La religion mène-t-elle à la violence ?

Les exécutions sauvages de l’État islamique et l’assassinat à glacer le sang de 132 enfants au Pakistan par un commando taliban ne semblent être que les exemples les plus récents et terrifiants de cette loi générale.

Photo: AFP/Getty Images
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PolitiqueLes messages de paix, de partage et de recueillement abondent dans le temps des Fêtes. Les grandes religions en profitent naturellement pour mettre les principes rassembleurs et contemplatifs de leur tradition en valeur.

Qu’à cela ne tienne, plusieurs croient que la religion est foncièrement violente. La croyance en un Dieu tout puissant ou à des forces surnaturelles, et les articles de foi dont sont faites les doctrines religieuses, mèneraient nécessairement au dogmatisme, à l’intolérance et à la violence.

Les exécutions sauvages de l’État islamique et l’assassinat à glacer le sang de 132 enfants au Pakistan par un commando taliban ne semblent être que les exemples les plus récents et terrifiants de cette loi générale.

Karen Armstrong, sœur défroquée maintenant historienne des religions, a fait du rapport entre la religion et la violence le sujet de son livre Fields of Blood : Religion and the History of Violence, dont j’ai eu la chance de discuter avec Marie-Louise Arsenault et le théologien Olivier Bauer à l’émission Plus on est de fous, plus on lit.

Armstrong souhaite examiner deux assertions courantes au sujet de la religion et de la violence.

La première affirme que la religion est intrinsèquement ou nécessairement violente. La seconde avance que les religions ont été la cause des guerres les plus meurtrières.

Sans surprise pour quiconque s’intéresse à la question, elle réfute aisément ces deux affirmations.

Elle part d’abord du constat qu’il n’est pas possible d’élaborer une définition universelle et parfaitement inclusive de la religion. En effet, lorsqu’on tente d’identifier les propriétés essentielles de la religion, on généralise habituellement de manière abusive, à partir d’une religion ou d’une gamme limitée de confessions.

En Occident, la religion est souvent définie comme un ensemble de croyances et de pratiques qui relient la personne pieuse à son Dieu, ainsi que les croyants entre eux.

Cette conception a le défaut de ne convenir qu’aux trois grands monothéismes abrahamiques. Les spiritualités autochtones, l’hindouisme, le sikhisme, le bouddhisme, le taoïsme et le confucianisme sont, à plusieurs égards, différents des religions du livre. Une définition véritablement universelle de la religion devrait être capable de faire une place aux traditions non théistes, panthéistes et polythéistes.

Sachant que le concept d’ahimsa (non-violence) occupe une place centrale dans l’hindouisme et le bouddhisme, que la tradition chrétienne compte son lot de mouvements pacifistes — dont les quakers et certaines communautés anabaptistes — et que des figures exemplaires comme Gandhi et Martin Luther King ont puisé dans la religion une partie de leurs convictions morales et politiques, il est bien difficile de soutenir que la bellicosité est une propriété incontournable de la foi religieuse. La foi peut mener à la lutte pour la paix et la justice aussi bien qu’au fanatisme et à la persécution.

La deuxième croyance qu’Armstrong conteste, c’est-à-dire le jugement selon lequel la religion est à l’origine des conflits violents les plus importants, est de nature historique plutôt que conceptuelle. Elle est aussi plus facile à réfuter. Une connaissance sommaire de l’histoire de la violence nous permet de l’écarter rapidement.

Le «court vingtième siècle» décrit par l’historien Eric Hobsbawn a été d’une violence inouïe. Mais comme les intérêts géopolitiques concurrents des grandes puissances européennes ont été le moteur des deux guerres mondiales et que les régimes totalitaires fascistes et communistes n’étaient pas mus par la religion — l’URSS et la Chine de Mao étaient même officiellement athées —, on ne peut maintenir de façon crédible que la religion est la source principale des conflits les plus meurtriers du XXe siècle.

Comme la période de la Terreur et l’usage immodéré de la guillotine qui ont suivi la Révolution française le rappellent tragiquement, il est même possible de tuer au nom des Lumières et de la Raison. Des «religions civiles» comme certaines formes vicieuses de nationalisme peuvent être dévastatrices, et des penseurs comme Thucydide, Machiavel et Hobbes ont éloquemment montré comment le désir de gloire, de pouvoir et de conquête mène souvent à la violence.

Armstrong admet heureusement que la religion peut elle aussi engendrer la violence. Elle démontre toutefois que l’intolérance religieuse agit rarement seule dans les conflits violents.

L’Inquisition espagnole de la fin du XVe siècle et les Guerres de religion des XVIe et XVIIe siècles sont généralement considérées, non sans raison, comme les exemples les plus probants du potentiel de violence de la foi religieuse. Armstrong soutient toutefois de façon convaincante que des motifs politiques étaient aussi à l’œuvre dans le déclenchement des hostilités.

Si les conflits entre catholiques et protestants ont abondé dans la foulée de la Réforme, des catholiques se sont aussi battus entre eux pour des raisons politiques. Lorsque le catholique Charles Quint prit la tête du Saint-Empire romain germanique, en 1519, les ambitions politiques du pape et du Roi de France lui ont causé plus de soucis que les protestants d’Allemagne.

De même, c’est en bonne partie aux luttes politiques entre monarchistes et parlementaristes que l’on doit les guerres civiles anglaises du XVIIe siècle, qui ont tant marqué la pensée politique de Thomas Hobbes et de John Locke.

Armstrong souligne à juste titre que le XVIIe siècle a été, dans la foulée du Traité de Westphalie de 1648, la grande période de construction des États modernes dont l’une des fonctions centrales était de défendre leur souveraineté. Les conflits causés par les divergences théologiques et ceux engendrés par le désir de conquête territoriale et la défense des frontières se sont entremêlés de façon inextricable.

Enfin, une des stratégies argumentatives les plus efficaces d’Armstrong consiste à nous rappeler jusqu’à quel point l’Occident est intervenu dans les pays — en particulier arabomusulmans — où la religion nous semble synonyme d’instabilité. Que l’on pense à l’Irak, à l’Iran, à la Syrie, à l’Égypte, au Liban, aux conflits israélo-palestiniens ou aux tensions entre l’Inde et le Pakistan, on réalise aisément que les conséquences du colonialisme européen et de l’interventionnisme américain se font toujours sentir aujourd’hui.

Armstrong souligne d’ailleurs que les puissances occidentales ont souvent soutenu des despotes laïques, comme le Shah d’Iran et Nasser et Moubarak en Égypte, dont la gouvernance autoritaire a favorisé l’essor de leaders religieux tels l’ayatollah Khomeiny et les Frères musulmans. Cela n’a pas pour but d’exonérer les dirigeants actuels qui instrumentalisent la religion, mais plutôt de démontrer que les causes de la violence sont toujours complexes.

La démonstration d’Armstrong est convaincante, mais elle ne joue pas à l’autruche pour autant. Elle n’est pas tendre envers les fanatiques et autres croisés qui se réclament de la religion pour tuer. Elle soutient, peut-être de façon exagérément clémente, que toutes les grandes traditions religieuses et spirituelles sont fondamentalement fondées sur le rejet de la violence et sur la compassion. Les mouvements politico-religieux qui font l’apologie de la violence s’appuient selon elle sur des interprétations dévoyées de leur propre tradition.

Armstrong a reçu un Prix TED en 2008 pour faire la promotion d’une «Charte de la compassion» fondée sur la réhabilitation de la règle d’or voulant que l’on ne fasse pas à son prochain ce que l’on ne voudrait pas qu’il nous fasse.

Que l’on soit optimiste ou non quant aux chances de succès de cette initiative, on ne peut que se réjouir que les voix de la paix et de la bienveillance se fassent entendre au sein des traditions religieuses.

Jocelyn Maclure est professeur à la Faculté de philosophie de l’Université Laval. Il a publié, avec Charles Taylor, Laïcité et liberté de conscience (Boréal), qui a été traduit en plusieurs langues.

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Demander si « la religion » mène à la violence est à peu près aussi pertinent que de demander si « le sport » cause des blessures : parle-t-on du ping pong ou de la boxe thaïe?

Quiconque s’intéresse aux différents textes religieux est à même de constater que leurs contenus sont très différents en termes de prescriptions comportementales, incluant en termes d’incitation à la violence. Il est conceptuellement pratiquement impossible de justifier le meurtre en invoquant les canons bouddhistes. Il est au contraire très aisé de trouver justification à la haine et à la violence en se référant aux textes islamiques et à l’exemple de la vie du prophète (qui, rappelons-le, était un guerrier et un esclavagiste). Or, sans surprise, on retrouve énormément plus de cas où des actes violents sont commis et justifiés par la foi islamique que bouddhiste.

