La projection des sièges, à deux semaines des élections

L’actualité s’est allié à Vox Pop Labs, les auteurs de la Boussole électorale et spécialistes du comportement électoral, afin d’y voir plus clair. C’est ainsi qu’est né Le Signal, un outil sophistiqué de projection des sièges.

PolitiqueMoins de deux semaines avant le vote du 19 octobre, les maisons de sondage ne s’entendent pas. Certaines placent le Parti libéral du Canada en avance, d’autres voient le PLC et le Parti conservateur à égalité. Plusieurs placent les conservateurs en tête. Certaines, enfin, estiment que le NPD est largué, d’autres que Thomas Mulcair est troisième, mais à courte distance des deux autres formations et que rien n’est exclu.

Comment s’y retrouver? Pas simple.

L’actualité s’est allié à Vox Pop Labs, les auteurs de la Boussole électorale et spécialistes du comportement électoral, afin d’y voir plus clair. C’est ainsi qu’est né Le Signal, un outil sophistiqué de projection des sièges.

On peut trouver tous les détails ici: Le Signal

L’outil a été testé avec succès lors des précédentes élections. Le Signal utilise tous les sondages qui font leur apparition, fait des moyennes, calibre les résultats par région, tient compte de l’historique des circonscriptions et tente de minimiser les biais de sous-représentation et de surreprésentation de certains électeurs, entre autres. (Pour les maniaques des détails, on parle ici d’un modèle linéaire dynamique bayésien, à l’instar des modèles de prévision couramment utilisés pour les élections américaines, notamment par le New York Times et FiveThirtyEight.) Leur méthodologie est expliquée ici.

Le Signal est constamment remis à jour.

Alors, à quoi ressemble la lutte en ce moment?

Voici les intentions de vote à l’échelle du pays, une fois tous les derniers sondages analysés:

Capture d’écran 2015-10-07 à 15.27.14

Au bas de chacun, on indique ce qui constitue la fourchette inférieure des intentions de vote que le parti obtient selon les coups de sonde, et la fourchette supérieure.

Et en nombre de sièges, cela se traduit comme ceci:

Capture d’écran 2015-10-07 à 15.31.31

Ainsi, on constate qu’aucun parti n’approche une majorité de sièges, mais que la lutte est extrêmement serrée entre le Parti conservateur (133 sièges projetés) et le Parti libéral (132). Les deux autres chiffres donnent la variation possible de la récolte. Par exemple, en fonction d’une foule de facteurs (taux de participation, candidats vedettes, marge d’erreur des sondages, etc.), on constate que le Parti conservateur peut récolter entre 121 et 149 sièges, avec une forte probabilité à 133.

Les résultats au Québec influencent grandement les chiffres nationaux, puisque l’impact est important sur le nombre de sièges que peut remporter le NPD. Si Thomas Mulcair recommence à monter dans la province, le nombre de sièges du NPD bondira au total, réduisant d’autant ceux du Parti conservateur et du Parti libéral, qui sont pour l’instant les seuls, en terme de sièges, à bénéficier du repli du NPD depuis trois semaines au Québec.

Voici la pondération des sondages au Québec, en terme d’intentions de vote.

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La concentration du vote libéral à Montréal, ainsi que chez les anglophones et les allophones, permet au NPD de dominer largement la course aux sièges. Le Parti conservateur, revenu dans la course depuis la controverse sur le niqab, profite d’une remontée dans la grande région de Québec et au Saguenay, ce qui lui permettrait, possiblement, de tripler ses sièges par rapport à 2011, et donc, peut-être, de garder le pouvoir.

Voici:

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Dans les circonscriptions où le Parti conservateur pourrait l’emporter, c’est le NPD de Mulcair qui pointe en deuxième position dans 14 des 17 comtés. Au Québec, c’est donc le NPD qui pourrait profiter du vote stratégique de la part de ceux qui veulent bloquer Harper (alors qu’en Ontario, c’est le PLC de Trudeau qui semble dans cette position).

Dans le cas du PLC de Trudeau, au Québec, il est talonné par le NPD dans 13 des 22 circonscriptions où il serait en avance. Pour les détails par circonscription, c’est ici.

Notre outil permet de voir à quoi ressemble la course pour chacune des régions du pays en ce moment. Tout en se rappelant qu’il reste deux semaines de campagne et que bien des choses peuvent se produire, et que bien des choix restent à faire pour les électeurs.

AJOUT: Certains lecteurs à l’oeil aiguisé nous ont mentionné leur surprise lorsqu’ils ont scruté les projections pour chacune des circonscriptions du Québec. Par exemple, qu’est-ce qui explique l’avance confortable des libéraux dans Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia? Ou encore, l’avance des conservateurs dans Jonquière? Deux circonscriptions que les libéraux et les conservateurs ont perdues aux mains du NPD en 2011.

Il convient de rappeler qu’il s’agit d’un modèle mathématique qui ne tient pas compte de la dynamique locale dans les circonscriptions. L’algorithme utilise les résultats historiques des élections dans la circonscription, et surtout les plus récents, donc ceux de 2011, et les ajuste à la tendance nationale et régionale de la présente campagne. Il ne s’agit pas de sondages dans les circonscriptions. Le modèle ne tient pas compte des candidats dits «vedettes». Ce qui peut expliquer des variations dans certaines circonscriptions. Il s’agit d’un outil de projection pour se faire une idée de la course au Canada et dans les provinces. Un peu à la manière d’un sondage, la marge d’erreur augmente lorsqu’on se rapproche de la réalité locale.

