ce discours de John Baird, la notion du bien et du mal revient.

Extrait:

«La poursuite du progrès économique et social de tous les peuples se manifeste par la lutte en faveur de l’ouverture des marchés, des sociétés et des esprits. Dans cette lutte, il est évident que le Canada n’est pas neutre.

(…)

Le regretté Martin Luther King Jr. a dit ce qui suit : «Celui qui accepte passivement le mal en est aussi coupable que celui qui aide à le perpétrer. Celui qui accepte le mal sans s’y opposer, contribue dans les faits à le propager.» Et si l’intérêt collectif pour notre humanité commune ne nous pousse pas à agir, alors notre intérêt personnel devrait nous convaincre de le faire, ne serait-ce que pour notre propre sécurité.»

Dans un discours prononcé le 16 décembre 2009, à Jérusalem, le ministre de l’Immigration et de la citoyenneté, Jason Kenney, soutenait que son gouvernement prendrait des positions fortes, que cela plaise ou non.

Extrait:

«Aujourd’hui, certaines personnes ont déclaré que notre gouvernement, en prenant ces positions, a en quelque sorte abandonné la position traditionnelle du Canada de neutralité ou d’équilibre dans les affaires étrangères. Que nous avons quelque peu compromis la crédibilité du Canada à l’étranger et sa réputation sur la scène mondiale par la prise de ces positions. Je présume que ces gens croient qu’il y a une certaine neutralité entre la tolérance et la haine, entre le terrorisme et le contre-terrorisme. Notre gouvernement estime qu’en fait, nous réclamons et donnons une expression nouvelle et réelle à nos valeurs ancrées dans l’histoire. Le Canada s’est engagé dans la création du processus des droits de l’homme des Nations Unies et nous ne pensons pas que ces institutions, que les principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits de l’homme, aient eu pour but d’être pervertis et utilisés contre les démocraties ni de servir à des régimes qui s’en prennent à une haine ancestrale pour arriver à leurs propres fins politiques.»

L’appui inconditionnel à Israël a parfois causé des maux de tête à Ottawa, parce que la notion de bien et de mal se heurte parfois à la réalité. Le monde n’est pas toujours noir ou blanc, notamment lorsque cet alignement avec Israël entre en contradiction avec d’autres principes que le Canada dit soutenir de toutes ses forces: la démocratie et les droits humains.

La diplomatie est souvent grise. Une situation parfois enrageante, mais c’est la réalité d’un monde devenu très complexe.

Le printemps arabe est l’épisode le plus frappant. En janvier 2011, quelques jours après que les rues du Caire, en Égypte, se furent enflammées, Israël a envoyé une note diplomatique secrète à ses alliés, dont le Canada, leur enjoignant de soutenir le régime vacillant du président Hosni Moubarak. L’ébullition arabe, et au premier chef les troubles en Égypte et en Jordanie, deux pays en paix avec l’État hébreu voisin, a semé la panique au sein du gouvernement israélien, où l’on craignait un réalignement politique régional qui isolerait davantage Tel-Aviv et accentuerait les tensions.

À Ottawa, le 2 février 2011, le Comité Canada-Israël, un groupe de pression influent, a emboîté le pas et envoyé aux députés et ministres un document expliquant à quel point la chute du président Moubarak et la naissance d’une jeune démocratie ouvriraient la porte aux extrémistes et engendrerait le chaos dans la région.

Une vision qui a fortement influencé la position du Canada, seul pays occidental à ne pas réclamer une «transition immédiate» en Égypte. Pendant que Washington, Londres, Paris, Madrid et Rome souhaitaient ouvertement une fin rapide du régime Moubarak et un transfert du pouvoir à un gouvernement provisoire, Ottawa se collait à Tel-Aviv en refusant de condamner le vieux dictateur. Le gouvernement Harper soutenait qu’une «transition ordonnée» signifie aussi éviter le «vide» politique d’un départ hâtif.

Le premier ministre Stephen Harper a dit «respecter» la décision du président Moubarak de quitter le pouvoir. Ironiquement, le gouvernement canadien parle également de démocratie, de primauté du droit et de respect des minorités en Égypte.

Soudainement, le bien et le mal étaient des concepts plus flous.

Autre exemple: la Chine. Harper l’a boudée ostensiblement pendant ses premières années au pouvoir en raison de ses violations des droits humains. Puis, la raison économique prenant le dessus, il a fait un virage à 180 degrés et en a à peine parlé lors de son dernier voyage dans l’Empire du Milieu.

Le gouvernement Harper affirme que la fin des concessions sur «les principes» et l’arrivée de positions fortes dans certains dossiers redonnera au Canada une influence dans le monde.

Six ans après l’arrivée au pouvoir des conservateurs, ça reste encore à prouver. Par exemple, aurait-il eu plus d’influence avec un siège au conseil de sécurité de l’ONU?

Le Canada a beau siéger sur le G8, le G20, l’APEC, la Francophonie et une multitude d’organismes internationaux, il n’est pas une grande puissance mondiale. Ottawa, comme puissance de moyenne taille, avait pris l’habitude de jouer les médiateurs dans les conflits, celui que tout le monde aime et qui peut donc rapprocher les partis au besoin. Une certaine neutralité, parfois discrète, mais parfois utile. L’inventeur des casques bleus…

Et lorsque le gouvernement canadien en sortait pour tourner le dos à des alliés (bouclier anti-missile américain, guerre en Irak, appartheid en Afrique du Sud, Cuba, etc), il s’assurait que la population canadienne était derrière lui avant de bouger. Ce n’est plus nécessairement le cas.

Faut-il y aller le tout pour le tout sur la scène internationale pour se faire entendre? Les conservateurs le pensent.

Ou faut-il plutôt user d’une stratégie plus fine, plus adaptée au statut de puissance de taille moyenne, mais moins spectaculaire? Certains le pensent aussi au sein du gouvernement, notamment au ministère des Affaires étrangères.

Ce sont ces deux positions qui s’entrechoquent depuis l’arrivée au pouvoir des conservateurs. Et qui expliquent que la boussole morale à Ottawa semble parfois pointer dans une drôle de direction.

Le bien et le mal face au pragmatisme et au réalisme. Le dossier de la Palestine l’illustre bien.