Bien sûr que ces violences et guerres sont le plus souvent motivées par des facteurs politiques, économiques et autres que la seule ferveur religieuse. Ceci dit, au lieu de partir de ce constat pour chercher ailleurs et dévier du sujet, ce qui est intéressant de constater est plutôt la place centrale de la religion dans ces conflits. Comment se fait-il que des conflits de natures diverses, à des époques, lieux et contextes sans liens les uns avec les autres, comportent si souvent une dimension religieuse? Si on tient comme prémisse que la religion à elle seule n’est pas la cause des conflits, se peut-il alors que la religion les facilite, qu’elle en soit un combustible?

Combien de fois avons-nous entendu ce témoignage concernant différents conflits civils : « Nous vivions en paix entre voisins de différentes confessions. Puis un jour des prédicateurs de haine sont apparus et, avant qu’on ne se rende compte de rien, tout le monde s’entretuait ». Mon hypothèse est que la religion entretient de divisions latentes entre les individus. Un état permanent de « nous vs les autres » dans l’esprit des gens. Tant que tout va bien, cette division demeure latente, inactivée. Mais il s’agit d’une division qu’il est très facile d’exploiter pour des entrepreneurs guerriers afin d’embrigader des populations. Il suffit de leur faire valoir que cet « autre » qu’ils ont toujours connu comme tel est si autre qu’il en est un ennemi.

Il y a toutes sortes de différences qui peuvent conduire à un sentiment « nous vs les autres », qu’on pense aux différences politiques, sexuelles, nationale, ethniques, régionales, linguistiques, générationnelles, etc. Seulement, la plupart de celles-ci décrivent soit des complémentarités, soit il s’agit de différences franchissables pour un individu. Je vote généralement pour tel parti politique, mais je peux m’imaginer un jour voter pour un autre. Je suis jeune aujourd’hui, mais un jour je serai vieux. Je suis francophone, mais j’ai appris l’anglais et je suis maintenant bilingue, ce qui me permet de mieux comprendre la réalité des anglophones. Je suis Québécois, mais je peux facilement m’imaginer émigrer. Il en va autrement de la religion qui définit des différences essentialistes : on ne peut être chrétiens, mais aussi un peu musulman. Ceci par ce que les textes religieux sont tous mutuellement exclusifs, et surtout parce que l’« autre », tel que défini par la religion, est toujours un être moins moral, impur.

Les religions ont ceci de particulier, puisque chacune se présente comme l’unique voie vers le salut, de créer nécessairement un sentiment d’exceptionnalisme moral chez leurs adhérents. Puisque que les religions se contradisent dans leurs fondements, puisque donc qu’une seule peut être la vraie, c’est évidemment la nôtre qui est la seule bonne. On peut facilement en conclure que quiconque ne pense pas comme nous est un égaré, voire un immoral, un pervers, un mécréant. Et qui plus est, un qui oeuvre à l’encontre de Dieu! Quel perfidie! C’est ce qui rend les religions si aisément exploitables en vue de transformer les croyants en soldats. Et c’est ce qui explique que même une religion aussi pacifique que le bouddhisme pourra, plus difficilement certes mais possiblement, être exploitée en ce sens.

Commentaire intéressant. Il complète le texte.

La question de savoir si les trois religions monothéistes comportent de soi une propension à la violence est une évidence historique. On sait aussi que les grandes épopées violentes tiennent à de multiples facteurs.

La question la plus importante à se poser est plutôt : qu’est-ce qui pourrait faire que le sentiment religieux atténue ou élimine l’instinct de violence chez l’être humain? Malheureusement, le discours religieux ne se met jamais au service de l’éradication de la violence. Il sert surtout à inviter au pardon et à excuser les fautifs.

Yann, je partage presque la totalité de votre lecture du rôle que peut jouer la religion ou l’instrumentalisation de celle-ci dans des conflits violents.
Je doute un peu par contre de certaines de vos sources d’information, car connaissant un peu plus l’Islam sans en être un ardent pratiquant, je tiens à vous dire que le prophète cité-ci haut comme guerrier et esclavagiste est complètement à l’encontre de la réalité historique de la personne; Mohammed était un berger et commerçant travaillant pour sa femme Khadija; en plus il a aboli l’esclavage et non pas l’inverse, l’esclavage est interdit en Islam. Alors qu’il était pratique courante à l’époque, Mohammed a libéré un esclave appelé Bilal en payant son « maître » et fait de lui un homme libre qui est devenu son compagnon.

Comme j’ai dis, pour le reste de votre lecture de comment les religions en générale sont exclusive et cultivent les différence plutôt que les similarités; et toute la violence qui peut en découler; je suis tout à fait d’accord.

Karim,
Le prophète n’a pas aboli l’esclavage, mais en a réformé le code à certains égards. Par ailleurs, le coran contient plusieurs versets stipulant qu’il est permis aux musulmans guerriers de faire des esclaves de leurs ennemis infidèles capturés. (C’est ce dont se servent les jihadistes de Daesh aujourd’hui pour justifier ce qu’ils font aux femmes Yezedies.)
Voir ici par exemple : http://www.thereligionofpeace.com/french/Quran/015-slavery.htm
Oui ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Esclavage_dans_le_monde_arabo-musulman

Je vous remercie Yan pour votre texte éclairé et éclairant. Votre analyse complète bien l’article.

Comme vous le notez très bien on retrouve dans le Coran toutes les autorisations pour pratiquer l’esclavagisme chez les « non islamistes », telles les sourates 33:50 autorisant de prendre les femmes comme esclaves, 4:24 prendre sexuellement les femmes esclaves résultant d’une guerre.

D’ailleurs c’est sur les base d’un des premiers califes Omar ibn al-Khattab (634-644) que la législation islamiste permettra de distinguer les musulmans des « autres », eux pouvant être réduit en esclavage. La traite négrière a été une source de financement important des califats, bien avant les américains.(relire l’histoire)

Concernant Mahomet, c’est une véritable dérision que de dire qu’il n’était qu’un berger et un commençant. Il a été non seulement un guerrier, mais un chef de guerre, réf à la bataille de al-Nakhla en 624 ou la même année la bataille à Badr, assurant à Mahomet un prestige croissant qui lui permet de s’allier à des tribus de bédouins et de poursuivre ses raids en 625 à Uhud, aux portes de Médine, etc.

Alors, je m’adresse à Karim ou aux autres musulmans qui tentent de nous faire croirent des niaiseries, reliser le Coran et l’histoire de Mahomet.

En 2015, à titre d’humain devant être raisonné et raisonnable nous devons accepter que l’histoire des religions, tel l’Inquisition par les chrétiens, etc est un fléau pour tous les humains et que la priorité pour vivre en communauté serait de vivre sa religion en privé reflétant ainsi sa véritable foi et non en faire la démonstration pour ensuite prétendre la vivre.

En passant, pour vraiment respecter les prescriptions religieuses sous toutes ses formes, peu les pratiquent conformément à la norme prescrite.

— Effectivement, ce que vous nous rapportez du travail de Karen Armstrong est plutôt bien fondé. Toutefois, je me dois d’exprimer en complément, ma vision non religieuse quoique respectueuse de toutes les religions. D’où ces questionnements :

Est-il possible que la compréhension de toutes choses soit bien plus complexe qu’il n’en parait ? Se peut-il que notre compréhension de toutes choses soit intrinsèquement dépendante de notre capacité de comprendre comme entité unique et puis comme entité non unique faisant parti d’un groupe ?

Se peut-il que la dynamique du groupe l’emporte sur l’unicité ? Cette unicité étant la relation unique qui existe entre ce que nous sommes et ce qui nous a créés.

Est-il possible que l’organisation humaine en principe copiée d’un ordre divin ou de divers ordres divins soit pratiquement où que ce soit résultante de notre incompréhension de ce qu’est précisément le divin ? Ce qu’exprimerait Karen Armstrong d’une certaine façon.

En cette occurrence, mieux vaudrait dans ce cas choisir l’anarchie — ni dieux, ni maîtres — que de souscrire à quelques valeurs sociales qui portent toutes en elles le germe de de l’affrontement. Ce qui est générateur de violences de toutes sortes. Ce ne sont pas spécifiquement les religions. On pourrait en dire tout autant de toutes les formes de gouvernances et de gouvernements.

C’est la concurrence qui engendre la compétition entre les hommes, entre les groupes et entre les nations. La religion dans ce cas devient l’accessoire, une sorte de béquille (pour paraphraser Freud) attribut d’une forme idéologique usuellement mal comprise.

À quoi sert un fusil si vous ne pouvez pas y mettre de munitions et à quoi servent les munitions si on vous interdit de tirer et à quoi sert le permis de tirer s’il n’est pas une cible ? Dans ce cas, la religion ou le patriotisme ou autre ou la légitime défense — celle de ses biens ou de sa personne ou de celle des membres du groupe : famille, patrie ou autres – ; tout cela devient le déterminant qui rend l’usage de la violence justifiable voire justifiée.

Vous faites mention du mahatma Gandhi et d’un concept (je dirais plutôt ici : une notion) de l’ahimsa. Je pense notamment au massacre Amritsar survenu le 19 avril 1919, perpétré par le colonisateur britannique. Pour Gandhi, l’ahimsa consiste à aller avec joie et détermination vers cette mort certaine et non pas à la contrer par la « non-violence ». Gandhi savait très bien que toutes les formes de résistances civiles qu’il préconisait ; auraient pour effet de produire des réactions violentes.

