La plate-forme électorale du PQ, dès le jour 5

Le Parti québécois a choisi de rendre public sa plate-forme électorale très rapidement. Pour un parti qui aspire au pouvoir, procéder au dévoilement dès le jour 5, c’est inhabituel.

Les partis dévoilent généralement leur plate-forme quelques jours avant le débat des chefs. (Au fédéral, Stephen Harper a même attendu à la dernière semaine de la campagne en 2005-06). Michael Ignatieff avait tenté le coup de tout dévoiler dès la 1ere semaine en 2011, avec un succès mitigé.

Entretenir l’attention pendant le reste de la campagne sera plus difficile si Pauline Marois ne réserve aucune surprise. Et si elle dévoile des engagements qui ne sont pas dans sa plate-forme, la question de l’improvisation sera inévitable: «Pourquoi ne pas l’avoir écrit dans votre document?» demanderont les journalistes.

Ceci dit, il manque encore le cadre financier des promesses contenues dans la plate-forme et certains points vont nécessiter davantage de détails. Ça va prendre des chiffres pour donner de la crédibilité au document. Au PQ, on doit se raccrocher à ça pour maintenir un peu le suspense dans les 30 prochains jours.

Si c’était uniquement pour détourner l’attention de l’entrée en scène de Jacques Duchesneau, le pari est très risqué. Une campagne électorale, ce n’est pas un sprint, c’est un marathon. Il faut tenir la distance.

AJOUT: Au PQ, on m’a certifié en fin de journée que cette stratégie est normale et prévue depuis longtemps. Chacun des engagements dévoilés aujourd’hui sera expliqué plus longuement à chaque arrêt de la campagne. «On va avoir des choses à dire, on va décliner les thèmes», souligne une source. Le cadre financier sera rendu public plus tard dans la campagne.

N’empêche, voilà du contenu à débattre. Le PQ souhaite probablement amener les autres partis sur son terrain.

La plate-forme tourne autour de trois axes: «s’affirmer, s’enrichir et s’entraider». Voici quelques points intéressants, nouveaux, différents ou qui peuvent provoquer un peu de houle en campagne. (Liste non exhaustive).

– Pauline Marois a dit que tous les souverainistes souhaitent un référendum dans un premier mandat, sans toutefois en promettre un. Elle a dans son équipe des candidats de gros calibres pour qui c’est un volet important du programme péquiste (voir le billet du chroniqueur du Soleil, Gilbert Lavoie, qui parlait de Jean-François Lisée, Pierre Duchesne et Bernard Drainville comme des «trois faucons».)

Dans la plate-forme, à peine quelques lignes touchent la souveraineté du Québec. On peut lire: «Réaliser la souveraineté du Québec à la suite d’une consultation de la population par référendum tenu au moment qu’il jugera approprié.»

– Limiterait à deux le nombre de mandats consécutifs du premier ministre et limiterait à trois le nombre de mandats consécutifs des maires des municipalités de plus de 5000 habitants.

– Permettrait la tenue de référendums d’initiative populaire à la demande d’au moins 15% des électeurs, et ce, dans le respect de la Charte des droits et libertés de la personne, de la future charte de la laïcité et de la future constitution du Québec. Toutes les questions fiscales seraient exclues de ce droit d’initiative.

Élargirait la portée de la Charte de la langue française dans toutes les entreprises de plus de 10 employés et appliquerait aux cégeps et aux écoles de formation professionnelle ainsi qu’à l’éducation des adultes les mêmes dispositions de la Charte de la langue française appliquées aux écoles primaires et secondaires.

Abrogerait la loi sur les écoles passerelles.

– Donnerait à télé-Québec les ressources nécessaires pour mettre en place une mission d’information régionale et nationale afin d’assurer la diversité de l’information dans les régions du Québec.

– Exigerait du gouvernement fédéral le rapatriement de la part québécoise du budget de l’Agence canadienne de coopération internationale. Jeterait les bases d’une future agence québécoise de coopération et de solidarité internationale.

– Instaurerait une redevance minière minimale de 5 % sur la valeur brute de production.

Introduirait une taxation du surprofit de 30 % de sorte que lorsque les minières font des profits au-delà de ce qui est la norme, une part de 30% de ces profits supplémentaires revienne aux Québécois.

– Mettrait en place un régime de redevances sur les hydrocarbures permettant de récupérer plus de 50% du profit avant impôt.

S’assurerait que les projets de production d’énergie éolienne soient contrôlés par l’État québécois, des coopératives ou des communautés locales.

– Procéderait au déclassement de la centrale nucléaire gentilly-2 et mettrait en place un fonds de diversification économique de 200 millions de dollars pour le Centre-du-Québec et la Mauricie.

– Affecterait immédiatement toutes les sommes du fonds des générations au paiement de la dette afin de réduire les risques de pertes financières et de réduire immédiatement l’importance des paiements en intérêt sur la dette.