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Navré de ne pouvoir commenté en long et en large votre long exposé sûrement instructif M.Castonguay, mais après avoir vu l’entrevue complaisante et mielleuse d’Anne-Marie Dussault à 24 heures en 60 minutes (RDI) avec un représentant de la communauté juive de Montréal sur le sujet qui nous anime, je peux vous dire que malgré tout marcher sur des oeufs à Radio-Canada est moins pire que les massacres et les injustices perpétrés par Israël au peuple palestinien avec l’appuie du Canada.

Comme vous l’écrivez avec beaucoup de justesse, le Canada est une puissance moyenne ; c’est pourquoi nos meilleurs atouts sont sur les fronts diplomatiques, politiques et économiques. Sur la scène militaire, nous ne pouvons dans le plus favorable des cas que jouer un rôle de soutien et il serait hasardeux de vouloir se couvrir de gloire au combat. En supposant même que notre pays choisisse de privilégier les missions de paix comme cela avait été initié sous le temps de Lester Pearson, la logistique du temps présent ne permet pas d’assurer seuls l’ensemble des problématiques et des risques inhérents à ce type de situations.

Il est patent que messieurs Harper et Nétanyahou s’entendent bien, d’autre part le Likoud, le parti de monsieur Nétanyahou est un parti frère qui partage un certain nombre de valeurs communes avec le Parti Conservateur. Ceci expliquant cela, il est dans l’ordre des choses que le parti au pouvoir au Canada s’entende bien avec ses homologues israéliens. D’autant plus que la méthode de Netanyahou pour rester en place est également une source d’inspiration pour Harper.

Devrions-nous nous inquiéter du vote du Canada qui a dit non à la demande de la Palestine de devenir un État observateur non membre de l’ONU ? À mon avis pas ; car le résultat du vote était connu d’avance et on savait que la Palestine obtiendrait un accueil favorable largement majoritaire. Diplomatiquement parlant, il devenait beaucoup plus intéressant de manifester ouvertement la loyauté du Canada envers ses alliés. D’autre part, la résolution du conflit passe par une détente durable de l’ensemble des nations qui coexistent dans cette région. Les tensions particulièrement en Syrie sont bien plus préoccupantes.

Bref, comme le disent si bien les flamands (Je moet niet te veel hooi op je vork nemen) : « Tu ne dois pas prendre trop de foin sur ta fourche si tu veux que ton ouvrage soit fait » ; sur ce dossier en particulier, le Canada a une position claire que je trouve respectable, il évite par le fait-même de devoir se soumettre et s’humilier sans aucune résistance comme les romains en 321 avant JC au passage des Fourches Caudines.

Bon…maintenant Harper est dans le même camp que l’Obama des gauchisto-pacifistes et on continue à le critiquer?

Eh ben…

Pour les Québécois francophone, majoritairement, le mal c’est Harper et ses Conservateurs.

Serge Drouginsky: «D’autant plus que la méthode de Netanyahou pour rester en place est également une source d’inspiration pour Harper.»

Voilà qui n’est guère rassurant, puisque la popularité de Natanyahou et celle du Hamas s’explique d’abord et avant tout par le fait qu’ils promettent respectivement plus de meurtres d’Arabes et plus de meurtres de Juifs !

« Bon…maintenant Harper est dans le même camp que l’Obama des gauchisto-pacifistes… »

D’une part le pacifisme absolu à la sauce Alain ou Bertrand Russell, que nous avons toujours sur les bras de nos jours, et d’autre part le bellicisme bas-du-front que nous avons de nouveau sur les bras, aboutissent à une aberration commune: puisqu’il s’agit pour les uns d’être contre LA guerre (n’importe laquelle) et pour les autres de célébrer LA guerre (n’importe laquelle), alors l’irréductible spécificité de chaque événement – de chaque guerre – est abolie. Les guerres deviennent « la » guerre, les événements deviennent interchangeables comme dans une espèce de bouillie. Une ignorance crasse de l’histoire est à la base de l’une et l’autre idéologies.

« Une vision de la planète en noir et blanc, en «bons» et en «méchants». Le bien et le mal. »

Comme celle des journalistes du Devoir et sa version magazine…

Ce gouvernement passera clairmeent comme le pire de l’histoire canadienne en matière de relations internationales. Notre image a vraiment été détruite par des politiques idéologiques et partisannes. Je n’ai jamais aimé les libéraux, mais je dois leur donner une chose : en matière de relations internationles, ils savaient bien défendre les intérêts nationaux du Canada.

La logique des conservateurs de l’ouest est la pensée de la droite-réligeuse tel qu’aux États-Unis. Espérons qu’il vont perdre les prochaines élections comme nos voisins du Sud, le monde se trouver bien mieux.
Vu le tous du Québec j’en doute fort que la majorité des Québecois(es) appuyent la position de Harper sur Israel, ce gouvernement ne représente pas la Province du Québec.

M. François 1, Obama est du côté d’Israël pour des raisons économiques et d’influence juive en Amérique. Impossible de faire autrement. Peut-être est-ce aussi la cas de Harper et celui du Québec qui ne dit mot.

Comme le disait si bien M. Charest : L’économie, l’économie et l’économie. Le reste…bof. Les Palestiniens ne sont pas sortis du désert.

Éric: « “Une vision de la planète en noir et blanc, en «bons» et en «méchants». Le bien et le mal.” Comme celle des journalistes du Devoir.»

Bravo, bien dit, c’est exactement ça: une go-gauche simplette qui penche du côté palestinien, une droi-droite simplette qui penche du côté israélien. Selon moi, en revanche, quiconque penche ne serait-ce que d’un millimètre soit du côté palestinien, soit du côté israélien, est complice de l’amour immodéré de la boucherie qui caractérise les dirigeants des deux peuples, voire les deux peuples eux-mêmes.

Pendant des années, les dirigeants Israéliens et Palestiniens se sont ingénié à tromper l’opinion internationale sur leurs véritables intentions en utilisant des termes qu’en réalité ils méprisaient, comme « paix » et « civils ». Et bien entendu, leurs supporters étrangers respectifs ne demandaient qu’à être abusés.