Par exemple, dans Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, le PLC est projeté en avance parce qu’en 2011, la candidate libérale Nancy Charest, bien connue, a fait un très bon résultat malgré la déroute de Michael Ignatieff et l’effondrement du vote total du PLC. Justin Trudeau étant plus fort dans les sondages qu’Ignatieff, le modèle prévoit un bon résultat pour les libéraux dans cette circonscription. Or, Nancy Charest n’est pas sur les rangs cette année, ce qui change la donne. Mais les statistiques n’étant pas la réalité politique, le modèle n’en tient pas compte. Même phénomène pour Jonquière, où le vote conservateur est fort parce qu’en 2011, le candidat de Stephen Harper était Jean-Pierre Blackburn, ministre sortant et homme populaire dans sa région. Il n’est pas candidat cette année, mais le vote conservateur étant plus élevé en général qu’en 2011, Jonquière est projeté comme prenable pour le PC.

Il faut donc garder en tête ces variations possibles. Il s’agit d’un outil intéressant qui ne remplace toutefois pas la dynamique de terrain et le travail des candidats, qui feront une différence pour sortir leurs votes.

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15 commentaires
Les commentaires sont fermés.

En fait pour pouvoir se débarrasser des conservateurs Mulclair et Harpeur, il faut voter pour le PLC.

Ouais! C’est une longue course de chevaux et les partisans anti-Harpeur vont être essouflés avant la ligne d’ arrivée!!!! HI! HI!

Bravo pour « braquette », c’est un très beau translation. En français, c’est « fourchette » ou « intervalle » qu’il faut utiliser.

Ça change rien aux intentions de vote (avec un S a intention) mais n’êtes vous pas fier de votre langue? Ça suffit d’être toujours relâché, on devient un peuple de flanc mou…

Monsieur Mulcair avec sa position sur le niqab ne rejoint pas mes valeurs. Aujourd’hui, quelques femmes radicalismes, demain le nombre va sans cesse augmenter de jours en jour. L’enjeu est important, car il s’agit de l’infiltration de l’islam intransigeant.On envahit les pays.Cela fait depuis les années 1000 que les chrétiens se battent contre l’islam (les croisades)

Puis, Mulcair fait des promesses sans dire où il va prendre l’argent.

Il a quitté le parti libéral au Québec, qui peut dire pourquoi ?

Alors bye bye monsieur Mulcair.

Monsieur Trudeau, je l’aime bien, mais il veut légaliser la marijuana et pour lui pas question de combattre l’état islamique.

Lui aussi fait des promesses sans trop dire où il va prendre l’argent, sauf des déficits
Je peux comprendre qu’il veut relancer l’économie, mais pour la marijuana et son refus de simpliquer dans le conflit avec l’état islamique, je ne le vois pas défendre mes valeurs.

Pour monsieur Harper, je sais où il va. Il prone la sécurité et il a raison de ne pas ouvrir les valves pour laisser entrer des migrants sans vérification. Commençons par aider les canadiens en place avant de secourir les autres, d’autant plus que les pays mulsulmans ne semblenet pas aider leur propre peuple.

Pour mon choix de monsieur Harper, cela ne veut pas dire que je suis entièrement d’accord avec ses politiques, entre autres celles sur Radio Canada et sur les postes.

Mais entre deux maux, je choisis le moindre. en espérant qu’un jour qu’il remette à l’ordre les journalistes de Radio Canada.

@M. Gilles, d’autres aussi sont de votre avis pour Radio-Canada et ils sont décus des conservateurs, ils auraient aimé des coupes encore plus significatives!

votre article est de la pure fiction…. ce n’est pas le Québec qui décide du gouvernement… c’est l’ontario et le reste du Canada… la preuve en 2011, 58 députés npd comme vous le recommandez…. et on a eu un gouvernement conservateur majoritaire…. au contraire, quand le Bloc a été fort au Québec, ce sont les conservateurs qui étaient minoritaires… votre article sent la corruption pour faire voter npd au Québec ….. ben voyons…

Pour ceux qui ne le réalisent pas encore, le Québec français fait à peine 17% du Canada, soit 60 comtés sur 338.
Ca devrait être l’argument central du Bloc dans cette élection.
Gilles dort au gaz.

Urgent – aller lire l’article de Steve Fortin dans Huffington post sur la manipulation des sondages canadiens par des journalistes québécois fédéralistes. Les commentaires du sondeur Léger sont très révélateurs. M. Castonguay, je me suis souvent demandée si vous étiez un journaliste intègre ou un député du NPD.

Quelle déception de constater votre manque de rigueur… Les sondages auxquels vous vous référer ne tiennent pas compte de la réalité du Québec. Les échantillons ne sont pas assez nombreux ….j’ai l’impression de lire une info-pub du NPD

Seul le PCC propose d’augmenter le plafond de cotisation au CLI.
Les autres s’y opposent au motif que les inégalités croîtraient.
Le PCC semble donc être le seul parti où on sait que l’épargne diminue les inégalités, le principal motif pour lequel Bastiat parlait d’harmonie économique.
En effet l’épargne est rémunérée ne peut être rémunérée que par les gains de productivité, qui augmentent la valeur du travail.
La croissance actuelle des inégalités vient de la préférence politique pour la consommation immédiate, de préférence par la dépense publique, au détriment de l’épargne.
Par conséquent c’est le PCC qui fait le nécessaire pour diminuer les inégalités, et les autres pour qu’elles croissent.
Au rebours de leurs discours.
Hypocrisie ou incompétence ?
Peu importe, votons PCC.