La photo à 5,6 millions de sous noirs

Jim Flaherty, ministre des Finances, avec en main le dernier sou noir produit à l'usine de Winnipeg, le 4 mai 2012. Photo: John Woods/PC

La voici, la photo qui a coûté 56 000 $ au trésor public, soit 5,6 millions de sous noirs!

J’exagère, mais à peine.

Lundi dernier, le 4 février, la Monnaie royale canadienne a cessé de distribuer la pièce d’un cent aux institutions financières. Graduellement, les commerçants vont arrondir leur prix de manière à ne plus avoir besoin de cette petite pièce de monnaie.

Mais l’arrêt de production de la «cenne» noire à l’usine de Winnipeg remonte au 4 mai dernier. Pour l’occasion, le ministre des Finances, Jim Flaherty, qui avait annoncé la mort du sou noir dans son budget de mars 2012, s’est rendu au Manitoba pour se faire prendre en photos et donner une conférence de presse.

Une séance de marketing politique d’une heure qui a coûté 56 635 $. Rien de moins.

Le voyage en avion du ministre et de son directeur des communications entre Ottawa et Winnipeg a coûté 5 829 $ (même en classe économique!), alors que les deux chambres d’hôtel ont coûté 537 $ et les repas, 269 $.

La Monnaie royale canadienne, malgré un service des communications à l’interne, a dépensé la rondelette somme de 50 000 $ pour la conférence de presse et la séance de photos dans l’usine.

Interrogée par Postmedia News, la société d’État a refusé d’expliquer pourquoi la facture était aussi salée, la porte-parole préférant affirmer que la Monnaie royale canadienne a fait un profit de 43 millions de dollars l’an dernier, et versé 10 millions $ en dividendes au gouvernement (elle produit des pièces et des dollars pour d’autres pays…).

Il semble qu’à la Monnaie royale canadienne, la rentabilité soit une excuse aux dépenses…

Vous pourrez y songer tranquillement lors de votre prochain passage au musée de la Banque du Canada, à Ottawa, où l’on a confectionné une murale de 16 000 sous noirs, en mémoire du bon vieux temps de la cenne…

Pour les Québécois, la disparition de la pièce d’un cent se classe dans les bonnes nouvelles.

Selon un sondage Angus Reid, 73 % des Québécois estiment que c’est une bonne décision que de supprimer de nos poches le sou noir. C’est le plus haut pourcentage au pays. La moyenne canadienne de satisfaction atteint 68 %.

C’est en Ontario, avec 62 % de gens heureux, où la disparition du sou noir est la moins populaire.

La plus nostalgique des Canadiennes réside pourtant à Halifax, en Nouvelle-Écosse. La professeure et archiviste Renee Gruszecki aime tellement le sou qu’elle a lancé une ligne de bijoux pour ne pas que la cenne sombre dans l’oubli. Une bague? Un pendentif? L’équipe de Gruszecki a pris l’année 2012 pour amasser 30 000 sous noirs prêts à servir dans vos galas les plus chics. (Pour avoir un aperçu, voir ici.)

Ce sou noir en cuivre, produit à 35 milliards d’exemplaires depuis sa mise en circulation en 1908, coûtait maintenant… 1,6 sou à produire. Pas idéal. Il y en a d’ailleurs encore des milliards en circulation, coincés dans les divans ou dormants dans les pots de la chambre à coucher… À terme, la Monnaie royale canadienne pense économiser 11 millions de dollars par année en cessant la production et la distribution.

Est-ce à dire que le gouvernement fédéral devrait aller plus loin et abolir également la pièce de cinq cents, comme le propose le député néo-démocrate Pat Martin?

Visiblement, les Canadiens ne sont pas encore prêts à ce choc psychologique.

Selon le coup de sonde Angus Reid, 60 % des Canadiens s’y opposent, y compris 54 % des Québécois.

Le petit castor argenté est particulièrement apprécié au Manitoba et en Saskatchewan, où 65 % des résidants s’opposent à sa disparition.

53 % des hommes et 66 % des femmes au pays veulent garder le cinq sous.

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@mariobrunet62 Twitter

Ce n’est pas plus pire que le ministre des finances québécois qui se paie une nouvelle paire de soulier et qui reproduit un budget dans le rouge. Le tout au nom de la tradition!!!

Au moins le geste de Flaherty est historique, économise des fonds publics et pour moi est une dépense justifiée.

Bravo aux Conservateurs de démontrer de l’initiative et de prendre des décisions appropriées.