Dans ce sens l’ahimsa s’inscrit dans l’accomplissement d’une sorte de « grand dessein » divin qui à toutes fins pratiques échappe complètement à la majorité des humains. Toutefois le sacrifice de ces 379 personnes et quelques 1200 personnes blessées, cela était le passage obligé pour accomplir le « grand dessein » de l’indépendance de l’Inde qui en ce sens rejoint alors l’ordre du divin.

— Pourquoi ?

Parce que ce qui relève du divin, c’est essentiellement l’apprentissage pour l’homme de la liberté. S’il n’était point de liberté humaine. Le divin n’existerait pas. Toute forme religieuse serait vaine. Il vaut mieux alors périr devant celui qui vous fait porter des chaînes que de vivre éternellement dans l’obscurité. Ou bien il faut se révolter. Dans ce cas, l’avènement de la lumière peut passer par l’apocalypse.

Aucune religion n’est à proprement parler violente. Ce sont les hommes dépourvus de lumière qui sont naturellement cruels, bêtes et carrément méchants. Faut-il s’offrir sans broncher à toutes formes de méchanceté ou bien combattre avec les armes qui nous sont données ?

En ce sens, même un ordinateur, un traitement de texte et une connexion Internet ou plus pragmatiquement la voix, peuvent être aussi des armes de combats.

(0)

Bien franchement je vais avouer qu’a nouveau je comprends pas le texte … je comprends pas ce qui me semble un manque de reflexion qui n’a rien a voir avec le rigueur que devrait demander la pratique de la philosophie et de la pensee rationnelle …

(1)

(a)

« La première affirme que la religion est intrinsèquement ou nécessairement violente. »

Je comprends pas que le texte et le blogueur ne constate pas que c’est un gros sophisme … un homme de paille gigantesque pour livre a 2$ … On part avec une affirmation tres forte soit « la religion » mene « intrinsequement » ou « necessairement a la violence ».

Tout en evoquant :

« Elle part d’abord du constat qu’il n’est pas possible d’élaborer une définition universelle … blablalablablablabla … de faire une place aux traditions non théistes, panthéistes et polythéistes. »

et que puisqu’il n’y aurait pas de definition universelle de religion et donc que parce que certaines « religion » (selon qu’on inclut tout et rien) sont manifestement non violente ( pantheiste par exemple ) … on detruit facilement notre homme de paille ….

Le procede est tellement grossier que c’est epeurant …

Moi je m’attendrais que l’approche philosophique nous mene un peu plus loin ….

(2)

Peut etre le blogueur ou l’auteur du livre … pourrait commencer par reflechir a formuler une definition de religion qui mettent pas dans le meme panier toutes les croyances ou meme encore mieux categoriser les croyances et plus precisement religions selon divers schema, critere ….

Peut etre que dans le fond pas « toute » les religion pose probleme mais certaines categories, certaines qui ont des caracteristiques x,y ou z …

Poussant sa reflexion plus loin le blogueur ou l’auteur du livre pourrait meme discuter les divers criteres qui pourraient etre susceptible de mener a la violence pour une religion d’une categorie x, y ou w …

(3)

Des pistes de reflexion …

(a)

le fait que le temoignage mystique, ecrit, livres saint ou whatever soi directement d’origine d’un dieu, etre transcendent, bref kekun qu’un humble mortel peut pas remettre en question …

ni meme contextualiser le propos …

souvent ca nous met dans la position de faire une lecture litterale , de faire de pirouette si on veut un peu devier des niaiseries qui pourraient etre ecrite … habituellement ca part mal …

(b)

le fait que le dieu, son representant, prophete et livre donne une grande place aux precepte, regles religieuses, qui doivent etre suivi et qui sont d’une nature plus ou moins englobante …

la doctrine … et ce qu’il faut ou ne pas faire pour etre bon ou pas bon croyant … quand ca prend une grosse place c’est pas un bon signe ….

(c)

Maniere d’endoctriner en plus ou moins bas age les enfants …. quand on se fait polluter l’esprit en bas age quand on est vulnerable, on en vient a se faire programmer d’une maniere que ca peut etre epeurant … et qu’on accepte des niaiseries de maniere litterale …

(d)

Au dela de simple regles, la decription detaille d’un code a respecter, meme de loi divine, sous peine d’opprobe de dieu ou ses representant ….

(e)

Description de chatiment, divin, corporels, a pierrejeanjacque qui ne respecte pas x ou y dogme et en particulier ces regles du code ….

il me semble que ca nous amene assez raidement dans la violence ….

(4)

Quelqu’un pense que ces divers criteres qu’on pourrait decouvrir concernerait le pantheiste et les dieu partout et nulle part qui demande rien, avec aucun dogme, livre religieux, temoignage mystique, precepte, croyance precise, … et qu’on arrive a peine a distinguer d’une cause physique dans le big bang initial ….

Il ne devrait pas avoir de religion sur la terre, seulement un ,,guide » comme »un dictionnaire historique ». Il ne faut pas obliger et détourner personne de ses facultés et croyances avec lesquels elle fonctionnes !

Il y a un côté découverte de l’eau bouillante dans l’exposé du professeur Maclure.

Comme toujours, j’en aurais des kilomètres à dire et à redire, mais heureusement, pour faire un peu plus court, je trimballe partout avec moi ma prédominance… oups, pardon ! Je veux dire ‘La prédominance du crétin », par Fruttero et Lucentini (Livre de Poche no 6756). Ainsi à l’article « Mort et chocolats », on peut lire cet excellent résumé:

«Mais le matérialiste humanitaire a toujours tué et continue à tuer sans y réfléchir à deux fois, au même titre que le fanatique religieux. Pour le Coran, la Bible ou Le Capital, l’individu est zéro, et si sa mort semble utile au triomphe de la Cause, l’éliminer devient licite, c’est même un devoir. Et la patrie, alors ? Et la Raison, elle-même ? Combien de gens furent tranquillement collés au mur (ou pire) au nom de ces nobles abstractions ?»

Donc, ce dont il est question en fait, c’est du fanatisme, du prosélytisme militant de la Bonne Cause qui aboutit au meurtre et même au meurtre de masse.

Moi qui porte le chapeau à trois pointes (je suis à la fois athée, laïciste et anticlérical), j’ai donc sur la conscience – soi-disant:: car je ne crois pas, évidemment, à la culpabilité par association – j’ai sur la conscience, mettons, la Cristada au Mexique en 1937-38 (racontée dans l’extraordinaire roman de l’écrivain catholique Graham Greene LA PUISSANCE ET LA GLOIRE, ou dans sa faiblarde transposition à l’écran sous le titre DIEU EST MORT par le réalisateur catholique John Ford, qui transforma cette magnifique et prenante histoire en prêchi-prêcha catho bébête alors que le roman de Greene est génial justement parce qu’il évite tout prêchi-prêcha) ou encore la « chasse aux curés » qui accompagna la Révolution française.

Quant au catholique de base, il aura sur la conscience – toujours soi-disant: car je ne crois pas, évidemment, à la culpabilité par association – il aura sur la conscience, mettons, l’Inquisition espagnole, ou la lutte bec et ongles de la Curie romaine, au 19e siècle, contre la démocratie italienne naissante, sans parler des massacres sans nom à Palma de Majorque et ailleurs pendant la Guerre d’Espagne – en 1937-38 aussi, tiens tiens. (Lire à ce sujet LES GRANDS CIMETIÈRES SOUS LA LUNE, de l’écrivain catholique Georges Bernanos, que je recommande même si ce livre est un cas limite très rare: un virulent pamphlet antifasciste… parsemé ici et là de sorties antisémites. Et de toutes les contradictions de M. Bernanos, ce n’est que la plus grosse, mais lisez-le quand même.)

Autrement dit, tout ce que nous savons, c’est que « lui le catéchumène » peut tuer au nom de ses convictions tout comme nous savons que « moi l’énergumène » je peux tuer au nom de mes convictions. Nous voilà bien avancés.

Aussi, comme le souligne le premier intervenant YannM, la question « La religion mène-t-elle à la violence? » est une question insignifiante, et même – ça, c’est moi qui l’ajoute – une question stupide, aussi stupide que serait la question « L’athéisme mène-t-il à la violence? »

Je pense qu’une question plus efficace serait – et ici, je prends l’Islam seulement à titre symbolique, transposable selon moi aux autres cultes en choisissant d’autres repères chronologiques – une question qui comporte évidemment un énorme raccourci jouant à saute-moutons par-dessus les siècles :

« Comment passe-t-on de l’Âge d’or de l’Islam – cette époque où le rabbin Yoseph Karo, poursuivi par l’Inquisition chrétienne, put après s’être arraché à sa patrie espagnole trouver refuge et protection en Turquie, donc dans le monde musulman – comment passe-t-on de l’Âge d’or de l’Islam aux navrants événements récents de Tombouctou ? »

Ce qui est agaçant avec les athées, c’est qu’il sont toujours à bout d’exaspération que l’on n’arrive pas à instaurer un paradis sur terre. J’en conviens, les croyants peuvent tout autant devenir agaçants avec leur paradis dans l’au-delà.
Ne pourrait-on pas, tous, se callisser mutuellement patience sur le sujet de la religion?