L’antifascisme n’est pas le pacifisme ; enfin, pas exactement. Il faut rentrer la paix dans la gorge des deux peuples, et non attendre encore une fois de nous faire leurrer, de nous faire escroquer par d’habiles « négociateurs » israéliens et palestiniens dont le seul et unique but, dans les pourparlers de paix, a toujours été de saboter le processus en faisant habilement porter tout l’odieux de l’échec des négociations sur le camp d’en face. Le but réel des dirigeants Israéliens et Palestiniens, chacun de leur côté, a toujours été la poursuite de la guerre, a toujours été de prouver qu’on ne peut pas s’entendre avec «ces gens-là».

Il faut vraiment être d’une rare crédulité – crédulité de droite ou crédulité de gauche, peu importe – pour croire une seconde aux prétendues velléités de paix de ces va-t-en-guerre finis, de ces bellicistes assoiffés de sang que sont les dirigeants Palestiniens et les Israéliens.

Une force internationale armée jusqu’aux dents doit s’interposer à demeure, à perpétuité dans une longue zone-tampon entre les deux patries, avec ordre de tirer à vue sur quiconque fait mine de rompre le cessez-le-feu. Jérusalem passe sous juridiction internationale, puisque les badernes bas-du-front des deux camps ont transformé en un baril de poudre de cette cité irremplaçable.

Selon le principe du diplomate Carlo Sforza, pour qu’un traité tienne la route, il faut « que les motifs d’insatisfaction soit également répartis de part et d’autre ».

Je commence la ronde par deux motifs d’insatisfaction bien massifs : aucune colonie, aucun droit au retour !

Et ce n’est qu’un début.

@ Marc Provencher (# 5) :

Je pense que vous procédez une extrapolation de mes propos qui ne reflète pas ce que je souhaitais exprimer. Je conçois que les affinités de monsieur Harper et de Netanyahou sont plutôt d’ordre affectif ou électif et que monsieur Harper admire l’ingéniosité de la population d’Israël qui a su maintenir une société organisée, diversifiée, libre et démocratique où l’ensemble des médias peuvent s’exprimer et diffuser l’information en sécurité ; lorsque l’environnement politique qui prévaut ailleurs dans cette région ne l’est pas.

S’il est vrai que la branche armée du Hamas appelle à la dissolution d’Israël (mais pas tous nécessairement au meurtre comme vous l’écrivez) la popularité vient plutôt à ma connaissance du fait que ce parti vient en aide à la population la plus défavorisée lorsque l’autorité palestinienne ne pouvait délivrer assez de soutien à Gaza. Je n’ai pas eu vent jusqu’à présent que monsieur Netanyahou ait appelé au meurtre de palestiniens. D’où tiendriez-vous de telles informations ? Quant à monsieur Harper, il a peut-être ses défauts mais je suis bien certain qu’il est comme la plupart des canadiens respectueux des droits de l’homme, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir. Ce dont j’espère, vous conviendrez !

@ Serge Drouginsky (no 12) écrit: «Je n’ai pas eu vent jusqu’à présent que monsieur Netanyahou ait appelé au meurtre de palestiniens.»

Ouvertement? Mais bien sûr que non ; pas plus que le Hamas d’ailleurs. On peut être boucher et habile à la fois. Il s’agit plutôt du « read my lips » propre aux leaders palestiniens et israéliens, qui doivent depuis toujours donner le change à l’opinion internationale tout en assouvissant sotto voce la haine dont leurs populations respectives sont rongées.

La confiance naïve dans la nature humaine dont fait montre le citoyen Drouginsky m’oblige à citer Fruttero et Lucentini et leur célèbre ‘Prédominance du crétin’, dans un passage consacré au «benêt de bonne foi» (fesso in buona fede):

«Je ne croyais pas, je n’imaginais pas, je ne prévoyais pas, je ne m’y attendais pas, répètent-t-ils, candides, au milieu des ruines fumantes où rôdent chacals et vautours. On perçoit parfois une nuance de supériorité dans leurs accents inébranlables, comme s’il y avait quelque mérite à ignorer la part obscure de l’Homme, à ne pas prévoir les malins, les voleurs, profiteurs, violents, assassins […] C’est la supériorité rhétorique du « benêt de bonne foi », figure comique et meurtrière qui a son piédestal dans l’histoire nationale.»

On ne fait pas dans les nuances lorsque l’on a un esprit formaté au mode Manichéen…

C’est malheureusement le cas de bien des unilingues en provenance du RduC.

Y’a juste deux comtés où le vote juif compte et l’un de ces deux comtés votent rouge.
L’argument électoral ne tient donc pas

Alors comment expliquer ces positions hypersionistes? La morale? Le bien contre le mal? Un peu simpliste non?

@ Marc Provencher (# 13) :

« L’exagération dans les discours révèle la faiblesse, comme le charlatanisme décèle l’ignorance. » Jean-Baptiste Say

Vous établissez une distinction entre ce que les gens disent et ce que vous lisez sur leurs lèvres. Personnellement, je n’ai pas cette faculté ; j’établis pourtant une distinction entre ce que les gens disent et puis ce qu’ils font. Je ne suis pas sûr que de me prendre avec une certaine subtilité comme un modèle de « benêt » fasse les ingrédients d’un très bon débat.

Aussi pour moi, le débat est forclos.

M. Jack2 se demande : «Alors comment expliquer ces positions hypersionistes? La morale? Le bien contre le mal? »

Non, la caisse électorale.

C’est désolant de voir que pour des considérations purement électoralistes le gouvernement canadien prenne officiellement position en défendant l’indéfendable au nom des canadiens ! Y’a vraiment de quoi ici avoir honte de nos représentants.

Alors que les ambassadeurs d’Israël en France, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Suède et au Danemark ont été convoqués lundi par les ministères de ces différents pays, les Etats-Unis ont exhorté le gouvernement de M. Nétanyahou de « réexaminer ces décisions unilatérales et de faire preuve de retenue, car ces actes sont contre-productifs et rendent plus difficiles la reprise des négociations directes entre Israël et les Palestiniens ».

Les ambassadeurs du Canada devraient être convoqué aussi pour s’expliquer.

http://www.lemonde.fr/international/article/2012/12/04/israel-refuse-de-reculer-sur-la-colonisation-malgre-les-condamnations-occidentales_1799670_3210.html

@ C.Lafontaine # 21

Je suis entièrement d’accord avec vous et plus même. Mais je suis dans l’incapacité d’exprimer mon opinion.