– Abolirait la hausse des droits de scolarité 2012-2018 et tiendrait un sommet sur l’enseignement supérieur avec les représentants des étudiants, les directions d’établissement, les représentants syndicaux et patronaux.

– Modifierait le financement des écoles privées afin qu’elles soient tenues, comme les écoles publiques, d’intégrer et de soutenir les élèves qui ont des difficultés d’apprentissage.

– Abolirait la taxe santé de 400 dollars par famille et introduirait deux nouveaux paliers d’imposition pour les salariés gagnant plus de 130 000 dollars et plus de 250 000 dollars.

– Assurerait une place pour chaque enfant qui doit être accueilli dans un centre de la petite enfance.

– Mettrait en oeuvre les recommandations de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité.

– Réclamerait le rapatriement de l’assurance-emploi afin d’établir un parcours intégré de formation pour les travailleurs québécois.

– Moderniserait les dispositions relatives aux briseurs de grève et modifierait le Code du travail pour interdire le recours aux services et produits du travail provenant de l’extérieur de l’établissement qui est en grève ou en lock-out.

– Élargirait l’admissibilité aux services juridiques gratuits de l’Aide juridique afin que les personnes travaillant à temps plein au salaire minimum soient couvertes.

 


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La plate forme électorale du PQ sera plus ou moins débattue tant que les médias dominants feront le jeu de la CAQ qui a seulement avalé l’ADQ qui n’a pas élu un seul député sous son étiquette à ce jour.

Vous avez dit démocratie? La réforme du scrutin n’est pas le seul enjeu, la représentation des partis en est un autre.

Développer oui TéléQuébec selon cette plateforme afin d’avoir la diversité de l’information audiovisuelle. L’enjeu linguistique, des ressources, de la nation n’étant pas des spécificités de la CAQ.
Les médias vont cesser bientôt de jouer le jeu de la CAQ?

Les Barrette et Duchesneau sont seulement des candidats pas des chefs de parti. On s’est énervé un peu avec les candidats Bureau Blouin, Pierre Duchesne et un peu J.F.Lisée du PQ mais là ce qu’on fait en pleine campagne électorale avec la CAQ.

Le site web de Radio Canada a consacré deux lignes sur la plate forme du PQ pendant que A.Castonguay a rédigé un article complet.

La chicane entre les partis occupe Radio Canada dans le temps immédiat. Même si 24 heures en 60 minutes à RDI va analyser les programmes. Y a de quoi être perplexe.

Les campagnes électorales sont des compétitions sportives, faites d’anecdotes, de conflits exacerbés. Les questions des ressources nationalisées ou donnant leur plein de redevances, le français à Montréal, les difficultés d’intégration de l’immigration dans la seule province canadienne francophone le Québec, les problèmes de santé publique qui dépassent les belles paroles du candidat caquiste Barrette. Cela intéresse vraiment?

La proposition du PQ sur une assurance soins à domicile devrait retenir plus d’attention, etc.

Le cynisme politique, la division de l’électorat francophone québécois. Cela devrait forcer les journalistes à faire mieux. Je ne parle pas pour ici évidemment.

Jean Charest, plus seul que jamais.
Si vous êtes le moindrement observateur, la flèche décochée par Pauline Marois
» un homme seul (Jacques Duchesneau) ne suffit pas, il faut une équipe »
s’adresse tout particulèrement à Jean Charest qui a fait le vide autour de lui et qui maintenant tente désespérément à lui seul de mener sa campagne électorale entouré par des candidats muets et sans grandes envergures.
http://quebec.huffingtonpost.ca/201

M. Bouchard, c’est quoi le « jeu de la CAQ ? » exactement ? Tenter de gagner l’élection générale en y allant avec 2 sujets qui préoccupent les Québécois : La santé et la corruption avec les candidatures du gros docteur Barrette et de M. Duchesneau, perçu comme M. Net ?

Bonjour,

Les Purs et les Durs du Parti Québécois ont encore des Bleus dans le bas du corps après s’être fait violemment passés au batte il y a six mois par la fantastique Dame de Béton.

Et maintenant ! Que pensent maintenant ces fiers bâtisseurs de pays par le porte à porte dans des chaleurs extrêmes ? Est ce que la Cause s’avance tranquillement ou bien celle ci est encore sur le Reculons ? Un coeur de nationaliste a des raisons que sa propre raison ignore……. Et bien oui, une maudite chance qu’il en est ainsi…. Au plaisir, John Bull.

A surveiller la couverture médiatique du parti québécois par Radio canada et canoè. J’observe à chaque jour et je crois que très subtilement ces deux médias dans leur grand titre couvre beaucoup plus la CAQ et le parti libéral. Je ne sais pas si certains d’entre vous ont pu faire ce genre de constat. Je crois que la presse à ma surprise se distingue.

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