Merci pour votre article et pour votre désir d’aborder le sujet avec équilibre.

Il semble que quelqu’un ait déjà fait le décompte des 1763 guerres qui ont fait rage depuis le début de l’histoire (Encyclopedia of Wars, par Charles Phillips et Alan Axelrod, 1502 pages, 2004) et que seulement 7% d’entre elles aient été de nature religieuse. Un pourcent, cela aurait aussi été encore bien trop, mais n’empêche que les évidences historiques pointent plutôt vers la soif de pouvoir et non vers la religion comme étant la première cause de décès causés par la guerre.

Un athée avait déjà dit en se moquant : “L’humanité sans religion, c’est comme un tueur en série sans scie mécanique.” J’ai trouvé cette remarque assez dérangeante sur le coup, et je dois admettre que les crimes animés par des motifs religieux nous choquent davantage et alimentent le cliché que la religion mène nécessairement à la violence. Mais le problème avec cet énoncé c’est que le danger ne réside pas dans la scie mécanique en tant que telle, mais plutôt dans le tueur en série, qui constitue une menace même avec un couteau à beurre!

Pointer du doigt la religion, c’est témoigner de naïveté. Le problème est d’abord dans notre cœur avant d’être dans une religion. Comme le disait Jésus, « c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies. »

En tant que chrétien évangélique, je crois que suivre Jésus (si l’on appelle ça une « religion »), cela fait partie de la solution et non pas du problème.

C’est bizarre, je relis mon message et je me demande où diable vous arrivez à déceler quelque appel que ce soit au « paradis sur terre ». Les trois grands anti-utopistes du 20ème siècle, Zamiatine, Huxley, Orwell étaient athées aussi, alors… Il faut apprendre à faire toutes les distinctions nécessaires, citoyen.

Et bon, voilà qu’après avoir vaguement promis d’être bref dans mon message précédent, je retombe dans mes marottes. Ah, là, là. Vue comme ça, la liberté d’expression est aussi une servitude pour le malheureux modérateur de L’Actualité, obligé de se coltiner nos tartines !

Mais je tiens à ajouter ici quelque chose de beaucoup plus polémique, ce pourquoi j’ai séparé mon message en deux. C’est que monsieur Maclure ne lâche pas son os. Tout en dénonçant régulièrement tout le débat sur la laïcité et sur la séparation (fût-elle symbolique) des Églises et de l’État comme un vaste prétexte à intolérance antireligieuse ourdi par de machiavéliques idéologues nationalistes, il revient lui-même continuellement là-dessus, alimentant comme à plaisir la fournaise que par ailleurs il dénonce.

Aussi j’estime de mon devoir de souligner deux faits, deux faits qui sont un.

C’est que les deux exemples historiques concrets les plus connus d’une instauration de la laïcité, de la séparation des Églises et de l’État dans une démocratie, sont à mettre en rapport direct avec l’histoire de l’antisémitisme. Voici comment et pourquoi.

Le deuxième cas, chronologiquement, fut bien sûr la loi de Séparation de l’Église et de l’État adoptée en France en 1905. Alors si quelqu’un veut bien se pencher sur l’historiographie de la période, il ou elle constatera très vite tout ce que cette loi avait de politique. La Loi française de séparation de l’Église et de l’État de 1905, en effet, fut entre les mains de ses concepteurs (Jaurès, Clémenceau…) à la fois bouclier et couvercle de poubelle pour barrer la route à l’offensive antidreyfusarde, c’est-à-dire à une montée organisée d’antisémitisme.

Je précise « organisée » car ce qu’il y a de spécifiquement pré-nazi dans l’Affaire Dreyfus – malgré l’abîme qui sépare le christianisme du néopaganisme biologique nazi – c’est que des forces hautement réactionnaires, au sens dur du terme c’est-à-dire en réaction contre la démocratie parlementaire et le pluralisme constitutionnel, venaient de trouver dans l’antisémitisme un instrument POLITIQUE pour unir leurs sombres troupes. C’est ça la hideuse nouveauté qui ajoute le mal au mal.

Et donc, la loi de 1905 sur la Séparation de l’Église et de l’État fut l’instrument que la République, dont l’existence même était alors menacée par la sédition, utilisa pour mettre en déroute une montée d’antisémitisme particulièrement virulente (et qui hélas ne serait pas la dernière). Bien qu’elle y ait été pour beaucoup, je ne dis pas que c’est cette loi qui a TOUT fait pour empoubelliser la racaille antidreyfusarde. J’ai beau être anticlérical, il me faut souligner également que le citoyen Vincenzo Gioacchino Raffaele Luigi Peccile, que les cathos connaissent mieux sous le nom de Pape Léon XIII, poussa l’Épiscopat français, profondément monarchiste, à se rallier à la République, en ce, en se foutant superbement de ses hauts cris. Mais enfin, je le répète, la loi française de 1905 fut à la fois bouclier et couvercle de poubelle contre un antisémitisme.

Ça n’a pas empêché, pendant tout le débat sur la laïcité au Québec de ces quatre-cinq dernières années, de lire et d’entendre les opposants à la laïcité – bien avant le malencontreux projet séparatiste de prétendue « Charte des valeurs » – présenter cette loi française de 1905, notamment dans la presse anglophone mais aussi sous la plume apoplectique, par exemple, de Lysiane Gagnon, comme un exemple typique d’intolérance french, alors que ce fut EXACTEMENT LE CONTRAIRE : une victoire contre l’intolérance.

C’est chronologiquement le second cas. Passons maintenant de ce second exemple, où la laïcité est mise en place en 1905 par une gauche dans une république, au premier exemple, où la laïcité est mise en place en 1860 par une droite dans une monarchie constitutionnelle. Cette fois, bien sûr, l’antisémitisme n’est pas l’enjeu principal de la bataille, mais c’en est un aussi.

Ainsi, saviez-vous que dans les vastes Territoires pontificaux du centre de l’Italie, jusqu’à leur annexion et leur abrogation par l’Italie libérale (1859-1861), il était interdit à un Juif de témoigner en cour contre un Chrétien ? Attaboy, les cambrioleurs romains non juifs devaient se péter un time ! Et ce n’est là qu’un exemple des saloperies antisémites mises en place par la gouvernement de la Curie romaine dans ses territoires et qui persistèrent jusqu’à la fin. Et pour des raisons d’espace, chanceux que vous êtes, je vous épargne l’affaire Mortara !

Ces déplorables âneries tombèrent en poussière avec l’Italie libérale, parlementaire et laïque instaurée par l’Unité de 1860. Les Italiens de confession et/ou de culture juive étaient tout naturellement citoyens du nouveau royaume constitutionnel d’Italie. Nul besoin d’émancipation en groupe comme ce fut le cas ici. D’ailleurs plusieurs Juifs italiens furent parmi ces patriotes libéraux et autres Chemises rouges qui firent surgir l’Italie du triple joug des Autrichiens patibulaires, des Bourbons vermoulus et – last but not least – des Forces pontificales pour établir cette patrie et cette citoyenneté qui désormais était la leur.

Grande fut la gloire du Risorgimento ! C’est notamment pour cela que quand le totalitarisme fasciste de Mussolini adopta sur le tard (1937-38) son odieuse politique antisémite, il partit presque de zéro, tandis que l’antisémitisme, comme le montre bien l’historien Daniel Goldhagen, saturait déjà les idées allemandes bien avant l’arrivée des nazis. Permettez ici une longue citation de Primo Levi, Juif italien survivant du Lager, sur la « vie », si on peut l’appelerait ainsi, au camp d’extermination d’Auschwitz :

« Je dirais que c’était même pire pour [les Juifs italiens] que pour les Grecs, parce que les Grecs étaient des gens en grande partie habitués à la discrimination. L’antisémitisme existait à Salonique, beaucoup de Juifs de Salonique avaient fait leurs premières armes en ce domaine, ils s’étaient rodés au contact des Grecs non juifs. Mais les Juifs italiens, si accoutumés à être traités à égalité avec tous les autres, étaient vraiment privés de défense, nus comme un œuf sans coquille. »

Historiquement, même s’il existait avant cela un « vivre et laisser vivre à l’italienne » – et notons que la présence juive à Rome remonte à avant le christianisme –, c’est surtout à partir de 1860, fondation de l’Italie et de sa démocratie parlementaire, que les Juifs italiens seront « traités à égalité avec tous les autres », comme dit Primo Levi. Principe d’égalité de tous les citoyens ? D’abord et avant tout, bien sûr, car c’est ce principe de citoyenneté qui nous permet de nous garantir mutuellement des droits égaux (vu que la citoyenneté n’est pas identitaire, n’est-ce pas cher amis natiionalistes). Mais aussi, en complément de programme, ce principe de Giuseppe Mazzini, L’ÉGALITÉ DE TOUS LES CULTES, qui s’arrime tout naturellement à celui de Camillo Benso di Cavour, grand manitou de l’Unité italienne : « Une Église libre dans un État libre. »

La laïcité instaurée par l’Italie libérale servait notamment à ça. Les obligations qu’elle créait dans l’appareil administratif s’appliquaient bien sûr tout autant aux cultes minoritaires – judaïsme et protestantisme – mais elles furent largement acceptées car c’est justement ce principe de neutralité laïque dans la sphère restreinte de l’État qui permet d’assurer la concorde entre les différentes formes que prend la vie spirituelle des citoyens dans la vaste sphère de la vie sociale, là où tout est désordre et vie.