«La censure épargne les corbeaux et s’acharne sur les colombes.»
[Juvénal]

La religion sur toutes ses formes et la politique sont les 2 plus grands fléos de l’umanité toute entière, c’est elles qui entrainent toutes les guerre dans ce monde. RELIGION = GUERRE et POLITIQUE = GUERRE

Très bon article, merci!

Je dois avoir sursauté en lisant que John Baird s’est appuyé sur Martin Lucker King jr. Ça m’apparaît une citation prise « un peu » hors contexte!

@ Mario Goyette

Vous savez M. Goyette l’Histoire recèle plusieurs cas où des nations ont, comme Israël, exigées par la force l’annexion de d’autres pays sous des prétextes de besoins vitaux. Cherchez bien dans l’Histoire du milieu du XXème vous en trouverez quelques uns qui ont n’ont pas hésité à utiliser les méthodes fortes. (Ça c’est un euphémisme … !)

«La vie a besoin d’illusions, c’est-à-dire de non-vérités tenues pour des vérités.»
[Friedrich Nietzsche]

Heille…les gauchistos-pacifistes…comme je l’ai écrit précédemment, Harper est maintenant dans le même camp que votre Obama!

Qu’a-t-il fait de mal en rejoignant l’idéologie de votre idole?

En critiquant la politique de notre pays, le Canada, vous critiquez la politique de votre Obama! Vous en rendez-vous compte au moins?

Le parfait exemple d’un gouvernement fascisant et de plus en plus autoritaire.Le créationnisme et la religion au sens désuet du terme guident ce gouvernement très dogmatique qui se comporte comme un nouveau Vatican de la politique.
Jusqu’où ira t-il dans ces aberrations?
Les partis d’opposition devraient se démarquer carrément de cette voie,ils sont malheureusement souvent ambigus comme dans le dossier des armes d’épaule.Si semblable parti extrémiste était de gauche,les médias toutes tendances confondus, se ligueraient pour le faire tomber ou du moins trébucher.

Bonjour,

Ne demandons pas à une certaine frange de politiciens qui s’affichent Conservateurs d’avoir l’esprit ouvert et up to date. Ces Conservateurs qui broutent la même herbe que les Républicains Américains tout en singeant leurs politiques belliqueuses.

Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, Monsieur Pierre Elliot Trudeau se permettait de porter le keffied fièrement en compagnie de Yasser Arafat, ce fier Palestinien. Mais nos nationalistes à nous autres n’aimait pas Monsieur Pierre Elliot Trudeau faut bien croire car c’est bien de leur faute à eux, ces nationalistes québécois qui prirent ce beau risque Conservateur à outrance au début des années 1980 avec leur P’tit Gars de Baie Comeau bien à Eux Autres.

En conclusion, voilà la résultante de cette proximité du Canada Conservateur avec les politiques Yankees. Et ne chialez pas la dessus, vous autres les nationalistes et portez vous en responsables avec votre mythique Libre Échange qui fit de nous des mangeux de hot dogs. Assumez vous en vous souvenant de Messieurs Brian Mulroney, le très à droite Ronald Reegan ainsi que notre Ti Poil national chantant: When Irish Eyes are Smiling en Septembre 1984 pour fêter la grande victoire du Libre Échange à Québec, ma chère où le président américain arriva avec son Air One…. Bien sûr, nos nationalistes à nous ne s’en souviennent pas car cette devise n’est que symbolique…… Bien à vous, John Bull.

Très bon article qui soulève bien des questions sur la position internationale du Canada. D’abord, ces idéologues de la droite religieuse canadienne appliquent leur code moral à leurs positions internationales mais avec une morale élastique. Le monde n’est pas noir et blanc, loin de là, il est tout en nuances comme l’arc-en-ciel. Cette approche conservatrice place le Canada dans la marge et le pays est devenu non pertinent sur la scène internationale. En effet, les pays moins importants, comme le Canada, ont souvent l’avantage de pouvoir agir comme tampons ou médiateurs entre les pays en conflit. Le Canada ne peut plus.

La réalité dans le monde c’est qu’il y a toutes sortes de conflits qui sont souvent devenus très difficiles à résoudre (intractable) et qui coûtent aussi beaucoup de souffrances à ces peuples, en particulier aux populations civiles (le conflit israélo-palestinien en est un bon exemple) et les pays non alignés peuvent servir de médiateurs quand les parties ont de la difficulté à se parler. Le Canada ne peut pas agir comme médiateur. Donc, il se retrouve à la remorque d’autres pays, surtout Israël et les ÉU pour sa politique étrangère et devient de ce fait même une entité négligeable et inutile.

Mais ce n’est pas tout… Le Canada devient obstructionniste et empêche souvent la communauté internationale de progresser. Il y a eu l’affaire de la Déclaration des NU sur les droits des peuples autochtones que le Canada de Harper a d’abord refusé de signer et ne l’a fait qu’après s’être fait tirer l’oreille pendant quelques années. Il y a aussi toute la question des changements climatiques où le Canada se complait à faire de l’obstruction sans apporter de solution potable au problème; en réalité le Canada fait partie du problème plutôt que de la solution. Il y a enfin le déficit démocratique du Canada où l’administration Harper « majoritaire » se livre à ces transformations sans en avoir le mandat des électeurs (avec moins de 40% de soutien de l’électorat) et en plus se complait à bafouer le Parlement et les élus du peuple avec des tactiques indignes d’un pays démocratique (comme les « Bills » Mammouth et les prorogations quand ça va mal pour eux, etc.). Cette administration a perdu toute crédibilité à l’échelle internationale et elle ne l’a pas volé. C’est bien triste mais ce pays va devoir travailler fort pendant plusieurs années après ce règne néfaste avant de récupérer sa crédibilité internationale…

François 1 écrit: « Heille… les gauchistos-pacifistes… »

Libre au citoyen François 1 de préférer la boucherie à la paix. Chacun ses goûts.

Cela dit, on peut toujours recommander aux intéressés – les « gauchisto-pacifistes » et les autres – la lecture du penseur et historien Gaetano Salvemini, homme de gauche à l’esprit d’indépendance farouche, qui en 1914 fut en rupture de ban avec sa famille politique en militant activement pour l’intervention italienne dans la Première Guerre mondiale. (L’originalité de la situation tient aussi au fait qu’en Italie, contrairement aux autres pays d’Europe, l’establishment de la droite libérale alors au pouvoir – premier ministre Giovanni Giolitti en tête – était également opposé à l’intervention).

