La partisanerie ne meurt pas en période de pandémie

Selon un nouveau sondage Angus Reid, une forte majorité d’électeurs conservateurs (65 %) désapprouvent la gestion du gouvernement fédéral et une encore plus forte majorité d’électeurs libéraux (78 %) croient que la crise actuelle est entre de bonnes mains.

Photo : Adrian Wyld / La Presse canadienne

Avec déjà plus de 120 000 personnes infectées dans 110 pays, la propagation de COVID-19 a pris de l’ampleur au cours des dernières semaines, au point tel que l’Organisation mondiale de la santé a déclaré hier que la crise pouvait désormais être qualifiée de « pandémie » mondiale.

Les chiffres pour le Canada et le Québec demeurent tout de même modestes pour l’instant : en date d’hier, un peu plus de 100 cas ont été confirmés au Canada, dont 13 au Québec. Toutefois, la situation dans d’autres pays a certainement de quoi inquiéter les autorités canadiennes, particulièrement en Italie où le système de santé est complètement saturé avec plus de 12 000 infections confirmées et, déjà, plus de 800 décès.

Hier, Justin Trudeau a annoncé une aide fédérale d’un milliard de dollars pour contrer la crise, dont la moitié sera versée aux provinces et aux territoires. Selon la vice-première ministre, Chrystia Freeland, la situation va s’empirer avant de s’améliorer (lisez ici la chronique d’Alec Castonguay à ce sujet).

La semaine dernière, la firme Angus Reid a sondé les Canadiens à propos de la situation et de la perception du travail de leurs élus. Selon les données qui ont été publiées hier, 42 % des Canadiens croient que la COVID-19 constitue une menace sérieuse pour le Canada, une proportion qui a augmenté de 11 points depuis le début du mois de février. Néanmoins, 58 % des répondants croient plutôt que la menace du virus est exagérée.

En ce qui a trait aux institutions et différents paliers de gouvernement, 58 % des Canadiens affirment avoir confiance au système de santé pour gérer la crise. Au Québec, cette proportion grimpe à 63 %.

Toutefois, lorsque l’on demande aux répondants leurs impressions de la performance de leurs élus provinciaux, nous remarquons des différences régionales significatives. À la question : « Croyez-vous que votre gouvernement provincial gère bien la crise du coronavirus ? », voici les résultats d’un océan à l’autre :

Au Canada, 51 % des répondants croient que leurs gouvernements provinciaux gèrent bien la crise actuelle. Cette proportion est à son sommet en Colombie-Britannique (62 %) et au Québec (60 %), mais est plus faible en Alberta (40 %) et dans les provinces des Prairies canadiennes (42 %).

Pour ce qui est de la perception du travail du gouvernement fédéral, la moitié des sondés (49 %) croient que les libéraux gèrent bien la situation, contre 34 % qui croient le contraire. L’approbation des actions du fédéral est à son plus haut en Colombie-Britannique (57 %) et à son plus bas en Alberta (38 %).
Ces données d’Angus Reid ont aussi été réparties selon les intentions de vote des répondants. Il ne s’agit peut-être pas d’une surprise, mais les perceptions de la performance du gouvernement fédéral s’alignent drôlement bien selon les lignes partisanes. En effet, une forte majorité d’électeurs conservateurs (65 %) désapprouvent la gestion du gouvernement fédéral et une encore plus forte majorité d’électeurs libéraux (78 %) croient que la crise actuelle est entre de bonnes mains. Voici les données :
La partisanerie est toute une drogue, comme dit le dicton. Même, Erin O’Toole, candidat à la chefferie du Parti conservateur du Canada, en a rajouté hier sur les réseaux sociaux :

Soulignons qu’Angus Reid était sur le terrain les 5 et 6 mars derniers pour ce sondage, soit avant l’annonce du plan d’urgence fédéral par Justin Trudeau. Les provinces, responsables des soins de santé au pays, seront-elles satisfaites de cette aide financière d’Ottawa ? Nous le serons très bientôt.

La crise est certes mondiale, mais il semble tout de même y avoir de la lumière au bout du tunnel. Selon Forbes, la Corée du Sud, où près de 8 000 infections ont été rapportées, aurait peut-être stabilisé la situation — la courbe de propagation du virus au pays semble indiquer que le pire de la crise est, du moins pour l’instant, derrière eux.

Image tirée de cette chronique de Niall McCarthy de Forbes.

Les actions proactives du gouvernement coréen afin de rendre les tests de dépistages du COVID-19 gratuits et facilement accessibles semblent donc avoir porté fruit. Espérons que plus de gouvernements à travers le monde en prendront note.

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Le vrai problème n’est pas la pandémie, les services de santé semblent être en mesure de bien gérer la situation. Il y a toutefois la panique qui semble prendre des proportions inusitées et est difficile à juguler, encore plus que la maladie. Mais il y a un éléphant dans la pièce et c’est notre voisin, les États-Unis qui ferment leurs frontières aux voyageurs en provenance d’Europe (maintenant), à bon ou mauvais escient.

Il est évident que les voyageurs qui veulent aller aux ÉU n’ont qu’à prendre un vol pour le Canada pour ensuite entrer aux ÉU. Le problème c’est que le président Trump va le savoir et on risque fort de voir la frontière américaine fermée, s’il est consistent avec ses décisions antérieures. Pendant ce temps-là, le Canada dort au gaz et laisse faire. Les conséquences de cette soi-disant « indépendance » risquent d’être incalculables pour notre pays.

Les libéraux oublient que le Canada n’est qu’un petit pion à côté de son voisin et que nous dépendons des ÉU sur bien des fronts. L’incertitude canadienne quant à fermer l’accès au pays par les Européens (ou toute autre nationalités que décidera l’humeur du président Trump) va nous causer infiniment plus de tort que la pandémie – imaginez les camions, les trains et les avions paralysés, la nourriture qui nous vient du sud stoppée en cette fin d’hiver…

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