Mais je me rends bien compte que cette dernière phrase est incompréhensible tant par le citoyen Maclure et ses épigones que par toute une brochette de militants se réclamant de la laïcité, puisqu’à leurs yeux, les deux notions – « sphère restreinte de l’État » / « vaste sphère de la vie sociale » – sont fondues en une seule via le concept défectueux, illibéral voire prétotalitaire d’« espace public », une notion qui engouffre la société dans l’État comme si les deux choses en étaient une seule, comme si la distinction entre la société et l’État était abolie. C’est cette notion défectueuse, qui grève le débat depuis le tout début, qui a permis notamment l’idée aussi hénaurme que liberticide de limiter la religion à « l’espace privé », d’une part ; et d’autre part, qui a permis l’amalgame accusateur qui s’ingénie à faire croire aux croyants terrifiés que quiconque prône la laïcité veut faire disparaître l’expression religieuse de tout « l’espace public » . (Eh oui, puisque pour les deux camps en question il n’existe que « espace privé » et « espace public », et non « sphère privée », « sphère de la vie sociale », « sphère de l’État », cette dernière étant bien étendu la seule où peut s’appliquer – encore que moi je prône une application symbolique et non pas mur-à-mur – le principe de la neutralité laïque de l’État libéral).

Mais pour en revenir à mes deux exemples, on devine aisément que les idées d’une droite libérale monarchiste-constitutionnelle et celles d’une gauche radicale-socialiste républicaine n’étaient pas tout le temps sur la même longueur d’ondes ! Sans parler, tout simplement, des idées italiennes et des idées françaises. (Comme l’écrit malicieusement le comte Sforza : « La puissante clarté cartésienne du rationalisme français brille pour nous Italiens tel un phare dans la nuit : un excès de lumière qui masque la valeur des ombres. ») On trouvera pourtant en toutes lettres, dans la France laïciste de 1905, ce même principe énoncé par les penseurs du Risorgimento italien, l’Égalité de tous les cultes, principe qui, semble-t-il, avait franchi sans encombre la frontière entre les deux patries et les deux familles politiques.

L’instauration de la neutralité laïque de l’État par Cavour dans l’Italie de 1860 et par Jaurès et Clémenceau dans la France 1905 marquèrent toutes deux une défaite de l’antisémitisme, et l’antisémitisme c’est le « canari dans le tunnel » de l’intolérance en général. Aucune de ces deux défaites ne fut définitive, hélas. Mais ceux qui, comme le professeur Maclure ou son collègue Charles Taylor – pour ne rien dire des délirants commentateurs du Globe & Mail ou du « National » Post – présentent le principe de laïcité comme une évidente manifestation d’intolérance, ceux-là devraient se renseigner davantage – soit dit pour rester poli – sur certains événements historiques ainsi que sur la notion de falsification, qu’elle soit volontaire ou involontaire.

Libera chiesa in libero stato ! Des Églises libres dans un État libre !

Je trouve que vous poussez le bouchon un peu fort quand vous dites que l’antisémitisme du temps de l’Affaire était annonciateur du nazisme! La haine de l’autre est une maladie beaucoup plus largement partagée, et persistante. À force de raccourcis, on peut faire dire n’importe quoi à l’Histoire. Enfin, Taylor, Kimlicka et bien d’autres ne disent pas que la laïcité c’est l’intolérance, ils mettent simplement la communauté avant la Raison d’État. Celle-ci peut être implacable parfois et la loi de 1905, interprétée par des zélotes comme le « petit père Combes », était tyrannique, et fondée sur un anticléricalisme forcené. La IIIème République a pu heureusement trouver un équilibre dès ce moment, en mettant un frein aux velléités d’éradication des tenants de la foi républicaine et laïque absolue. Des intégristes avant l’heure! Pourtant, Georges Clemenceau le plus anticlérical de tous, sût se montrer clément. C’est par leur tolérance que l’on reconnaît les grands.

@ Jacques Saint-Cyr: «Je trouve que vous poussez le bouchon un peu fort quand vous dites que l’antisémitisme du temps de l’Affaire était annonciateur du nazisme! La haine de l’autre est une maladie beaucoup plus largement partagée, et persistante. À force de raccourcis, on peut faire dire n’importe quoi à l’Histoire.»

Évidemment, je suis persuadé de ne pas « faire dire n’importe quoi à l’histoire ». La « découverte » par les nationalismes européens de ce qu’on appelle l’antisémitisme politique, c’est-à-dire utilisé comme principe d’organisation d’un mouvement, fut le fait non de l’extrême-droite catholique antiparlementaire à la française mais, un peu avant cela, des mouvements panslavistes et pangermanistes. C’est la version française d’un phénomène qui essaime aussi ailleurs. Par ailleurs, en substituant à l’étude d’une haine précise – l’antisémitisme – la notion-bateau de la « haine de l’autre », aussi imprécise et slack que possible, c’est plutôt vous, pour le coup, qui noyez le poisson.

Je me permets aussi de souligner que je maintiens dans mon message une ferme différence: «l’abîme qui sépare le christianisme du néopaganisme biologique nazi». L’antisémitisme à la française à l’époque de l’Affaire Dreyfus est souvent d’inspiration catholique (et comme souvent c’est plutôt le haut clergé que le bas clergé qui souffle sur les braises), mais justement parce qu’il est catholique, il est rarement racial (i.e. biologique). C’est assez comique, en tout cas, de penser que ces bigots organisaient des groupes de prière « pour la conversion du Pape Léon XIII » !! Cela dit, il n’empêche qu’on trouve dans cette soupe-là la première version de ce qui s’appellera plus tard « Révolution nationale », un des principaux carburants de la France de Vichy.

Enfin, pré-nazi et nazi, ce n’est pas la même chose. Pour prendre un exemple d’un autre genre, les anthropologues biologisants du 19e siècle, en Allemagne bien sûr mais aussi en Angleterre, en France et ailleurs, tenants ahuris et délirants de pseudosciences comme le polygénisme et la raciologie et la craniométrie, organisateurs entre 1870 et 1880 des tristement célèbres « zoos humains », ne sauraient être confondus avec des nazis, mais « pré-nazi » ça leur colle parfaitement, car le saucissonnage et la classification de la diversité des peuples et des nationalités sur la base de linéaments PHYSIQUES, naturels-biologiques, prépare et fomente le découpage de l’humanité au sens le plus littéral du terme.

Je me permets aussi de vous renvoyer à l’étude classique de Hannah Arendt: ‘Les origines du totalitarisme, Tome 1: l’antisémitisme’, où elle décortique l’Affaire Dreyfus en long, en large et en travers.

Dans le Tu ne tueras point renvoi l’homme fait à l’image de Dieu. Dommage que cette interdiction n’assume pas le vivant dans cette interdiction. Imaginons le commandement autrement! Que Dieu proclame : Tu ne tueras point le vivant. Que le vivant soit aussi l’animal qu’on tue sans criminalité. Imaginons que le vivant permettrait de repenser cette séparation entre les animaux et les humains. Le religieux n’est pas seulement des signes. Elle prétend dire ce qui est le bien, le vivant, la mort, le mal…. Sa lutte contre le droit à l’avortement repose sur une sacralisation du vivant, mais exclut l’animal de cette logique! Elle autorise la guerre dans des circonstances bien précises. St-Augustin plaidera pour une guerre préventive contre les barbares de son époque qui massacre et saccage Rome capital du nouveau monothéisme chrétien conquérant.

Cette monothéisme conquérant repose et impose une logique du texte qu’on nomme livre. Livre de la loi. Livre de Dieu. Une guerre sur le corpus du livre s’engage. Une guerre sur l’interprétation du livre se déploie d’hier à aujourd’hui.

Que le livre soit juif, chrétien ou musulman…La religion du livre prétend neutraliser la violence pour un monde de paix. Elle a cohabité avec le politique en légitimant les monarchistes d’hier à aujourd’hui. Quand elle n’a pas le pouvoir. Elle fait la promotion du pacifisme.

Universel la religion ! Cette position est intenable tant sa conception épistémologique que méthodologique.

« Tu ne tueras point renvoie l’homme fait à l’image de Dieu.»