Salvemini fut dans le premier après-guerre une figure de proue de la gauche anticommuniste et, avec d’autres antifascistes italiens de bords différents – comme le libéral Sforza et le démocrate-chrétien Sturzo – l’un des tout premiers utilisateurs du mot « totalitaire » (terme qui apparut d’abord au monde en version originale italienne, en 1923), mais passons.

Nous vivons une époque où des termes comme « pacifiste » et « militariste » ont été terriblement galvaudés par des ignares et surtout par des militants (pour ne rien dire du galvaudage irresponsable des mots « fascisme » par la gauche et « communisme » par la droite), en sorte que ces mots veulent dire des choses très différentes selon l’utilisateur: d’où méprises, malentendus et même… conflit.

Au sens le plus strict des deux termes – donc aussi le moins courant – pendant l’Entre-Deux-Guerres (1919-1939), le « pacifisme absolu » d’une part et le militarisme d’autre part « se répondaient », ils étaient deux réponses opposées mais également extrêmes à l’énorme secousse morale, au gros « mal de bloc » que beaucoup éprouvaient au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Les pacifistes absolus étaient contre LA guerre (peu importe laquelle) et les militaristes – Benito Mussolini en tête – étaient pour LA guerre (peu importe laquelle).

Et on voit que les extrêmes se touchent quand on réalise que le pacifisme d’Alain, en France, aboutissait aux « Munichois » (les « appeasers » qui appuyaient les accords truqués de 1938 avec l’Allemagne de Hitler), et en Angleterre, le pacifisme d’Aldous Huxley et Bertrand Russell aboutissait à refuser de lever le petit doigt contre les nazis par refus inconditionnel de la « violence ».

Bref, tout ceci pour dire que cet épithète utilisé par l’érudit François 1: « gauchistos-pacifistes », est très incriminant ! Ouf, une chance que je suis un salveminien convaincu…

Bon, un autre qui va me faire pleurer sur le sort des pôôôôôvres Palestiniens. C`est pas des farces la clique journaliste qui défendent des terroristes en puissance pendant que leurs amis font des massacres un peu partout sur la planète et personne n`en parle. Faut être idiot rare. Lâche pas Castonguay.

Cher M. Jackwood,

Vous avez absolument le droit d’être en désaccord avec mon billet. Mais comme je ne suis pas certain que vous l’avez vraiment lu, je voulais simplement vous signaler que je n’y défend pas les Palestiniens (dont il est très peu question), ni Israël d’ailleurs. Je tente d’expliquer, avec des exemples concrets et des discours du gouvernement Harper, comment et pourquoi le Canada est devenu un allié inconditionnel d’Israël ces dernières années. Et combien cette position est parfois difficile à tenir, voir contradictoire, étant donné la complexité des enjeux internationaux. En espérant que vous n’ayez pas trop pleuré, puisque ce n’était pas mon objectif.

Merci de votre réponse. Moi je trouve pas ça dure de soutenir inconditionnellement Israël vue qu`il n`y aura jamais de paix là-bas même si Israël réduirait son territoire à 2 km carré. Faut se renseigné sur l`islam politique et radical, se que peu de journalistes font vue que c`est politiquement incorrect.

Bonjour,

Bien sûr avec plein d’évidences à l’appui, partout sur la Planète entière, ce sont des partis politiques de droite qui appuient Israël et les États Unis ainsi que leur Oncle Samuel. Tandis qu’à peu près tous les partis politiques de gauche sur las Terre entière appuient la Cause Palestinienne. Qui se ressemble, s’assemble disait un illustre inconnu et l’Oncle Samuel est unique car aux États Unis chez nos Yankees, l’Oncle Mohammed ne semble point considéré…… Bien à vous, John Bull.

Les gouvernements arabes ne vivent pas dans un monde de nuances.
Une vision d’Israel en noir uniquement ,en «méchants». Le mal incarné.
Leur but: détruire Israel, quitte à empecher leurs frères arabes palestiniens d’immigrer dans leur pays, préférant les obliger à rester dans des zones restreintes.
Il ne faut pas oublier que les arabes Jordaniens ont abattu des centaines de miliers d’arabes palestiniens lors du fameux septembre noir en 1970.
Mais n’insistons pas sur ces faits politiquement incorrectes.
Contentons-nous de rappeler que les arabes autres que palestiniens ont refusé la proposition de l’ONU en 1947 de créer un état palestinien !!
Malheureusement pour eux, les palestiniens ont été écarté de cette décision et ils en souffrent depuis.

Le citoyen Jackwood: «Il n`y aura jamais de paix là-bas.»

En tout cas il n’y en aura pas tant aussi longtemps que l’opinion internationale ne se rend pas compte qu’elle s’est toujours fait rouler par les Palestiniens et les Israéliens, qui ont toujours voulu la victoire et non la paix.

Dans les deux idéologies, le peuple d’en face n’est pas censé exister. «Israël doit être rejeté à la mer», disent les uns. «Les soi-disant Palestiniens n’étaient pas là en 1948», disent les autres.

Les Israéliens ne sont même pas censés être là. Les Palestiniens ne sont même pas censés être là. C’est pourquoi ce conflit tue tant de civils: car qui que l’on soit – homme, femme, enfant, vieillard – on est toujours de « ces gens-là », et le fait même d’être de « ces gens-là » est une abomination. Des deux bords, on a tendance à punir non seulement le faire mais l’être – le fait même d’être Israélien, le fait même d’être Palestinien – un terrain sur lequel même le cauchemardesque fascisme italien hésitait à s’engager ; jusqu’en 1937-38, s’entend.

Heureusement – comme dans le fascisme italien, cette fois – il manque de part et d’autre le déterminisme biologique, pour devenir un équivalent du délire mortifère auquel je pense et dont la dernière mouture s’est déroulée en ex-Yougoslavie (*). Déterminisme biologique, c’est-à-dire la pensée raciale: le fait de prendre les peuples – son propre peuple et les autres peuples – pour des « races » (*), donc la négation de l’Homme à sa base, n’est vraiment pas le fort ni des Arabes, ni des Juifs.