Une reine de moins dans nos poches.
A quand l’élimination des autres photos… de la Reine?
Pourquoi que les Québécois, et surtout les séparatisssss, acceptent de marcher, tous les jours de leur vie, avec l’effigie de la reine à coté de leurs bijoux de famille?
S’il y a un sujet qui pourrait partir la machine vers l’indépendance c’est bien le rejet de la monarchie. Et la cible de rêve, c’est la photo de la reine sur les 5 cennes, les 10 cennes, les 25 cennes, les piasses, les deux piasses et surtout, surtout, les 20 piasses

Combien il est facile de dépenser l’argent des autres. Je vois clairement que pour M. Brunet tout ce que fait Ottawa c’est bon. Par contre quand ça vient de Québec, surtout du Parti Québécois, là c’est une autre paire de manche.

C’est ben pour dire, hein !

«La bêtise est infiniment plus fascinante que l’intelligence. L’intelligence, elle, a des limites, tandis que la bêtise n’en a pas.»

[Claude CHABROL]

Bonjour,

Bien sûr, c’est beaucoup plus qu’un mythe qui s’écroule. Car depuis des décennies, afin de faire de la pédagogie pour qu’enfin les québécois cessent de tirer le diable par la queue furieusement à deux mains, nous devions rappeler aux petits québécois que « ça prend des cennes pour faire des piastres ». Dans le dialecte de la future nation des québécois nationalistes dans un Canada UNI plusse que jamais.

Effectivement, une forme de nostalgie advient pour nous les Canadiens qui aimions « payer cenne pour cenne » dans la vraie vie quoique parfois le sou noir pesait lourd non pas dans la balance mais dans le fond des goussets, de la vieille besace sinon de l’escarcelle.

En outre, les Conservateurs d’Ottawa viennent de tirer la couverture dessous mes pieds. Alors que j’avais suggéré il y a quelques années à l’Hôtel de la Monnaie Canadienne de « frapper le sou noir à l’effigie de Monsieur Gilles Duceppe ». Afin de le remercier pour son « énorme contribution à l’Unité Canadienne » en servant de défouloir pour les nationalistes québécois déçus de la pauvre Cause Nationale qui était sur le Reculons. Que d’espoirs envolés avec ce symbole Canadien avec sa superbe Feuille d’Érable. Et que de souvenirs de taverne où dans des débats souvent éthyliques, nous nous amusions entre potes dans la vingtaine à plier ce sou noir entre le pouce et l’index afin de mieux les lancer…..

Finalement, ce sont tous les superstitieux qui vont y perdre au change, tous cette talle de rêveurs comme nos nationalistes qui ne pourront plus trouver le « sou noir pour la chance ». Et en plus pour certains dont le sou noir servait de talisman….. Et oui, l’étau va se refermer bientôt sur ce sou magique. Avec plaisir, John Bull.

D’ici quelques années, la pièce de 1 cent ne sera plus qu’un mauvais souvenir, et j’en suis fort aise.

Bonjour,

Avec un peu de condescendance, quoique beaucoup plus pince sans rire, se pourrait il que face aux générations montantes qui savent de moins en moins compter « manuellement », la riposte de la Banque du Canada fut de « légitimer le prétexte d’économie » afin de tourner les coins ronds sans le sou noir qui est l’empêcheur de tourner en rond. Vitesse, quand tu nous tiens afin de tourner les coins ronds et peut être enfin résoudre la quadrature du cercle. Avec plaisir, John Bull.

En guise de complément d’information, voici une liste de pays qui ont retiré de la circuliation les pièces dont la valeur ne justifiait plus leur émission. Le Canada ne fait donc que suivre une tendance qui s’accentue à l’échelle mondiale…

Australie : Les pièces d’un et de deux cents ont été retirées en 1992.

Brésil : A cessé d’émettre des pièces d’un real en 2004

Finlande : N’émet pas de pièces d’un et de deux cents euro depuis le lancement de l’euro en 2002.

Israël : A cessé d’émettre la pièce d’un agora en 1991 et la pièce de cinq agorots en 2008.

Pays-Bas : Ont cessé d’émettre des pièces d’un et de deux cents euro en 2004.

Nouvelle-Zélande : A retiré ses pièces d’un et de deux cents en 1989, et sa pièce de cinq cents en 2006.

Norvège : A retiré ses pièces d’un et de deux øre en 1972; en 1991, les pièces de cinq, dix et vingt-cinq øre avaient aussi été retirées.

Suède : A retiré ses pièces d’un et de deux öre en 1971; en 1992, les pièces de cinq, dix et vingt-cinq öre avaient aussi été retirées. A retiré sa pièce de cinquante öre en 2009.

Suisse : A officiellement retiré sa pièce d’un centime en 2006; la pièce de deux centimes n’a plus cours légal depuis 1978.

Royaume-Uni : Le half-penny n’a plus cours légal depuis 1984.

C’est bien d’avoir la reine sur nos pièces de monnaies , ça nous rappelle notre statut de peuple colonisé , chose que certains ont oublié depuis longtemps .

Bravo pour les conservateurs. Ils auront au moins pris une bonne décision… la seule présentement en 7 ans!

Faut un début à tout….

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