Certes. Mais il faut aussi rappeler – tout en n’imaginant aucunement que les croyants prennent cette sombre poésie au pied de la lettre, comme le font souvent les tenants de l’athéisme neurobiologique ou « new atheism » – il faut aussi rappeler que le commandement « Tu ne tueras point » ne s’arrête pas là.

Et là, c’est vrai, je l’admets d’emblée, je n’ai pas la litanie en question sous la main, à mon grand dam. Mais c’est l’esprit de la chose qui compte et il est relativement facile de le vérifier.

Tu ne tueras point.

Mais celle qui aura couché avec son père, celle-là, tu la tueras. Et celui qui aura couché avec sa mère, celui-là, tu le tueras. Et celui qui aura frappé son père ou sa mère, celui-là, tu le tueras. Et celle qui aura commis telle et telle abomination, celle-là, tu la tueras. Et celui qui aura… Et ainsi de suite. Au bout du compte, la liste des exceptions est longue en p’tit Jésus de plâtre !

C’est d’ailleurs le sujet d’une de ces blagues que nous, anticléricaux, aimons bien nous raconter le soir au coin du feu, idéalement dans un coin reculé de Toscane échappant encore à la peste du tourisme.

Alors une fois c’est Moïse qui est sur sa fameuse montagne pour recevoir du Très-Haut les dix commandements. Et on en arrive au commandement « Tu ne tueras point », puis à sa litanie d’exceptions. «…Et celle-là, tu la tueras… Et celui-là, tu le tueras…Et celle-là, tu la tueras… Et celui-là, tu le tueras…»

Au bout d’un moment, prenant son courage à deux mains, Moïse demande dans un filet de voix :

«C’est pas pour critiquer, ö Seigneur, mais vous ne trouvez pas que ça commence à faire beaucoup d’exceptions à la règle Tu ne tueras point?»

Aussitôt une voix terrible explose dans les oreilles du malheureux.

«Comment oses-tu, misérable vermisseau ? Et combien de fois devrai-je te répéter que mes voies sont impénétrables ? Im-pé-né-tra-bles, c’est pourtant pas si dur à retenir!»

Raffinez votre hébreu, SVP. Ce n’est pas « tu ne tueras point », mais « tu n’assassineras point ».

Marc-Anré, raffinez votre hébreu, SVP. Ce n’est pas « tu ne tueras point », mais « tu n’assassineras point ».

Ce n’est pas la religion qui crée la violence, mais l’esprit religieux: celui des convaincus absolus, qui croient avoir raison et comptent convertir l’autre par tous les moyens. On ne crée pas d’omelette sans casser des oeufs, disent-ils, tout à tour. L’Inquisition disait que certains sacrifiés par erreur ne faisaient pas le poids devant la nécessité d’éradiquer la mécréance. Les maréchaux et généraux des Guerres de religion se servaient de la foi pour « transporter » leurs troupes et leur donner le courage de massacrer et d’affamer, du côté catholique comme protestant. Ce ne sont pas des religieux qui ont inventé l’esprit de tolérance lors du Traité de Westphalie, mais les hommes politiques, princes et empereurs, qui reconnaissaient qu’ils jouaient depuis trop longtemps dans un jeu à somme nulle. Les révolutionnaires sous Robespierre et Saint-Just reprenaient les antiennes de la vieille religion, dans un bel esprit de rédemption citoyenne. Les Soviets croyaient au Paradis sur Terre plutôt qu’en l’au-delà. Cela valait bien quelques famines, exterminations ou goulags.
La religion, c’est s’enfermer dans une système de pensée qui exclut le scepticisme philosophique. Sans scepticisme, il n’y a pas de tolérance. D’ailleurs, dans le processus de civilisation en cours, la baisse de la violence correspond parfaitement à l’érosion des dogmes religieux.

Si la religion mène à la violence, que dire de l’absence de religions! Les 4 pires massacres de l’histoires de l’humanité ont été commis par des athées: Hitler, Staline, Mao TseTung et Pol Pot.

«Les quatre pires massacres de l’histoires de l’humanité ont été commis par des athées: Hitler, Staline, Mao TseTung et Pol Pot.»

De que c’est ? Trois des quatre pires massacres. Staline, Mao-Tse-Tung et Pol Pot étaient athées, du côté des communismes. Mussolini était athée, du côté des fascismes (quels que fussent ses arrangements de 1929 avec la Curie romaine). Mais Hitler et le nazisme, attention, c’est une autre histoire.

Quel est le dernier bout qui manquait au cauchemar totalitaire fascista pour s’enfoncer aussi loin dans le « mal radical » que le cauchemar totalitaire nazi ? Pourquoi n’est-il pas atteint de la même manie homicide ? La réponse la plus courte que j’aie sous la main nous vient de l’écrivain sicilien Leonardo Sciascia, analysant dans son journal ‘Noir sur noir’ les causes du philonazisme de son collègue norvégien Knut Hamsun (prix Nobel) :

« Un amour immense, religieux, panique même, porté à la nature. S’il est quelque chose qui réclame de la mesure, c’est justement l’amour de la nature. Il ne faut jamais trop l’aimer, car on finit par peu aimer l’Homme. »

Notez ici le sens spécial de l’adjectif « panique », qui ne réfère pas à la peur, mais au dieu Pan. « Pan » étant justement le titre du livre de Hamsun.

Les nazis croyaient aux runes, aux augures, à tout un bataclan néo-païen. Ils organisaient des cérémonies pour célébrer les solstices et s’extasiaient sans fin sur la forêt sauvage et la nature indomptée. Ils se croyaient allemands par le sang et non par la culture. C’est comme s’ils voulaient rentrer l’Homme dans la nature, alors que la civilisation – n’importe quelle civilisation, peu importe laquelle – consiste au contraire à en sortir, d’où le titre d’un célèbre essai de l’antinazi Vercors, chef de maquis dans la Résistance : ‘La sédition humaine’ (1949) :

« Avant de s’être éveillé à sa condition, l’anthropoïde était un morceau de nature comme les autres. Sans sécession et sans révolte, point d’hommes. Ce qui crée l’Homme, c’est sa lutte contre la nature. »

C’est le contraire exact, l’opposé symétrique de cette citation d’Hitler qui accompagnait le livret de formation des Jeunesses hitlériennes :

« En tentant de se révolter contre la logique inflexible de la nature, l’homme entre en conflit avec les principes auxquels il doit d’exister en tant qu’homme. »

Ce culte halluciné de la nature, que l’on retrouve tout au long de l’immonde ‘Mein Kampf’, n’est pas du tout un athéisme mais un néopaganisme. Moi qui suis athée, je me dois d’être prudent et mesuré car je sais, bien sûr, ce que signifie l’anti-monothéisme nazi : c’est que, bien qu’elles n’en aient pas le monopole, les religions monothéistes ou « religions du Livre » furent les premières à énoncer explicitement ce principe régulateur fondamental d’une seule origine commune à tout le genre humain, origine commune dont l’idéologie nazie – aboutissement ultime du délire de la race – constitue la plus radicale négation.

Cet anti-monothéisme nazi – qui se manifeste par exemple dans le néologisme « logocentrique » (littéralement : « centré autour de l’esprit »), forgé à la fin des années 20, à des fins accusatrices, par le pamphlétaire irrationaliste Klages, qui accusait le christianisme d’être « logocentrique » et d’avoir hérité cette tare du… judaïsme (encore lui!), néologisme repris et martelé au cours des années 30 par la revue psychiatrique nazie ‘Zentralblatt’ – cet anti-monothéisme-là n’est pas du tout athée. Si vous ne comprenez pas ça, citoyen Honorable, vous contribuez à brouiller la définition des fascismes, ce que je ne peux pas vous laisser faire.

L’athéisme se réclame toujours de la Raison – je dis bien SE RÉCLAME : ce n’est pas la preuve qu’il en soit ainsi ! Quand il nie l’existence de Dieu et tient les religions pour des fables poétiques, c’est toujours au nom de la raison. C’est une conséquence du rationalisme des Lumières. Mais le nazisme au contraire est un irrationalisme carabiné, qui en plus de son antisémitisme pathologique, dénonce à la fois le monothéisme ET l’humanisme athée. Pour illustrer la chose, je vous convie à un bref match de lutte gréco-chrétienne.

Dans le coin droit, le christianisme, qui professe que l’âme humaine est immortelle et le monde périssable (à la fin des temps), et dans le coin gauche, l’humanisme (athée ou non) prenant sa source dans une pensée grecque classique pour qui, au contraire, c’est la nature qui est immortelle et l’homme qui est le mortel par excellence, vu qu’il est la seule bibitte consciente qu’elle va crever. (Ce pourquoi il fallait des historiens comme le fameux Hérodote, qui se faisait plein de fric en lisant de ville en ville ses ‘Histoires’ où il entendait «IMMORTALISER les hauts faits des Grecs et des Barbares»).