Non que ça n’existe pas du tout, hélas. Mais d’après tout ce que j’ai pu examiner comme débats, messages, invectives, imprécations et même malédictions, ça reste relativement peu courant, malgré la haine brûlante qu’ils se vouent mutuellement, de tomber sur des Arabes qui prennent le peuple juif pour une prétendue « race juive » et sur des Juifs qui prennent les peuples arabes pour une prétendue « race arabe ».

Vu que je suis athée et anticlérical, ça m’écorche les lèvres de l’admettre, mais l’influence d’une spiritualité monothéiste joue très probablement un rôle là-dedans: s’il y a origine commune du genre humain, on continue donc de comprendre que la notion de « race » appliquée aux peuples à partir d’un schéma tiré (vers la fin du 18ème siècle) de la zoologie est une erreur, un non-sens. Mais bien sûr la pensée libérale – qu’on imagine plus facilement du côté israélien, mais peu importe – peut fournir aussi contre la pensée raciale des garde-fous équivalents à ceux des monothéismes. (Je ne parle pas ici du néolibéralisme, qui croit que les lois du marché sont des « lois de la nature » auxquelles l’Homme doit se soumettre, mais au contraire du libéralisme, défini avec juste raison par Benedetto Croce comme une religion de la liberté).

Donc, beaucoup est perdu, et encore une fois plein de gens sont morts, Palestiniens et Israéliens, mais tout n’est pas perdu tant que les deux peuples, les deux civilisations ne commencent pas à se prendre pour des faits PHYSIQUES et continuent de comprendre que la culture ou civilisation – juive ou arabe, en l’occurrence – étant acquise du vivant de chaque individu après son arrivée dans le monde, elle est par conséquent immatérielle et ne saurait être déterminée biologiquement.

Autrement dit, malgré leur logique de guerre, les deux peuples comprennent encore ce principe de Natalia Ginzburg, antifasciste historique du Parti d’Action:

« Notre génération n’est pas une génération de renards et de loups. Notre génération est une génération d’hommes. »

En revanche si le conflit se racialise… Brrr. J’aime mieux ne pas y penser.

(*) Pour le cardiologue juif polonais Marek Edelman (1919-2009), qui fut en 1943 de l’insurrection du ghetto de Varsovie ET compagnon de route de Lech Walesa au sein du mouvement Solidarnosc (donc qui a participé à DEUX résistances contre DEUX totalitarismes !), les événements d’ex-Yougoslavie marquent «la victoire posthume d’Hitler».

(**) En fait, plutôt que « race », les génocidaires grands-serbes – par exemple la biologiste Biljana Plavsic, condamnée depuis pour crime contre l’humanité – utilisaient plus volontiers le terme « ethnie », arrivé dans les idées serbes vers le milieu du 19ème siècle, variante de la notion de « race » qui arrivait au même moment dans les idées allemandes, britanniques, françaises etc.

@ jackwood

Si j’allais me construire une « cabane » dans votre cour, vous ne seriez pas radical ? Juste à voir votre avatar, j’ai un bonne idée de ce que serait votre réaction.

«Le critère d’une intelligence est la faculté pour l’esprit d’envisager simultanément deux idées opposées tout en continuant d’être capable de fonctionner.
On devrait … pouvoir reconnaître que les choses sont sans espoir et être néanmoins déterminé à faire en sorte qu’il en aille autrement.»

Cette phrase de F. Scott Fitzgerald, tirée de « The Crack-Up » illustre parfaitement ce que devrait être notre attitude face au conflit Israël-Palestine qui risque à tout moment d’embraser complètement ce coin de la planète.

Mais il est évident que le gouvernement Harper ne représente pas cette «intelligence de premier plan» à laquelle fait référence Fitzgerald. C’est terriblement dommage.

En effet le Canada, par cette position qui est très loin de faire consensus ici, attise le feu la-bas. Au lieu d’aider, une telle prise de position campera chacun des antagonistes sur ses positions et résultera à perpétuer la violence de part et d’autre. Mais qui seront les victimes ? Des enfants, des femmes, des malades, des vieillards encore une fois.

Bien que je ne me perçoive pas un canadien, j’ai tout de même honte de devoir exhiber un passe-port canadien quand je suis à l’étranger. Pour ma part, je trouve que cette position idéologique du gouvernement Harper est insoutenable et constitue pour le Canada un dramatique et inapproprié changement de cap quant à la politique étrangère.

«L’idéologie, c’est ce qui pense à votre place.»
[Jean-François Revel]

Dans mon précédent commentaire on devrait lire :

«Le critère d’une intelligence de premier plan est la faculté ….»

Mes excuses.

«Ôtez la crainte de l’enfer à un chrétien, et vous lui ôterez sa croyance.»

[Denis Diderot]

L`ONU fait pas sa job. L`ONU devrait exiger des réformes de l`islam, qui mine la Palestine et autres pays musulmans. En Israël, on accepte les arabes. En Palestine, on accepte aucun juifs. En Israël, on accepte les homosexuels. En Palestine, les homosexuels sont persécutés et se sauvent en Israël. En Israël, on respecte les autres religions. En Palestine, on respecte seulement l`islam. En Israël, la liberté d`expression est respecter. En Palestine, avisez-vous pas de parler contre l`islam etc….etc…

Tous ce que l`ONU veut, c`est tracer une ligne(frontière)Ça règlera pas le problème.

Les musulmans ont pleins de pays. Le moyen-orient leur appartient quasiment au complet. Les Juifs ont un pays, Israël et les musulmans sont pas capable de les endurés. De toute manière, ils s`endurent même pas entre eux-autres, c`est la guerre depuis toujours entre sunnites et chiites. Regardez juste ce qu`il se passe en Irak. Pas voir ça s`est être bouché aveugle.

@ jackwood # 41

D’où viennent les titres de propriété de ce fameux pays ? De la Bible ? D’une résolution de la SDN ? D’une entente entre des dirigeants musulmans inféodés à la couronne britannique et ce même empire ?

Essayez dont d’enlever la Louisianne aux américains sous prétexte qu’ils ont plein d’autre États. Votre argument est insultant et ridicule.

De plus vous semblez prétendre qu’Israël a une vocation de pacifiste entre les factions sunnites et chiites. Allo l’ingérance !

Il y a des Palestiniens qui se sont spolier de leurs terres. Du jour au lendemain ils ne sont plus chez eux alors que depuis des générations ils ont cultivés leurs vergers. Et hop! les bulldozers arrivent, rasent tout et on construit des logements pour des colons radicaux. Des oliviers, des figuiers bicentenaires disparaissent.

QUELLES SORTE DE RÉACTION DOIT-ON S’ATTENDRE DE CES PALESTINIENS ? QU’ILS DISENT MERCI ?

«La bêtise est infiniment plus fascinante que l’intelligence.
L’intelligence, elle, a des limites, tandis que la bêtise n’en a pas.»

-Claude CHABROL

Le PC Canadien est un parti de croyants, le peuple Hébreux est le peuple choisit par Dieu et M.Harper est un croyant. Les Chrétiens sont un sous produit de la religion juive, une sorte de franchise religieuse. le peuple juif est le peuple élu de Dieu. Ce sont des considérations religieuses et de croyances qui animent la politique du Canada conservateurs. Le peuple juif a des prérogative de part sont statut de peuple élu par Dieu. M.Harper n’est qu’un fidèle qui suit son engagement religieux envers la maison mère.

stephen harper affirme «qu’une attaque contre Israël serait considéré comme une attaque contre le Canada»
Mais c’est géniale ! Y est pissant harper !
Oui, oui, une alliance militaire,
Et si on nous attaque, on aura une allié rusée,
expérimentée, bien équipée
[ils ont même quelques gros pétard, mais shh …]
Et si les terroristes attaquent notre amis, ils vont y goûter !
L’épaule à l’épaule – super champs de pratique pour étirer les ailes de nos F35s,
au-dessus Gaza.

Hey, it’s good for business !

Cher M. Alec Castonguay,
les mots « sans faille » ou « inconditionnel » reviennent 4 fois sous votre plume pour décrire l’attitude du Canada envers Israel: 1 fois « appui sans faille à Israel », 2 fois « appui inconditionnel à Israel » et 1 fois « allié inconditionnel d’Israel ».

Si c’était vrai, l’ambassade du Canada serait à Jérusalem (elle ne l’est pas); le Canada voterait du côté d’Israel à chaque résolution de l’ONU qui le concerne (il ne le fait pas, mais il vote souvent du côté d’Israel). Imaginez que le gouvernement israélien devienne aussi totalitaire, hostile aux droits de l’homme, et terroriste que le gouvernement de Gaza. Pouvez-vous, en conscience et sérieusement, affirmer que l’appui du Canada pour Israel demeurerait? Bien sûr que non, n’est-ce pas? Donc il est évident que cet appui n’est nullement inconditionnel.

Conclusion: bannissez le mot « inconditionnel » pour décrire l’appui du Canada à Israel. Du moins si rigueur et crédibilité vous tiennent à coeur.

Finalement, vous utilisez « état hébreu » 2 fois comme synonyme d’Israel, mais jamais « état juif ». Très incongru. Quand l’assemblée générale de l’ONU a voté majoritairement en faveur de la partition de la Palestine Occidentale, en 1947, elle a voté en faveur d’une partition en un « état juif » et un « état arabe ». Et non en un « état hébreu » et un « état arabe ». J’aimerais que vous en preniez acte. Vaut mieux tard (65 ans trop tard) que jamais…

L’expression « état hébreu », n’est pas erronée, mais elle indique que vous éludez l’essentiel, que vous confondez vessie et lanterne, ce qui n’aide pas le lecteur. Vous écrivez pour la « masse » et non pour des experts, n’est-ce pas? Si oui, alors allez à l’essentiel: Israel est un « état juif » avant d’être un « état hébreu ».

D’ailleurs, certains sionistes avaient, au début, pensé faire d’Israel un « état yiddish » ou un « état allemand »: c’est vous dire que décrire la langue majoritaire d’Israel n’en décrit nullement son essence…

Le citoyen Robert Brodeur écrit:

«Ce sont des considérations religieuses et de croyances qui animent la politique du Canada conservateurs»

…et il a bien raison. Mais au lieu de « religieuses » en général, ici, il faudrait plutôt dire « fondamentalistes » en particulier. Ça marque un tour d’écrou de plus. Car il est important d’être précis.

Exemple: le Parti démocrate chrétien d’Italie (DC), qui de 1945 à 1990 a formé le principal parti de gouvernement italien, a selon moi eu sur son pays plusieurs impacts négatifs liés à des considérations religieuses : comme l’interdiction du divorce, maintenue jusqu’à son abrogation par référendum d’initiative populaire en… 1974 ! Mais jamais, évidemment, jamais ce parti n’est devenu cinglé au point de s’inspirer, pour sa politique étrangère, de textes bibliques pris au pied de la lettre !

Car j’ai beau ne pas aimer ce parti (ayant été élevé dans un… antiduplessisme vigoureux par les deux bords politiques de ma famille), il n’en demeure pas moins que des gens comme les premiers ministres Alcide De Gasperi ou Aldo Moro, même le maudit Giulio Andreotti (pour ceux qui ont vu l’excellent film « Il Divo », disponible sur DVD en français), et même ces ânes bâtés du courant évangélique de Dossetti (*) (qui, en 1946, bloquèrent l’accession à la présidence de la République de mon maître à penser, le comte Sforza !!) – même ces gens-là n’étaient pas des ignares neuneus au bord de l’illétrisme qui prenaient la Bible au pied de la lettre ou tenaient la diplomatie pour une chose simplette !

(*) (Peu après, Dossetti démissionna du Parti démocrate-chrétien pour devenir prêtre. Il n’aurait pas pu y penser avant ?)

ERRATUM : ah, j’ai bonne mine, tiens !

Là où il est écrit: «des ignares neuneus au bord de l’illétrisme»

il faut lire évidemment : «des ignares neuneus au bord de l’illettrisme».

Ah, là, là.

Le citoyen Robert Brodeur écrit:

«Le PC canadien est un parti de croyants, le peuple hébreu est le peuple choisit par Dieu et M. Harper est un croyant. Les chrétiens sont un sous-produit de la religion juive, une sorte de franchise religieuse. Le peuple juif est le peuple élu de Dieu.»