On imagine aisément la bagarre homérique (c’est le cas de le dire) si on enfermait ensemble dans un même temple des Grecs pensants de l’Antiquité classique et des monothéistes patentés comme les chrétiens. «Nature immortelle !» lancent les uns en garrochant leurs pierres. «Monde périssable !» rétorquent les autres en donnant du gourdin. «Ouille. Âme immortelle !» «Ayoye. Non, seul être conscient de sa mortalité !»

Mais si j’introduis la «pensée» nazie dans la pièce, un grand silence glacé d’abord se fait puis, s’ils ne sont pas complètement idiots, Grecs et Chrétiens, humanistes athées et monothéistes, cessent leurs hostilités pour tourner leurs armes vers l’intrus. Car comme vous l’avez déjà compris, bien sûr, ces deux positions opposées gardent au moins une chose fondamentale en commun : c’est que dans les deux cas – âme immortelle versus nature périssable, seul être mortel versus nature immortelle – on a l’Homme d’un côté et la Nature de l’autre. Et dans Vercors, ce principe : « L’égalité inconditionnelle de tous les hommes face à la nature. » Que ce soit le principe de L’ORIGINE COMMUNE DE TOUS LES HOMMES proclamé par les religions du Livre ou celui du DROIT NATUREL qui accompagne le rationalisme des Lumières, le nazisme tient ces deux principes (l’un monothéiste, l’autre libéral) en profonde aversion parce qu’ils signifient l’un et l’autre l’unité du genre humain.

J’allais y venir.

Je crois que le fanatisme (entre autres) est plus porteur de violence que la religion.

D’ailleurs, Churchill avait très bien défini le fanatisme: « un fanatique est quelqu’un qui ne veut pas changer d’avis et qui ne veut pas changer de sujet. »

Bien manipulé par des extrémistes sectaires et intolérants, le fanatique adopte facilement un comportement extrême et perd tout sens des valeurs.

Ça me rappelle cette définition du ‘Canard enchaîné’ : «Un intégriste est celui qui fait toujours la volonté de Dieu, que Dieu le veuille ou non.»

Je veux bien vous donner raison à tous dans chacune de vos longues dissertations mais l’absence de religions ou de croyances dans la vie de certains, l’abolition de tabous au fil du temps, une plus grande interaction avec la planète font de certaines personnes des proies faciles. Il n’y a pas si longtemps l’Église catholique aurait pourfendu les jeux vidéos qui sont d’une violence inouïe où tout est permis, on tue à qui mieux mieux. Je crois que les générations à qui nous avons permis plus de libertés puisque celles-ci ne reçoivent pas l’enseignement de leurs responsabilités et devoirs envers l’état et la société sont tous devenus rois et maîtres chacun dans leurs dimensions. Tout a basculé dans l’extrême comme cela s’est déjà vu dans le passé très lointain au temps de Moïse et l’exode vers la terre promise et son veau d’or. J’ose espérer que 2015 sera l’année des compromis et que cessera ce lot de mauvaises nouvelles qui nous arrivent telle une douche froide au moment où on se croit à l’abri de ces intempéries meurtrières.

La religion nous donne une conscience a ne pas faire le mal, malheureusement certains extrémistes s’en sert a des fins politiques pour développer la haine des différences.

C’est le dogmatisme, par son refus de de la discussion et de la remise en question, qui est intrinsèquement violent. Les religions sont des croyances révélées transmise par la tradition. N’est-ce pas là du dogmatisme? Les idéologies politiques comme le communisme et le nazisme, sont aussi des dogmes. Prétendre posséder la vérité, qu’elle soit religieuse ou politique, est quelque chose d’essentiellement violent. Croire posséder la vérité parce qu’elle serait d’origine divine rend violent dans la mesure ou on refuse de soumettre ses croyances à la critique rationnelle.

C’est vraiment un faux débat. La religion a toujours été intrinsèquement liée à la gouvernance étatique même jusqu’à aujourd’hui alors que la constitution canadienne réfère à Dieu. Certes il y a eu des pays officiellement athées qui furent aussi violents que les autres mais ils sont une petite minorité et de tout temps la religion était liée à l’état et les guerres se sont faites souvent en partie sur la base de la religion, même entre pays qui partageaient souvent des religions semblables, par exemple sur la boucle des uniformes allemands des 2 grandes guerres on retrouve le motto: Gott mit uns (Dieu avec nous).

On ne peut séparer la religion de l’état et on a qu’à voir les débats récents autant ici qu’en Europe sur la laïcité. La religion est une création humaine qui est très proche des créations humaines qui établirent des états et où on crée une hiérarchie et un type de gouvernance. Par exemple, les catholiques ont une autocratie dirigée par un pape alors que les états ont eu des souverains de « droit divin ». Donc, suggérer que les religions peuvent mener à la violence est une fausse prémisse car on ne peut l’isoler de l’état. Autre exemple: le soit-disant « État islamique » où l’état est aussi important que l’islam.

L’un peut être la fondation de l’autre mais ils sont intrinsèquement liés et ceci est un peu un faux débat.

Quand va t’on dissocier fanatisme et religion ? Les fanatique qui forment l’État islamique se servent de leur religion pour mousser leur fanatisme, c’est connu depuis fort longtemps et pourtant les journalistes continuent à tarir les citoyens de cette méprise manifeste. Si les musulmans pouvaient se faire laver le cerveau par de tels propos dans les années 70, 80 et 90 ce n’est plus le cas depuis l’apparition de chaînes d’information.

On ne peut pas analyser une autre religion à partir des concepts chrétien, ni faire l’amalgame de plusieurs pour comprendre celle qui est à l’étude. Même s’il y a des similitudes entre l’islam et la chrétienté, similitude qui se trouve surtout dans une forme de claque des récits Biblique par Mahomet, cette similitude se perd complètement au niveau de qui est Dieu et quel est son plan pour l’homme. Appeler l’Islam une religion monothéiste sans aucune autre précision, est un rapprochement illicite entre l’Islam et les deux autres religions monothéistes.

Dire que l’Islam n’est pas une religion de violence c’est pour le moins faire étalage de son ignorance sur cette religion. Le musulman est en paix seulement lorsqu’il est en territoire gouverné par Allah, c’est à dire une charia, peu importe la forme que celle-ci prend. En dehors de ce territoire il est en guerre. En d’autre mots, le musulman extrémiste est en fait plus musulman que celui qui ne l’est pas. Difficile de faire un autre constat d’une religion dont le fondateur est un pédophile, assoiffé de sang.

Jésus a tué personne, en fait, il a versé son propre sang pour son peuple afin que celui-ci vive pour l’éternité devant Dieu son Père. Mahomet a passé au fil de l’épée ceux qui contestait sa religion. Oui, certaine personnes ont tué et piller par ignorance de leur foi, mais la vrais foi chrétienne conduit à l’amour de Dieu et de son prochain; tandis que, pour le musulman c’est sa religion qui, sans détour, le conduit à la violence. J’ai parlé de la diversité que peut prendre la charia, pour le musulman cette diversité est souvent une raison pour considérer ceux qui n’ont pas la même définition que la sienne comme un ennemis d’Allah donc son ennemis. Et certain de nous pense que l’Islam est une religion de paix, voyons ne nous laissons pas leurrer si facilement.

Si vous comprenez ce qu’est l’Islam, alors vous comprenez que tout est perdu, mais soyez sans crainte Christ a vaincu le monde et il offre la victoire sur la mort à celui qui croit en lui. Il est celui qui est mort pour nos péchés et est ressuscité afin de donner la vie éternelle à tous ceux qui croient en lui.

Peu importe le message d’amour de Jésus, les religions Chrétiennes, en particulier celle du Vatican, ont été beaucoup plus violente que l’Islam, malgré de l’horreur depuis quelques décennies.

Votre supposé tout-puissant a été impuissant pour empêcher les pires crimes commis par vos propres fidèles, malgré sa supposée bonté.

Les religions ne mènent pas nécessairement à la violence, le titre est d’ailleurs stupide mais, pour la plupart. elle mène aux délires.

Qu’une personne délire en pensant que Jésus est le sauveur du monde, qu’il est mort pour nos péchés ou qu’il a ressuscité, ne conduit pas nécessairement à la violence mais, quand elle croit aux phénomènes surnaturels, elle est aussi illogique qu’un kamikaze.

Je pense c’est pas vrai mais c’est aussi vrai que le religion a causee le violence parce que les personnes ont le droite de porte et de croire ont quoi qu’ils veut. Je pense que les sauvages qui fair les excecutions ont besoin de foyer sur lui-même et pas les autres. Pourquoi est-ce qu’ils faire punis les personnes qui n’ont pas fais pas quel que chose. Mais aussi je vois que peut-être les personnes qui fais ces choses ont juste pense de leur religion et que les personnes qui sont pas partis de leur religion sont pas vrai. Je voir les deux coté mais plus le coté contre.