Malgré mon chapeau à trois pointes – je suis à la fois athée, laïciste et anticlérical – permettez que je mette ici mon grain de sel, même si je ne suis vraiment pas le mieux placé pour éclaircir ce genre de choses. Mais comme personne d’autre ne se dévoue…

Souvent comprise à côté de la plaque – voire comprise exactement à l’inverse de ce qu’elle signifie – par des propagandistes qui font exprès et par des gens peu renseignés qui ne font pas exprès, ce fameux principe de l’élection du peuple juif, qui a donné lieu à tant de malentendus, est en réalité tout simple – ou presque.

C’est tout bonnement dû au fait que le judaïsme, chronologiquement parlant, fut le premier monothéisme, donc la première apparition « officielle », pour ainsi dire, de la notion même de genre humain : vu qu’à un Dieu unique, correspond forcément une seule humanité. La « mission » particulière dévolue au peuple juif – première civilisation monothéiste – était donc l’établissement du genre humain sur Terre. Le principe de l’élection du peuple juif est élection au nom du genre humain.

Ça fait tout drôle de se dire aujourd’hui qu’une notion aussi évidente pour nous que l’humanité, que le genre humain, n’est pas toujours allée de soi. Pourtant, si l’on y pense, l’entrée en scène des monothéismes marque bel et bien la fin de l’époque où tous les peuples de l’humanité se donnaient des noms signifiant « les êtres humains » par opposition à tous les autres peuples, qui eux étaient appelés « les poux », « les bêtes », « les mauvais » et autres joyeusetés.

Ce sont d’ailleurs des paroles de la Bible (que j’ai dénichées complètement par hasard car fier athée et anticlérical, ja-mais je ne lis officiellement d’ouvrages religieux, j’espère que c’est bien clair):

«Règle absolue pour vos générations: vous et l’étranger êtes égaux.»

(Moi qui ne suis pas « biblique », je trouve l’équivalent dans ce principe immortel du libéral Giuseppe Mazzini : l’égalité de tous les peuples.)

Le citoyen Grenier décrit le christianisme comme « une sorte de franchise religieuse » du judaïsme. C’est un peu exagéré, mais pas entièrement faux. Ce qu’il n’ajoute pas, en revanche, c’est que cette exagération pas entièrement fausse s’applique également à l’Islam: tout simplement parce que le judaïsme, le christianisme et l’Islam sont tous trois des monothéismes, qu’on appelle aussi parfois « les religions du Livre ».

Corollaire à un Dieu unique, les trois monothéismes partagent un principe fondamental, tellement fondamental même qu’on le retrouve, dans une version « transposée » en langue libérale, au sein de l’humanisme athée (qui est souvent l’humanisme-pas-athée-mais-plutôt-agnostique): l’origine commune de tout le genre humain.

Or, de ce principe régulateur de l’origine commune du genre humain, la notion biologique de « race », transposée vers la fin du 18ème siècle de la zoologie aux affaires humaines, constitue une radicale négation. Cette négation naturaliste de l’Homme, qui prend les peuples et nationalités – faits de civilisation, par conséquent immatériels et qui ne sauraient donc être déterminés biologiquement – pour l’équivalent des espèces et sous-espèces du règne animal, comme si les gens étaient déjà juifs, déjà allemands ou déjà les deux PAR LA NAISSANCE, par le sang, par les gènes, va s’insinuer graduellement tout au long du 19ème siècle, sécrétée par des pseudosciences comme l’anthropologie physique et son immonde corollaire, le polygénisme.

Ici intervient l’agnostique Hannah Arendt, dans un passage où elle décrit «les diverses doctrines naturalistes qui naquirent au cours de ces décennies» [première moitié du 19ème siècle]:

«La première de ces doctrines fut celle des polygénistes qui, accusant la Bible d’être un recueil de pieux mensonges, niaient toute parenté entre les « races » humaines : leur plus belle victoire fut d’avoir détruit l’idée de loi naturelle qui unissait dans ses liens tous les hommes et tous les peuples. Bien qu’il ne stipulât pas une supériorité raciale prédestinée, le polygénisme isolait arbitrairement les peuples les uns des autres par les abysses d’une impossibilité PHYSIQUE des hommes à se comprendre et à communiquer.»

Et donc de très anciennes et diffuses superstitions païennes et idolâtres sur le « sang », qui gommaient des millénaires de civilisation pour nous ramener directement à l’époque « les êtres humains vs les poux », se trouvaient soudain réactivées par le truchement d’une pseudoscience cinglée. Pour prendre un exemple, il n’est donc pas si étonnant, en fin de compte, que le scientifique Vacher de Lapouge, promoteur d’une « anthroposociologie » qui fut un exemple « by the book » d’idéologie raciale polygéniste se prenant pour une science, ait été en même temps… le chef d’une secte d’adorateurs du soleil. (Il avait la cervelle sacrément déconstruite, ce type-là !)

Autrement dit, par là où les attendait le moins, par le truchement inattendu de pseudosciences qui allaient graduellement répandre dans le monde – et pas seulement en Allemagne (« race ») et en Serbie (« ethnie ») – le déterminisme biologique appliqué aux peuples et nationalités, les superstitions païennes et idolâtres dont les monothéismes avaient sorti l’humanité étaient de retour, avec leur délire de la race et du sang.

Le peuple juif tout comme les Bosniaques musulmans sont la preuve vivante que les théories de la race ne tiennent pas debout. Et ce qui s’est passé, à mon humble opinion, c’est que les cervelles déconstruites du déterminisme biologique – nazis, ultranationalistes grands-serbes – sans pleinement comprendre ce qu’ils faisaient ni pourquoi, ont entrepris d’éliminer cette preuve de leur erreur.

Quand la biologiste Biljana Plavsic – condamnée depuis pour crime contre l’humanité – déclarait en 1997 que les Bosniaques musulmans avaient soi-disant « attaqué la substance biologique du peuple serbe », ce que ça veut dire en réalité (une fois traduit de l’erreur et du mensonge) c’est que par leur existence même, les Bosniaques musulmans étaient la réfutation de ses absurdes théories biologiques. Parce que quand le point départ historique d’un peuple a été directement spirituel plutôt que linguistique ou géographique comme c’est plus souvent le cas, alors c’est encore plus évident que d’habitude, ça fait briller avec un éclat particulier le fait qu’aucun peuple n’est une race.