Je pense que chaque religion causée la violence parce que chaque personne croire en les chose différent. Si un personne croire en un chose different que toi, nous pensons que ce n’est pas vrai car notre religion n’approuver pas cette décision ou un certain façon du vivre. La plupart des guerres sont commencer parce que les religions sont different, aussi cest peut-être déterminer la vote dans les politiques si un person croire dans un certain religion ou Dieu. Par exemple la deuxième guerre du monde sont cause par un personé avec beaucoup de pouvoir que croire en un chose fou, mais persuadé et forcé son peuple à préparer at participer dans la guerre. Il ya aussi beaucoup des problèmes dans l’histoire que transmettre dans la monde aujourd’hui que a faire un problème dans la gouvernent, comme la tradition.

Mille mercis monsieur Maclure et aux gens de «L’Actualité» pour ce fort intéressant documenté «papier». L’ex-religieuse, madame Armstrong, mérite aussi son lot de gratitude. Néophyte en matière de sciences des religions, je suis fortement enclin à penser voire même à croire (il me reste à savoir) qu’aucune religion ne prône l’utilisation de la violence nonobstant la période de L’Inquisition. Les religions sont comme l’argent, le pouvoir et autres instruments de la vie, sont, je me répète, propres. Ce qu’en fait l’Homme (l’être humain), c’est une «autre paire de manches». Je ne connais pas de Dieu, ni d’argent propre (antonyme à sale, malpropre), de pouvoir propre qui demande à avoir recours à la violence. La violence en soi, quelle que forme qu’elle a, est probant signe de déséquilibre, de mal être, de mal vivre, de mal de vivre. La violence comme exutoire annonce qu’il y «a quèque chose» qui ne tourne pas rond….ou dans le coeur ou dans l’esprit ou dans l’âme de son ou ses auteurs(es)
Je m’exprime en connaissances de faits, de causes, d’origines et surtout mais surtout en termes de conséquences….ces dernières qui laissent de telles traces dans le coeur, dans l’esprit et dans l’âme des gens en ayant souffert et en souffrant encore. Mes respects,
Gaston Bourdages –
«Pousseux de crayon sur la page blanche»
Saint-Mathieu de Rioux, Qc.

L’Islam intégriste on en a des fruits chaque jour et moi lecteur depuis 25 ans je puis vous dire que le véritable Islam n’est pas celui d’aller à la mosquée et ensuite a la C-A-F ou le sécurité sociale,ou encore au resto du cœur, non certainement pas, mais de tuer les associateurs comme le font les fous de dieu [boko Haram] L’Islam ce n’est pas l’occident et son beurre et sa baguette de pain non l’Islam c’est le couscous, le coran et le sabre ! Attention cependant, car l’Islam ce n’est ni l’arabe ni le noir mais le musulman qui peut être aussi un français ou un chinois !
être Musulmans c’est être au dessus des lois coraniques! en imageant je dirai que l’Islam en France c’est le couscous, mélangé au le cochon, et le coran ! Il ni a de vrai Islam que dans l’observation du coran, la charria et la sunna ! Cela est impossible en France et dans nombreux autres pays démocratiques!
Le seul Islam non violent n’est pas enseigné dans le coran ou la charria [loi islamiques] Il n’existe pas un islam tolérent, mais des muslmans souvent occidentalisé et qui aiment la paix et qui ne désirent pas suivre tout ce que Mohamed a enseigné !
http://biblecoran.org

Qu’est-ce que le véritable Islam ?

L’Islam intégriste on en a des fruits chaque jour et moi lecteur depuis 25 ans je puis vous dire que le véritable Islam n’est pas celui d’aller à la mosquée et ensuite a la C-A-F ou le sécurité sociale,ou encore au resto du cœur, non certainement pas, mais de tuer les associateurs comme le font les fous de dieu [boko Haram] L’Islam ce n’est pas l’occident et son beurre et sa baguette de pain non l’Islam c’est le couscous, le coran et le sabre !
http://biblecoran.org

Merci Karim pour la correction apportée aux propos de YannM pour ce qui du Prophète Muhammad (swa) et j’aimerais également spécifier a M. Jocelyn Maclure que votre charte de compassion existe des siècles…..ouvrez le Coran et vous y lirez que « nul n’entrera au paradis s’i ne souhaite pas pour son frere ce qu’il souhaite pour lui-meme »….

D’autres remarques …

(1)

@Honorable

« Si la religion mène à la violence, que dire de l’absence de religions! Les 4 pires massacres de l’histoires de l’humanité ont été commis par des athées: Hitler, Staline, Mao TseTung et Pol Pot. »

Logique 101 ….

Tu viens pas de montrer que l’abscence religion amene a ceci ou cela, tu viens de soutenir par des exemples que d’autres ideologies de nature politique ,par exemple ,peuvent generer de la violence.

Serieusement dire comme tu le fais ou le laisser entendre grossierement, que puisque ces crimes n’etaient pas en lien avec la religion ou par du monde sans religion ou athee, donc qu’en consequence ces crimes sont commis au nom ou par le biais d’absence de religion ou parce que sans religion et faire une generalisation sans argumentation sur l’abscence de religion et la violence …. c’est tellement un gros sophisme que c’est epeurant.

(2)

Troublant de lire sur un blogue d’un philosophe autant de propos dans les commentaires et dans le texte de blogue qui s’impreigne meme pas un peu de l’approche philosophique.

(3)

Mais plus troublant on lit meme des internautes qui nous font l’exegese de leur affaire …

« Marc-Anré, raffinez votre hébreu, SVP. Ce n’est pas « tu ne tueras point », mais « tu n’assassineras point ». »

« …..ouvrez le Coran et vous y lirez que « nul n’entrera au paradis s’i ne souhaite pas pour son frere ce qu’il souhaite pour lui-meme »…. »

Le fondamentaliste et l’integriste religieux c’est exactement ca … en revenir au bouquin religieux de la religion x ,y ou z … peu importe on revient au bouquin et le verbatim et l’exegese pis l’analyse de ce que dieu ou son representant dit … pis de qui a la bonne interpretation … et puis revenir encore et toujours a ce que dieu ou le prophete a dit pour justifier ceci ou cela …

Interpreter et reinterpreter les propos ….

pretendre parler au nom d’un etre transcendent pis s’en faire porte parole mais dans le fond l’elephant dans la piece sur le sujet ici c’est ca.

(4)

Moi j’aimerais qu’on revienne sur l’essence du texte et du livre et l’argumentation qui est malhonnete.

Je suis sur un blogue de philo il me semble que ca devrait se refleter dans le propos. La philo devrait pas servir a eclairer , amener de la lumiere …

La pretention qu’on ne peut faire de definition de religion et que puisque des confessions religieuses selon qu’on inclut tout et rien sont « pacifiste » a leur face meme comme le pantheisme on detruit l’homme de paille , a savoir que la religion mene necessairement a la violence ….

(a) J’aimerais des commentaire d’internaute sur la methode utiliser par l’historienne mais reprise par un philosophie. C’est pas troublant comme approche.

J’aimerais bien entendre le blogueur …. mais dans le fond que dire devant l’evident …

(b) Ensuite pas faire de distinction entre religion, philosophie, courant de pensee , mouvement dans religion ou meme le pantheisme c’est pas un peu estrange ….

Pour aller dans

Et puis si on parle de pantheiste comme le fait bizarrement le blogueur dans le fond kekun qui pense peut etre qu’il y a comme un genre de principe superieur qu’on pourrait a peine distinguer d’un principe physique et qui ramene son questionnement metaphysique a quelque chose comme 10^-43 seconde du debut de l’univers …. et qui a pas de precepte pas de dogme, pas de bouquin religieux, ni rien a dire ce que pourrait etre ce principe la, ni meme la certitude de ceci ou cela … … peut-on meme le qualifier de « croyant » … peut-on dire qu’il a la « foi » … et sur le fond …

Quel osti de rapport avec kekun qui a un croyance forte que le dieu de la religion x est vrai, que ce qui est ecrit dans le bouquin de x est vrai, qu’on ne peut remettre en question le prophete de x, qui pense que des saction selon le code x il devrait etre apporte selon tel ou tel manquement … et que tout bon croyant de x doit faire, ceci, cela, puis ceci, penser cela sur ceci ….

Comment dans le texte on peut dire qu’on doit prendre les deux affaires dans notre definition de religion ou dans la reflexion sur la violence et la religion …

(c)

La philosophie c’est l’application methodique de la pensee rationnelle de la logique, du raisonnement …

Moi mesemble qu’on peut definir, classer les religions, decrier, degager des caracteristiques …

Il me semble qu’on peut meme imparfaitement faire de critere qui pourrait etre relie a la violence …

Utiliser la philosophie comme le texte le fait …. je comprends pas …

La religion mène-t-elle à la violence?ou l’étroitesse d’esprit, l »égoisme et la méchanceté mènent à la violence. Et en observant les événements qui ont eu lieu en France,je crois plutôt que les guerres sont plus politiques que d,autres choses et qu,on utilise la religion comme un prétexte ou un paravent pour attaquer. Mais il y a aussi l’oeuvre de personnes extrêmement déséquilibrées voyez comme Hitler etc.